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Endymion
Pastorale héroïque en un Prologue & V Actes
Bernard Le Bovier de Fontenelle
musique de:François Colin de Blamont


Acte I
Acte II
Acte III
Acte IV
Acte V


les personnages:

Endymion, berger
Diane
Pan
Ismene, bergère
Lycoris, confidente de Diane
Eurilas, confident d'Endymion

ACTE I

Le théâtre represente un bois


Scène 1
Pan, Lycoris, Un Satyre

Licoris (à Pan):
Cessez, cessez, d'être Amant d'une Ingrate:

Le Satyre:
Choisissez mieux l'Objet de vos desirs.

Licoris:
Dans votre amour il n'est rien qui vous flate.

Le Satyre:
Ne perdez point de precieux soupirs

Licoris:
Diane est belle & charmante,
Mais elle est indifferente;
Sa froideur ne doit-t-elle pas
Vous la faire voir sans appas ?

Le Satyre et Licoris:
Cessez, cessez d'être Amant d'une Ingrate,
Choisissez mieux l'Objet de vos desirs,
Dans votre amour il n'est rien qui vous flate;
Ne perdez point de precieux soupirs.

Pan:
La froideur & l'indifference
Ne font qu'une fausse apparence,
Qui ne doit pas décourager.
Prés d'un Amant fidelle,
Est-il une Cruelle
Qui ne soit en danger.

Licoris:
Quittez une vaine esperance.

Le Satyre:
Du moins vous courez le hazard
De soûpirer sans recompense.

Licoris:
Quittez une vaine esperance.

Le Satyre:
Dûssiez-vous être heureux, vous le seriez trop tard.

Pan:
Je ne sens point mon coeur effrayé des obstacles,
Pour les surmonter tous il est d’heureux moments,
Mais quand l'amour fait des miracles,
Ce n'est pas en faveur des timides Amants.

(Pan sort avec le Satyre, & Licoris demeure seule pendant quelques moments)


Scène 2
Lycoris, Diane

Licoris (à Diane, qu'elle volt arriver):
Quel bonheur vous conduit dans ce Bois solitaire
Sans y trouver un Amant odieux ?
Pan víent de sortir de ces lieux.

Malgré vôtre humeur sévere
Le moins aimab1e des Dieux
A fait dessein de vous plaire,
Rien ne marque mieux,
Que la raison ne tient guere
Contre l’éclat de vos yeux.

Diane:
Laissons à cet Amant une audace si vaìne
Elle aura le succès quelle peut meriter.
Mais que me veut Ismene ?
Il la faut écouter.


Scène 3
Lycoris, Diane, Ismene

Ismene:
Déesse, à vos genoux qu'avec respect j’embrasse,
Puis-je esperer d'obtenir une grace ?
Mon coeur s'est dégagé d'un malheureux amour;
Souffrez, que desormais je vous suive à la Chasse,
Recevez-moi dans votre Cour.
L'Amour n'ose sur vous étendre sa puissance,
Je connois ses rigueurs, je crains encor ses coups,
Je ne puis être en assurance
Si je ne suis auprès de vous.

Diane:
Quels malheurs, quels destins contraires
De l'Amour pour jamais vous font compre les noeuds ?
Endimion toujours neglige-t-il vos voeux ?

Ismene:
Il redouble pour moy ses mépris ordinaires
Il renonce au projet qu'avoient formé nos Peres
De nous unir tour deux.

Trop funeste projet, où je crus tant de charmes,
Combien m’as-tu coûté de larmes !
Helas ! tu n'as fait qu'exciter
Un feu qu'il faut eteindre,
Tu me donnois, pour l'augmenter,
De vains sujets de me flater,
Et le triste droit de me plaindre.

Diane:
Quand l'Amour est en couroux;
Son couroux n'est pas durable,
Endimion est aimable;
S'il revient jamais vers vous
Serez vous inexorable ?
Vous ne répondez point, je voy vôtre embarras.

Ismene:
Daignez me presser moins, il n’y reviendra pas.

Diane & Licoris:
Vous aimez, vous aimez encore.

Ismene:
Non, non, mes liens sont rompus.

Diane & Licoris:
Vous aimez, vous aimez, encore.

Ismene:
Si j’aime encor, helas! permettez, que j’implore
Votre fecours pour n’aimer plus,

Diane:
Vous dont je suis la souveraine,
Nymphes, qui sur mes pas vous plaisez à chasser,
Recevez parmy vous Ismene,
A l'Amour, comme vous, elle veut renoncer.


Scène 4
Diane, Ismene, Nymphes de Diane

Le Choeur des Nymphes:
Nous goûtons une Paix Profonde,
Venez, venez parmy nous:
Que l'Amour au reste du monde
Fasse ressentir ses coups,
Ils n’iront point jusqu’à vous
Venez, venez parmy nous.

Nous goûtons une Paix Profonde,
Venez, venez parmy nous.

