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Reinhard Keiser

[1674 1739]

Air & Cantates

 

L’aria Salvate il mio sposo et la cantate Il geloso sprezzante sont tirés des Divertimenti serenissimi, Hambourg, 1713, dédiés à la comtesse Aurora von Königsmark (1662-1728). Maîtresse du prince de Saxe et roi de Pologne Auguste le Fort, de qui elle eut comme fils Maurice de Saxe, c’était une femme cultivée, protectrice des arts, auteurs de livrets d’opéras.

 

Salvate il mio sposo

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Sauvez mon époux

 

Aria

Salvate il mio sposo
ch’è pure vostro dono, o sommi dèi.
Se tor voi mi volete
quello in cui viva io sono,
deh, prima recidete il mio giorno.

 

Air

Sauvez mon époux,
puisque c’est vous, grands dieux, qui me l’avez donné.
Si vous voulez m’ôter
celui en qui je vis,
de grâce, tranchez d’abord le fil de mes jours.

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Il Geloso sprezzante

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Le jaloux dédaigneux

 

Recitativo
O miseria d’amante core, o tiranna gelosia !
Vive, ma vive, o Dio, morendo d’ora in ora
Questa sempre infelice anima mia.

 

Récitatif
Ô misère d’un cœur aimant, ô jalousie tyrannique !
Elle vit, mais vit, ô Dieu ! en mourant d’heure en heure,
Mon âme toujours malheureuse.

Aria

Nice crudel, per che stillar
mi voi nel sen
il barbaro velen
di gelosia ?
Sospira sol per te quest’alma, questo cor,
sol per te, ma il tuo novello ardor
radoppia il mio dolor,
la doglia ria.

Air

Cruelle Nice, pourquoi veux-tu instiller
Dans mon sein
Le barbare venin
De la jalousie ?
Mon âme, mon cœur ne soupirent que pour toi,
Mais ta nouvelle flamme
Redouble ma douleur,
Une douleur féroce.

Recitativo
Ma già che l’amor mio,
i miei sospiri, la fede,
la costanza poco gradisci,
infida, io t’abandono ;
ne più sperar da questo cor perdono.

Récitatif
Mais puisque tu apprécies peu
Mon amour, mes soupirs,
Ma foi, ma constance,
Traîtresse, je t’abandonne,
N’espère plus de pardon de ce cœur.

Aria vivace

Posso con questo cor
trovar altra beltà
meno incostante,
Di me si vanta amor
che nel suo impero non ha
più fido amante.

Air (vivace)

Je peux avec ce cœur
Trouver une autre beauté
Moins volage,
Amour est fier
De n’avoir pas dans son empire
Plus fidèle amant que moi.

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Von dem Landleben, Über den 62. Psalm et Von der Musik sur des textes de Menantes, ont été publiées en 1714 à Hambourg dans le recueil Musicalische Land-Lust (Plaisirs ruraux de la musique). Menantes est le nom de plume de Christian-Friedrich Hunold (1680-1721), le plus célèbre des auteurs “galants” allemands de la première moitié du XVIIIe. Il a fourni les textes de certaines cantates de Bach (BWV 66a, 134a, 193a, 204, etc.). Les textes mis en musique par Kaiser ont été offerts à un couple de jeunes gens issus de grandes familles de commerçants hambourgeois. Leur auteur était alors devenu professeur de droit et avait rejeté les fantaisies galantes de ses débuts pour chanter la confiance en Dieu et les joies de la campagne.

Von dem Landleben

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De la vie champêtre

 

Aria a giusto tempo

Beblümte Felder,
ihr grünen Wälder,
vergnügt die Brust;
schlaft ein, ihr Sorgen,
denn alle Morgen
wacht meine Lust.

Wer sich vergnügen,
den Neid besiegen
und frei will sein,
schließ in die Auen
Herz und Vertrauen beizeiten ein.

 

Ariette (a giusto tempo)

Champs fleuris,
Vertes forêts,
Réjouissez mon sein;
Endormez-vous, soucis,
Car tous les matins
S’éveille mon plaisir.

Qui veut se réjouir,
Vaincre l’envie
Et être libre,
Qu’il mette dans les prés
Son cœur et sa confiance.

Rezitativ
Du edles Leben auf dem Lande,
hier sitzt man recht in dem beglückten Stande,
in dem der erste Landmann saß.
Was Adam einesteils im Paradies genossen,
ist hier zu unsrer Lust entsprossen.
Es fällt auf das beperlte Gras
ein güldener Vergnügungstau.
Hier wird man nicht von vielen Sorgen grau,
nichts giftiges wächst in dem Lustrevier,
noch eine Hoffartsblume hier.
Die Freiheit blüht dabei auf allen Schweigen.
Du aber, du große Handelsstadt,
die so viel Gold als Falschheit in sich hat,
trifft deine Kostbarkeit
mit unsrer Landlust ein,
in der Zufriedenheit
zum höchsten Gipfel steigen,
vollkommen frei und dennoch ehrlich sein ?
Ich sage: Nein !

