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Emilio
de'Cavalieri
[ca. 1550 -
1602]
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La
Représentation de l'Âme et du
Corps
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La
Rappresentatione di Anima e di Corpo
Drame
sacré (oratorio) en I Prologue & III
Actes
Rome, février 1600
Livret du
Padre Agostino Manni
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les
personnages
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L'Âme
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Anima
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Le
Corps
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Corpo
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Le
Plaisir
avec deux
compagnons
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Piacere
con due compagni
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Le
Temps
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Tempo
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Le
Monde
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Mondo
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L'Intellect
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Intelletto
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Le
Conseil
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Consiglio
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L'Ange
gardien
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Angelo
custode
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La Vie
mondaine
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Vita
mondana
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Des
âmes damnées,
en enfer
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Anime
dannate,
nell'inferno
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Des
anges,
au ciel
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Angeli,
nel cielo
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Des
âmes bienheureuses,
au ciel
|
Anime
beate,
nel cielo
|
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Avisé,
jeune homme (rôle parlé)
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Avveduto
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Prudent,
jeune homme (rôle parlé)
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Prudenzio
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Prologue
|
Âmes
bienheureuses, anges, l'Âme, le Corps, l'Intellect, le
Conseil, le chur et toute la foule
ensemble
|
Ô
Seigneur saint et véritable
Qui détiens l'empire du monde,
Ô Seigneur saint et fort,
Qui domptes la mort,
Qui donnes la vie,
Suprême et infinie bonté,
À toi, Seigneur, à toi
Sont dues gloire et louange.
Souverain seigneur, suprême et digne,
Que ta gloire soit éternelle et ton
règne perpétuel.
|
Préambule,
parlé
Avisé et Prudent, jeunes gens
|
Avisé
Vous qui d'après votre aspect me paraissez
un jeune homme prudent et sensé, dites-moi,
de grâce, que vous semble de cette vie
mortelle que les hommes prisent tant ? Quelle
conception en avez-vous ? Je souhaite avoir votre
opinion, car moi aussi, je voudrais vivre de
façon à ne pas me trouver, au terme
de celle-ci, comme il arrive à beaucoup,
abusé par de fausses
espérances.
Prudent
Je ne peux satisfaire pleinement votre
désir, car mes vertes années ne m'ont
pas encore permis de voir beaucoup de choses
à ce sujet; mais d'après ce que j'ai
pu en flairer de loin, et par ce que j'ai appris
d'hommes sages, qui l'ont traversée avec un
il expert, il me semble qu'elle est une mise
en montre et une apparence de vanité: un
beau vêtement qui recouvre les
difformités du corps malade; une prairie
herbeuse dont les vertes pousses cachent le serpent
venimeux. Et vous, que diriez-vous qu'elle soit
?
Avisé
Encore que sans expérience, je dirais
qu'elle est un champ exigu, mais plein de pierres
dures; un bois épais, mais plein
d'épines piquantes; une montagne donnant de
l'ombre, mais pleine de hautes falaises, et, au
total, une grande forêt pleine de bêtes
sauvages.
Prudent
Je l'appellerais une obscure vallée de
larmes; une source stérile de pensers; un
trouble fleuve de pleurs, et une mer de
misère pleine de tempêtes.
Avisé
Et moi aussi, si je le pèse bien, je trouve
que notre vie est comme la bulle dans l'eau, qui
disparaît bien vite; comme la vapeur dans
l'air, qui se dissipe rapidement; et comme la fleur
qui en un instant se fane sur sa tige.
Prudent
Je la compare à une vieille maison qui
menace ruine; à une haute tour bâtie
sur le sable; à un arbre plein de branches,
mais sans racines.
Avisé
Elle me paraît une barque sans gouvernail,
une vieillesse sans bâton, un cheval sans
mors, et un aveugle sans guide.
Prudent
Je la parangonne à un ordre confus, à
une tranquillité tourmentée, à
une fatigue improductive, à une santé
malade, et à une richesse pauvre.
Avisé
Dites aussi qu'elle est une beauté laide, un
honneur infâme, une ambition sans assurance,
une élévation qui fait tomber, et une
noblesse obscure.
Prudent
Ajoutez qu'elle est un sac troué, un vase
fêlé , un miroir maculé, un
verre brisé.