[Danse des Nymphes]

Une Nymphe:
Les biens qui contentent nos coeurs
Viennent s’offrir à nous sans nous coûter de larmes
L’amour le plus heureux a toujours ses allarmes
Aux innoents plaisirs il oste leur douceurs
Les Chansons des oiseaux, les Ombrages, les fleurs
Les doux Zéphirs, ont pour nous tous leurs cbarmes.

Diane (à Ismene):
Puisqu'enfin vótre coeur persiste dans son choix,
Recevez de ma main & l'Arc & le Carquois.

Le Choeur des Nymphes:
Jouissez de l'heureux partage
Qui vous est presenté.

Une Nymphe:
L'Amour de toutes parts fait un affreux ravage,
Goûtez-en davantage
Le prix de la tranquilité.

Le Choeur des Nymphes:
Joüissez de l'heureux partage
Qui vous est presenté.

Une Nymphe:
Quand tout gemit dans l'esclavage,
Qu’il est doux d'être en liberté !

Ensemble:
Jouissons de l’heureux partage,
Qui nous est presenté.

[Elles sortent avec Ismène]


Scène 5
Diane, Lycoris

Diane:
Que tu prens un soin inutile,
Ismene ! quelle erreur conduit icy tes pas
Tu veux auprès de moy rendre ton coeur tranquille,
Et le mien ne l'est pas,
Tu fuis Endimion, helas !
Que tu choisis mal ton azile !

Lycoris:
Sans sçavoir de quel trait vôtre coeur est atteint,
Elle se plaint à vous d'une flâme fatale
Avec plaisir on voit une Rivale
Qui souffre, & qui se plaint.

Diane:
En écoûtant ses maux, ma honte etoit extrême,
D'imposer à ses yeux par un calme apparent;
J'ay brave de l'Amour la puissance suprême,
Et l'on me croit toújours la même;
Mais je ne joüis plus des honneurs qu'on me rend,
Et l'on me reproche que j’aime,
Quand on vient me vanter mon coeur indifferent.

Lycoris:
Dégagez-vous, songez que vous êtes Déesse
Et daignez voir quel choix vous avez fait

Diane:
Je rougis de ma tendresse,
Et non pas de son objet

L’aimable Berger que j’adore,
N’a pas besoin d’un rang qui s'attire les yeux,
Il a mille vertus que 1uy-même il ignore
Et qui feroient l’orgueil des Dieux...

Lycoris:
Mais, s'il ne sort jamais de son indifference...

Diane:
Je sçay trop à quels maux je dois me preparer.

Un éternel silence
Cachera cet amour dont ma gloire s’offense,
En secret seulement j’oseray soûpirer;
Je languiray sans esperance
Et craindray même d'esperer.

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ACTE II

Le Theâtre représente un Temple rustique que les Bergers ont élevé pour Diane & qui n'est pas encore consacré


Scène 1
Endymion, Eurylas

Endymion:
Quel jour, quel heureux jour, je vais voir célebrer !
Nos Bergers pour Diane ont secondé mon zele;
Ce Temple par mes soins est élevé pour elle,
Et nous allons le consacrer.
Jamais par des soupirs mon amour ne s'exprime
Du moìns par des Autels je le marque sans crime.
Ce détour, ce déguisement
Convient à mon respect extrême;
Et mon coeur, pour cacher qu'il aime,
Feint qu’il adore seulement...

Eurylas:
Cachez moins un amour fidelle
Vous n'êtes qu'un Berger,
Diane ef immortelle:
Mais des appas d'une Belle,
Tous les yeux peuvent juger,
Et tous les coeurs ont droit de s'engager.

Endymion:
Si j'etois immortel, & Diane Bergere
Je craindrois encor sa colere.
Mes feux n'osent paroître au jour,
Je gémis sous les loix que le respect m'impose;
Mais sa Divinite n’en est pas tant la cause,
Que ses appas & mon amour.

Eurylas:
Que peut pretendre un Amant, dont la peine
Ne doit jamais se découvrir ?
Que n’avez-vous pris soin de vous guérir
Par l'hymen de l'aimable Ismene ?
Prés d'un Objet dont on est adoré,
On oublie à la fin une Beauté cruelle:
D'une funeste flâme un coeur n'est délivré,
Que par une flâme nouvelle;
Et contre les Amours,
Les Amours seuls sont un secours.

Endymion:
Je meurs d'un feu trop beau pour le vouloir éteindre,
Je ne puis esperer, & je n'ose me plaindre:
Cependant un plaisir qui ne peut s'exprimer,
Adoucit en secret des peines si cruelles.
Au milieu de mes maux, je m'applaudis d'aimer
La plus fiere des Immortelles.

Eurylas:
La Fierté plaît, lorsque l'on est flaté
Du doux espoir de la victoire;
Mais vous ne pouvez croire
Que Diane jamais perde sa liberté;
Quel charme a pour vous sa fierté ?

