Ballet
Royal
de l'Impatience
dansé
par sa Majesté dans la Galerie du Louvre
le 19 février 1661
livret
de Isaac de Benserade & Francesco Buti
musique
de: Jean-Baptiste
Lully
|
|
Un
Grand donne une Serenade à sa Maistresse, impatient
de la voir
|
|
Sommes-nous
pas trop heureux,
Belle Iris, que vous en semble ?
Nous voici tous deux ensemble
Et nous nous parlons tous deux;
La nuit de ses sombres voiles
Couvre nos desirs ardens,
Et l'Amour & les Etoiles
Sont nos secrets Confidens.
Mon
coeur est sous vôtre loi
Et n'en peut aimer une autre;
Laissez-moi voir dans le vôtre
Ce qui s'y passe pour moi.
La nuit est calme & profonde,
Nul ne vient mal à propos,
Le repos de tout le monde
Assûre nôtre repos.
|
|
Sa
MAJESTE' representant un grand Amoureux
|
|
|
|
Je ne
fais point de geste & ne fais point de pas,
Qui ne soit de mon rang la preuve suffisante;
Le Monde represente ici ce qu'il n'est pas,
Moi je suis en effet ce que je represente.
Il
n'est rien de si grand dans toute la Nature,
Selon l'ame & le coeur au point où je me voi;
De la Terre & de moi qui prendra la mesure,
Trouvera que la Terre est moins grande que
moi.
Je cede
toutesfois vaincu par de beaux yeux,
Et le fragilité des Heros que nous sommes
Est telle, qu'parés tout le plus petit des Dieux,
Est plus à redouter que le plus grand des
Hommes.
L'Univers
a tremblé du bruit de mon Tonnerre,
Et la posterité ne s'en taira jamais:
Avec beaucoup d'éclat j'ai par tout fait la
Guerre,
J'ai bien plus fait encor, même j'ai fait la
Paix.
Mais ce
n'est un tresor si doux & si touchant,
Que celle qui sur moi remporte la Victoire;
Que je croi que l'Amour n'en est pas bon Marchand,
Si pour la lui payer il suffit de ma gloire.
|
|
|
Monsieur
le Prince, de la Suite
|
|
|
|
C'est
pour toûjours que je veux être
A la suite d'un si bon Maître,
Mon esperance & mon appui,
Qui de nôtre repos compose ses delices,
Et voyant ceux qui sont à lui
Ne regarde que leurs services.
Ha ! si l'Occasion à mon zele répond,
Que j'irai de bon coeur où l'honneur nous
appelle.
Il est à souhaiter qu'il n'ait plus de querelle:
Mais que je voudrois bien lui servir de second
!
|
|
|
Le
Duc de Beaufort, de la Suite
|
|
|
|
Ie
porte avec plaisir ma double servitude,
L'une attache ma vie au Maître que je sers,
L'autre attache mon coeur au joug pesant & rude
D'une ingrate Beauté dont j'adore les
fers.
Je ne
les romprai point, quoi qu'elle puisse faire;
Et c'est une prison qui m'est tellement chere,
Que je ne voudrois pas faire le même tour,
Que pour sortir d'une autre on me vid faire un
jour.
|
|
|
pour
le Comte d'Armagnac, de la Suite
|
|
|
|
Ieune,
bien fait & sans crime amoureux
Vous êtes tellement heureux,
Qu'il n'est point de fortune au dessus de la
vôtre;
Et d'un commun accord nous reconnoissons tous
Que la Nature a fait des miracles pour vous,
Soit en vôtre personne, ou dans celle d'une
autre.
|
|
|
le
Comte de Saint Aignan, de la Suite
|
|
|
|
D'une
ardeur assez peu commune
J'ai suivi des Guerriers le Mêtier inhumain;
Encore par bonne fortune
Il ne m'en coûte qu'une main:
Mon coeur avec l'Amour a toûjours quelque affaire;
Mais lors que tout entier ma Maîtresse l'aura,
Souvenez-vous que ce sera
Si mon Maître n'en a que faire.
|
|
|
le
Marquis de Villeroy, de la Suite
|
|
|
|
Lors
que j'étois petit Garçon,
Chacun me faisoit la leçon
D'une charité sans seconde;
De mon enfance on prenoit soin,
J'étois le plus joli du monde,
Et j'en prends le monde à témoin;
Mais peut-on parler de si loin ?
