La
Princesse
d'Elide
Ballet
heroïque en I Prologue et III Entrées,
representé pour la premiere fois 20. Juillet
1728
Livret
de l'abbé Simon-Jospeh Pellegrin
musique
de: Alexandre
de Villeneuve
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les
personnages du Prologue:
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les
interprètes:
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L'Amour
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Mlle
Julie
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Venus
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Mlle
Hermanse
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Polymnie
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Mlle
Dutilly
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Terpsicore
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Mlle
Pelissier
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Suite
de l'Amour, de Venus, de Polymnie & de Terpsicore
Troupe d'Amants & d'Amantes des Rives de la
Seine
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La
Scene est sur le Theâtre de l'Academie Royale de
Musique
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Scene
premiere
L'Amour, Polymnie, Terpsicore,
Suite de ces trois Divinitez
Troupe d'Amants & d'Amantes des Rives de la
Seine
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Le
Theâtre represente un lieu orné pour des
Spectacles.
L'Amour paroît dans le fond, assis sous un Pavillon;
Polymnie & Terpsicore sont placées un peu plus
bas, à ses côtez
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L'Amour:
C'est dans ces lieux que l'Amour regne;
Accourez, jeunes Coeurs; laissez-vous enflammer.
Venez apprendre l'art d'aimer;
C'est l'Amour même qui l'enseigne.
Le Choeur
d'Eleves de Polymnie & de Terpsicore:
C'est dans ces lieux que l'Amour regne;
Accourez, jeunes Coeurs; laissez-vous enflammer.
Venez apprendre l'art d'aimer;
C'est l'Amour même qui l'enseigne.
L'Amour:
Vous qui dictez mes loix dans cet heureux séjour,
Avancez Polymnie, approchez Terpsicore;
Que par vous, s'il se peut, ma gloire augment encore:
Dans vos jeux, dans vos chants, faites regner
l'Amour.
Polymnie
& Terpsicore:
Heureux Sujets de l'amoureux empire,
Ecoûtez nos tendres leçons.
Terpsicore:
Dans nos Danses,
Polymnie:
Dans nos Chansons,
Ensemble:
C'est l'Amour eul qui nous inspire.
Terpsicore:
Vous, qui tracez aux yeux une vive peinture
Des sentiments les plus secrets,
Faites briller les plus beaux traits,
Que l'art ingenieux ajoûte à la
nature:
Estes-vous
agitez de la fureur de Mars ?
Que Bellone elle-même enflamme vos regards
Au son des terribles Trompettes.
[bruit
de Trompettes]
L'Amour,
le tendre Amour rend-il vos coeurs heureux !
Que ce Dieu si charmant vienne animer vos jeux,
Au son des paisobles Musettes.
[Hautbois]
Et vous,
dont par mes soins tous les pas sont dressez,
Nymphes charmantes, commencez.
[la
Nymphe danse]
L'Amour:
Quel éclat fait briller les Cieux !
C'est Venus: quel bonheur extrême !
Venus vient juger elle-même,
Des honneurs éclatants qu'on me rend en ces
lieux.
[Descente
de Venus]
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Scene
2
Venus, L'Amour, Polymnie, Terpsicore,
Suite de ces trois Divinitez
Troupe d'Amants & d'Amantes des Rives de la
Seine
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L'Amour:
Aimable Reine de Cythere;
Vous sçavez à quel point vôtre gloire
m'est chere:
Voyez, pour l'augmenter, tous les soins que je
prends.
Venus:
Quelque soin qui pour moi te presse,
Sous une apparente tendresse,
Je ne vois en ces lieux que des indifferents.
Ce n'est
pas aux bords de la Seine
Qu'on rend hommage à la Beauté:
On ne
cherche dans une chaîne
Que l'éclat & la vanité.
Ce n'est
pas aux bords de la Seine
Qu'on rend hommage à la Beauté.
Au milieu
des Jeux & des Fêtes;
Je rougis des honneurs que tu crois recevoir:
Tes plus ardents Sujets ne chantent ton pouvoir,
Que pour publier leurs conquêtes.
L'Amour:
Pour regner sur tout l'Univers
J'adoucis le poids de mes fers:
Je m'accomode à la foiblesse
Des coeurs que j'entreprends de ranger sous mes loix,
Et je prends soin de faire choix
Du trait vainqueur dont je les blesse.
Venus:
Est-ce ainsi que tu dois regner ?
Les
Choeurs d'Amants & d'Amantes:
Ah ! pourquoy troublez-vous nôtre bonheur
extrême ?
Venus:
Non; vous ne sçavez pas comme il faut que l'on
aime,
C'est à moy de vous l'enseigner.