Endymion:
Elle redouble sa gloire,
Et le prix de sa beauté.
Je vois de nos Bergers la troupe qui s'avance.
Eurilas, il est temps que la fête commence.


Scène 2
Endymion, Troupe de Bergers & de Bergeres

Endymion:
Ecoûtez ces Bergers, qui parlent par ma voix,
Déesse, daignez quelquefois
Visiter ce Temple rustique,
On vous éleve ailleurs des temples éclatans;

Maìs dans un lieu plus magnifique
On n'offre pas des voeux plus purs ny plus constants.

[Danse des Bergers]

Premier Berger:
Brillant Astre des nuits, vous reparez l'absence
Du Dieu qui nous donne le jour:
Vôtre Char, lorsqu’il fait son tour
Impose à l’Univers un auguste silence;
Et tous les feux du Ciel composent vôtre Cour.

Une Bergere:
En descendant des Cieux, vous venez sur la terre,
Regner dans les vastes Forests.
Vôtre noble loisir sçait imiter la guerre,
Les Monstres dans vos Jeux succombent sous vos traits.

Une Bergere, Un Berger, Eurylas:
Jusque dans les Enfers, vôtre pouvoir éclate,
Les Manes, en tremblant, ecoûtent vôtre voix
Au redoutable nom d'Hecate,
Le sévere Pluton rompt luy-même ses Loix.

[on danse]

Choeur:
Que le Ciel, que la Terre; & le sombre Rivage,
Que tout rende à Diane un eternel hommage:
Que de voeux différents elle doit recevoir!
Chantons sa puissance suprême,
Le Maître des Dieux même,
N'étend pas si loin son pouvoir.

Endymion:
Vos éloges, Bergers, touchent peu la Déesse;
Songeons plûtôt à vanter
Son coeur exempt de foiblesse,
Et nos Chants pourront la flatter.
Faites-vous un effort pour elle,
Malgré l'Amour dont vous suivez la Loy;
Célébrez la gloíre immortelle
D'un coeur toûjours maître de soy.

Choeur:
Un triomphe éclatant augmente vôtre gloire;
C’est en vain que l’Amour veut s’armer contre vous,
Vôtre insensible coeur a sçû braver ses coups;
Et le Vainqueur des Dieux vous céde la victoire.


Scène 3
Diane, Lycoris, Endymion, les Bergers

Diane descend du ciel

Diane:
Bergers, jusqu'en ces lieux votre hommage m'attire,
De sinceres respects savent charmer les Dieux
Mais je viens arrêter des chants audacieux,
Que trop de zele vous inspire.

Il suffit de fuir les Amours,
Et d'éviter leur esclavage;
Mais, par de superbes discours,
Il ne faut point leur faire outrage.
Il suffit de fuir les Amours,
Il ne faut point leur faire outrage.

Retirez-vous, c'en est assez:
Vos encens & vos voeux seront recompensez.

[Tous les Bergers se retirent]


Scène 4
Diane, Lycoris

Lycoris:
Ciel ! quel étonnement de mon ame s’empare !
Quoy ! vôtre noble orgüeil se dément en ce jour ?
Diane hautement déclare
Qu'Elle est moins contraire à l'Amour.

Diane:
Endimion ordonnoit cette Feste,
Luy dont mon coeur est la conqueste?
En outrageant l’Amour il croyoit me flater
Excuse ma foiblesse,
Son erreur blessoit ma tendresse,
Et je n'ay pû la supporter.

Lycoris:
Ne me deguisez rien, vous luy voulez apprendre
Que jusqu'à vous il peut lever les yeux:
Vous prenez pour parler un tour misterieux;
Mais vous voulez qú'il ose vous entendre.

Diane:
Pourrois-je le vouloir ? Ciel ! quelle honte, helas !
Du moins, si je le veux, ne le penetre pas.

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ACTE III

Le Théâtre représente un Lieu champêtre


Scène 1
Endymion, Pan, Eurylas, Un Satye

Pan:
Bergers, croìray-je un bruit qui vient de se répandre.
Diane a-t-elle protégé
L’Amour par vos cbants outragé ?

Endymion & Eurylas:
Elle-même a paru pour le venir défendre.

Pan:
Ah ! j'obtiendray le prix que merite ma foy.

A l'Amour désormais Diane est moins rebelle,
J’ose seul soupirer pour elle
Ce changement ne regarde que moy.
Avec bien de l'amour on est toûjours aimable,
La Beaute que je sers étoit impitoyable;
Je sçay que je dois peu compter sur mes appas
Mais mon coeur m’assurait d’un succes favorable,
Je l'ay crû sur sa foy, je ne m’en repens pas.
Avec bien de l’amour on est toujours aimable.

Un Satyre:
Aimez, aimez, j'approuve enfin vos feuxs
Puisqu'ils vont être heureux.

Pan:
Je veux, je veux marquer ma joye à la Déesse
Que les Faune s'assemblent tous;
Qu'ils viennent remplis d'allégresse,
L’applaudir dés ce jour d'un changement si doux.