Avisé
Ne manquez pas de dire qu'elle est un
hameçon d'or avec son appât, un
chardon piquant qui fait des trous, un fruit acide
qui dégoûte, et un calice de vin qui
rend ivre.
Prudent
Ou plutôt, un voyage plein d'embûches,
une cité pleine de discorde, un royaume
divisé, un principat tyrannique, et un
pèlerinage pénible.
Avisé
Ajoutez qu'elle est un château bâti
dans les airs, un navire au milieu de la mer, un
nuage face au soleil, et un vent qui passe sans
plus revenir.
Prudent
Affirmez qu'elle est un gouffre profond où
beaucoup se noient; un détroit
resserré où beaucoup sont en danger;
une mer sans port, que l'on passe à grand
risque.
Avisé
Estimez qu'elle est une caverne de serpents, une
grotte de bandits, une spélonque
d'assassins, et un repaire de
malfaiteurs.
Prudent
Ne voyez-vous pas qu'elle est une place pleine de
rumeurs, une rue tortueuse pleine d'erreurs, et un
vieux mur plein de fissures ?
Avisé
Nommez-la un joug sans douceur, un poids non
léger, et une forte chaîne.
Prudent
Combien il est vrai qu'elle est une poix qui
englue, une fange qui colle, et une
poussière qui aveugle.
Avisé
Soyez sûr qu'elle est un désert de
sable, une solitude horrible, une contrée
inhabitable.
Prudent
Ne considérez-vous pas qu'elle change comme
la lune ? Qu'elle passe aussi vite qu'un courrier ?
Qu'elle tourne en rond comme une roue ?
Avisé
Il n'est que trop clair qu'elle est une cité
de sang, une concupiscence de chair, une
complaisance pour les yeux, et un orgueil du
cur.
Prudent
Appelez-la, à coup sûr, un Amour des
fous, un Désir des vicieux, un Plaisir des
passionnés.
Avisé
Nommez-la une table indigente, une citerne
fissurée, un lit dur, un coffre
vide.
Prudent
Comparez-la à une sirène qui chante,
à une courtisane qui séduit, à
un magicien qui envoûte.
Avisé
Concevez-la comme une douleur qui rit, un rire qui
pleure, un contentement qui se lamente.
Prudent
Et moi, pour dire son nom, je dis qu'elle est une
vie menteuse, une vie morte, une mort qui respire
et un enfer des vivants.
Avisé
Et je conclu avec vous que cette misérable
vie n'est rien d'autre qu'une pompe funèbre
de corps vivants, une course on ne peut plus rapide
vers la mort, et un noble appareil qui se fait pour
les vers.
Prudent
Et en effet, à cette vie mondaine, on peut
donner tous les titres et tous les noms les plus
indignes: tous lui conviennent
parfaitement.
Avisé
Dites-moi maintenant, si elle est ainsi,
d'où vient que beaucoup la tiennent dans une
telle estime, et la goûtent à tel
point qu'ils ne voudraient jamais mourir
?
Prudent
Cela vient de que les péchés leur ont
bouché la vue, et mis un voile devant les
yeux, si bien qu'ils ne peuvent comprendre la
vérité des choses; et pour cela,
prenant le faux pour le vrai, et le mal pour le
bien, ils divaguent au milieu des erreurs; et entre
temps, arrive la Mort qui les emporte là
où ils se trouveront n'avoir dans les mains
que du vent, ou plutôt peine et
tourment.
Avisé
Certes, ils sont bien malheureux, les hommes qui
vivent ainsi, puisqu'ils dorment tranquillement
dans une erreur si dangereuse. Qu'ils feraient bien
s'ils se réveillaient une bonne fois d'une
léthargie aussi mortifère
!
Prudent
Oh, combien il serait salutaire aux gens de se
mettre à considérer au-delà de
l'écorce les misères et imperfections
de cette trompeuse vie ! car à trop
s'attacher à ses fausses beautés, on
descend, chose effroyable, sans s'en apercevoir,
dans les douleurs de l'Enfer et les bras cruels de
la Mort.