Les
Choeurs d'Amants & d'Amantes:
Ah ! pourquoy troublez-vous nôtre bonheur
extrême ?
Venus:
Non; vous ne sçavez pas comme il faut que l'on
aime.
Quand le
plus charmant des Vainqueurs
Vous a soumis à von empire,
Faites parler vos yeux par de tendres langueurs;
Ce langage vous doit suffiere.
Sur le
vous le tendre Amour répand-il ses faveurs ?
Triomphez au fond de vos coeurs;
Mais soyez heurex, sans le dire.
Vous, pour
me seconder, venez aimables Graces;
Que l'Amour vole sur vos traces.
[Danse
des Graces]
[aux
Eleves de Polymnie & de Terpsicore]
Et vous,
dont mon Fils a fait choix,
Pour dicter ses suprêmes loix,
Secondez les voeux de sa Mere:
Apprenez
aux Amants de cet heureux séjour,
Qui fait mieux triompher l'Amour,
Ou de l'éclat, ou du mistere.
Que
l'Amour triomphe en tous lieux,
Qu'aux desirs de Venus à l'envy tout
réponde,
Que le Ciel, que la Terre & l'Onde;
Que tout suive les loix du plus charmant des
Dieux.
[on
danse]
Le
Choeur:
Que l'Amour triomphe, &c.
Terpsicore:
Volez Plaisirs, volez, enchantez nos regards;
La Mere d'Amour vous appelle:
Au plus charmant de tous les Arts,
Prêtez une grace nouvelle.
Vous
animez des plus beaux feux,
Et les Bergers & les Bergeres;
Rendez leurs danses plus legeres;
Regnez, Triomphez dans mes jeux.
Prêtez
une grace nouvelle
Au plus charmant de tous les Arts:
Volez Plaisirs, volez, enchantez nos regards;
La Mere d'Amour vous appelle.
[on
danse]
Le
Choeur:
Que l'Amour triomphe en tous lieux;
Qu'aux desirs de Venus à l'envy tout
réponde:
Que le Ciel, que la Terre & l'Onde;
Que tout suive les loix du plus charmant des
Dieux.
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les
personnages du Ballet:
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les
interprètes:
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Amaryllis,
Princesse d'Elide, Fille de Pan
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Mlle
Hermance
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Tersandre,
Prince d'Argos, Amant d'Amaryllis
|
Mr
Tribou
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Iphis,
Prince de Corinthe, amoureux d'Amaryllis
|
Mr
Chassé
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|
Doris,
Confidente d'Amaryllis
|
Mlle
Pelissier
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Arcas,
Confident de Tersandre
|
Mr
Dun
|
|
La Grande
Prestresse de Venus
|
Mlle
Julie
|
|
Une
Prestresse de Venus
|
Mlle
Dutilly
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Toupe
de Faunes, de Bergers & de Nymphes
Troupe d'Argiens déguisez, representants les anciens
Pantomymes, sous des Caracteres plus
modernes
|
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La
Scene est dans les Champs d'Elide
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|
Le
Theâtre represente une Forest, voisine du Cirque,
où l'on vient de celebrer les Jeux Olympiques. Le
Cirque paroît dans l'éloignement
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|
Tersandre:
Sombres Deserts, où regne un éternel
silence,
Je n'entretiens que vous d'un amour malheureux,
Je dois en dérober toute la violence
A l'insensble Objet de mes plus tendres voeux:
Dieux ! avec tant d'indifference,
Peut-on inspirer tant de feux ?
Sombres Deserts, où regne un éternel
silence,
Je n'entretiens que vous d'un amour malheureux;
La fiere Amaryllis rend mon amour timide:
Je la fuy, je renonce au laurier glorieux,
Des Jeux, à Jupiter, consacrez par Alcide:
Je crains que mes transports n'éclatent à ses
yeux:
Ja le voy: doux Transports, gardez-vous de
paraître
Devant l'Objet qui vous a fait naître.
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Scene
2
Tersandre, Amaryllis, Doris
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Amaryllis:
Aux yeux d'une brillante cour
Pourquoy dédaignez-vous le prix de la victoire
?
Tersandre:
La main qui le dispense eût donné lieu de
croire
Que le vainqueur avoit fait pour l'amour,
Ce qu'il n'a fait que pour la gloire.
Amaryllis:
Croyez-vous que l'amour deshonore un vainqueur ?
Tersandre:
JE crois qu'avec un soin extrême
Il faut en garentir son coeur;
Vous me l'avez appris vous même.
Amaryllis:
Dans les Jeux, qui bient-tôt vont être
celebrez,
Fuirez-vous encor ma presence ?