Endymion:
Quoy! déja vôtre amour s'apprête
A faire éclater sa conquête ?

Eurylas:
L'Amant d'une fiere Beauté
Doit ménager sa vanité;
S'il fait des progrés, il doit feindre
De ne pas s'en appercevoir
Il faut qu'il ait l'Art de se plaindre,
Au milieu du plus doux espoir.

Pan:
Et bien, sans montrer que j'espere,
Rendons hommage à ses attraits;
Et par des soins qui ne peuvent déplaire,
Contentons des transports qu'il faut tenir secrets.


Scène 2
Endymion, Eurylas

Endymion:
Quel coup affreux, quel coup terrible
Vient combler tous les maux qui déchiroient mon coeur !
Je me flattois d'aimer une Insensible,
Je ne puis conserver un si cruel bonheur.

Que la fierté de Diane étoit belle !
Mais, qu'Elle fait un choix indigne d'elle !
Si ses appas me faisaient soupirer,
Sa gloire me charmoit plus que ses appas méme,
Et je perds le plaisir extréme,
Que je sentois à l'admirer:

Vengeons-nous, vengeons-nous d'une injure mortelle;
Il ne me reste plus que ce funeste bien;
Ostons à l’Infidelle, un coeur tel que le mien.

Eurylas:
Quelle fidelité Diane vous doit-elle ?
Vos coeurs n'ont pas été dans un méme lien.

Endymion:
Elle devoit m'être fidele,
Du moins en n'aimant jamais rien.
Toy-même, Tu mas dit qu'en épousant Ismene;
Et son amour & mon devoir
Se seroient opposez au penchant qui m'entraîne
Je veux essayer leur pouvoir.
Je veux redemander Ismene à la Déesse,
Heureux, si de sess mains je pouvois recevoir
Ce qui doit venger ma tendresse.

Eurylas:
C’est assez de se guerir,
La vengeance est inutile:
Pourvú que vous soyez tranquille,
Qu'importe qu'une Ingrate ait peine à le souffrir ?
La vengeance est inutile,
C'est assez de se guerir.

Endymion:
Si je ne suivois pas ce confeil salutaire,
Tout les Dieux devroient m'en punir.
La Déesse paroît, je vais te satisfaire,
A mon repos Ismene est necessaire,
Je vais tâcher de l'obtenir.


Scène 3
Endymion, Diane

Endymion:
Déesse, mon audace est peut-être trop grande,
De croire avoir le droit d'implorer vos bontez.
Si je merite peu ce que je vous demande,
Les bienfaits des Divinitez.
Ne peuvent étre meritez.

Diane:
Parlez, vous me verrez répondre à votre attente.

Endymion:
Ismene a le bonheur d'être de vôtre Cour,
Je ne sçay cependant si son ame est contente;
Daignez souffrir son retour,
Sis j’obtiens qu'Elle y consente;
Daignez la rendre à mon amour.

Diane:
Quoy ! vous l'aimez, vous dont l'indifference
Rejettoit ses voeux, & ses soins ?

Endymion:
Quand on y pense le moins,
Souvent l’amour prend naissance.
La pitié, le repentir,
Tout vers Ismene me rapelle;
Sa retraite m'a fait sentir
Combien je perdois en elle.

Diane:
Berger, ce que vous souhaitez,
N'est pas une legere grace.

Endymion:
Si jamais des Mortels les voeux sont écoûtez...

Diane:
Allez, je resoudray ce qu'il faut que je fasse,
Et vous sçaurez mes volontez.


Scène 4
Diane

Diane:
Où suis-je ? Endimion pour Ismene soûpire,
Et moy, je me livrois au charme qui m'attire.
Déja je trahissois le secret de mon feu.
Aprés une foiblesse inutile & honteuse,
Apres avoir envain commencé cet aveu,
Quelle vengeance rigoureuse.
Mais quoy ? ne dois je pas me croire trop heureuse;
Que l'Ingrat m'entender si peu ?

En me causant une douleur extrême,
Il met du moins ma gloire en seureté:
S'il ne m'eût soûtenue, helas ! contre luy-même,
J'oubliois toute ma ferté.

Mais, qu'il ne pense pas que je luy rende Ismene
Qu'il n'attende pas mon secours,
Pour former une indigne chaine;
Je redeviens Diane, & veux l'être toûjours,
Je reprens ma premiere haine
Pour tous les coeurs esclaves des Amours.

Je voy le Dieu des Bois, faut-il que je l'entende ?
Ma peine, o Ciel ! n'est donc pas assez grande ?


Scène 5
Diane, Pan, Faunes, Sylvains & Driades

Pan:
Déesse, souffrez qu'en ce jour
Tous les demy-Dieux de ma Cour
Se soûmettent à votre Empire:
Mes soins ne peuvent seuls suffire,
A vous marquer tout mon amour.