Récitatif
Noble vie champêtre,
C’est ici qu’on se trouve dans l’heureuse condition
Du premier habitant des campagnes.
Ce dont Adam autrefois a joui au Paradis
Naît ici pour notre délice.
Sur l’herbe emperlée tombe
Une rosée d’or de plaisir.
Ici on ne grisonne pas de souci,
Rien de vénéneux ne pousse dans le jardin des délices,
Ni la moindre fleur de gloriole.
La liberté fleurit ici sur le silence.
Mais toi, grande ville commerçante,
Qui renfermes autant d’or que de fausseté,
Est-ce que tes trésors
Valent nos plaisirs rustiques:
Monter au comble
De la satisfaction,
Être parfaitement libre et pourtant honorable ?
Je dis: non !

Arietta a giusto tempo

Hier hat die Liebe
zu ihrem Triebe
vollkommne Ruh.
Küßt uns die Schöne
sehn ihre Söhne
uns gleichfalls zu.

Ariette (a giusto tempo)

Ici l’amour,
Pour ses élans,
A toute tranquillité.
Si la belle nous embrasse,
Ses fils sont dans les mêmes dispositions
Pour nous.

Rezitativ
Drum gute Nacht, du große-Stadt,
die lange nicht soviel Vergnügen hat,
als man findt bei den Wiesen, Feld und Wald.
Das Land sei künftighin mein Aufenthalt.

Récitatif
Ainsi bonne nuit, grande ville,
Qui as bien moins de plaisirs
Que ceux que l’on trouve dans les prés, les champs, les forêts.
Que la campagne soit désormais mon séjour.

Aria allegro ma non presto

Letze dich, vergnügte Seele,
weide dich noch satt allhier.
Bei der Freiheit Paradies
liegt was sonsten göttlich hieß,
reiner Liebe Lustrevier.

Air (allegro ma non presto)

Désaltère-toi, âme heureuse,
Repais-toi à satiété ici.
Au paradis de la liberté
On trouve ce qui est d’ordinaire qualifié de divin :
Le jardin des délices de l’amour pur.

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Über den 62. Psalm

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Sur le Psaume 62

 

Aria andante

Meine Seele bleibet stille
und mein Herz auf Gott gericht.
Ruhig sein beim Weltgetümmel
liebt der Herrscher in dem Himmel
und sein Heil verläßt mich nicht.

 

Air (andante)

Mon âme est en repos,
Et mon cœur tourné vers Dieu.
La paix au milieu du tumulte du monde
Est ce qu’aime le Seigneur dans le ciel,
Et sa grâce ne m’abandonne pas.

Rezitativ
Gott ist mein Hort,
mein Schutz, mein Trost, mein Hoffen;
in ihm wird aller Wunsch getroffen
und des Gelückes wahrer Port.
Die Bosheit tobe fort,
sie mag mir manches Fallbrett stellen,
sie grabe manche Grube mir,
sie würge mich im Herzen für und für,
so lehn ich mich auf Gottes rechte Hand,
die macht der bösen Welt bekannt,
daß sie mich stoßen zwar, jedoch nicht können fällen.
Ihr Herz ist falsch, die Worte gut,
doch ein erleuchter Himmelsmut
muß auf dem Grund erst Perlen suchen
und außen sehn, wenn sie von innen fluchen.

Récitatif
Dieu est mon refuge
Ma protection, mon réconfort, mon espoir;
En lui se rencontrent la satisfaction de tous les désirs
Et le véritable port du bonheur.
Que la malignité continue à faire rage,
Elle peut bien installer plus d’une trappe sous mes pieds,
Creuser plus d’une fosse pour moi,
M’étreindre constamment le cœur,
Je me repose sur la dextre de Dieu
Qui fait savoir au monde mauvais
Qu’il peut bien me frapper, mais non m’abattre.
Son cœur est faux, ses paroles sont bonnes,
Mais une âme éclairée par le ciel
Doit d’abord chercher les perles au fond,
Et voir à l’extérieur, quand elles maudissent de l’intérieur.

Aria andante

Ich harr’ auf Gott und hoff’ auf ihn,
er kann mich aus den Netzen ziehen,
die mir die Falschheit legt.
Er ist mein Fels, wer darauf ruht,
dem hat noch nie des Meeres Wut
der Seelen Kraft bewegt.

Air (andante)

Je mets mon espoir dans le Seigneur et j’attends tout de lui,
Il peut me tirer des rets
Que la tromperie me tend.
Il est mon roc ; à qui se repose sur lui,
La mer déchaînée n’a encore jamais ébranlé
La force de l’âme.

