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Ballet en V Entrées, dansé par le Roy en la Salle du Louvre le XI° Iour de Feurier 1625 Livret de René Bordier musique de: Antoine Boësset |
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représentée par le Sieur Marais |
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Aux
Dames: Außi
par mon soulagement Que si
leurs accors sans accord, |
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Les
Musiciens de Campagne: Le feu qui
sort de vos regards est si puissant |
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Monsieur
le Duc d'Aluyn: Monsieur
De Bleinnuille: Monsieur
le Marquis de Mortemar: Monsieur
de la Rocheguyon: Monsieur
le Duc de Nemours: LE ROY: Monsieur
le Grand Prieur: |

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representée par Monsieur de Chalez |
Les
Joëurs sousmis à mes loix Ils sont
suiuis d'Esprits follets, Un regnard
marche pas à pas, Monsieur
le Marquis de Mortemar: Monsieur
le Commandeur de Souuray: Un
Esprit follet, ioüeur de balle forcée,
representé par Monsieur de Laincourt:
Ont un agreable caprice,
Les os ne leurs tombent des doigts,
Un tourniquet est l'exercice,
Où des Lacquais & des Bertrans
Pour des soufflets vont follatrans.
Qui bandez à forcer la balle,
Font voir qu'Eole & ses vallets,
N'ont vistesse qui les esgalle,
Et qu'en souplesse & soubresauts
Les singes ne sont que des sots.
Et ne voit poulles qu'il n'emporte.
Mais, ô Beautez pleines d'appas,
N'en riez que de bonne sorte,
Pour vous mettre en pareil hazard
Amour est assez fin regnard.
LES LACQUAIS
haut
de page
La Gloire accompmagne mes pas,
Bien que Lacquais iu ne suis pas
De ceux qu'un Escuyer estrille:
Mon Maistre est mon valet par fois;
Sil me faict porter la mandille,
Moy ie lui fay porter du bois.
Cruelle ambition, laisse-moy viure en paix,
Et iamais plus ne m'importune,
N'ay-je pas assez de fortune,
Puisque ie suis Roy des Lacquais ?
Myrtes, courronez-moy,
Que si ie ne suis Roy,
De l'amoureux Empire,
Au moins suis-je à la Cour,
Esprit pour le bien-dire,
Et follet pour l'Amour.

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representé par Monsieur de Liancourt |
Il n'est
si fameux Empirique, Ils ont
l'oeil creux, le corps ectique, Presser de
leur humeurs bourrües Parmy tant
de rares pensées Et quant
à vous, Esperculates, Un
Embaboüiné representé par Monsieur de
Chalez: Monsieur
Frere du Roy: Monsieur
le Duc d'Elboeuf: Monsieur
le Grand Prieur: Monsieur
le Commandeur de Souuray: Monsieur
le Comte de Soissons: Monsieur
le Duc de Monmorancy [absent]: Monsieur
le Duc d'Aluyn: Monsieur
de Bleinuille:
S'il affronte mon art magique,
Qui ne reuoive un pié de nez:
Le chef-d'oeuure que ie projette,
Gist en la caballe secrette
De guerir les embabouinez.
Le poil & l'habit à l'antique,
Qui les font remarquer de loing:
La vanité leur sert de guide,
Et de meubler leur chambre vuide
Les Chimeres ont un grand soing.
Tout le iour ils courent les rües,
Et toute la nuict ont l'oeil ouuert:
Moy, pour esgayer leur folie,
I'ordonne à leur melancolie
De se couurir d'un bonnet vert.
Qui sont diuersement bleffées
Les fantasques me gastent tout,
Leurs fouguent ne sont point communes,
Et les demy-foux ont des Lunes,
Dont ie ne puis veuir à bout.
Vos complexions delicates
Veulent un traictement fort deux:
Mais en vostre mal qui m'estonne
C'est que ie m'en rapporte à vous.
Esprits adjustez comme il faut,
Ie reconnois bien mon defaut
Et les caprices dont i'abonde:
Mais puis que le party des Foux
Est le plus grand qui soit au monde,
Ie veux en estre comme vous.
Les
Demy-foux qui dansent,
selon l'ordre cy apres:
Si i'ay le sens troublé, ce n'est qu'en
apparance,
Amour & le Dieu Mars partagent mes desirs,
Qui sont si bien reiglez, que mes plus chers plaisirs
Sont d'adorer Caliste, & de seruir la Frane.
Ce n'est donc point assez d'auoir perdu mon coeur,
Esclave du bel oeil qu'Amour fit mon vainqueur,
Il faut que la rasion me soit außi rauie.
O Dieux ! qui vit iamais de si diuins appas ?
C'est n'auoir point d'esprit de ne le perdre pas
Pour l'amour de Syluie.
Si t'aymer est un crime indigne de pitié,
Au moins pour le respect de ma longue amitié,
Donne à mes paßions une fin moins tragique.
Ce que tu crois des pleurs, (ô merueilles des
Cieux,)
Helas ! c'est mon verueau que l'amour alambique,
Et faict à tout moment distiller par mes
yeux.
Le mal qui donne peu de tréues
A mes sens d'amour transportez,
Ne vient pas de la fleur des féues,
Mais bien de la fleur des beautez.
Les
Fantasques,
qui dansent selon l'ordre cy apres:
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de page
Le caprice & l'orgueil n'ont part en mes amours,
Une Beuté me rend plus humble que les herbes:
Et quant aux Caualiers mon huleur est tousiours
Facile aux complaisans, et fantasque aux
superbes.
Bien qu'agité d'un grand orage,
Ie sois menacé du naufrage,
Qu'ont les dessins ambitieux,
Feux jumeaux, cachez vostre flâme,
Il ne me faut que deux beaux yeux
Pour calmer les flots de mon ame.
Puis que chery d'une Diuinité,
Je feins icy que sa rigueur m'affole,
Ieunes amans remplis de vanité,
Pour la quitter venez à mon escole.
Bien que l'humeur fantasque aux fougues me conuie,
Toustefois quand l'Amour guide mes vonlontez
La Lune ne tient pas ma raison asseruie,
Cet honneur n'appartient qu'au Soleil des
Beautez.

