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Ballet divisé en IV Parties ou Veilles Livret d'Isaac de Benserade musique de: Jean de Cambrefort & Autres |
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La scene ou decoration du Theatre est un païsage esloigné d'où paroist la mer, & un autre au milieu d'un Rocher battu des flots |
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Le Soleil
se couche & la Nuict s'advance peu à peu sur un
Char tiré par des Hiboux, & accompagnée
des douze Heures qui respondent au Recit qu'elle fait. |
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La
Nuict: Les
Heures: Son
divin lustre efface vos flambeaux, La
Nuict: Les
Heures: Voicy
la plus belle Heure & dans tous les cadrans Mais
c'est l'Heure du monde où toutes les Vertus Les
Heures n'oseroient se déregler un peu Cette
Heure est precieuse, & l'on ne doit songer Pas une
de mes Soeurs ne dois estre jalouse I'ay
beaucoup davantage à paroistre masquée, Il faut
pour mon visage avoir de l'indulgence, De si
peu de beauté Nature m'a pourveuë, L'on
peut bien en plein iour voir une plus belle Heure, |
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Prothée voyant arriver la Nuict, fait r'entrer ses troupeaux Marins sans sa grotte, & sortant de la Mer, se change en differentes formes. |
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Ma
bonne fortune est sans borne, Pour
attraper ces innocentes, Mon
éloquence est sans seconde, |
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Cinq Nereïdes viennent recevoir les ordres de Prothée, aprés avoir enfermé ses Monstres marins à cause de la fin du jour. |
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O
Beauté de figure estrange, |
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Six chasseurs, las & fatiguez, & que le Nuict appelle au repos, arrivent sonnans de leurs cors; & font paroistresur un cheval le Cerf qu'ils ont pris, conduit par un Valet de limier avec une laisse de Chiens. |
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Est-ce
Venus ? est-ce Adonis ? Tous
deux n'auroient point tant d'éclat, Tout
succombe sous son effort, Amour,
ce dangereux marmot Qu'il
est galant, qu'il est adroit, Si
quelque Nymphe avec ardeur Ce
Chasseur est assez leger, Parmy
les Cerfs qu'il veut courir, Belles,
vous courez grand danger, |
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Deux Bergers & deux Bergeres reviennentdes champs joüans de leurs flustes & de leurs musettes, & conduisans chancun de leurs troupeaux au village à cause de la Nuict |
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Ces
Bergers sont fort amoureux, Mon
employ seul vaut mieux que tous les vostres, Plus
vigoureux que le plus fort Atlete, Quoy
que par tout, & sans cesse ie tâche, |
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Des Bandis qui volent un Mercier sur le chemin. |
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Ie ne
suis plus celuy qui n'ozoit pas Depuis
cela, violement, larcin, Divins
regards qui ne m'éclairez plus, |
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Le Theatre change de face, & deux boutiques paroissent de chaque costé avec des MArchands & des Marchandes; deux Galands & deux Coquettes arrivent du Cours en carosse, & mettent pied à terre pour achepter des rubans & des confitures: Cependant le Cocher tourne, & apres qu'ils ont dansé, les vient advertir qu'il est tard. Tandis qu'ils remontent en carosse, l'on void danser sur les boutiques divers animaux. |
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Cadet
d'assez bonne famille Ie
tasche en servant les plus belles Maintenant
je ne represente Tous
ces blondins à teste écervelée, & parlant à Monsieur Frere unique du Roy Nous
autres petites coquettes |
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Quatre Egyptiens & deux Egyptiennes, prennent l'occasion de la Nuict pour faire leur mestier; & vontde boutique en boutique disans la bonne advanture, & emportant de chacune quelque chose. |
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Nostre
science est assez peu commune, Des ma
grande jeunesse allant par les maisons, Encore
maintenant n'y fait-il pas trop seur, Quand
j'épousay ma femme, außi n'étoit-ce
pas Ie la
couppay fort bien, puis j'en demeuray là, Quoy
que je sois d'Egypte, à ne vous rien celer, |
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Deux Gagne-petits conduisans leurs broüettes & esguisans des couteaux, se retirentchez eux à cause de la Nuict. |
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Quand
sous mille cousteaux la meule s'est tournée, |
