Academie Royalle de Musique
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Louis
XIV
LOUIS
par la Grace de Dieu Roy de France & de Navarre; A tous
presens & à venir, SALUT. Les
Sciences & les Arts estans les Ornemens les plus
considerables des Estats, Nous n'avons point eû de
plus agreables Divertissemens, depuis que Nous avons
donné la Paix aux Peuples que de les faire revivre,
en appellant prés de Nous ceux qui se sont acquis la
reputation d'y exceller, non seulement dans l'etenduë
de nostre Royaume; mais aussi dans les Païs Estrangers;
& pour les obliger d'avantage de s'y perfectionner, Nous
les avons honorez des marques de nostre estime & de
nostre veillance: Et comme entre les Arts-Liberaux la
Musique y tient un des premiers rangs, Nous aurions dans le
dessein de la faire réüssir avec tous ces
avantages, par nos Lettres Patentes du 28. Juin 1669.
accordé au Sieur
Perrin
une Permission d'établir à nostre bonne Ville
de Paris, & autres de nostre Royaume, des Academies de
Musique pour chanter en public des Pieces de Theatre, comme
il se pratique en Italie, en Allemagne, & en Angleterre,
pendant l'espace de douze années: Mais ayant
esté depuis informez, que les peines & les soins
que ledit Sieur
Perrin
a pris pour cét établissement n'ont pû
seconder pleinement nostre intention, & élever la
Musique au point que Nous nous l'estions promis, Nous avons
crû pour y mieux réüssir, qu'il estoit
à propos d'en donner la conduite à une
personne dont l'experience & la capacité nous
fussent connuës, & qui eût assez de
suffisance pour fournir des esleves, tant pour bien chanter
& actionner sur le Theatre, qu'à dresser des
bandes de Violons, Flûtes, & autres Intrumens.
A CES CAUSES, bien informez de
l'intelligence & grande connoissance que s'est acquis
nostre cher & bien aimé Jean
Baptiste Lully
au fait de la Musique, dont il Nous a donné &
donne journellement de tres-agreables preuves depuis
plusieurs années qu'il s'est attaché à
nostre service, qui nous ont convié de l'honorer de
la Charge de Sur-Intendant & Compositeur de la Musique
de nostre Chambre; Nous avons audit Sieur
Lully
permis & accordé, permettons & accordons par
ces presentes signées de nostre main,
d'établir une Academie Royale de Musique dans nostre
bonne Ville de Paris, qui sera composée de tel nombre
& qualité de personnes qu'il avisera bon estre,
que Nous choisirons & arresterons sur le rapport qu'il
Nous en fera, pour faire des Representations devant Nous
quand il nous plaira, des pieces de Musique qui seront
composées, tant en Vers François, qu'autres
Langues étrangeres, pareilles & semblables aux
Academies d'Italie; Pour en joüir sa vie durant, &
aprés luy celuy de ses enfans qui sera pourveu &
receu en survivance de ladite Charge de Sur-Intendant de la
Musique de nostre Chambre, avec pouvoir d'associer avec luy
qui bon luy semblera, pour l'établissement de ladite
Academie, & pour le dédommager des grands frais
qu'il conviendra faire pour lesdites Representations, tant
à cause des Theatres, Machines, Decorations, Habits,
qu'autres choses necessaires. Nous luy permettons de donner
au public toutes les Pieces qu'il aura composées,
mesme celles qui auront esté representées
devant Nous, sans neantmoins qu'il puisse se servir pour
l'execution desdites Pieces des Musiciens qui sont à
nos gages: Comme aussi de prendre telles sommes qu'il jugera
à propos, & d'établir des Gardes &
autres gens necessaires aux portes des lieux où se
feront lesdites Representations: Faisant tres- expresses
inhibitions & défenses à toutes personnes
de quelque qualité & conditions qu'elles soient,
mesme aux Officiers de nostre Maison d'y entrer sans payer.
Comme aussi de faire chanter aucune Piece entiere de
Musique, soit en Vers François, ou autres Langues,
sans la permission par écrit dudit Sieur Lully,
à peine de dix mil livres d'amande, & de
confiscations des Theatres, Machines, Decorations, Habits,
& autres choses, applicable à tiers à
Nous, un tiers à l'Hospital General, & l'autre
tiers audit Sieur
Lully;
Lequel pourra ainsi établilr des Escoles
particulieres de Musique en nostre bonne Ville de Paris,
& pat tout où il jugera necessaire, pour le bien
& l'avantage de ladite Academie Royale: Et d'autant que
Nous érigeons sur le pied de celles des Academies
d'Italie, où les Gentils-hommes chantent publiquement
en Musique sans déroger. VOULONS &
Nous plaist, que tous Gentils-hommes & Damoiselles
puissent chanter ausdites Pieces & Representations de
nostredite Academie Royale, sans que pour ce ils soient
censez déroger audit Titre de Noblesse & à
leurs Privileges, Charges, Droits & Immunitez:
Revoquons, cassons & annullons par cesdites Presentes,
toutes Permissions & Privileges que Nous pourrions avoir
cy-devant donnez & accordez, mesme celuy dudit Perrin,
pour raison desdites Pieces de Theatre en Musique, sous
quelques noms, qualitez, conditions & pretextes que ce
puisse estre. SI DONNONS EN MANDEMANT,
à nos aimez & feaux Conseillers, les Gens tenans
nostre Cour de Parlement à Paris, & autres nos
Justiciers & Officiers qu'il appartiendra, Que ces
Presentes ils ayent à faire lire, publier &
enregister, & du contenu en icelles, faire jouir &
user ledit Exposant plainement & paisiblement, cessant
& faisant cesser tous troubles & empeschemens au
contraire: CAR tel est nostre plaisir; Et afin
que ce soit chose ferme & stable à
toûjours; Nous avons fait mettre nostre Scel à
cesdites Presentes. DONNE'
à Versailles au mois de Mars, l'an de grace mil six
cent soixante-douze, & de nostre Regne le
vongt-neufiéme. Signé,
LOUIS.
Et à costé, Visa, LOUIS,
Et plus bas: Par le Roy, COLBERT.
Et encore est écrit. Registrées,
oüy le Procureur General du Roy, pour estre
executées, & joüir par l'Impetrant de
l'effet & contenu en icelles selon leur forme &
teneur, suivant l'Arrest de ce jour. A
Paris en Parlement le vingt-septiéme Iuin mil six
cens soixante-douze. Signé,
ROBERT
Les Oeuvres de la Période 1671 à 1699

