Heinrich Schütz
[1585 - 1672]
Musiques de funérailles
I. Musique funèbre en trois parties
|
mort le 3 décembre 1635 |
Concert en forme de messe d'enterrement allemande
Heinrich
Postumus von Reuß [1572 - 1635]

Première partie
Nacket
bin ich vom Mutterleibe kommen
[C'est
nu que je suis venu du corps de ma mère]
swv 279
Soli
T1 T2 B2 Job
1, 21
Capella Kyrie
Soli
S1 S2 T1 Philippiens
1, 21/ Jean 1, 29b
Capella Kyrie
Soli
A B2 Romains
14, 8
Capella Kyrie
Solo
T1 Soli
S1 S2 A T1 T2 B2 Jean
3, 16
Capella Martin
Luther, 1523, strophe de "Nun freut euch, lieben
Christen g'mein"
Soli
S1 T2 I
Jean 1, 7b
Capella Ludwig
Helmbold, 1575, strophe de "Nun laßt uns Gott
dem Herren"
Soli
S1 B2 Philippiens
3, 20 & suivant
Capella Johann
Leon, 1582/89, strophe de " Ich Hab mein Sach Gott
heimgestellt "
Soli
T1 T2 Ésaïe
1, 18b
Capella Ludwig
Helmbold, 1575, strophe de "Nun laßt uns Gott
dem Herren"
Solo
A Ésaïe
26, 20
Soli
S1 S2 B2 Sagesse
3, 1 - 3
Solo
T1 Soli
A T1 T2 B2 Psaume
73, 25 & suivant
Capella Martin
Luther, 1524, strophe de "Mit Fried und Freud fahr
ich dahin"
Soli
B1 B2 Psaume
90, 10a
Capella Johannes
Gigas, 1566
Solo
T1 Job
19, 25 & suivant
Capella Nikolaus
Hermann, 1560, strophe de "Wenn mein Stündlein
vorhanden ist"
Soli
S1 S2 A T1 T2 B2 Genèse
32, 27b
Capella Martin
Luther, 1523, extrait de "Nun freut euch, lieben
Christen g'mein" |
Deuxième partie
Herr,
wenn ich nur dich habe
[Seigneur,
si je t'ai seulement]
swv 280
Chur
SATB Psaume
73, 25 & suivant
Seigneur,
si je t'ai seulement,
je ne demande rien au ciel et à la terre.
Même si mon corps et mon âme
dépérissent,
tu restes toujours, Dieu, la consolation de mon
cur
et mon partage.
Troisième partie
Herr,
nun läßest du deinen Diener in Frieden
fahren
[Maintenant,
Seigneur, tu laisses ton serviteur partir en
paix]
swv 281
Chur
I: SATTB Luc
2, 29 - 32 Chur
II: S1 S2 B Apocalypse
14, 13/Sagesse 3, 1
Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur
partir en paix, comme tu l'as dit;
car mes yeux ont vu le Sauveur
que tu as prévu pour tous les peuples,
une lumière pour éclairer les
païens,
et pour la gloire de ton peuple
d'Israël.
Bienheureux les morts qui meurent dans le
Seigneur;
ils se reposent de leurs peines
et leurs uvres les suivent.
Ils sont dans la main du Seigneur
et aucun tourment ne les atteint.
II.
|
[Je suis la Résurrection et la Vie] composé pour la mort d'Anton Colander |
swv 464, avant 1620
SATB/
SATB a capella Jean
11, 25 - 26
Je suis la Résurrection et la Vie,
quiconque croit en moi
vivra, même s'il meurt;
et quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
III.
Pour la
mort de la duchesse
Sophie
de
Saxe,
décédée le 7 décembre
1622
[Terrible
caveau]
Plainte d'adieu devant le caveau du Prince électeur de Freybergk
swv 52, 1623
Solo
S Mort
tyrannique, ainsi donc nous avons Triste
tombeau, ton abîme ouvert, Mort
insatiable, ne nous ajoute pas Sombre
crypte, nous te disons adieu, Mort
amère, avec quelle rapidité Heinrich
Schütz
Terrible caveau, tu as donc
Dans ta vengeance englouti
La noble mère, la noble souche
D'où nous est issu
Le protecteur du pays, l'agresseur des ennemis,
Le rameau qu'elle a produit,
L'honorable et princier
Sire Jan Georg de Saxe.
