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Pastorale, Eglogue en Musique representée par l'Academie Royale de Musique en 1668 livret de Philippe Quinault musique de: Jean-Baptiste Lully |

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L'oeuvre est reprise en 1685, sous le titre de l'Eglogue de Versailles, & précédée de l'Idillede la Paix |
Le
Theatre represente un Boccage, où vient une Troupe de
Bergers qui joüent de divers Instrumens, pour y faire
un Concert à leur mode Silvandre: Coridon: Silvandre
& Coridon: Le
Choeur: Licas: Deux
Bergeres: Menageons
la saison de plaire, Menalque: Coridon: Menalque: Coridon: Ensemble: Les deux
Bergers ensemble: Daphnis,
chante seul, & les Choeurs répondent: [les
Rossignols mélent leur Concert à celuy de
plusieurs Instruments à la mode, & les Bergeres
leur répondent par cette
Chansonette] Iris &
Caliste: Dans leurs
chants ils disent sans cesse Iris: D'une
rigueur extrême [Iris
continuë à se plaindre, & en élevant
sa voix & la tournant du costé de l'Echo,
l'oblige enfin à luy
répondre] Iris: L'Echo: Iris: L'Echo: Iris: L'Echo: Iris: L'Echo: Iris: L'Echo: Iris: L'Echo: Iris: L'Echo: Iris: L'Echo: [le
Choeur des Bergers accompagné de tous les
Instruments, du chant des Rossignols, & des repetitions
des Echos, acheve de chanter les Vers
suivans] Chantons
tous en ce jour
Coridon: Mr Thevenard
Licas: Mr Piton
Deux Bergeres: Mlles Moreau & Maupin
Menalque: Mr Choplet
Daphnis: Mr Piton
Iris: Mlle Moreau
Caliste: Mlle Maupin
L'Echo: Mlle Cenet
Allons, Bergers, entrons dans cet heureux séjour,
Tout y paroît charmant, LOUIS est de retour;
Il sort des bras de la Victoire,
Et vient rassembler à leur tour
Les plaisirs égarez dans ces bois
d'alentour.
Il se plaist en ces lieux à perdre la memoire,
De la grandeur qui brille dans sa Cour:
Cessons de parler de sa gloire,
Il n'est permis icy de parler que d'amour.
Cessons de parler de sa gloire,
Il n'est permis icy de parler que d'amour.
Cessons de parler de sa gloire,
Il n'est permis icy de parler que d'amour.
Dans ces charmantes retraites,
Accordons nos Chalumeaux;
Nos Pipeaux,
Nos Musettes
Au ramage des Oyseaux,
Et chantons nos amourettes
Au doux murmure des eaux.
Goûtons bien les plaisirs, Bergere,
Le temps ne dure pas toûjours;
La moisson la plus chere
Est celle des amours,
Elle ne se peut faire
Qu'au printemps de nos jours.
Menageons des moments si doux:
La moisson la plus chere
Est celle des amours,
Elle ne se peut faire
Qu'au printemps de nos jours.
Sortons de ces deserts, détournons-en nos
pas.
Pourquoy quitter si-tost ces endroits pleins de charmes
?
L'Amour est dans ces lieux avec tous ses appas.
Ah ! qu'il est doux icy de luy rendre les armes,
Où pourrions-nous aller où l'Amour ne
fût pas ?
Où pourrions-nous aller où l'Amour ne
fût pas ?
Voyons tous deux en aymant,
Qui de nous sçaura prendre
L'ardeur la plus tendre
Et la garder plus constamment;
Ne craignons point le tourment
Qu'un coeur amoureux doit attendre,
C'est un mal trop charmant,
Pour s'en deffendre.
Venez prés de ces Fontaines,
Venez Nymphes qui chassez,
Cessez de courir les plaines
Avec des soins empressez,
Venez icy prendre
Des plaisirs charmants;
Venez nous entendre
Dansez à nos chants.
Les Oyseaux vivent sans contrainte,
S'engagent sans crainte;
Leurs noeuds sont si doux:
Tout leur rit, tout cherche à leur plaire,
Nous devons en estre jaloux,
La raison ne nous sert de guere,
En amour il sont tous
Moins bestes que nous.
Que l'Amour nous blesse,
D'aymables coups:
Tout leur rit, tout cherche à leur plaire,
Nous devons en estre jaloux,
La raison ne nous sert de guere,
En amour il sont tous
Moins bestes que nous.
Dans ces deserts paisibles,
Rochers, que vôtre sort est doux !
Vous estes insensibles,
Trop heureux qui l'est comme vous ?
Mon coeur sent les plus rudes coups,
L'insensible que j'ayme
Est cent fois plus Rocher que vous.
Depuis que l'on soûpire
Sous l'amoureux empire,
Depuis que l'on soûpire
Sous l'amoureuse loy:
Helas ! qui fut jamais plus tendre à plaindre que
moy.
Moy.
Helas !
Helas !
Helas !
Helas !
Qui fut jamais plus tendre à plaindre que moy
?
Qui fut jamais plus tendre à plaindre que moy
?
Quelle voix vient icy se plaindre !
Quelle voix vient icy se plaindre !
N'en doutons plus, ce sont les Echos d'alentour.
Ce sont les Echos d'alentour.
Jusqu'au coeur des Rochers de ce charmant séjour,
Leur plainte nous apprend que l'Amour est à
craindre.
Que l'Amour est à craindre.
Leur plainte nous apprend que l'Amour est à
craindre.
Que l'Amour est à craindre.
Redisons tour à tour,
Que le chant des Oyseaux nous seconde,
Que l'Echo nous réponde:
Chantons en ce Jour,
Chantons qu'il n'est rien dans le monde
Qui soit insensible à l'amour.