C'est par les soins d'Iphis qu'on les a preparez;
On les consacre au Dieu dont je tiens la
naissance.
Tersandre:
Et la Nymphe & le Dieu doivent être assurez
D'une éternelle obeïssance.
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Amaryllis:
Il fuit !
Doris:
Quels nouveaux soins viennent vous agiter ?
Amaryllis:
Ah ! quand chacun me rend hommage,
Je dois prendre pour un outrage
Le soin qu'il prend à m'éviter.
Des plus superbes Roys pour moy l'ardeur éclate,
Mille coeurs viennent me chercher,
D'un seul la conquête me flatte,
Et c'est le seul que je ne puis toucher.
Doris:
Parmy tant de Heros qui vous rendent les armes,
Qu'importe d'en trouver un seul indifferent ?
Pour vous est-ce un malheur si grand
Qu'il échape un coeur à vos charmes
?
Amaryllis:
Un coeur qui ne se donne pas,
Offense toûjours des appas
Accoûtumez à la victoire:
Le refus d'un soupir nous est injurieux;
Et ce qu'on dispute à nos yeux
On le dérobe à notre gloire.
Doris:
Vous offensez l'Amour;
L'Amour se vange:
Par un juste retour,
Tôt ou tard sous ses loix craignez qu'il ne vous
range.
Amaryllis:
L'Amour ! ah ! tu me fais trembler.
Doris:
D'où naît le trouble affreux, où ce
discours vous plonge ?
Amaryllis:
Mes esprits sont frappez d'un songe,
Que tu viens de me rappeller.
Au milieu
d'une nuit profonde,
J'ay vû briller le Char de la Mer d'Amour;
Elle avoit moins d'attraits, lorsque sortant de l'Onde,
Elle vit le flambeau du jour
Pour faire le bonheur du monde.
Tremble, m'a-t-elle dit, mon Fils est irrité
De ton infléxible fierté;
Il est prest d'en prendre vengeance:
Il va signaler sa puissance
Aux dépens de ta liberté.
La Déesse & le Char se couvrent d'un nuage:
J'en voy partir un trait vengeur;
Il vole, & se fait un passage
Jusques dans le fond de mon coeur.
Doris:
On vient; de ce grand jour marqué pour la
victoire,
Vos yeux vont partager l'honneur.
Amaryllis:
Tersandre est de la Fête: Ah ! Doris quelle gloire
De pouvoir triompher d'un si superbe coeur !
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Scene
4
Tersandre, Iphis, Arcas, Amaryllis, Doris,
Troupe de Faunes, de Nymphes, de Silvains, de Bergers &
de Bergeres
|
|
[Marche]
Iphis:
Au Dieu qui lance le tonnerre,
Nos premiers voeux viennent d'être adressez:
Les yeux d'Amaryllis sont les Dieux de la terre;
Ils ne demandent pas des soins moins empressez.
Faunes,
Nymphes, Sylvains, Bergers de ces boccages,
Amaryllis regne en ces lieux,
Comme Jupiter dans les Cieux:
Elle doit avec luy partager nos hommages;
Chantez dans cet heureux séjour
Le Dieu qui luy donna le jour.
Regne dans
ces retraites,
Paisible Dieu des bois;
Anime les musettes,
Et les coeurs & les voix.
Le
Choeur:
Regne dans ces retraites,
Paisible Dieu des bois;
Anime nos musettes,
Et nos coeurs & nos voix.
[on
danse]
Une
Bergere:
Dieu, qui prend soin de nos boccages,
Sois propice aux tendres Amants;
Rends nos
gazons, rends nos ombrages
Toûjours plus frais & toûjours plus
charmants.
Dieu, qui
prend soin de nos boccages,
Sois propice aux tendres Amants.
[la
Troupe des Sylvains, des Faunes & des Nymphes vient se
joindre à celle des Bergers & des Bergeres, pour
honorer le Dieu Pan, qui preside sur les uns & les
autres]
Doris:
Source des plus vives flammes,
Amour, dont tout suit les loix,
Regne toûjours dans nos bois;
Regne à jamais dans nos ames.
A tes
traits tout est possible;
Rends tous les coeurs amoureux:
Viens sur le plus insensible
Répandre tes plus beaux feux.
Source des
plus vives flammes,
Amour, dont tout suit les loix,
Regne toûjours dans nos bois;
Regne à jamais dans nos ames.
Iphis:
Digne Objet de l'ardeur que vous voyez paraître,
Vous qu'un Dieu favorable en ces lieux a fait
naître
Pour y faire un bonheur nouveau,
Daignez d'un doux hymen allumer le flambeau:
Nymphe, dans ce séjour champêtre,
Eternisez un sang si beau.
