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Ballet en I Acte ajouté à l'opéra-ballet Les Surprises de l'Amour représenté sur le Theâtre de l'Academie Royale de Musique lors de sa représentation du 31 Mai 1757 les Paroles sont de Marmontel musique de: Jean-Philippe Rameau |
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En 1753, au château de Fontainebleau, furent donnés devant le Roi deux ballets héroïques [Daphnis & Eglée, et Lycis & Délie], ainsi qu'un Acte de Ballet: Sibaris. L'accueil etant très enthousiaste, Rameau réutilisa l'oeuvre en 1757, et l'integra dans l'opéra-ballet Les Surprises de l'Amour, sous le nom de: Les Sybarites. |
Le
Théàtre représente un
Amphitéàtre Couvert de Verdure. Dans le fonds
est un Trône de Fleurs
Le
Choeur: Agis: Le
Choeur: Hersilide: Le
Choeur: Philoé
& Agis:
Régnés, mortelle adorable
Au sein d'un bonheur durable,
Faites couler nos Loisirs,
Quel empire est preferable
A l'Empire des plaisirs.
A Sibaris comme à Cyhtère,
La beauté doit donner des Loix
Quand les coeurs choisissent leurs Roix,
L'art de regner, c'est l'art de plaire.
Régnés, mortelle adorable,
&c.
Peuple, suivez ma loi, c'est la loi du bonheur,
C'est la loi douce & pure
Qu'au fond de votre coeur
A tracée avant moi la main de la nature
Votre premier législateur.
Dieux protecteurs de Sibaris,
Dieux qu'adore Hersilide, et qui veillez sur elle,
Plaisirs, Volupté, jeux & ris,
Recevez les sermens que lui fait nôtre
zéle.
Si ce peuple trahit une Reine si belle,
Plaisirs, Volupté, jeux & ris,
Volez loind 'une Isle infidelle,
Et que ses rivages proscrits
Soient des sombres Ennuis
La demeure éternelle.

Le
Choeur: Hersilide: Agis: Hersilide: Volez
audevant des vainqueurs, Tendre
amour, prête moi tes armes, Vole
enchaine un peu rebelle
Quel bruit se mesle à nos Concerts !
Grands Dieux ! c'est l'airain de Bellonne,
Ses sons font retentir les airs,
Fuyons...
Demeurez, je l'ordonne.
O Reine ! c'en est fait, la triste Sibaris
Est en proye aux fureurs des tirans de Crotone,
Nos bords sont occupés, nos remparts sont
surpris.
Peuple, rassurez vos esprits,
Ce péril n'a rien qui m'étonne.
Recommencez vos jeux paisibles,
Ils vous portent des fers, présentez leur des
fleurs.
C'est vous qui serez invincibles,
L'Empire du plaisir s'etend sur tous les coeurs.
Mon trône est ton autel, mon empire est le tien;
Sois le vangeur, sois le soutien
D'un regne dont tu fais les charmes.
Par les mains de la Volupté;
Partout ou regne la beauté,
L'amour triomphe avec elle.

Le Choeur
des Sibarites: Le Choeur
des Crotoniates: Astocle: Venés
vous signaler par d'illustres Conquestes,
Suivez la voix des plaisirs,
Goutez nos heureux loisirs;
Ah, n'ecoutez plus la gloire.
Non, n'ecoutons que la gloire,
Fuyons de honteux loisirs,
Jouissons de la victoire.
Peuple effeminé, coeurs timides,
Foulés aux pieds ces fleurs indignes de vos
mains,
Armés vous, imités des guerriers
intrepides
Qui vont anoblir vos destins.
Cherchés la gloire sur nos pas.
Que vos jeux soient des combats,
Que vos triomphes soient vos festes.

Astocle: Hersilide: Astocle: Hersilide: Nos moeurs
sont un bien supreme, Astocle: Hersilide: Comparés
ses travaux affreux Astocle: [aux
Guerriers] Guerriers
suivés mes pas [à
la Reine] Recevez
mes adieux. Hersilide: Astocle: Hersilide: Astocle: Hersilide: Astocle: Hersilide: Astocle: Astocle,
Philoé & Agis: Astocle,
Philoé, Agis & le Choeur: Astocle:
Que vois-je ! Quel éclat !
Et quel charme Suprême.
Ah ! la gloire elle même
Brille de moins d'appas.
Guerriers, qui vous conduit dans ces heureux aziles
Où la volupté tient sa Cour !
Venez vous prendre part a nos plaisirs tranquilles ?
Vos armes vous sont inutiles,
Et l'on ne voit dans ce Séjour
Briller que les traits de l'Amour.
Non, je viens briser ces traits dont il vous blesse;
D'un peuple enseveli dans un honteux repos
Je viens ranimer la foiblesse
Des esclaves de la molesse
Mon exemple & mes loix vont faire des Heros,
Armés-vous, volés à la gloire,
Fuyés la Volupté.
Nous, devenir Guerriers !
Non, cessés de le croire,
Mon peuple sent le prix de sa
tranquillité.
Qu'on ne peut nous enlever,
Aimer, plaire a ce qu'on aime,
Gouter la douceur exstrême
De le voir, ou d'y rever,
Voila nos vrais tresors
Ah ! Sans nous en priver,
Pourquoi n'en pas jouir vous même !
Moi Soupirer;
O Dieux ! je rougis d'y penser,
La gloire a d'autres soins m'appele.
Peut-elle vous recompenser
Des biens que vous quittés pour elle.
Aux tranquilles plaisirs de ce Sejour Champêtre.
Vous nous deffendés d'étre heureux
Et nous vous invitons a l'estre.
Du trouble de mes sens je ne suis plus le maitre;
Quel Charme on respire en ces lieux;
Fuyons je sens trop qu'a ses yeux
Ma honte va paroître.
Cruel vous allés dont desoler ce rivage !
Rassurez vos Sujets.
Loin de m'armer contre eux,
Je veux dans leur bonheur respecter votre ouvrage;
Ils vivent sous vos Loix
Sans doute ils sont heureux.
Adieu.
Daignez au moins voir le brillant spectacle
Des jeux que vous avez troublés.
Reine aimable vous le voulez.
Je sens trop qu'a vos voeux rien ne peut faire
obstacle.
Que les plaisirs soient rappellez.
Apprenés moi du moins quel pouvoir invincible
Enchaine sur vos pas mon orgueil abbatu,
Pour rompre ce charme invinsible,
Je rappelle en vain ma vertu,
Et mon coeur etonné se reconnoît
sensible.
C'est un enfant qui vous enchaine
Il folatre, il voltige & blesse au meme instant.
Il attaque sans bruit, il triomphe sans peine,
Moins le combat est Eclatant,
Plus la Victoire est certaine.
Guerriers la paix succede a nos sanglans projets,
Adorez cette Reine, epargnez ses sujets.
Chantez, célébrez la Victoire
Et l'Empire de la beauté,
Elle désarme la fierté,
Elle triomphe de la gloire.
Chantez, célébrez la Victoire
Et l'Empire de la beauté,
Elle désarme la fierté,
Elle triomphe de la gloire.
Chantons, célébrons la Victoire
Et l'Empire de la beauté,
Elle désarme la fierté,
Elle triomphe de la gloire.
Guerriers a votre tour
Rendés lui votre homage,
Imités dans vos Jeux des combats dont l'Amour
Ne vous permet plus que l'image.