Accompli maintenant ta volonté,
Déposé l'écarlate et la pourpre,
Et revêtu le drap noir;
Tous les instruments que nous employons,
Nous les habillons de ta livrée,
Le son de l'orgue, le chant de la musique,
Nous les évitons à cause de ton
pouvoir.
Nous le bouchons avec des rocs durs,
Afin que dorénavant, à quelque heure que ce
soit,
Tu ne sois plus jamais ouvert.
Une triste vapeur de larmes brûlantes
Monte de toi,
Toute notre joie et notre gaieté,
Tu les chasses au loin.
Un plus grand malheur,
Et permets que notre douleur
Te rassasie et te suffise.
Que de ton coup et de ta faux
Dieu veuille libérer
La noble plante : une autre herbe,
Tu pourras toujours la couper.
Et te laissons seule;
Tu veux jusqu'au jour du Jugement
Conserver les ossements;
Que rien d'impur, de païen
Ne les touche,
Afin qu'ils puissent maintenant
Reposer sans être dérangés dans la
félicité.
Tu nous as affligés,
Et, comme pour tous les enfants d'Adam,
Tu as exercé sur nous ta malignité !
Mais nous espérons que celui
Qui t'a ravi ton aiguillon
Réveillera bientôt les froids ossements,
Quand il reviendra.
IV.
|
[La bonté et la miséricorde] Dernières
paroles du psaume 23, pour la mort de
l'étudiant
Jacob
Schultes, |
swv 95, 1625
Chur
La bonté et la miséricorde
Me suivront toute ma vie
Et je resterai à jamais
Dans la maison du Seigneur.
V.
|
[Je m'en suis remis à la volonté de Dieu] Pour la
mort d'Anna
Maria
Wildeck, |
De vitae fugacitate (De la fugacité de la vie)
swv 94, 1625
Soli
S1 T Soli
A T Soli
A T B Soli
S1 S2 B Soli
S2 T Soli
S1 S2 A T Soli
A B Soli
S1 S2 A T B Soli
S1 A Soli
S1 S2 T Soli
S2 A Soli
S1 B Soli
A T B Soli
S1 S2 A T B Soli
S1 T Soli
A T Soli
S1 S2 Soli
S1 S2 A T B Johann
Leon (vers 1530-1597)
Je m'en suis remis à la volonté de Dieu,
Il fait de moi comme il lui plaît;
Si je dois vivre encore plus longtemps ici-bas,
Sans résistance,
Je me soumets à sa volonté.
Mon temps et mon heure sont quand Dieu le veut,
Je ne lui prescris ni mesure ni but,
Le moindre de mes cheveux est compté,
Long ou court,
Il ne m'en tombe aucun sans sa volonté.
C'est ici une vallée de larmes,
Partout angoisse, détresse et chagrins;
Notre séjour est de courte durée, plein de
difficultés,
Et qui y réfléchit n'est jamais en
paix.
Qu'est-ce que l'homme ? Une motte de terre;
Du sein de sa mère il vient tout nu,
N'apporte rien dans ce monde avec lui,
Ni bien, ni argent,
Et n'emporte rien avec lui quand il
s'écroule.
Richesse, argent ni bien n'y font rien,
Ni art, ni faveur, ni orgueil,
À la mort il n'est point de remède,
Mon pieux chrétien,
Tout ce qui vit est mortel.
Aujourd'hui nous sommes dispos, sains et forts,
Et demain morts, dans le cercueil,
Aujourd'hui nous fleurissons, rouges comme les roses,
Et bientôt malades et morts;
Peine et misère sont partout.
L'un emporte l'autre après lui,
Loin des yeux et du cur,
Le monde a tôt fait de nous oublier,
Jeunes ou vieux,
Et aussi nos différents titres de gloire.
Ah, Seigneur, enseigne-nous à bien
considérer
Que nous sommes tous également mortels,
Que notre séjour n'est pas ici,
Qu'il nous faut tous partir,
Doctes, riches, jeunes, vieux ou beaux.
C'est l'effet du péché, ô Dieu bon,
Par lui est venu la mort amère
Qui prend et dévore tous les enfants des hommes
Comme elle les trouve;
Ne demandez pas leur condition ou leur gloire.