Avisé
Oh, quelle félicité ce serait pour
tous s'ils pouvaient s'élever du
règne des sens à celui de l'Intellect
! Ils y verraient que ni richesses, ni plaisir, ni
honneurs ne satisfont le cur dans cette vie,
mais seulement le bien, lequel se trouve
auprès de Dieu; et ils découvriraient
que le Temps fuit en un clin d'il; ils
apprendraient avec le véritable Conseil que
cette faible lumière de la vie passe en un
instant; que le Corps, par ses sens, pousse
à chaque instant l'Âme à
l'amour de la fange; que le Paradis est lumineux
au-dessus de nos têtes, que l'Enfer est
brûlant sous nos pieds, que le monde dans ses
égarements nous abuse, et que la vie nous
tue en nous séduisant; et que dans les
faits, quiconque combat virilement sur terre contre
les outrages des tentations ennemies s'acquiert au
Ciel d'éternelles et glorieuses
couronnes.
Prudent
Rien n'est plus vrai. Et puisque la science et
connaissance de tout ce que vous avez dit est de
toute importance, étant donné que
dépend d'elle la somme de toutes les choses,
de là vient que certains se sont
assigné la tâche de nous la mettre
sous les yeux. Et voici qu'à l'instant
même, en ce lieu, va être
représenté un exemple vivant et
stupéfiant qui montrera le bien fondé
de nos conclusions. On verra se présenter
les choses elles-mêmes, lesquelles,
apparaissant sous la figure de personnes humaines,
tout en délectant par des images aussi
étranges que neuves, serviront en même
temps à une conception au spectacle de
laquelle chacun pourra se former dans le cur
un tableau où il reconnaîtra
clairement que cette vie, ce monde, ces grandeurs
terrestres sont en vérité
poussière, ombre et fumée; et qu'en
fin de compte il n'est rien de ferme ni de grand
que la vertu, la grâce de Dieu et le royaume
éternel du Ciel. Mais voici qu'entre en
scène un vieillard pour débuter
l'affaire. Cédons la place, et
écartons-nous.
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de page

Acte
Premier
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Scène
première
Le Temps, seul
|
Le
Temps
Le
temps, le temps fuit,
La vie se détruit;
Il me semble déjà entendre
La trompette du Jugement, et entendre dire:
"Sortez de la fosse,
Cendres dispersées et ossements;
Levez-vous aussi, âmes,
Reprenez à l'instant vos corps,
Venez dire la vérité:
Quelle était la meilleure idée,
Servir le monde vain,
Ou le roi souverain du Ciel ?"
Il faut que chacun entende,
Ouvre les yeux et comprenne
Que cette vie est un souffle de vent,
Qui s'envole en un moment;
Elle naît aujourd'hui,
Demain elle meurt,
Aujourd'hui apparaît,
Demain disparaît.
Que chacun donc fasse l'essai
Pendant que le temps le permet,
De quitter tout ce qui est au monde,
Aussi plaisant qu'il soit en soi,
Et uvre de la main et du cur,
Car le fruit des bonnes uvres est
l'honneur.
|
Scène
II
Le Choeur
|
Le
Choeur
Cette
vie mortelle,
Pour s'enfuir, a des ailes promptes,
Et passe à une telle vitesse
Qu'elle laisse derrière elle les vents et
les flèches.
Le jour est rapide, et sans délai,
Il court à la nuit; en même temps
Disparaissent l'été et l'hiver,
Si bien qu'en un seul instant, on va vers
l'éternité.
Le temps qui ne dure pas
Nous use et nous mesure:
Ah ! comme en un moment
Le Ciel donne la vie, et le vent l'emporte !
Mais cette vie, qui est brève,
Le sage ne doit pas la haïr,
Car puisque le temps est court,
Il fait vite arriver au port
désiré.
|
Scène
III
L'Intellect, seul
|
L'Intellect
Tout
cur aime le bien,
Nul ne veut être dans la peine;
C'est pourquoi mille désirs,
C'est pourquoi mille soupirs,
Et ensemble ris et deuil
Se font entendre de partout.
Et moi, qui aime tant le bien,
J'appelle du fond du cur:
Ah, qu'est-ce qui pourra satisfaire
Mes souhaits avides ?
La richesse ? Non, non,
Elle ne peut me rassasier.
L'honneur ? Que me donne-t-il,
S'il me fait désirer davantage ?
Le plaisir ? À quoi bon,
S'il me crée une nouvelle soif ?