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Von der Musik

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De la musique

 

Aria cantabile

Angenehmste Augenblicke,
die jetzt meine Seele fühlt !
Und, o wunderschönes glücke,
da mein Geist vor Freuden spielt,
weihet doch noch nicht zurücke,
angenehmste Augenblicke !

 

Air (cantabile)

Moments si agréables
Que connaît maintenant mon âme !
Et, ô merveilleux bonheur,
Quand mon esprit est habité par la joie !
Ne vous éloignez pas,
Moments si agréables !

Rezitativ
Die Sorgen weihen nun von mir,
ich hab ein Himmelreich im Herzen,
Von Anmut, Lust und Scherzen
und die Zufriedenheit geht allen Schätzen für.
Wie ist dir doch, du ganz entzückter Geist,
was ist, das nun von dir den Unmut reißt ?
So wunderschöne Stunden
hab ich zeitlebens nicht, als nur anitzt gefunden.

Récitatif
Les soucis s’éloignent maintenant de moi,
J’ai dans mon cœur un royaume céleste
De charme, délices et gaieté,
Et ma satisfaction vaut plus que tous les trésors.
Que t’arrive-t-il, esprit au comble du ravissement,
Qu’est-ce qui t’enlève maintenant ton mécontentement ?
Des heures si merveilleusement douces,
Je n’en ai jamais connu, du moins jusqu’à présent.

Aria en Laure

Selige Stunden, ergötzet mich mehr !
Himmel, es müssen itzt Sterne regieren,
die nur Glückseligkeit führen,
den Einfluß empfindet mein Herz gar sehr.

Air (en loure)

Heures bénies, enchantez-moi encore !
Ciel, tu dois être gouverné présentement par des astres
Qui n’apportent que du bonheur,
Mon cœur ressent profondément leur influence.

Rezitativ
Itzt hab ich himmliche Gedanken,
denn alle Wollust herrscht in mir.
Die Brust ist Tempens Lustrevier,
das Herz der Mittelpunkt des Paradieses Schranken
kein menschlich Leid ist mir bekannt.
Die Arbeit liegt, die sonst die Geister band,
dadurch man öfters mit Verdruß
den Sinn, der itzo englisch ist,
auf eitle Dinge wenden muß.
Nur eines wird annoch vermißt.

Récitatif
En ce moment j’ai des pensées célestes
Car une totale félicité règne en moi.
Mon sein est le jardin des délices de Tempé,
Mon cœur, le centre des domaines du paradis,
Je ne connais aucune peine humaine.
Le travail est oublié, ce travail qui est d’ordinaire une contrainte,
Et pour lequel souvent on doit tourner à regret
Un esprit, maintenant angélique,
Vers des futilités.
Une seule chose manque encore.

Aria andante cantabile

Holde Saiten, spielt und scherzet,
meine Seele stimmt mit ein.
Kann Musik in jenem Leben
Auserwählten Freude geben,
soll sie hier der Vorschmack sein.

Air (andante cantabile)

Charmantes cordes, jouez et riez,
Mon âme est en harmonie avec vous.
Si la musique dans l’autre vie
Peut donner de la joie aux élus,
Elle doit ici en être un avant-goût.

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Les trois cantates: Non sa dire l’alma mia, Qual nova crudeltate (librettistes inconnus) et La bella cantatrice (texte de Coviello) proviennent d’un recueil manuscrit, la collection “de Bokemeyer”, de la bibliothèque de Berlin."

La Bella Cantatrice

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La belle cantatrice

 

Aria andante

È costume del mio sguardo
il vibrare saette e fuoco.
Ma non ardo
ben ché accendo
e mi prendo
l’altrui pena per un gioco.

 

Air (andante)

Mes yeux ont l’habitude
De décocher flèches et feu.
Mais je ne brûle pas,
Bien que j’enflamme
Et que je prenne
La peine d’autrui comme un jeu.

 

Recitativo
Se le stelle ho ne’ lumi
posso influir, ma non patire amore
che saria fuor del naturale instinto
se il vincitor si dichiarasse vinto.

Récitatif
Si j’ai les étoiles dans les yeux,
Je peux susciter, mais non éprouver l’amour:
Ce serait contre l’instinct naturel
Que le vainqueur se déclare vaincu.

 

Aria

Rido vedendo piangere
chi sospira per me;
non puo frangere
il mio sprezzo,
gratia, vezzo,
leggiadria,
bizarria,
promessa o fe.

Air

Je ris de voir pleurer
Celui qui soupire pour moi;
Mon dédain
Ne peut être entamé
Par le charme, les caresses,
La gentillesse,
L’emportement,
Les promesses ou la foi.

 

Recitativo
Il mio volto è real, non è servile,
e se leggiadro aprile
m’infiorisce le gote, non voglio
nell’interno
amando altrui, provar geloso verno.