J'ai ici peu de jours heureux,
Mon pain quotidien est la peine et la plainte,
Quand mon Dieu voudra, je partirai
Avec lui en paix;
La mort est mon salaire et ne me nuit pas.
Et même si mon péché est contre moi,
Je ne veux pas désespérer,
Je sais que mon Dieu fidèle
A donné pour moi
Dans la mort son très cher fils.
Celui-ci, mon Seigneur Jésus Christ,
Est mort pour tous mes péchés,
Et, ressuscité pour mon bien,
A éteint le feu infernal
Avec son précieux sang.
Je vis et je meurs pour lui en tout temps,
La mort amère ne me sépare pas de lui,
Que je vive ou je meure, je suis à lui,
Lui seul est
Mon unique réconfort et mon aide.
Voilà mon réconfort en tout temps,
Dans toutes les épreuves et la tristesse,
Je sais qu'au jour du Jugement
Sans une plainte
Je me lèverai de mon tombeau.
Mon cher, pieux, fidèle Dieu
Conserve tous mes ossements,
Ainsi pas un seul de tout mon corps,
Gros ou petit,
Ne périra ni se perdra.
Mon cher Dieu, je le verrai
En face, de cela je ne doute pas,
Dans la joie et la splendeur éternelles
Qui m'attendent;
Qu'il soit loué et glorifié dans
l'éternité.
Ô Jésus Christ, Fils de Dieu,
Qui as tant fait pour nous,
Ah, enclos-moi dans tes blessures,
Toi seul es
Mon unique réconfort et mon aide.
Amen, mon cher et pieux Dieu,
Accorde-nous à tous une mort heureuse,
Fais que nous puissions tous ensemble,
Bientôt, dans ton royaume,
Venir et rester éternellement.
VI.
|
[C'est une vérité assurée] Pour la
mort de
Johann
Hermann
Schein, |
Verba D. Pauli (Paroles de Paul)
swv 277, 1631
C'est une
vérité assurée, Mais pour
cela j'ai obtenu miséricorde, I
Timothée 1, 15-17
et une parole d'une grande valeur,
que Jésus Christ est venu dans le monde
pour sauver les pécheurs
dont je suis le premier.
afin que Jésus Christ montre en moi le premier
toute sa patience, en exemple à ceux
qui croiraient en lui pour la vie éternelle.
À Dieu, le roi éternel, l'immuable,
l'invisible et le seul sage,
honneur et gloire dans l'éternité !
Amen.
VII.
|
[Ô mon âme, pourquoi t'affliges-tu ?] Pour la
mort de
Anna
Margarethe
Voigt, |
Chant funèbre composé par le veuf lui-même
swv 419, 1652
Ô
mon âme, pourquoi t'affliges-tu ? Mon cher
Dieu, tu as brisé Puis-je
encore te revoir, Le temps
de mon tourment est long, D'ici-là,
Dieu, mon véritable consolateur, Christian
Brehme (1613-1667)
Certes, tu as bien trop de raisons pour cela:
Ton Dieu bon, qui t'aime en tout temps,
A inversé pour toi le but longuement
espéré.
Tu voulais la bénédiction,
Ce fut la pluie
Qui déchira tes yeux,
Les déchira de la douleur aiguë des
larmes.
La meilleure et la plus chère partie de mon
cur,
Je suis blessé au plus profond de mon âme
Par ton courroux et l'amertume de ton trait mortel.
Tous mes désirs
Ont fondu,
L' aspiration de nos deux curs,
Ce qui n'est pas né fut tué de
douleur.
Mon amour ? Oh non ! Tu ne reviendras pas;
Mais un jour je volerai vers toi là-bas,
Et je verrai vraiment en face
Ce qui, dans la vie,
Ne nous a pas été donné
À regarder, embrasser et aimer:
Il nous faut remettre tout cela à plus
tard.
C'est pourquoi je souhaite très souvent rejoindre
Dieu et toi-même;
La nuit m'angoisse, accablants sont les jours
Que Dieu m'accorde pendant ce temps.
Un désir ardent
Peut m'habituer à l'idée
De ne penser à rien d'autre
Qu'au jour où je descendrai vers toi.
Ne laisse pas mon âme désespérer !
J'ai été aussi racheté par ton cher
fils,
Dis-le en face au diable !
Ainsi ses tentatives
Ne me font rien,
Bien qu'il manigance beaucoup:
Elles servent au mieux ceux qui aiment Dieu.
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