Amaryllis,
à Iphis:
Perdez une vaine esperance;
Non, mon coeur n'est pas fait pour souffrir un
vainqueur.
Iphis:
Quoy ? rien ne peut fléchir vôtre injuste
rigueur ?
Dans une
triste indifference,
Pourquoy passer vos plus beaux jours ?
Quand la Beauté fait naître les Amours.
Faut-il que la fierté détruise l'esperance
?
Regnez sur tous les coeurs; regnez sur un Epoux;
Il n'est point d'empire plus doux.
Le
Choeur:
Regnez sur tous les coeurs; regnez sur un Epoux;
Il n'est point d'empire plus doux.
Amaryllis:
Ciel ! contre mon repos tout mon Peuple conspire
!
Tersandre:
Non, ne souffrez point de vainqueur;
Regnez toûjours sur vôtre coeur:
Il n'est point de plus doux empire.
Amaryllis,
à Tersandre:
Je vous entends. [à tous] Allez, qu'on
se retire.
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|
Amaryllis:
Quelle indifference ! grands Dieux !
Quel mépris odieux !
Puis-je trop punir cette offense ?
Quel trouble ! quelq transports à mon coeur inconnus
!
Courons au Temple de Venus,
Et du cruel Amour détournons la vangeance.
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|
Le
Theâtre represente le Temple de Venus
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|
Amaryllis:
Aimable Mere des Amours,
Pour la premiere fois j'implore ton secours.
Prête-moy
de nouvelles armes;
Un Mortel, dont l'orgueil méconnoît ton
pouvoir,
Ne daigne pas s'appercevoir,
Si mes yeux ont des charmes:
Aimable
Mere des Amours,
Pour la premiere fois j'implore ton secours.
|
Scene
2
Amaryllis, Doris:
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|
Amaryllis:
Tersandre ne vient point !
Doris:
Sur mes pas il s'avance.
Amaryllis:
Tersandre ne vient point !
Doris:
Qui peut vous allarmer ?
Quel trouble ! quelle impatience !
Amaryllis:
Se peut-il que son coeur ne puisse s'enflammer ?
Mais, peut-être en secret pour une autre il
soupire.
Il n'importe, il faut tout tenter,
Pour le soûmettre à mon empire:
Le pouvoir de mes yeux peut-il mieux éclater
?
Si jamais
à l'Amour il a rendu les armes,
Quel doux triomphe pour mes charmes
De pouvoir en faire un Amant !
Et si déja quelqu'autre Belle
Luy cause un amoureux tourment,
Que j'aurois de plaisir d'en faire un infidelle !
Il vient: de ses secrets Arcas est éclaircy;
Il t'aime, & de tes soins j'ay droit de tout
apprendre,
Penetre dans son coeur, Doris, & vient m'apprendre
Si tes soins auront réüssi.
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Scene
3
Amaryllis, Tersandre
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|
Tersandre:
Nymphe, une loy suprême auprés de vous
m'appelle.
Amaryllis:
Iphis osoit lever ses regards jusqu'à moy;
Et j'ay vû pour ma gloire éclater vôtre
zele:
Prince, j'y suis sensible autant que je le doy.
Mais, Tersandre, il est temps que ma reconnoissance
A son tour se montre à vos yeux;
Toutes les Beautez de ces lieux
Viennent se plaindre à moy de vôtre
indifference.
Tersandre:
Du moins, Amaryllis ne me condamne pas.
Amaryllis:
Autant que je le puis, je prends vôtre
défense;
Mais comment excuser l'offense
Que vous faites à tant d'appas ?
Si vous ne
vouliez pas apporter vos hommages
A mille Objets charmants dont brille ce séjour,
Pourquoy quitter d'Argos les tranquilles rivages ?
Que veniez-vous chercher au milieu de ma cour ?
Tersandre:
La gloire de braver l'Amour
Dans le plus beau de ses ouvrages.
Non,
n'espere jamais devenir mon vainqueur;
Amour, j'ay triomphé de tes plus fortes armes:
Non, jamais avec plus de charmes
Tu ne peux attaquer mon coeur.
Amaryllis:
Quand on voit un Objet aimable
Peut-on garder sa liberté ?
C'est un tribut indispensable
Que le coeur doit à la Beauté.
Tersandre:
Pour former une chaîne aimable,
L'Objet le plus charmant doit [?]
C'est un tribut indispensable
Que la Beauté doit à [?]