Que les Forêts, que les Monts applaudissent
Au choix qu'a fait le Dieu des Monts & des Forêts;
Que les Antres les plus secrets,
Sans cesse retentissent
De Diane & de sess attraits;
Que tous les autres chants finissent.
On ne doit célebrer qu'un Objet si charmant
Dans tous les lieux où regne son Amant.

Le Choeur:
Que les Forêts, que les Monts applaudissent
Au choix qu'a fait le Dieu des Monts & des Forêts;
Que les Antres les plus secrets
Sans cesse retentisent
De Diane & de ses attraits;
Que tous les autres Chants finissent.
On ne doit célébrer qu'un Objet si charmant,
Dans tous les lieux où regne son Amant.

[danse des Faunes]

Une Dryade:
Dans nos Forêts tout plaît, tout enchante,
Souvent l’Amour
Y conduit sa Cour;
De ses bienfaits la douceur constante,
Loin des Amants,
Bannit les tourments.

Quand sous ses loix ce Dieu nous engage,
Sans s'allarmer,
Il suffit d'aimer.
De ce Vainqueur l'aimable esclavage
Nous offre, des noeuds,
Au gré de nos voeux.
Que ses traits ont de charmes!
Qu'on luy rende les armes
Devroit-on seulement
Perdre un moment ?

Dans nos Forêts tout plait, tout enchante,
Souvent l'Amour
Y conduit sa Cour;
De ses bienfaits la douceur constante,
Loin des Amants,
Bannit les tourments.

Quittez nos bois, Beautez inhumaines,
Ne troublez pas d'heureux soupirs,
Icy nos chaines,
Au lieu de peines,
Ne prefentent que des plaisirs.

Douce Esperance,
Tu prens naissance
Presqu'aussitôt que les desirs

Dans nos Forêts tout plaît, tout enchante,
Souvent l'Amour
Y conduit sa Cour;
De fes bienfaits la douceur constante,
Loin des Amants,
Bannit les tourments.

Pan:
Regnez, regnez sur nous, adorable Immortelle,
Faites-vous une Cour nouvelle;
Sur les Faunes, sur les Silvains,
Etendez desormais vos ordres souverains.

Le Choeur:
Regnez, regnez sur nous, adorable lmmortelle;
Faites-vous une Cour nouvelle;
Sur les Faunes, sur les Silvains,
Etendez, desormais vos ordres souverains.

[on danse]

Une Dryade (alternativement avec le Choeur):
Chantons dans ces Retraites:
Echos de ces Bois,
Repondez à nos voix;
Du Dieu qui les a faites,
Chantons mille fois,
Les aimables Loix.

Le Choeur:
Chantons , &c.

Une Dryade:
Regards, soupirs, silence,
Tout parle d'amour,
Tout l'exprime à son tour;
Jamais l'indifference,
Jamais le mépris
N’en devient le prix.

Le Choeur:
Chantons, &c.

Une Dryade:
Tout plaitt, tout rit, tout charme,
Les coeurs volent tous,
Au devant de ses coups,
Il regne dès qu'il s'arme;
Les moindres faveurs
Sont des traits vainqueurs,

Le Choeur:
Chantons, &c.

Pan:
Approuvez une ardeur que rien ne peut éteindre,
Déesse, sous vos loix l'Amour m'a sçû ranger.

Diane:
A recevoir vos soins j'ay voulu me contraindre,
Peut-être en les fuyant j'aurois paru les craindre:
Quand on est trop sévere, on se croit en danger;
Je veux vous annoncer d'une ame plus tranquille,
Que votre amour est inutile,
Et qu'il faut vous en dégager.

[elle sort]


Scène 6
Pan, Faunes, Sylvains & Driades

Pan:
Ay-je bien entendu cet orgueilleux langage ?
Elle me brave impunément,
Et je demeure icy frapé d'étonnement !
Non, ce n'est pas ainsi, Cruelle, qu'on m'outrage,
N’attendez plus les respects d'un Amant,
N'attendez que l'emportement
D'un coeur qui se livre à la rage.

Un Satyre:
Les transports les plus furieux
Ne punissent point une Ingrate;
Le depit, le courroux la flate;
Jamais on ne la punit mieux,
Que lorsqu'à ses superbes yeux
Une nouvelle ardeur éclate.

Pan:
J'approuve tes conseils, j'éteins d'indignes feux.

Ensemble:
Par un amour nouveau, par de plus tendres noeuds,
Abbai[ssez/ssons], confon[dez/dons] l'orgueil de l'Inhumaine
Qu'Elle en gemisse, qu'Elle apprenne,
Que sans elle on peut être heureux.

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ACTE IV

Le Théâtre représente une Forest agréable


Scène 1
Ismene

Isemene:
Sombres Forests qui charmez la Déesse;
Doux azile oú coulent mes jours,
Plaisirs nouveaux qui vous offrez sans cesse,
Pourquoy ne pouvez-vous surmonter ma tristesse ?
Ah ! j'attendois de vous un plus puissant secours.