Maintenant nul ne me reforme,
L'on se tient sur le serieux,
Non que j'aye changé de forme,
Ou que ma taille soit énorme,
Mais je commence d'être vieux.
Les Dames ne m'osent permettre
De leur parler quand je les vois,
Et dans le commerce avec moi,
Ne sçavent sur quel pied se mettre,
Ni ce qu'elles s'osent promettre;
Je ne le sçai pas trop non plus,
Amour qui dans les coeurs penetre,
Nous soit en aide là-dessus.
|
|
|
pour
le Marquis de Genlis, de la Suite
|
|
Sur les
traïts de vôtre visage
S'est trop exercé mon pinceau;
Il est bon de mettre en usage
Un sujet qui soit plus nouveau:
Ce qui jadis eut bonne grace
Ne l'auroit plus en ce temps-ci;
Et comme enfin la beauté passe,
La laideur même passe aussi.
|
|
|
le
Marquis de Rassan, de la Suite
|
|
Des pas
aussi beaux que les nôtres,
Peut-étre avant qu'il soit un an,
Pourroient bien sa changer en d'autres
Pour la conquête du Turban.
|
|
Six Seigneurs de la suite
d'un Grand impatiens de plaire, surprennent agreablement
leur Illustre Maître, par une Entrée au son de
la Ritournelle de la Serenade.
|
|
Deux Alchimistes
impatiens
|
|
pour
des Alchimistes
|
|
|
|
Qu'est-ce
que le merite & la vertu sans l'or ?
N'en deplaise aux beaux Arts où l'on se fait
instruire,
De l'or en abondance est le meilleur Tresor;
Heureux qui trouveroit se secret d'en produire !
Qui pourroit s'en passer bien plus heureux
encor.
|
|
Deux Maîtres
à Danser, qui s'impatiente en montrant la Courante
à des Moscovites
|
|
pour
les Maîtres à Danser, impatiens
|
|
|
|
Que de
corps mal-adroits, & comme estrpiez !
Qu'outre leur peu d'adresse ils ont peu de lumiere !
Quand il faut que la Tête entende la premiere
Ce qu'on veut faire ensuite executer aux
Pieds.
|
|
Deux Plaideurs, impatiens
de la longueur de leurs Procés
|
|
pour
Deux plaideurs
|
|
|
|
Estre
Amant & languir pour une Dame ingrate;
Estre Esclave & gémir sous les fers d'un
Pirate,
C'est une longue mort, sensible au dernier point:
Mais quoi-qu'elle soit dure à celui qu'elle
accable,
De toutes les langueurs la plus insuportable,
Est d'avoir un Procés qui ne finisse
point.
|

|
Recit
de l'Impatience
|
|
|
|
Courons
où tendent nos desirs,
Il n'est pas toûjours tems de goûter les
plaisirs,
On ne peut en avoir trop tôt la joüissance:
Il faut presser pour être heureux,
Et l'Amour est sans traits, & l'Amour est sans feux
Quand il est sans Impatience.
Ces
longs soûpirs & ces langueurs
Ne sont bons qu'à nourrir d'éternelles
rigueurs,
En fasse qui voudra la triste experience:
Il faut presser pour, &c.
|
|
Six
Portefaix Impatiens de se décharger de leur fardeau
le jettent par terre; d'où sortent six Nains
Impatiens d'être plus long-tems emballez
|
|
Portefaix
|
|
|
|
AUX DAMES
|
|
Vous
nous voyez gémir sous un faix ennuyeux:
Mais, ô divins Objets ! nous avons plus de peine
A soûtenir l'éclat qui sort de vos beaux
yeux,
Et cette charge nous entraîne.
|
|
|
pour
le Comte de Marsan, representant un Nain
|
|
Que je
veux mal à qui me dit
Que ma taille est d'une Poupée !
