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à une Compagnie choisie à sa Mode qui le vient visiter Mascarade musique de: Jean-Baptiste Lully |
[Le
Maistre de Maison vante le bonheur de sa vie tranquille en
chantant, & publie les louanges de la bonne compagnie
qu'il attend, et qui est sur le point d'arriver chez
luy] Le Maistre
de Maison, Mr d'Estival: Sur mon
pallier de province La belle
& noble Assemblée
du Seigneur de Province
Nul n'est plus heureux que moy;
Ma noblesse n'est pas mince,
Sur mon pallier de province,
J'y suis plus content qu'un Prince
Et peut-estre autant qu'un Roy.
Sur mon pallier de province
Nul n'est plus heureux que moy.
Qui doit arriver icy,
Ne me prendra point d'emblée,
La belle & noble Assemblée:
Elle aura de l'echinée
Et de bons daindons aussi,
La belle & noble Assemblée
Qui doit arriver icy.
Ah !
Monsieur de Capitaine,
Vous soyez le bienvenu;
Mme de la Fontaine,
Ah ! Monsieur de Capitaine,
Vous m'avez pris sans mitaine,
Je ne l'eusse jamais cru.
Ah ! Monsieur de Capitaine,
Vous soyez le bienvenu !
Lubin,
fais sonner le rebec,
Qu'il donne Pavane ou Bourée;
Aprs un grand Salamalec,
Lubin, fais sonner le rebec,
Car je vois le beau petit bec
De mon Fils aisné Laccordée.
Lubin, fais sonner le rebec,
Qu'il donne Pavane ou Bourée.
Recit du
Sergent à Verge: Moy qui
suis un Sergent àverge Le
Seigneur, irrité de l'insolence du Sergnet, appelle
le Precepteur à son secours pour le battre, & luy
dit en chantant: Lubin,
prenez mes deux garçons,
Qu'on void toujours deçà delà,
Sans craindre fusil, ny flamberge,
Ny Fanfaron, ny Quinola,
Malgré tes dents & ta canaille,
Je viens, sans dire: Qui va là ?
Parmy tes chiens & ta volaille,
T'apporter l'exploit que voilà.
Et qu'on chasse ce temeraire:
A quoy servent tant de façons ?
Lubin, prenez mes deux garçons,
Et qu'avec de bons gros bastons
Chacun d'eux l'etrille en compere.
Lubin, prenez mes deux garçons,
Et qu'on chasse ce temeraire.
Premiere
Servante: Deuxiéme
Servante: Le
Seigneur: Les deux
Servantes, l'une aprés l'autre: Tous tes
gens, beau Monsieur de balle,
Quel desordre, quel tintammare !
Vous jettez ainsi vostre bien.
Tou s'en va sans nous dire gare,
Et bien-tost vous n'aurez plus rien.
Le beau Monsieur le Capitaine
Vous mange et la nuit & le jour;
Le colombier & la garenne
Iront apres la basse-cour.
Paix là, taisez-vous, donzelles !
On ne me fait point la loy.
Vos plaintes sont éternelles:
Paix là, taisez-vous, donzelles.
Si je mets tout par ecuelles,
Il n'en peut couster qu'à moy.
Paix là, taisez-vous, donzelles !
On ne me fait point la loy.
Ont du mal comme des damnés:
Cherche une autre servante à calle;
Pour moy, ce n'est pas pour ton mez.
Valerio: Ottavio: Le
Seigneur craint d'abord pour ses daindons, lesprenant pour
des Bohemiens, mais, les ayant reconnus, il leur permet de
jouer et dit: Pouveu
qu'on sauve mes daindons,
Monsieur, des comediens vous demandent là-bas,
Tous vestus de satin, velours, ou taffetas.
Qui, pour bien divertir la noble compagnie,
Voudroient bien devant vous faire la comedie.
Je veux bien voir la comedie;
Tous les acteurs me serons bons
Pourveu qu'on sauve mes daindons.
Qu'ils fassent venir leurs bouffons
Pour réjoüir la Compagnie:
Pouveu qu'on sauve mes daindons,
Je veux bien voir la comedie.