Je voudrais une chose
Qui seule pourrait satisfaire mes sentiments:
Je voudrais, gravé dans mon cur,
Ce bien qui renferme tous les autres en
lui-même:
Je voudrais, s'il m'est permis de tant
désirer,
Être au Ciel avec Dieu, toujours
heureux.
|
Scène
IV
Le Corps et l'Âme
|
Le
Corps
Mon Âme, à quoi penses-tu ?
Pourquoi es-tu dolente,
Toujours porteuse de malheurs ?
L'Âme
Je voudrais repos et paix,
Je voudrais plaisir et joie,
Et je trouve chagrin et ennui.
Le
Corps
Prends, voici mes sens:
Repose-toi ici, et jouis
De mille façons diverses.
L'Âme
Je ne veux plus boire de cette eau,
Car ma soif ardente
En devient encore plus brûlante.
Le
Corps
Prends les honneurs du Monde:
Là, tu peux jouir tant que tu veux,
Là, tu peux te rassasier.
L'Âme
Non, je sais par expérience
De combien d'absinthe et de fiel
Il recouvre son miel trompeur.
Le
Corps
Âme, tu es plus belle et ravissante
Que toute autre chose;
Satisfais-toi donc en toi-même.
L'Âme
Je ne me suis pas créée
moi-même:
Comment pourrais-je en moi
Donner le calme à mes passions ?
Le
Corps
Hélas, que deviendrons-nous ?
Si tu es si réticente,
Resterons-nous toujours en pleurs ?
L'Âme
Cela, non, si tu m'écoutes
Et si tu regardes avec moi
Vers de plus hauts désirs.
Terre, pourquoi donc me tires-tu
Vers la terre ? Suis donc mon vouloir,
Et tous deux, nous nous reposerons en
Dieu.
Le
Corps
Ah ! Qui peut me conseiller ?
Auquel des deux dois-je me vouer ?
L'âme me réconforte,
Les sens me transportent.
Ma chair me tente,
L'éternité m'épouvante:
Malheureux, que dois-je faire ?
M'attacherai-je au pire ?
Non, car il n'est pas juste,
Pour un délice trompeur,
Pour un bref plaisir,
De perdre le Ciel, la vie éternelle, et
Dieu.
Ainsi donc, mon âme,
De concert avec toi,
Je chercherai avec amour
Le Ciel, la vie éternelle, et mon
Seigneur.
|
Scène
V
Le Choeur
|
Le
Chur
Le
Ciel clément dispense et répand sans
cesse
Ici-bas, grâce et faveur:
Le Seigneur ouvre sa main divine
Et distribue ses grâces.
Âmes, qui recevez son don sur terre,
Bénissez le Seigneur, car il est bon.
Bienveillant est son visage, son front est toujours
serein,
Il regarde, il écoute, il répond;
Sa main est miséricordieuse, son sein
paternel,
Il voile les fautes d'autrui,
Il châtie lentement, pardonne
promptement.
Bénissez le Seigneur, car il est bon.
Faites fête au Seigneur, orgues et
cordes,
Timbales, lyres et trompettes;
Que le psaume et l'hymne, dans un ensemble
harmonieux,
En même temps que les instruments,
retentissent;
Que toutes les langues chantent, et disent avec la
musique:
Bénissez le Seigneur, car il est
bon.
|
|
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Acte
Deuxième
Sinfonia
|
Scène
première
Le Choeur
|
Le
Chur
Bénissez
le Seigneur, car il est bon.
|
Scène
II
Le Conseil
|
Le
Conseil
Notre vie sur terre
N'est rien d'autre qu'une guerre:
Nuit et jour, de rudes ennemis
Sont tout autour de nous,
Et avec art et tromperie,
Ils nous font souvent choir.
Le Monde se fait beau
Avec le verre et le clinquant;
La chair avec de mauvaises uvres
Recouvre sa vermine
Et cette vie même
Recouvre d'or ses cendres,
Si bien qu'il faut que le soldat élu
S'arme le front et la poitrine,
Revête la cotte de mailles de la foi
Et s'en aille au combat,
Car tout homme qui s'est donné à
Dieu
Doit affronter la tentation;
Mais heureux qui a étouffé
Son adversaire, et l'a vaincu,
Car il obtient en récompense
Sceptre et couronne dans le Ciel.
|
Scène
III
Le Choeur
|
Le
Chur
Combien
d'erreurs et de ténèbres
Encombrent les esprits humains !