Qu'est-ce que j'ai de si petit ?
Est-ce le coeur ? est-ce l'esprit ?
Est-ce la naissance ou l'épée ?
|
|
des
Oiseleurs à la Choüette, s'impatientent qu'elle
n'ait pas esté bien pour faire venir les
Oiseaux
|
|
Des
Oiseleurs
|
|
|
|
Ruse
& subtilité par tout nous accompagne,
Et ces petits voleurs sont mis à la raison,
Qui se moquoient de nous étant à la
campagne,
Mais qu'on fait bien chanter quand ils sont en
prison.
|
|
|
pour
le petit Jules du Pin Fils, representant une
Choüette
|
|
Mon
petit becq est assez beau,
Et le reste de ma figure
Montre que je suis un Oiseau
Qui n'est pas de mauvais augure.
|
|
Deux
jeunes débauchez, impatiens de la succession de leur
pere, qui llui rompent & brisent ses coffres
|
|
le
Comte de Sery, representant un jeune
Débauché
|
|
Quoique
le besoin me suggere,
Je ne veux point voler mon pere,
Je sçai trop ce que je luy doy,
Il a de la magnificence,
Et presque aussi jeune que moy,
N'aime guere moins la dépense:
Son coeur est franc & loyal,
Genereux & liberal,
Il donne devant qu'il offre,
Point du tout interessé;
Tant de vertu sauve un coffre
Du danger d'estre enfoncé.
|
|
|
pour
le Marquis de Villeroy, representant un jeune
Débauché
|
|
Dans
cette fougue du bel âge,
Où les plus vives passions
Produisent beaucoup d'actions
Que l'on ne fait guere estant sage;
Un Pere qui vous aime bien
Ne vous laisse manquer de rien:
Mais vos emportemens ailleurs que dans sa bourse,
Pourroient trouver quelque resource,
S'il vous estoit moins indulgent;
Et comme il ne s'agit auprés de la plus chiche,
Que de gagner son coeur pour avoir son argent,
Que vous allez devenir riche !
|
|
Jupiter
impatient de joüir de ses Amours, trompe Caliste sous
l'habit de Diane
|
|
Jupiter
déguisé, representé par sa
Majesté
|
|
Aprés
avoir tonné quand il estoit besoin
D'abattre les Geans que j'ai reduits en poudre,
Et fait voler mon Nom plus loin
Que l'Aigle qui porte ma Foudre.
Je
descends vers l'Objet qui seul peut me charmer,
Et même j'y descens, non sans quelque surprise,
Qu'à dessein de me faire aimer,
Il faille que je me déguise.
Les
Mortels ne sçauroient, quand je traite avec eux,
Souffrir de ma splendeur, qu'une legere trace;
Et mon éclat trop lumineux
Les ébouït & m'enbarasse.
Decant
une beauté je cache finement,
Cette pompe divine où mon estre se fonde;
Et l'on me prendroit seulement
Pour le premier Homme du monde.
Le
monde cependant m'adore & connoist bien,
Qu'à son utilité je dispose les Astres,
Et suis la source de son bien,
Sans estre auteur de ses desastres.