Qui peut me rendre encor incertaine, inquiète ?
J'aimois un Insensible; & ce que j'ay quitté
Ne doit pas être regreté:
Cependant, sans sçavoir ce que mon coeur regrete,
Je le sens toûjours agité.

Sombres Forests qui charméz la Déesse,
Doux azile oú coulent mes jours;
Plaisirs nouveaux qui vous offrez sans cesse,
Pourquoy ne pouvez-vous surmonter ma tristesse ?
Ah! j'attendois de vous un plus puissant secours.


Scène 2
Ismene, Diane, Lycoris

Diane:
Ismene, parlez-moy sans feinte:
Endimion vous redemande à moy;
D'une tendre douleur, j’ay vû son ame atteinte
Ismene, parlez-moy sans feinte:
Voulez-vous renoncer à vivre sous ma loy ?

Isemene:
O Ciel ! que ma surprise est grande!
Quoy ? cet Ingrat.... non, non je ne le puis penser.

Diane:
A son amour naissant il veut que je vous rende,
Répondez, je vous le commende:
A vivre sous ma loy voulez-vous renoncer ?

Isemene:
Vous sçavex qu'à jamais je m'y suis asservie,
Rien ne peut ébranler ma foy.
A suivre d'autres loix si l'amour me convie,
L'Amour sans vôtre aveu ne peut plus rien sur moy.

Diane:
J'entens ce que vous n'osez dire
J'useray bien de mon empire,
Je verray vôtre Amant, allez, attendez-vous
A recevoir les ordres les plus doux.


Scène 3
Diane, Lycoris

Lycoris:
Ainsi, vous permettez qu'Ismene soit contente,
Vôtre coeur à jamais reprend sa liberté;
J'ay vû par son amour ce grand coeur agité,
Mais la gloire a vaincu, Diane est triomphante.

Diane:
Cesse de presenter ce triomphe à mes yeux,
Il me coûte trop cher póur être glorieux.

Ensemble:
Qu’on est foible, qua,d on aime
Qu’il est difficile, helas !
De vaincre un amour extrême !
Après la victoire même
On rend encor des combats.

Lycoris:
C'est une peine affreuse
De rendre une Rivale beureuse
C'est un effort cruel pour un coeur amoureux;
Mais lorsque la gloire est contente,
Songez, quelle douceur charmante
Doit goûter un coeur genereux.

Diane:
Edimion dans ces lieux va paraître,
Mon dessein va s'executer.
je vais... mais, quoy ? je sens mon coeur se revolter;
Je sens ma foiblesse renaître;
Par de nouveaux efforts faut-il la surmonter ?
Dans quel desordre le retombe !
Que je crains qu’à la fin ma raison ne succombe !

Cruel Amour, es-tu content ?
Seule je te bravois dans la Troupe celeste,
Mais sur mon coeur enfin ton Empire s'étend
Tu vois ce coeur si fier, interdit & flotant,
Le peu de force qui me reste
Peut me quitter en un instant;
Suis-je pour toy dans cet état funeste
Un triomphe assez éclatant ?
Cruel Amour, es-tu content ?

Lycoris:
Je vois Endimion: paroissez plus tranquile,
Prononcez un aveu qui vous fait soûpirer:
Plus cet effort est difficile,
Moins vous devez le differer.


Scène 4
Diane, Endymion

Diane:
Venez, Endimion, tout vous est favorable;
J'accorde Ismene à vos desirs.

Endymion:
Ah ! que mon sort est déplorable !

Diane:
Que dites-vous ? d'où naissent ces soupirs ?

Endymion:
Jusque dans vos bontez, le destin m'est contraire,
Que ne rejettiez-vous des voeux trop mal conçûs ?

Diane:
Quelle plainte osez-vous me faire ?
Quoy ? C'est ainsi que mes dons sont reçûs ?

Que devient dès ce jour cette flâme nouvelle,
Qu'Ismene en vous fuyant a sçû vous inspirer ?

Endymion:
Helas ! pouvez-vous ignorer
Que je suis sans amour pour elle ?
Mon trouble, mes voeux incertains,
Ces soûpirs echapez, mes bizares desseins,
Tout ne vous dit-il pas qu'un autre amour m'enflâme;
Que j'ay voulu l’arracher de mon ame.
Et que tous mes eforts sont vains ?

Diane:
Vous voulez sortir d'esclavage,
Suivez votre projet avec plus de courage.

On ne surmonte pas d'abord
Le doux penchant qui nous entraîne,
Ce n'est pas un premier effort
Qui brise une amoureuse chaîne.

Endymion:
Non, je veux conserver un malheureux amour;
Que vous importe-t-il que j'en perde le jour ?

Diane:
Je veux dans tous les coeurs, autant qu'il m'est possible,
Etablir la tranquilité
Il n'est rien de plus doux pour une ame insensible,
Que de voir en tous lieux regner la liberté.