Amaryllis:
C'est assez; je crois vous entendre;
Si l'on vous offroit un coeur tendre,
Vous vous laisseriez enflammer ?
Tersandre:
Je serois un ingrat, si j'osois m'en défendre...
Mais, je ne crains rien tant que le peril
d'aimer.
Amaryllis,
à part:
Quel dépit !
Tersandre,
à part:
Quelle violence !
Nymphe, vous gardez le silence !
Vous devez approuver l'aveu que je vous fais.
Amaryllis:
Vôtre indifference m'étonne:
Mais, puis-je condamner l'exemple que je donne ?
De nos coeurs à l'envy gardons l'aimable
paix.
Tersandre:
Pour vivre heureux, n'aimons jamais.
Ensemble:
Amour, ce n'est pas sur nos ames
Que tu lances tes traits vainqueurs:
Va, fuy; nous défions tes flammes;
Cherche à regner sur d'autres coeurs.
|
|
Amaryllis:
Quel mépris ! quel orgueil ! O Ciel ! est-il
possible
Qu'il oppose un coeur invincible
A tous les traits que je veux luy porter ?
Ah ! plus je le trouve insensible,
Et plus, à l'en punir, je me sens exciter.
Mais, j'apperçois Doris, Arcas est avec elle;
Pour moy laissons agir son zele.
|
|
Arcas:
La Nymphe dans ces lieux ! Quoy ? malgré sa
fierté,
Prendroit-elle Venus pour sa Divinité ?
Doris:
Elle fait assez de conquêtes,
Pour honorer de quelques fêtes
La Déesse de la Beauté.
Arcas:
Par quelque nouvelle victoire,
Voudroit-elle en ce jour signaler ses appas ?
Mille coeurs enchaînez ne la consolent pas
D'un coeur fier qui manque à sa gloire.
Doris:
Un coeur qui ne peut s'enflammer
Ne merite que sa colere.
Arcas:
Doris, on n'est pas loin d'aimer,
Quand on est si sensible à la gloire de plaire.
Lorsque je devins ton Amant,
Pour t'éprouver, je fis serment
De ne porter jamais ta chaîne:
Ton coeur en parût allarmé;
J'en tiray la preuve certaine
Que j'étois tendrement aimé.
Des
froideurs de Tersandre Amaryliis s'offense !
Est-ce-là de l'indifference ?
Doris:
Quand je te demanday l'hommage de tes voeux,
Pour allumer tes premiers feux,
Je feignis de sentir l'ardeur la plus parfaite:
Mais bien-tôt la gloire eût son tour,
Et, dés qu'elle fut satisfaite,
Je ne songeay plus à l'amour.
Arcas:
Doris, tu me fais trop attendre,
Quel sort Amaryllis garderoit à Tersandre:
Mais, il sçaura braver le pouvoir de ses
yeux.
Doris:
Il sent quelqu'autre amour.
Arcas:
S'il en fait un mistere,
N'est-ce pas à moy de me taire ?
Doris:
Non, il faut contenter mon desir curieux,
Ou pour jamais renoncer à me plaire.
Parle, ou je romps mes noeuds.
Arcas:
Quoy ! tu voudrois changer ?
Ensemble:
Que ne puis-je me dégager !
Ma vangeance est certaine:
Mais, le moyen de se venger,
Quand on ne peut briser sa chaîne ?
Arcas:
Les Jeux vont commencer; obtenons par nos voeux
Que la Mere d'Amour serre encor mieux nos noeuds.
|
Scene
6
Amaryllis, Tersandre, Iphis,
Troupe d'Amants d'Amaryllis,
La Grande Prestresse de Venus & sa Suite
|
|
[Marche]
Amaryllis:
Favorable Venus, reçoy ces premiers gages
Du zele qui pour toy vient d'embrâser mon coeur:
Pour prix de mes profonds hommages,
De ton Fils irrité désarme la
rigueur.
Fille du
Dieu puissant qui lance le tonnerre,
Et Mere du plus grand des Dieux,
Tu soumis autrefois au pouvoir de tes yeux
Le Dieu terrible de la guerre:
Puis-je avec trop d'éclat, annoncer à la
terre
Un triomphe si glorieux ?
Que la
trompette retentisse:
Reveillons les échos des bois;
Que toute la terre applaudisse:
Que le ciel réponde à nos voix.
Le
Choeur:
Que la trompette retentisse, &c.
[on
danse]
La Grande
Prestresse de Venus, alternativement avec le Choeur:
Souverain des coeurs, signalez vôtre empire,
Faites regner l'Amour sur tout ce qui respire.
Le
Choeur:
Souverain des coeurs, &c.