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Les boutiques se ferment, & les Marchands & Marchandes font une retraitte en dansant. |
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Mesdames,
& Meßieurs, vous plaist-il rien du nostre, |
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Trois Allumeurs de Lanternes viennent pour les abaisser, & pour allumer les Chandelles, suivis de quatre Lanternes, qui s'ouvrent & se ferment. |
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Dire
que vos beaux yeux nous riennent prisonniers, |
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Deux Bourgeoises reviennent de la Ville en Chaize, & sont rencontrées par deux Filoux qui les attaquent, les Porteurs s'enfuient: Deux Soldats surviennent qui leur font quitter la prise: Les Filles s'échappent, & l'Entrée finit par un Combat. |
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Vous
meriteriez quelques voeux, Que la
Nuict nous va donner beau, |
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La Cour des Miracles où se rendentle soir toute sorte de Gueux & Estropiez, qui en sortent sains & gaillards pour danser leur Entrée, apres laquelle ils donnent une Serenade ridicule au Maistre du lieu. |
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Il
n'est rien de pareil à mes enchantements, Là
trop d'ambition ne me vient point saisir, Là
mesme on se guerit de mille infirmitez |

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representant les divertissements du Soir, depuis les neuf heures jusques à minuict |
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Les trois Parques, la Tristesse, & la Vieillesse, viennent à dessein de marquer le desordre des tenebres & de la Nuict, & apres avoir dansé elles entreprennent un Recit; Mais Venus descend du Ciel qui les interrompt & les chasse: Et apres avoir chanté elle fait danser les Ieux, les Ris, l'Hymen & le Dieu Comus, qu'elle introduit en leur place. |
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Bien
que nous n'ayons pas tout à fait l'air galand, |
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Fuyez
bien loin ennemis de la ioye, Jeune
LOUIS, le plus grand des Monarques, A Venus Vous
triomphez, Mere d'Amour, Tous
vos Amours sont déconfis Le Ciel
ne l'a si bien formé, Mais
vostre culte estant si doux, |
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Deux Pages viennent preparer la sale du Bal, & arranger les sieges: Roger ameine Bradamante accompagnée d'un Escuyer, & d'une Suivante, & luy veut donner le passe-temps de la soirée: Il envoye prier Medor, Angelique, Marphisse, Richardet & Fleur d'Espine. |
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Toute la Compagnie estant arrivée, le Bal se commence par plusieurs sortes de danses, courantes figurées, & bransles à la vieille mode. |
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Pour
arriver icy ie ne sçay pas comment, Icy se
trouvent à souhait Ha !
vous me flattez, Arioste, I'ay la
teste fort belle & bonne, Pour
moy cependant on soupire, Ialoux,
pleurez à chaudes larmes, Non, la
beauté n'est point si rare, Avec
tout mon éclat ie ne prétens pas estre Pourquoi
tant s'informer, de quelle année est-elle ? Si j'ay
mis aux coûteaux par ma galanterie |
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Apres le Bal, arrive un Ballet pour le divertissementde l'assemblée |
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Les Nopces de Thetis Thetis entre poursuivie de Pelée; mais pour éviter sa poursuite, elle se change en trois formes differentes, d'animal, de rocher, de flame & de feu: Puis estant revenuë en sa premiere forme & se croyant échappée, elle s'endort à la porte de son antre: Pelée retourne sur ses pas & la trouvant endormie, la lie & la contraint à son réveil de ceder à sa passion, & de l'accepter pour mary. Pelée s'en retourne, & les trois Graces habillent Thetis & la coiffent en espousée. Mercure en Mercier apporte quantité de boëttes pleine de galands & de mouches. Pelée revient vestu de ses habits nuptiaux, prend sa Maistresse & les emmeine tous. |
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Vulcan & quatre Cyclopes apportent le feu sans fumée pour apprester le destin. A voir
ce Mariage on est bien-tost guery |
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Themis apporte le couvert: Ganimede & Hébé viennent avec des corbeilles chargées de Nectar & d'Ambroisie, suivis de Bacchus & de Ceres. Que de
Dieux dont l'humeur affable |
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Ianus vient pour prendre garde à tout, accompagné de deux Satires, & rencontre Apollon chargé de quantité de violons, & suivy des Muses Musiciennes Clio, Eutrope & Erato, qui vont à cette Nopce. Pour