Endymion:
Pourquoy, Déesse impitoyable,
A combattre mes feux voulez-vous m'engager ?
Je sçay que je ne suis qu'un Mortel, qu'un Berger,
Mais lorsque j’ose aimer un Objet adorable,
Du moins je ne suis pas coupable
D'un témeraire aveu, qui devroit l'outrager.
De mon crime secret la peine est assez grande,
J'étouffe mes soûpirs mes gémissement
Déesse, par pitié, laissez-moy mes tourments,
C'est tout le prix que je demande.

Diane:
Qu'entens-je ? quoy ! Berger...

Endymion:
Qu'ay je dit ? quel transpport ?
Ciel ! ay-je rompu le silence ?
L'Amour à mon respect a-t-il fait violence ?
Ah ! vos yeux irritez, m'instruisent de mon sort;
J’y vois tout mon malheur & toute mon offense,
Mon feu s'est decouvert, j'ay merité la mort.


Scène 5
Diane, Endymion, les Heures

Une des Heures (à Diane):
Au grand Astre des jours la mourante lumiere,
Va dans quelques moments s'éteindre au fond des Mers,
Commencez vôtre carriere,
Et consolez l'Univers.

Diane:
Que mon Char en ces lieux descende;
Vents, partez, je vous le commande.

[danse des Heures, pendant que le char descend]

Choeur des Heures:
Répandez, Répandez vôtre douce clarté,
Dissipez de la nuit l'obscurité profonde;
Vous devez la lumiere au monde,
Lorsque le Soleil l'a quitté.

Une des Heures:
Quand la nuit dans les airs répand ses voiles sombres,
Vous recommencez votre cours;
D'un seul de vos regards vous dissipez les ombres
Qui favorisoient les Amours.

[on danse]

Une des Heures:
Du Dieu qui regne dans Cythere,
Vous troublez les soins les plus doux,
Vous en bannissez le mistere,
Vous eclairez les yeux jaloux.

Une des Heures (et le Choeur alternativement):
Que l'ardeur de servir une aimable Immortelle,
Fasse nos soins les plus charmants:
Si nous avons d'heureuxx moments,
Ne les employons que pour Elle;
Ne servons jamais les Amants.

[Diane monte dans son Char]


Scène 6
Endymion

Endymion:
Elle part & me laisse en ce lieu solítaire !
Elle ne daigne pas m’exprimer sa colère.
Il luy suffit de me livrer
Au désespoir mortel qui doit me déchirer.

Fatal égarement, transport que je déteste
Tout est perdu pour moy, vous m'avez fait parler,
J’ay rendu criminel par un aveu funeste
Le plus beau feu dont on puisse brûler.

Cachons-nous pour jamais aux beaux yeux qui m’enchantent
Je faisois de les voir mon bonheur le plus doux
Mais ils redoubleroient les maux qui me tourmentent
Je verrois leur juste courroux.

Allons finir nos jours dans d'éternellés larmes;
Deserts, qui pouvez seuls avoìr pour moy des charmes,
Ouvrez-vous Antres ténébreux,
Pour recevoir un malheureux.

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ACTE V

Le Théâtre représente un antre du Mont Latmos au fond Endimion paroît endormi


Scène 1
Endymion, endormy, Troupe d'Amours

Une Troupe d'Amours:
Prêtez vôtre secours à ce Berger aimable
Dieu du Sommeil, rendez-luy le repos.

Il cède au tourment qui l'accable;
Dieu du Sommeil, rendez-luy le repos,
Un amant misérable
A besoin de tous vos pavots.

Deux Amours:
Quelle est cette clarté naissante
Au milieu de l’obscurité!
Peut-être une Déesse Amante
Descend dans cet antre écarté.

Deux Autres Amours:
C'est Diane; Elle vient revoir ce qu'elle adore;
Cachons-nous à ses yeux;
Taisons-nous; il faut qu'Elle ignore
Que les Amours sont en ces lieux.


Scène 2
Endymion, endormy, Diane

Diane:
Puis-je encore me reconnoître ?
L'Amour du haut des Cieux me force à disparoître,
Je refuse aux Mortels saisis d'un juste effroy,
La lumiere que je leur doy.

Le Berger que renferme un Antre si fauvage,
Par sa vive douleur a trop sçû m'allarmer.
Nobles soins, que le sort m’a donnez en partage,
N'attendez rien de moy; je ne sçais plus qu'aimer.

Je puis en liberté voir icy ce que j'aime,
Le Sommeil suspend son ennuy:
Ce temps m'est précieux, puisqu'il ne peut luy-même
Savoir ce que je fais pour luy.

Mais quoy ! faut-il toûjours soûpirer & me taire ?
Ses vertus, son respect sincere,
Ses tourments, & tous mes combats,
Pour me justifier ne suffiroient-ils pas ?
Qu’il sorte d'un fommeil où sa douleur mortelle
Peut-être encor agite ses esprits;
Qu'il sçache... O Ciel ! quel dessein ay-je pris ?
Non, reprenons mon cours, l'Univers me rappelle.
Quel charme me retient ? Fuyons. Quoy ? je ne puis ?
Ah ! Fuyons; Je sens trop le peril où je suis;
Mais, helas ! qu'ay-je fait ?


