Gottfried Heinrich Stölzel
[1690 -1749]
Alles, was sonst lieblich heisst
Sérénade,
représentée, probablement, Livret de
Gottfried Heineich Stölzel
pour l'anniversaire du prince Günther 1er de
Schwarzburg-Sondershausen,
le 13 août 1736

La
Musique,
soprano Solistes
soprano, alto, ténor & basse Choeur
L'Harmonie,
alto
Air La
Musique Tout
ce qu'on appelle ordinairement aimable Da
capo Récitatif La
Musique Soprano Alto Ténor Basse Air Soprano Philomèle,
Philomèle, Da
capo Récitatif Soprano Alto Air Alto Par
mille aspects flatteurs Da
capo Récitatif Ténor Air Ténor Ce
qui doit se soumettre à ma direction Da
capo Récitatif Basse Air Basse Le
ciel court le danger de s'effondrer Da
capo Récitatif La
Musique Air La
Musique L'abeille
tire de plusieurs fleurs Da
capo Récitatif Soprano Ténor Duo Soprano
et ténor Ainsi
nos voix jouent Da
capo Récitatif Alto Basse Duo Alto
et basse Sur
toi seul je veux me diriger, Da
capo Récitatif L'Harmonie Air L'Harmonie Les
plus doux traits des plus aimables
mélodies Da
capo Récitatif La
Musique Air La
Musique Qu'ils
sont beaux, qu'ils sont beaux, Da
capo Récitatif Soprano Air Soprano Un
bateau qui voit l' étoile polaire, Da
capo Récitatif Alto Air Alto De
même que le soleil promet, Da
capo Récitatif Ténor Air Ténor Le
tournesol n'est pas le seul Da
capo Récitatif Basse Air Basse Quand
tout vacille, se brise et s'effondre, Da
capo Récitatif L'Harmonie Choeur
à 4 Ce
qu'ils ont admiré en toi
Tombe devant mon charme,
Car on ne peut rien qualifier d'aimable
Où je ne sois pas
présente.
Mais vous, très chers, je dois vous
révérer comme les solides piliers sur
lesquels repose ma gloire. Pourtant, comme dans les
ensembles des churs on ne peut pas bien
entendre les douces merveilles que vous faites,
montrez donc clairement un par un qui parmi vous
peut prétendre à la
prééminence.
Comme je vais bien plus loin que toutes les autres
voix en délicatesse et hauteur, aucune ne
m'égale.
L'Harmonie m'apprécie comme son plus bel
ornement...
... et comme elle me nomme l'étoile qui
guide les voix, elle aurait tort de ne pas
m'accorder la prééminence.
Moi non plus, elle ne peut pas me laisser
mépriser, sinon il faudrait qu'elle
haïsse son fondement et son
support.
Ton séduisant gosier musical
Chante aussi pour ma gloire.
À toi comme à moi, mieux que tout
autre,
Il appartient de combler le désir
De délectation de tous les
curs.
On appelle le rossignol roi des forêts,
ornement des bois, sirène des jardins, on
préfère sa gaieté au charme de
presque toutes les voix. Pourquoi ? La hauteur et
la mélodie de sa voix, la virtuosité
de son gosier lui ont valu ce grand
éloge.
Ce qui nous plaît peut-être le plus
dans le chant du gai rossignol est quand ses traits
descendent peu à peu des hauteurs jusque
dans les profondeurs. On sait qu'un son aigu
parvient à l'ouïe dans un courant d'air
rapide. Mais que ce son puisse produire mieux que
tous les autres ce qu'on appelle du charme, seul le
croit celui qui ne connaît pas encore la
nature des sons.
Peut nous réjouir un son
Qui porte à l'ouïe un doux mouvement
d'air.
Il produit ainsi
Les cercles magiques
Où le cur se laisse emprisonner avec
joie.
J'ai bien saisi par quels arguments vous vous
glorifiez, mais cette gloire n'est pas assez
parfaite pour me résister. Admettons qu'on
entende ici l'agrément des voix et là
leur hauteur, mais aucun d'eux n'atteint la
perfection finale avant d'être solidement
circonscrit dans mes limites. L'Harmonie a toujours
eu en vue de me juger digne de diriger les autres
et de les conduire sur le droit chemin.
Ne doit pas être estimé aussi haut que
moi.
En fait, mon chant clair
S'impose au chur tout entier,
C'est pourquoi il faut me préférer
à tous !
Ce que la racine fraîche est à
l'arbre, le sol ferme aux bâtiments,
voilà ce que je dois représenter dans
la construction harmonique. Le plus bel arbre
dépérit et meurt si la racine meurt,
la plus grande construction s'effondre et se brise
si le sol ne la porte pas sur ses épaules.
Et de même, vous dépérissez
avec tout votre ornement, vous vous brisez, vous
tombez, vous vous effondrez si je vous suis
enlevé.