avoir double front suis-ie un Monstre funeste ? |
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La Discorde vient à dessein de mettre tout en confusion. |
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Comedie muëtte d'Amphitrion Premiere
Entrée, representant le Permier Acte Deuxiesme
Acte: Troisiesme
Acte: Quatriesme
& Dernier Acte: Dans le
Ciel où je suis regne une paix profonde, Assez
commodément de crainte qu'il m'ennuye, Ie
gouste le Nectar mieux qu'ils ne le goustent, Ie
sçay vivre à la mode, & rien ne
m'importune, Personne
dans mon Ciel ne me chante ma gamme, La Comédie finit par une Sarabande d'un Espagnol & de qutare petites Espagnoles. |

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depuis minuict jusques à trois Heures devant le jour |
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La Lune dans son Char fait le Recit, & est accompagnée des Estoilles, qui se retirent & la laisse se promenant & admirant les beautez d'Endimion. |
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Moy
dont les froideurs sont cognuës, Mais,
mon coeur, est-il donc possible |
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Ie
l'avoüe, il est vray, que la Lune m'adore, Mais
cette Prûde enfin resoluë à commettre Elle
vient dans mes bras quand la Nuict tend ses voiles, Encore
qu'elle adiouste à son éclat extreme, Il
n'est rien de fascheux qu'à dessein de ma plaire Aussi
qu'elle soit rouge, ou bien qu'elle soit pasle, |
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La Lune amoureuse d'Endimion descend du Ciel & approche de luy, une nuée les dérobe à la veuë des spectateurs. O Lune
sans faire du bruit, |
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Ptolemée & Zoroastre deux grands Astrologues observent les mouvements du Ciel avec de longues Lunettes, & croyent que la Lune s'est retirée en terre par quelque enchantement. Mon
sçavoir est profond, & ie lis dans les Cieux Ces
globes lumineux sous qui nous succombons Apres
en avoir fait si curieusement Ie
sçay près des Beautez les saisons
employer, |
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La face de la Lune s'estant cachée, & l'air s'estant noicy, quatre Païsans viennent tesmoigner l'apprehension qu'ils ont de quelque revolution dans la Nature, & consultent les Astrologues. Apres
que l'horreur de la guerre |
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Six Coribantes avec leurs Bassins d'airain, Timballes & Tambours de Biscaye, pretendent de rompre le Sort, & par leur bruit appeller la Lune au Ciel, qui en effect y revient apres avoir quitteé le Berger Endimion. Quelque
Enchanteur parmy l'air |
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Huict Ardens qui paroissent la nuict. Astres,
vous voyez bien O qu'il
est different Helas !
que d'imprudens Objets
charmants & doux,, Pendant
l'obscurité On m'a
veu bien des soirs dans un luisant extreme A voir
quelle est ma force & l'éclat qui me suit, Ie ne
suis pas encore au point qu'on me soupçonne Ie
brille autant ou plus que tous ceux que je voy, |
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Un grand Homme monté sur un Bouc, commande à huict petits Demons de sa suite, d'avertir les Sorciers du Sabat. Voicy
le rendez-vous & l'heure du Sabat, |
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Quatre Monstres nains fortent de quatre Coquilles de Limassons, & sont enlevez en l'air. Notre
difformité nous fait assez paroistre, |
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Une Magicienne & quatre vieilles Sorcieres aislées, se graissent en dansant & sont enlevées au Sabat. Nostre
mestier est bon de toutes les manieres, |
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Six Loups-garoux qui vont au Sabat. Demy
Bergers & demy Loups |
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Le fond du Theatre s'ouvre & monstre le Sabat, trois Curieux arrivent pour le voir, mais avant que d'aborder le lieu tout disparoist. Ie
voudrois tout sçavoir, je voudrois tout
cognoistre, Ie
tasche à prevenir la longue experience, Mais
certain petit Dieu que force monde adore, Si
faut-il qu'à quelqu'une à la fin ie
m'informe On dit
que c'est un mal qui n'est point volontaire, Et puis
les passions serviront à ma gloire, Je
sçauray triompher de ma personne & d'elles Ie
prétens signaler sur la Terre & sur l'Onde Mais
voir mon Peuple en paix, & que la guerre meure |
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Une Maison en feu, le Tocsin sonne, & l'on voit sortir Hommes demy nuds, & femmes échevelées qui emportent leurs enfans, apres avoir tout jetté par les fenestres. Dans le
peril extreme on doit s'ayder un peu, |