Dans quels gouffres gisent les curs
Qui déraisonnent à toute heure !
Pourquoi le cur de l'homme
Va-t-il si avidement chercher
Dans la fange et la poussière, la
jubilation
Que seul le Ciel renferme ?
Regardez, esprits cupides,
Les sources limpides du Ciel
Et laissez les eaux troubles
De ce monde d'impureté.
Quel envoûtement, quelle fascination
Occupe et oppresse votre cur,
Vous fait prendre le poison pour nourriture,
Et donner la mort à l'âme ?
|
Scène
IV
Le Plaisir avec deux compagnons, le Corps,
l'Âme
|
Le
Plaisir
Qui veut la joie, qui désire
Goûter plaisir et divertissements,
Pendant que le temps l'y invite,
Qu'il vienne, qu'il vienne en jouir,
Qu'il jette au loin ses tourments,
Qu'il accoure jouir avec nous.
Les petits oiseaux
Chantent sur les arbrisseaux;
Les naïfs poissons
S'ébattent dans les ruisseaux
Et invitent au plaisir
Avec de nombreuses troupes.
Les prés herbeux sont riants,
Avec leur manteau coloré;
Les forêts et les bois ombreux
Sont joyeux et tout en fête;
Tous les rivages fleuris
Invitent à l'allégresse.
Le
Corps
Devant cette musique et ces chants
Âme, je me sens ébranlé
Comme la feuille au vent.
L'Âme
Que tu changes vite !
Sois fort et ne crains rien,
Ceci est le faux plaisir.
Le
Plaisir et ses compagnons
Ô chants, ô rires, ô gracieux
amours,
Fraîches eaux, tendres prés, brises
sereines,
Agréables harmonies qui réjouissez
les curs,
Banquets, mets, soupers savoureux,
Charmants vêtements, parfums
délectables,
Triomphes et fêtes pleins
d'allégresse
Plaisir, goût, jubilation,
délices,
Heureuse l'âme qui peut jouir de
vous.
L'Âme
Non, je ne vous crois pas
Je connais vos tromperies;
Tous vos avantages
Qui semblent délicieux
À la fin, sont amers;
Heureuse l'âme qui sait s'en
passer.
Le
Plaisir et ses compagnons
Chassez loin de vous ces pensers
Troublés, tristes et sombres.
Ouvrez, ouvrez votre sein
Au plaisir et aux délices,
Ouvrez, ouvrez votre cur
À la joie et à l'amour.
Doux plaisir
Qui réjouit la poitrine,
Douce ardeur,
Joie du cur.
L'Âme
Partez, partez, sirènes fallacieuses,
Pleines de fraudes et de tromperies,
La fin de votre chant
Est toujours occupée par des pleurs:
Tout plaisir est bref,
Mais l'affliction n'aura pas de fin.
Le
Plaisir et ses compagnons
Eh bien, puisque vous n'appréciez pas
Notre joyeuse compagnie,
Nous poursuivrons notre chemin,
Là où d'autres nous
désirent:
Pour trouver leur contentement,
Ils viendront par centaines.
|
Scène
V
Le Corps, l'Âme, une Réponse venant du
Ciel
|
Le
Corps
Je ne sais pas s'il était bon
De quitter tous ces plaisirs que contient le
Monde.
L'Âme
Je m'en vais demander au Ciel
Qui ne cache jamais la vérité.
Voyons ce qu'il répond.
L'homme sage doit-il aimer les plaisirs du monde,
ou les fuir ?
(Réponse:
fuir)
Qu'est
l'homme qui les cherche en vain ?
(Réponse:
vain)
Qu'est-ce
qui donne la mort au cur, avec grand
déplaisir ?
(Réponse:
Plaisir)
Comment
obtient-il la vie, celui qui désire la vie
même ?
(Réponse:
Aime)
Il
aime les beautés du monde, ou Dieu
?
(Réponse:
Dieu)
Donc,
il mourra, celui qui souhaite le plaisir, est-ce
vrai ?