Récitatif
Mon visage est royal et non servile,
Et si le gracieux avril
Me fleurit les joues, je ne veux pas,
au fond de moi,
En aimant un autre, éprouver l’hiver de la jalousie.

 

Aria

La gelosia è barbara,
né può core amoroso
non essere geloso;
no, non, non voglio amar.
Non si crede la fede,
l’affetto per dispetto
tutto fa dubitar.

Air

La jalousie est féroce 
Un cœur amoureux ne peut pas
Ne pas être jaloux.
Non, non, je ne veux pas aimer;
On ne croit pas à la fidélité,
La passion, par dépit,
Fait douter de tout.

 

Recitativo
Ho sguardi per ferir,
non per ferirmi,
e quel rosso che il labro
mi tinge di cinabro
e mostra il volto opra del cielo, [di] Dio,
è sangue degl’amanti, e non è mio.

Récitatif
J’ai des regards pour blesser,
Non pour me blesser,
Et ce rouge qui teint
Mes lèvres de cinabre
Et montre un visage œuvre du ciel, de Dieu,
Est le sang de mes amants, non le mien.

 

Aria

Che mi preghi pur chi vole;
meco non vi è da sperar;
se ved’io spirar, morire,
non sapro che vorra dire,
non mi curo d’imparar.

Air

Que me prie donc qui veut,
Avec moi il n’y a rien à espérer;
Si je vois expirer, mourir,
Je ne saurai pas ce que cela voudra dire,
Et je ne me soucie pas de l’apprendre.

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Non sà dire

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Mon âme ne peut dire

 

Aria, largo

Non sà dire l’alma mia
cosa sia
che mi tocca e lega il cor.
So ben dir, che non è sdegno,
ma può non ancor è degno
del tuo nome, o dolce amor.

 

Air (largo)

Mon âme ne peut dire
Ce que c’est
Qui touche et enchaîne mon cœur.
Je peux bien dire que ce n’est pas de la colère,
Mais cependant ce n’est pas encore digne
De ton nom, ô doux Amour.

Recitativo
Ma dubiti, ferito cor, invano;
chi porta al petto il dardo
non può negar la piaga;
perciò non v’è rimedio al tuo penare
che in speranza costantemente amare.

Récitatif
Mais tu hésites en vain, cœur blessé;
Qui porte un trait dans son sein
Ne peut pas nier la plaie,
Ainsi il n’y a pas de remède à ton mal,
Sinon aimer fidèlement dans l’Espérance.

Aria

Vien, speranza,
vien, costanza,
amo, sì, nel nego più,
spero pur, o luci nere,
mi farete un dì godere
dopo dura servitù.

Air

Viens, Espérance,
Viens, Constance,
J’aime, oui, je ne le nie plus;
J’espère bien, ô yeux noirs,
Que vous me rendrez un jour heureux
Après une dure servitude.

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Qual nova crudeltate

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Quelle nouvelle cruauté

 

Recitativo
Qual nova crudeltate
pensa il tuo core, o Lilla !
ferirmi co’ bei lumi,
vivo poscia consumirmi
e fuggir senza pietade ?
Deh, a tante pene astretto,
non mi negar il tuo aspetto.

 

Récitatif
Quelle nouvelle cruauté
Médite ton cœur, ô Lilla ?
Me frapper avec tes beaux yeux,
Puis me consumer vivant,
Et t’enfuir sans pitié ?
De grâce, astreint à tant de peines,
Ne me refuse pas ta vue.

Aria (andante)

Non lo credete, no,
che questo mio core
ferito d’amore
guarire si può.

Air (andante)

Ne le croyez pas, non,
Que mon cœur,
Blessé d’amour,
Puisse guérir.

Recitativo
Dal temuto figlio d’Iride,
trattar armi apprende;
stima quel nume arciero
de voi assai men fiero
s’un di saetta, lassa lo strale;
e voi ferite e il guarir non vale.

Récitatif
Du redouté fils d’Iris,
Apprends à manier les armes;
Considère que ce dieu archer
Est bien moins cruel que vous:
S’il frappe un jour, il laisse sa flèche;
Mais vous, vous blessez et il n’est pas de guérison.

Aria (affectuosa)

Lumi arcieri
se voi mi ferite
ed indi guarite,
dolci e non fieri
saran i strali
fatti vitali.

Air (affectuoso)

Yeux archers,
Si vous me frappez
Et me guérissez ensuite,
Alors doux, sans cruauté,
Vos traits deviendront
Source de vie.

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traduction: Jacqueline & Alain DUC

Les textes italiens de l'enregistrement CPO présentent un certain nombre d'inexactitudes; les textes publiés ici sont une tentative de reconstitution, notamment pour rétablir les vers et obtenir un sens satisfaisant.

 

 

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