Et la
gesle & la pluye, & les vents inconstans,
Furent des fiers Destins l'ouvrage necessaire:
Nous n'aurons plus que du beau temps,
Et c'est ce qui me reste à faire.
|
|
|
le
Comte de Saint Aignan, representant un des Suivans de
Jupiter
|
|
Je sers
un Maistre incomparable,
En l'honneur de lui plaire on trouve des appas;
La peine qu'on y prend est un bien desirable,
et la Fortune suit ceux qui suivent ses pas.
|

|
des
Gourmands voyans leur souppe, impatiens de la manger,
mettent tous la cuillier dans la marmite & la portent
à la bouche, & s'estant brûlez, font mille
sortes de grimaces
|
|
pour
des Gourmants qui se bruslent
|
|
|
|
L'impatience
nuit à qui n'en est point maistre,
Ne se presser pas tant, c'est jouer au plus fin;
Et ces Gourmands punis donnent à connaistre,
Qu'à force d'aller vîte on demeure en
chemin.
|
|
des
Creanciers impatiens donnent leurs Obligations à des
Sergens pour les executer, prennent eux-mêmes au corps
leurs Debiteurs, & enlevent leurs meubles
|
|
le
Comte de Saint Aignan, representant un Debiteur poursuivi
par des Creanciers
|
|
|
|
O, que
le Creancier est une Nation
Fâcheuse, opiniâtre, importune & pressante
!
Volontiers on lui donne une assignation,
Pour laquelle manquer volontiers on s'absente:
Moi qui suis quelquefois de la vacation,
Lors que mon Debiteur me prie
De lui donner du temps qu'il proteste, qu'il crie.
Que pour l'heure presente il est gueux comme Job,
Et qu'il me dit, Monsieur, mettez-vous à ma
place,
Mon ami, je n'y suis que trop;
Voilà comme l'affaire entre nous deux se
passe.
|
|
Huit
Chevaliers de l'ancienne Chevalerie, Rivaux & Impatiens
de faire paroistre leur adresse à leur
Maistresse
|
|
pour
SA MEJESTE', representant un Chevalier de l'ancienne
Chevalerie
|
|
|
|
Voici
la fine Fleur de la Chevalerie,
Qui passe de bien loin nos Heros fabuleux
En belles actions comme en galanterie;
Enfin ce Prince merveilleux,
Que l'Amour suit par tout, que la Gloire accompagne,
est le pur sang de Charlemagne.
Qu'il
danse ou qu'il combatte, aussi-tost qu'il paroist,
L'on voit par dessus tout sa grandeur heroïque;
C'est l'honneur & l'appui de l'Ordre dont il est,
La Chevalerie est antique,
Et je la croi du temps de ses premiers Ayeux;
Mais le Chevalier n'est pas vieux.
La
Guerre & la Discorde en nos jours
étouffées,
Sans sa Teste & son Bras seroient encor debout,
Il a fait de leur chûte un comble à ses
Trophées:
Bref il a pacifié tout;
Et nous donnant la Paix, & se donnant Therese,
A mis tout le monde à son aise.
|
|
Quatre
Marchands Maures impatiens de l'arrivée de leurs
Vaisseaux, qui consultent deux Bohemiennes
|
|
pour
des Maures
|
|
|
|
Au lieu
de nosu aimer, faut-il qu'on l'on nous craigne ?
Ne sçaurions-nous jamais parvenir à nos fins
?
Et n'aurons-nous point nostre regne,
Comme ces Messieurs les blondins ?
|

|
Recit
de la Loterie
|
|
|
|
Venez
vous ranger sous mes loix,
Je reçoi toutes vos offrandes,
Sans difference & sans choix:
Mes faveurs les plus grandes,
Sont quelques Billets doux,
Où vous aspirez tous,
Peu d'heureux, beaucoup de jaloux.