Le Grand
Prestresse:
La Beauté fait vôtre parage;
Elle seule à l'Amour prête des traits
vainqueurs:
A la Beauté tout rend hommage;
Elle reh,e sur tous les coeurs.
le
Choeur:
Souverain des coeurs, signalez vôtre empire,
Faites regner l'Amour sur tout ce qui respire.
[on
danse]
Une
Prestresse de Venus:
Tendre Amour, que ton empire
Pour un coeur est plein d'attraits !
Il languit; il ne soupire
Qu'aprés tes aimables traits:
Il n'est rien qui le console,
S'il ne sent ta vive ardeur:
Vole;
Doux Vainqueur,
Viens dans mon coeur.
Iphis:
Mere du tendre Amour, daigne implorer ton Fils
En faveur d'un amant fidelle.
Faut-il que, sans espoir, j'adore Amaryllis ?
Si tu veux couronner la flamme la plus belle,
Ton choix doit tomber sur Iphis.
Dieu des
amants, il y va de ta gloire:
Sur le coeur le plus fier remporte la victoire.
La Grande
Prestresse:
Vos voeux sont exaucez; tout s'apprête en ce jour
Pour le triomphe de l'Amour.
Le sort d'Amaryllis à mes yeux se declare:
La puissante Venus de mon ame s'empare;
Vous qui
suivez ses douces loix,
Ecoûtez son Arrest suprême;
C'est par les accents de ma voix
Qu'elle va parler elle-même.
ORACLE:
Un seul Mortel que je prefere à tous,
Au coeur d'Amaryllis est en droit de prétendre;
Des Amants, il est le plus tendre:
J'en veux faire un heureux Epoux.
Iphis:
Quel bonheur !
Amaryllis:
Quel Arrest !
La Grande
Prestresse:
Il est irrevocable.
Amaryllis:
Ah ! je cede au coup qui m'accable.
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|
Le
Theâtre represente un Jardin préparé
pour une Feste
|
|
Amaryllis,
appercevant Tersandre, qui s'avance vers elle, en
rêvant:
Tersandre porte icy ses pas:
Il rêve ! aimeroit-il ? Doris vient de
m'apprendre,
Que pour de plus heureux appas,
Il n'est peut-être que trop tendre.
Quel trouble ! dans son coeur tâchons de penetrer;
Venus, daigne m'être propice;
Et favorise un artifice
Que ton Fils vient de m'inspirer.
|
Scene
2
Amaryllis, Tersandre
|
|
Amaryllis:
Quelle secrette inquietude
Conduit icy vos pas errants ?
Tersandre:
Vous voyez que la solitude,
Peut charmer quelque fois les coeurs
indifferents.
Amaryllis:
Ces Jardins semblent faits pour l'amoureux
mistere.
Tersandre:
Ces Jardins, par Flore embellis,
Ne sont pas des amants le séjour ordinaire,
Puisque j'y trouve Amaryllis.
Amaryllis:
On a beau se deffendre avec un soin extrême;
Tôt ou tard il faut que l'on aime.
Tersandre:
Ah ! du moins exceptez vôtre coeur & le
mien.
Amaryllis:
Vous rêviez en ces lieux.
Tersandre:
Vous y rêviez de même.
Et cependant nous n'aimez rien.
Amaryllis:
L'oracle de Venus que vous venez d'entendre,
Sur le choix d'un époux déternmine mon
coeur.
Tersandre:
Et quel est cét époux ?
Amaryllis:
C'est l'amant le plus tendre.
Tersandre:
Et ! quel est cet amant ?
Amaryllis:
Iphis est mon vainqueur.
Tersandre:
Iphis:
Amaryllis:
Luy portez-vous envie ?
Tersandre:
Quoy ! vôtre ame à l'amour est enfin asservie
!
Amaryllis:
C'est Iphis qui pour moy brûle des plus beaux
feux;
C'est le plus tendre Amant que je vais rendre heureux.
Vous rougissez de ma foiblesse.
Tersandre:
Non; mais j'admire en ce moment
Par quel étrange évenement,
L'Amour, d'un trait fatal, au même instant nous
blesse.
Amaryllis,
à part:
Vous aimez ! quel jaloux transport !
Tersandre:
L'Amour a triomphé de mon coeur & du
vôtre;
Il nous gardoit un même sort,
Sans nous avoir faits l'un pour l'autre.
Amaryllis,
à Tersandre:
Que je sçache à mon tour que est vôtre
vainqueur.
Tersandre,
en se retirant:
Daignez voir un moment des Jeux que l'on apprête,
Vous apprendrez dans cette Fête,
A qui j'ay reservé mon coeur.
|
|
Amaryllis:
Pour une autre que moy la Fête se prépare !