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Deux Larrons viennent avec seaux & crocs comme pour esteindre le feu, mais en effect pour voller, & son surpris par les Archers du Guet qui les emmeinent prisonniers. |

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depuis trois Heures apres minuict, jusques à six que le Soleil se leve. |
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Le Sommeil & le Silence font le Recit, & puis se couchent à l'entrée de la Grotte d'où sortent les Songes. Le
Sommeil: Le
Silence: Tous deux
ensemble: Le
Sommeil: Le
Silence: Le
Sommeil: Le
Silence: Tous deux
ensemble: |
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Les quatres Demons du Feu, de l'Air, de l'Eau & de la Terre, qui representent les quatre humeurs ou temperaments du corps humain; le Colerique, le Sanguin, le Flegmatique, & le Melancolique, d'où naissent les differens Songes. Dégelez-vous
à ce grand Feu, C'estoit
un feu de grand renom Celuy-cy
ne l'imite pas, |
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Le Sonde du Colerique, representé par des Furieux qui luy apparoissent. Si tu
crois que toûjours tes Palmes se maintiennent, Il ne
veut plus souffrir qu'entre ses mains on blesse C'est
trop desobeïr à cet terrible Maistre, Exempt
des passions dont l'empire est si large, Il
meprise vos traits, il se rit de vos flames, Adorable
Beauté pour qui mon coeur soupire, Chacun
remarque ma furie |
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Le mesme Songe exprimé par des Advanturiers Turcs & Chrestiens, qui combatent les uns contre les autres. Quoy
que jeune & galand, je sçay vivre de sorte Iuene
ie cherche de l'employ, |
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Le Songe du Sanguin, figuré par la passion violente & ambitieuse d'Ixion, qui n'embrasse qu'une nuë en pensant embrasser Iunon. Que je
vous plains, pauvre Ixion, Vostre
amour & vostre langueur Sans
vous rebuter de ses coups, |
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Le Songe du Flegmatique, d'où vient la stupidité & la peur, exprimé par un miserable, épouvanté de deux Ombres qui le suivent par tout, & qu'il ne peut éviter. Non, ma
frayeur n'est point un crime, |
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L'humeur Melancolique s'exprime en la personne d'un Poëte & d'un Philosophe, dont l'un fait voir sa Maistresse telle que la represente le Berger extravagant, & dont l'autre s'imagine la Metampsicose, figurée par une femme qui change de forme. Pour du
merite ailleurs il n'en faut point chercher, |
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Le mesme Songe est encore exprimé par des Amoureux transis, qui vont consulter l'Oracle que le succes de leur passion, & auxquels respond un écho qui se perd à mesure qu'ils s'éloignent de la Forest Dodonne. La
gloire seule est ma Maistresse, Non, ie
n'ayme que cette Belle, Il faut
punir ce grand outrage Tantost
j'estois le feu, puis dans la mesme place Il
n'est point de Philis, il n'est point de Silvie Ie
crois qu'il n'en est point sous l'amoureux empire Ballade Fiers
ennemis, autheurs de cent trespas, Pour
vous ie perds & sommeil & sans repas, Prûd'homme
sçait si je ne me mets pas Cruelle
enfin apres tous mes dépits, |
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Trois faux monnoyeurs sortent d'un Antre. Soupirer,
estre tout en feu Mais
ces soupirs sont des railleurs, Pour
feindre un transport obligeant, Ne
m'obsevez pas ric à ric, |
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Six Forgerons viennent battre sur l'Enclume, estant les Ouvriers qui travaillent les premiers, & qui se levent devant le jour, aussi le voit-on qui commence à poindre à mesme temps qu'ils sortent. Il faut
secoüer la paresse, L'Estoille du point du jour accompagnée d'une partie des Genies. Apres
le grand Astre des Cieux Je suis
Estoille simplement, Mais ie
suis bien comme ie suis, Je ne
veux éclairer que là, |
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L'Aurore paroist dans son Char environné des douzes Heures du jour, & accompagné du Crepuscule qui tïent en sa main une Urne qui respend la rosée: Mais elle se retire apres avoir chanté voyant arriver le Soleil suivy des Genies qui luy rendent hommage, & c'est ce qui consose le grand Ballet. Depuis
que i'ouvre l'Orient La
trouppe des Astres s'enfuit Sur la
cime des monts commençant d'éclairer Déja
seul ie conduy mes cheveaux lumineux En
montant sur mon Char i'ay pris soin d'écarter Ie
cours apres l'honneur doux charme des vainqueurs, Ie n'ay
que depuis peu roulé sur l'Horison, Sans
doute j'appartiens au monde que ie sers, Mon
inclination m'attache à ce qu'il faut, |