Ma main
couronne le hazard,
Et le faux & le vrai merite
En mon coeur ont même parti:
La Fortune est écrite
Dans quelques Billets doux, &c.
|
|
Des
Suisses servis par des Florentins avec des Bouteilles
à long goullot, & des petits Verres, impatiens de
boire se jettent dans un muid de vin, pourr boire à
leur aise
|
|
Suises
|
|
|
|
Bon
corps d'hommes
Que nous sommes,
Nul travail ne nous déplaist;
Il n'est rien qui nous moleste,
Hormis la soif qui nous est
Plus funeste
Que la Peste:
Pour des raisons,
Nous en faisons
Sans peine aucune,
Et n'en disons
Jamais pas une.
|
|
Des
Filles attendent impatiemment l'arrivée de leur
Galants, regardent incessamment par les portes & par les
fenestres, sortent dans la ruë, envoyent leurs
servantes au devant, & font paroistre leurs inquietudes
par mille postures differentes
|
|
le
Marquis de Genlis, Amoureux
|
|
|
|
Comme
de ses talens volontiers on se pique,
Beau, Galant, Amoureux sont les trois attributs
Que je possede encore, & que j'ai toujours eus,
Si quelque severe Critique
Ne me vient retrancher le premier tout au
plus.
La
Nature n'estant ni bizzare ni folle,
Sur un moule assez juste avoit formé mes traits;
Mais pour gaster son oeuvre incontinent aprés,
Survint la petite verole,
Qui n'a jamais manqué d'arriver tout
exprés.
|
|
Dix
Aveugles impatiens de sortir, de crainte de perdre l'heure
de gagner leur vie, n'attendent pas leur Conducteur, &
se fians à leurs bastons, s'entrechoquent les uns
& les autres, & se battent
|
|
RECIT
des Aveugles
|
|
|
|
Aprés
la clarté perduë,
Qui nous fut un bien si cher,
A d'autres sens que la vûë,
Il faut donc nous retrancher:
Pour estre aveugle est-ce à dire,
Qu'on ne goûte rien de doux ?
Amour qui sçait si-bien rire,
Est aveugle comme nous.
L'attouchement nous console
Du bien qui nous est osté;
Et jamais sur sa parole,
Nous n'en croyons la beauté,
Pour estre, &c.
|
|
|
Les
Aveugles, aux Dames
|
|
Vous
pourriez bien tirer quelque desavantage
De nostre aveuglement qui nous sauve du feu;
Si de nos yeux pour vous nous n'avons point l'usage,
Les vostres contre nous vous servent aussi
peu.
|
|
|
pour
Monsieur Baptiste, representant un Aveugle
|
|
Ces
chants harmonieux nous raviront toûjours,
Sur les autres toûjours ils auront la victoire;
Et pour l'interest de sa gloire,
Cet Aveugle n'a rien à craindre que les
sourds.
|
|
Deux
amans impatiens enlevent leurs Maîtresses;
sçavoir Pluton, Proserpine; Borée,
Orithie
|
|
AUX DAMES
|
|
Vous de
qui les beautez me semblent so charmantes,
Souffrez ma passion sans douter de ma foi;
Puis-je estre soupçonné de flâmes
inconstantes ?
Et les feux éternels ne sont-ils pas chez moi
?
Plus de
cent pieds sous terre en lieu fort écarté,
Vos fautes avec moi ne seront point celebres;
Et comme la Pudeur aime l'obscurité,
Ne sui-je pas aussi le Prince des Tenebres ?
Ostez-vous
de l'esprit mille chimeres vaines,
Les demons, les serpens, & la flâme & le
fer;
Et sans vous allarmer de la crainte des peines,
Pechez avec lui qui peut tout en Enfer.
|
|
|
pour
le Comte d'Armagnac, representant
Borée
|
|
Ce vent
impetueux a fait de beaux vacarmes,
A bien déconcerté des attraits & des
charmes,
Au point qu'il a regné depuis ces derniers temps:
Quel degast n'a-t-il fait dans le fleurs du Printemps ?
Il a couché par terre & les lys & les
roses;
Bref il a renversé tant de si belles choses;
Dont il n'est pas besoin ici que nous parlions,
Qu'en renversant la Flore & tous ses milions,
Qui servent à l'Espagne à soutenir la
Guerre,
Et donnent tant d'envie au reste de la Terre,
Il eût renversé moins, & causé du
fracas,
Dont les gens de bon sens auroient fait moins de
cas.
|