Bien-tôt ma honte se déclare !
Une autre est l'objet de son choix !
Au milieu de ma Cour j'ay donc une Rivale.
Nom cruel, prononcé pour la premiere fois,
Tu me fais ressentir une horreur sans
égale.
Amour, tu
n'es que trop vangé;
Tu vois couler mes larmes.
Je t'ay
mille fois outragé;
J'ay bravé tes plus fortes armes;
Mais mon destin a bien changé.
J'ay meprisé tes feux; on dédaigne mes
charmes.
Amour, tu
n'es que trop vangé;
Tu vois couler mes larmes.
|
|
Iphis:
Nymphe, un heureux transport me conduit prés de
vous.
Quel destin est le mien ! dois-je en croire Tersandre
?
Amaryllis,
à part:
Ciel ! [à Iphis] que vient-il de vous
apprendre ?
Iphis:
Un sort dont tous les Dieux doivent être jaloux;
Qu'au bonheur de vous plaire enfin je puis
prétendre;
En est-il pour moy de plus doux ?
Quel prix de l'amour le plus tendre !
Amaryllis:
L'Ingrat ?
Iphis:
Ah ! de ce nom, lors que vous l'appellez,
Vous m'en faites sçavoir plus que vous ne voulez.
Je lis jusqu'au fond de vôtre ame,
Et Tersandre est vôtre vainqueur;
En le rendant jaloux du bonheur de ma flamme,
Vous vouliez surprendre son coeur.
Amour,
lance tes traits sur un coeur qui t'offense;
Venge-toy, qu'il n'échape pas
A ta redoutable puissance:
Que ce coeur fier, pour remplir ta vengeance,
Ne brûle que pour des ingrats.
Amour, lance tes traits sur un coeur qui
t'offense.
Amaryllis:
Qu'osez-vous dire ? Amour, retien tes traits.
Quels transports furieux ! quelle coupable audace !
Fuyez, à mes regards ne vous montrez
jamais.
Iphis:
En m'ordonnant de fuir vos funestes attraits,
Vôtre colere me fait grace.
C'est sans regret que je quitte ces lieux;
Ingratte, c'en est fait: je vais, loin de vos yeux,
Vous oublier, s'il est possible:
Je laisse à mon Rival le soin de me venger:
Et dumoins, en partant, il m'est doux de songer,
Que vous n'aimez qu'un insensible.
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Amaryllis:
Je sçais trop qu'il ne m'aime pas:
S'il n'étoit qu'insensible il seroit moins
coupable;
Mais, il n'est que trop tendre; ô douleur qui
m'accable,
Il brûle pour d'autres appas.
[le
Theâtre s'obscurcit]
Mais la
clarté du jour fait place à la nuit
sombre;
Retirons-nous: Nuit, redouble ton ombre.
[Le
Theâtre s'éclaire]
Que
nouveau jour ! fuyons, hâtons nos pas:
Ce jour doit éclairer une Fête fatale;
Ma fierté pourroit se trahir:
Non, demeurons plûtôt: je verray ma Rivale;
Je sçauray qui je dois hair.
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Scene
6
Amaryllis, Tersandre,
Troupe d'Argiens déguisez
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[Marche]
Tersandre:
Tout répond en ces lieux à mon amour
extrême;
Le jour brille; l'ombre s'enfuit;
Puisse l'éclat nouveau qui succede à la
nuit,
Arrester un moment les yeux de ce que j'aime.
[on
danse]
Vous, qui
dans ce charmant séjour,
Favorisez mon tendre amour,
Chantez la gloire d'une Belle
Dont les yeux sont toûjours vainqueurs;
L'Amour n'a formé que pour elle
Le plus tendre de tous les coeurs.
Le
Choeur:
Chantons la gloire d'une Belle
Dont les yeux sont toûjours vainqueurs;
L'Amour n'a formé que pour elle
Le plus tendre de tous les coeurs.
Tersandre:
Qu'à ses attraits tout rende hommage,
Non, rien n'est comparable à l'Objet qui
m'engage.
Amaryllis,
à part:
Ah ! c'est trop soûtenir ce triomphe
odieux.
[à
Tersandre]
Un hommage
si glorieux,
Devroit la presser de paraître;
Mais vous craignez pour elle un éclat
indiscret.
[aux
Argiens déguisez]
Qu'on nous
laisse en ces lieux.
[tout
le monde se retire]
Tersandre:
Ciel ! quel trouble secret !
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Scene
7
Amaryllis, Tersandre
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Amaryllis:
Vous me l'avez promis, & je veux la
connaître.