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representée par le Sieur Delfin |
Mes
combattans que Mars ne sçauroit égaller Les plus
fiers Rodomons pressez de leur valeur Leurs
soldats sont docteurs, qui bruslent du desir Finissons
ce combat faicts pour le passetemps, Monsieur
de la Rocheguyon: LE ROY: Monsieur
de Liancourt: Monsieur
le General des Galeres:
D'exploicts & de gloire sont riches,
Leurs coups font aux combats bras & testes voller,
Il est vray qu'elles sont postiches.
Sentent leurs forces dißipées:
Que ne feroient-ils point, n'estoit que par malheur
C'est de bois que sont leurs espées ?
D'auoir en teste des Hercules:
Courir, et rompre en lice est leur plus grand plaisir,
Mais ils sont montez sur des mules.
Il me reste un poinct à vous dire,
C'est que les Ennemis du Chef des Combattans
Auront plus à pleurer qu'à rire.
Les vaillans
Combattans,
qui dansent selon l'ordre cy apres:
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de page
Ne presume, Tenant, demeurer mon vainqueur,
Mon courage suffit à conseruer ma vie,
Et pour la garantir n'ay-je pas dans le coeur
Graué des mains d'Amour me pourtraict de Syluie
?
France, qui dans les mains me vois des armes peintes,
Dont les exploits ne sont que des jeux & des
feintes,
Ne croye que ie m'en serue auceque paßion:
Pour moy tous passetemps ont un charme inutile,
Amour fera bient tost place à l'ambition,
Et l'Ennemy sçaura que ie suis un Achille.
Que ie hay cette espée
Dont ma dextre occupée
Rauit toute la Cour,
Les armes naturelles
Sont plus propres, Amour,
Pour vuider mes querelles.
Guerrier armé de courroux,
Qui pour me percer de coups
Fais un effort admirable,
Apprens à ton vain irgueil,
Que ie suis invulnerable,
Hormis aux traicts d'un bel oeil.

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representée par le Sieur de Poyenne |
Qu'on ne
me rompe les oreilles Rien n'est
si diuin que ma gaule, Ie
m'abuse, ô merueile estrange !
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De ces fabuleurses merueilles
Qu'une lyre fit aux vieux temps;
Ie me vante que mes trophées
Feront tenir pour charlatans
Les Amphions & les Orphées.
Sa vertu que le Ciel espaule
Me donne cent mille suivans,
Et faict, tant le monde radotte,
PAsser pour des hommes viuans
Des bilboquets que i'escamotte.
Leur forme premiere se change
Et dansent comme des Demy-dieux.
Beautez dont le France est regie,
Ie dois aux charmes de vos yeux
Ce dernier effect de Magie.