Jean-Baptiste
Lully
[cette liste suit celle du site operabaroque.fr, merci à Jean-Claude Brenac]

Academie
Royale de Musique
Sur le
Requête du Sieur
LULLY,
pour l'exécution du Privilege à lui
accordé, pour établir une Academie Royale de
Musique à Paris Sur
la Requête présentée au Roi en son
Conseil, par Jean-Baptiste Lully , Sur-Intendant &
Compositeur de la Musique de la Chambre de Sa
Majesté; Contenant que plusieurs Particuliers
auroient formé des oppositions à
l'enregistrement du Privilege accordé par Sa
Majesté audit Lully, pour établir une Academie
Royale de Musique, afin d'apporter du retardement à
l'exécution dudit Privilege, par plusieurs
procédures dont la suite & la longueur pourroient
rendre ledit Privilege inutile, ayant déja
donné lieu à un Arrest du Parlement de Paris,
par lequel les Parties sont appointées en droit sur
lesdites oppositions; ce qui engage ledit Lully dans un
Procès, dont l'instruction pourra consommer beaucoup
de tems. A CES CAUSES; Requereroit
qu'il plût à Sa Majesté ordonner, qu'en
attendant le Jugement desdites oppositions, & par
maniere de provision, ledit Privilege à lui
accordé par icelui, nonobstant toutes oppositions.
SA MAJESTE' étant en son Conseil,
a ordonné & ordonne qu'en attendant le Jugement
desdites oppositions, & par maniere de provision, le
Privilege dudit-Lully, pour établir une Academie
Royale de Musique, sera exécuté aux clauses
& conditions portées par icelui; & fera le
présent Arrest exécuté par provision,
nonobstant toutes oppositions, dont si aucunes
interviennent, Sa Majesté se réserve la
connoissance. Fait
au Conseil d'Estat, tenu à Saint Germain en Laye, le
14 Avril 1672. Signé
LOUIS Et
plus bas, COLBERT
Les Oeuvres de la Période 1700 à 1749

Vuë du feu
prit à la Salle de l'Opéra de Paris le 6 avril
1763
Nom
de l'institution Administrateurs
& Directeurs Academie
d'Opera 1669 Priviliège
du 10 novembre 1668 - Lettres patentes du 28 juin
1669 Academie
Royale de Musique 1672 Lettres
aptentes du 13 mars 1672 1687 Brevet du 27
juin 1687 - Lettres patentes des 1er mars 1669, 30
décembre 1698 1698 Jean-Nicolas
de Francine & Hyacinthe de Gaureault Lettres
patentes des 30 décembre 1698, 10 juin 1703, & du
7 octobre 1704 1704 1712 1728 1730 Le
Prince de Carignan, Maximilien-Claude Gruer &
Magniat Arrêt
du Conseil du 1er juin 1730 1731 Arrêt
du Conseil du 18 août 1731 1733 Arrêt
du Conseil du 30 mai 1733 1744 Arrêt
du Conseil du 18 mars 1744 Joseph
Guenot de Tresfontaine, Douet de Saint-Germain, Lafueillade,
Bougenier, le Chevalier de Mailly 1749 Arrêt
du Conseil du 25 août 1749 1757 François
Rebel [1701 - 1775] & François Francoeur
[1698 - 1787] Arrêt
du Conseil du 13 mars 1757 1754 1755 1757 1767 Pierre
Montan Berton [1727 - 1780] & Jean-Claude Trial
[1732 1771] Arrêt
du 2 février 1767 1769 Antoine
Dauvergne [1713 - 1797] & Nicolas-René
Joliveau La
Ville de Paris: 1775
- 1776 Papillon
de la Ferté, Marescheaux, des Entelles, Lescurent de
la Touche, Bourboulon, Hébert &
Buffault
Pierre Perrin [1620 - 1675]
Jean-Baptiste Lully
Jean-Nicolas
de Francine [1662 - 1735]
Pierre
Guyenet
Jean-Nicolas
de Francine & Dumont
André-Cardinal
Destouches [1672 - 1749]
Claude
Lecomte, leboeuf, & autres associés
Eugene
de Thuret
François
Berger
La
Ville de Paris
Joseph
Nicolas Pancrace Royer [1705 - 1755]
Bontemps
& Levasseur
François
Rebel & François Francoeur
Berton
& Trial [mort le 23 juin 1771], Dauvergne &
Joliveau
Berton,
Dauvergne & Joliveau

Louis XV
Les Oeuvres de la Période 1750 à 1773