Tersandre:
Le Dieu qui me force à l'aimer,
Me permet seulement de celebrer sa gloire;
Il me deffend de la nommer,
Sans être sûr de la victoire.
Amaryllis:
Non, non, c'est trop vous allarmer;
Le triomphe est certain; vous brûlez l'un pour
l'autre,
Quel insensible objet, sans se laisser charmer,
Peut goûter le plaisir d'avoir sçu desarmer
Un coeur aussi fier que le vôtre.
Tersandre:
Son coeur est plus fier que le mien.
Amartllis:
Laissons un frivole entretien:
Expliquez-vous, je vous l'ordonne.
Tersandre:
C'est envain que mon coeur brûle du plus beau feu;
Je crains qu'Amaryllis jamais ne me pardonne
D'avoir aimé sans son aveu:
Vous condamnerez ma tendresse;
Rien ne peut rassurer mes timides esprits:
Laissez-moy mon secret.
Amaryllis:
Tenez vôtre promesse;
Je pardonne tout à ce prix.
Tersandre:
C'est me promettre plus que je n'ose pretendre.
Amaryllis:
Pour la derniere fois...
Tersandre:
Reine, vous l'ordonnez;
Mais enfin cet amour su parfait & si tendre,
Si vous même...
Amaryllis:
Arrestez; je ne veux rien apprendre.
Tersandre:
Inhumaine ! est-ce ainsi que vous me pardonnez;
Je vous livre vôtre victime:
Vengez-vous, mon coeur y consent;
Mais songez, en me punissant,
Que vos yeux ont fait tout mon crime.
Calmez
vôtre injuste rigueur;
Ou je perce à vos yeux ce coeur, ce triste coeur,
Qui vous aime, qui vous adore.
Amaryllis:
Non, d'un si tendre amour je ne m'offense pas.
Mais vous m'avez trompé, hélas !
Ne me trompez-vous pas encore ?
Ensemble:
Amour, que pour nos coeurs ta colere a d'attraits,
Quand sous tes douces loix, malgré nous, tu nous
ranges,
Si c'est ainsi que tu te vanges,
Lance toûjours ne nouveaux traits.
Tersandre:
Le bonheur de mes feux passe mon esperance,
Qu'aux yeux d'Amaryllis la Feste commence.
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Scene
8
Amaryllis, Tersandre, Arcas, Doris,
Troupes d'Argiens déguisez en Amours, en Jeux, en
Plaisirs, & en Nymphes
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[on
voit paroître dans le fond du Theâtre un Arc de
Triomphe, sous laquel on a élevé un
Trône]
Tersandre,
à Amaryllis:
L'amour qui m'a soûmis à son doux
esclavage,
Sur ce thrône éclatant que l'on vient de
dresser,
De cent peuples divers va recevoir l'hommage;
Reine, vous estes son image,
C'est à vous de vous y placer.
Au
souverain des cieux, de la terre, & de l'onde,
Consacrez vos jeux & vos voix:
Chantez, Peuples, chantez les douceurs de ses loix;
Qu'il triomphe de tout le monde.
[tandis
que Tersandre va placer Amaryllis sur le Trône de
l'Amour, le Choeur reprete ces quatre derniers
Vers]
Le
Choeur:
Au souverain des cieux, de la terre, & de l'onde,
Consacrons nos jeux & nos voix:
Chantons les douceurs de ses loix;
Qu'il triomphe de tout le monde.
[plusieurs
Quadrilles de Peuples viennent celebrer la gloire de l'Amour
par des Danses de Caracteres]
Doris:
{Catatille}
Celebrons la Victoire
Du plus puissant des Dieux;
Que le bruit de sa gloire
Vole au plus haut des Cieux:
Que ses
traits ont de charmes !
Ils sont toûjours vainqueurs;
Ils font rendre les armes
Aux plus superbes coeurs.
Celebrons
la Victoire
Du plus puissant des Dieux;
Que le bruit de sa gloire
Vole au plus haut des Cieux.
Le doux
prix de ses chaînes
Anime nos desirs;
S'il cause quelques peines,
Il a mille plaisirs.
Celebrons
la Victoire, &c.
Le
Choeur:
Au souverain des cieux, de la terre, & de l'onde,
Consacrons nos jeux & nos voix:
Chantons les douceurs de ses loix;
Qu'il triomphe de tout le monde.
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J'ay
lû, par ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux un
Manuscrit intitulé La Princesse d'Elide,
PAstorale Heroïque, & je n'y ai rien
trouvé qui puisse en empêcher l'impression.
Fait à Paris ce 24. Juin 1728.
Gallyot
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