Scène 3
Endymion, Diane

Endymion (qui s'éveille):
Que voy-je ? Quoy, Déesse ?
Vous venez, pour punir un amour qui vous blesse ?
Ah ! mon trépas étoit certain;
Il alloit vous venger de ma coupable audace:
Mais je tiendray pour une grace,
Que de si justes coups partent de vôtre main.

Diane:
Comment dans mes regards voyez-vous de la haine !

Endymion:
Contentez le Courroux qui vous guide en ces lieux.

Diane:
Ne me pouvois-je pas venger du haut des Cieux ?

Endymion:
Par ce discours obscur vous redoublez, ma peine,
Je ne veux que mourir, & mourir a vos yeux.

Diane:
Il faut, il faut enfin cesser d'être incertaine.
Apprenez vôtre sort, je ne puis plus cacher
Que mon superbe coeur soûpire.
Vos vertus m’avoient sçû toucher,
Vôtre respect contraint à le dire.

Endymion:
Qu’ay-je entendu ? Non, non, mes sens sont abusez,
Et ce songe va disparoître.

Diane:
Quoy ? mon amour me fait-il méconnoître
Par vous-même qui le causez ?

Endymion:
Déese, il est donc vray ? Quelle ardeur... quel hommage...
Tout mon coeur...De mon trouble entendez le langage,
Je ne suis pas digne d'un sort si doux,
Si je n'en meurs à vos genoux.
Pardonnez, aux soûpirs qu'un Berger vous adresse,
Du moins je ne sens point mon coeur se partager;
Ce sont vos charmes seuls qui sçavent m'engager;
Je ne vois point que vous êtes Déesse.

Diane:
A vos seules vertus, j'ay donné ma tendresse;
Je ne vois point que vous êtes Berger.
Mon coeur se croyoit invincible,
Mais vous l'avez désarmé.

Endymion:
Sans vous, j'étois insensible;
Sans vous, je n'eusse point aimé.

Ensemble:
Mon coeur se croyoit invincible.
Mais vous l'avez désarmé.
Sans vous, j'étois insensible;
Sans vous, je n'eusse point aimé;

Diane:
Aimable Endimion, cet Antre desormais
Sera le seul témoin de nôtre intelligence,
La nuit & le silence
Y conduiront mes pas sous leurs voiles épais.


Scène 4
Endymion, Diane, l'Amour

L'Amour:
Non, je ne consens poin à perdre ainsi ma gloire.

Diane:
Que voy-je ! & qui l'auroit pû croire ?

L'Amour:
Antre disparoissez, fuyez obscure nuit;
Que tout l'Univers soit instruit
De ma plus brillante victoire.

[Le Théâtre se change, & devient un Jardin delicieux]

Diane:
C'est trop contre Diane exercer de rigueurs.

A de moindres Vainqueurs
D'un éclat odieux laisse la gloire vaine;
N’effarouche point d’autres coeurs,
Qui voudroient en secret porter ta douce chaîne.

L'Amour:
Je me rends: calme tes regrets,
Tes voeux seront comblez, que tes craintes finissent;
Les Amours quelquefois sçavent être discrets:
Mais de ma gloire au moins que ces lieux retentissent.


Scène dernière
Endymion, Diane, l'Amour,
Troupe d'Amours, de Jeux & de Plaisirs

L'Amour:
Formez les plus aimables jeux
Pour le Dieu de Cythere.

Le Choeur des Amours:
Formons les plus aimables jeux
Pour le Dieu de Cythere.

L'Amour:
De ces tendres Arnants favorisez les jeux.

Le Choeur:
Formons les plus aimables jeux
Pour le Dieu de Cythere.

L'Amour:
L’Amour veut qu'en ces lieux tout conspire à leur plaire
De ces tendres Amants favorisez les feux.

Le Choeur:
Formons les plus aimables jeux
Pour le Dieu de Cythere.

[on danse]

Diane:
Dieu favorable
Dieu secourable,
Dieu des Amants,
Que tes biens sont charmants!
Ta douce flâme
Bannit d'une ame,
Le souvenir de ses tourments.

Si dans tes chaînes
Il est des peines,
Que de plaisirs
Succedent aux soûpirs!

Douceur extrême,
Bonheur suprême,
Tu vas plus loin que mes desirs:

Dieu favorable,
Dieu secourable,
Dieu des Amants,
Que tes biens sont charmants!
Ta douce flâme
Bannit d'une ame
Le souvenir de ses tourments.

L'Amour:
Regnez, Plaisirs, brillezs, dans ces Retraites;
Tout s'embellit dans les lieux où vous êtes,
Volez, jeunes Zephirs, faites naître les fleurs,
Enchantez, les yeux & les coeurs.

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