Si Atlas se dérobe sous lui.
Comment voulez-vous subsister sans moi
Si votre chant, en tournant confusément,
Ressemble au chant du ciel ?
J'en ai assez entendu. Mais cette dispute est
elle-même la source d'une douce unité:
si votre aimable chant n'avait aucune
différence de hauteur et de profondeur,
où serait l'harmonie qui attire à soi
cur et oreille ? Ainsi il est certain que
celle-ci, qui apporte aux autres la douceur, et
à moi la gloire, naît de vos
dissemblances.
La noble douceur du miel.
De même ce qui m'orne
Et touche si agréablement l'ouïe
Provient des différences de
sons.
Eh bien, puisque aucune consonance ne peut
naître si ce n'est de l'union de voix
isolées, je vais te choisir.
Je t'ai choisie aussi de préférence
aux autres pour aller de pair avec moi.
Dans un libre cours.
Et à ce jeu d'or
Le chur des curs
Prête volontiers l'oreille.
Si le son d'une voix étrangère doit
marcher avec aisance à mes
côtés, il faut que je fasse alliance
avec toi.
J'accepte volontiers, car aucune autre voix que toi
ne peut m'accompagner si commodément
à chaque allure.
Va devant, je te suis.
Rien ne peut détruire notre union,
Elle doit durer pour toujours.
Oui, oui, réjouis-toi, charmant chur.
Maintenant représente-toi comment la vertu,
ornement de l'âme, s'harmonise si
agréablement dans le cur de notre
prince.
N'atteignent pas cependant l'euphonie de la
vertu.
Ici la bienveillance sourit avec des regards
joyeux,
Ici le cur peut se réconforter dans le
charme
Qui promet de doux plaisirs et
joies.
Ô la suprême et parfaite harmonie qu'on
trouve ici ! Excellence, ta noble vie tient le
chur bien-aimé des vertus uni dans la
plus belle harmonie et apporte au monde une
merveilleuse euphonie. Que ce soit pour toi une
gloire universelle !
Ces doux accents de louange
Qui chantent ta gloire !
Que rien ne les détruise,
Car la renommée des vertus
Monte jusqu'aux étoiles.
Si je suis considérée comme la flamme
qui tend vers les hauteurs, on voit à quel
point le cur de ce pieux prince se dirige
vers ces hauteurs et pense plus au Ciel qu'au monde
terrestre. Oui, si l'Harmonie me place au sommet de
son ordre, on peut dire que la crainte de Dieu est
l'éminente reine des autres
vertus.
Il est impossible qu'il se perde.
Comment pourrait donc faillir un cur
Qui se choisirait pour étoile
En tout temps de voir Dieu ?
Si l'on me compare à l'air purifié
dont vit et rit toute chose, cela non plus ne
manque pas, excellent prince, à l'harmonie
de tes vertus. La bienveillance, qui fait de toi un
prodige, envoie ses rayons à travers plus
d'une crypte de chagrins et dit: Que la
lumière soit.
Après la triste nuit, lumière et
félicité,
Ainsi transporte et réconforte
La claire lumière de ta grâce.
Si un cur sur terre, par sa
bienveillance,
Peut se faire semblable au ciel,
Alors c'est à coup sûr le cas.
Il faut que ta nature pleine de bonté
Soit véritablement un ciel.
Et si on me nomme le lien par lequel l'Harmonie
unit le haut et le bas, alors dans le chur de
tes vertus, gracieux prince, se détache
aussi particulièrement cet aimable
ténor. Ton éminent état
princier n'empêche pas que la lumière
de sa pourpre s'étende jusqu'à la
plus profonde vallée et la recouvre de
charme.
À tirer sa force et sa vie
De l'éclat doré de son soleil,
Non, non, son rayonnement est
général.
Il insuffle aux plus humbles violettes
Aussi leur force et leur vie.
Et de même, ô prince accompli, que je
suis dans l'édifice des voix la pierre
angulaire, de même la grâce et la
bénédiction du ciel seront toujours
le fondement immuable de l'harmonie de tes vertus.
Sur cette pierre, ta grande
prospérité s'accroîtra toujours
plus.
Ce fondement ne bouge pas.
Ce qui se fie à lui
Et construit sur lui en confiance,
Se dresse comme des cèdres.
Le ciel, qui aime la vertu et lui donne sa
protection dans le danger, est pareillement
à ses côtés. C'est pourquoi le
plus beau des bonheurs t'accompagnera toujours dans
une harmonie sans faille. Ainsi, grand prince,
accepte avec bienveillance ce que le devoir et
l'humilité ont fait pour ta
gloire.
N'est qu'une partie des beaux dons
Qui te rendent digne d'admiration.
La faiblesse ne permettra pas davantage,
Mais ils se diront heureux
Si seulement ton bonheur est
parfait.