(Réponse:
vrai)
Maintenant,
ce que t'a dit le Ciel,
Je le récapitule tout entier:
Fuis le vain plaisir, aime le Dieu vrai.
|
Scène
VI
Un ange gardien, l'Âme, le Corps, le
Chur
|
L'ange
gardien
Valeureux guerriers
Qui avez chassé
Les ennemis arrogants,
Le Seigneur m'a envoyé ici,
Lui qui dans toute grande entreprise
Fortifie votre cur.
Il vous reste un autre combat,
Pénible, exténuant,
Mais ne craignez rien,
Me voici pour vous soutenir,
Et en cas de difficulté,
Je vous prêterai main forte.
Le
Chur
Les uns domptent les bêtes sauvages,
D'autres triomphent de peuples orgueilleux,
Mais plus que tout guerrier,
Fort est celui qui vainc les séductions des
sens.
|
Scène
VII
Le Monde et la Vie mondaine, le Corps et l'Âme, l'ange
gardien, le Chur
|
Le
Monde
Je suis, je suis le monde
Qui de toutes grandeurs abonde,
Et mon bras impressionnant,
De tous côtés, je l'étends;
À moi sont tous les trésors,
Tous les argents et tous les ors,
Les richesses superbes,
Les beautés fameuses,
Les principats brillants,
Les royaumes puissants.
Qui voudra me servir
Et aller où je veux,
Pour son plus grand plaisir,
Je lui promets grandes choses.
Le
Corps
Âme, j'entends parler de "grandes
choses";
Si le Monde dit vrai,
Je devrais changer d'avis.
L'Âme
Moi aussi, c'est ce que je pense -
Si je pouvais en même temps
Servir le Monde et Dieu.
L'ange
gardien
On ne peut avoir deux curs
Et servir deux seigneurs.
Si l'un gouverne d'une façon,
L'autre a une loi contraire.
Soyez seulement au service
De Dieu, le puissant Seigneur.
Le
Monde
Tout ce que détient la terre,
Tout ce que la mer entoure et enserre,
Et là où s'étend le ciel,
Je recueille tout dans mon sein
Et je le donne à qui je veux.
La
Vie mondaine
Je suis cette chère vie
Qui vous plaît tellement,
Belle, charmante, ravissante,
Joyeuse et assurée,
Qui donne avec empressement
Tout ce que j'ai de beau et de bon:
Si vous voulez servir
Le Monde que vous voyez,
Je vous donnerai avec amour
La fleur de ma vie;
Je vous donnerai de longs jours,
Parés d'allégresse;
Serait-ce que vous attendez
Que se soient enfuies les années,
Que vos cheveux aient blanchi,
Que la vie fasse défaut ?
L'ange
gardien
Pour qui sait bien regarder,
Tout ce qui brille n'est pas or:
Soyez donc seulement au service
De Dieu, cela vous est permis:
Car demain, qui sait
Ce qu'il en sera de vous ?
Âme, réponds hardiment
À cet ennemi ardent.
Le
Corps
Moi, qui porte en moi
L'image de mon roi,
Moi qui ai l'honneur d'être faite
Semblable à mon Créateur,
Qu'ai-je à faire avec ce Monde
Qui ne fait que passer et tomber dans le gouffre
?
Le
Monde
Regardez-moi en face:
Je donne ce que je promets;
Prenez le bien présent,
Vivez dans l'allégresse.
Le
Corps
Moi qui suis esprit et entendement,
Qui dure éternellement,
Qu'ai-je à faire d'une vie
Qui sera bientôt partie ?
Le
Monde
Tu t'en apercevras bien
Si tu nous combats davantage.
L'ange
gardien
Ce méchant, cet ingrat
Est de la fange couverte de faux or;
Celle-ci, fausse et lascive,
Est la mort, qui semble vivante !
Que vienne le Monde et qu'il voie
Ce que sont la vie et le Monde:
Dépouille ce scélérat, et
vois
Ce que ton cur ne veut pas croire.
Le
Corps
Mets à bas ton accoutrement,
Car je veux te voir vraiment.
Le
Monde
Ah, pour quelle raison
La force angélique me fait-elle violence
?
Le
Corps
Oh, comme le monde tout entier
Est indigent et laid !
Je te reconnais à tes haillons;
Tu ne me tromperas pas une nouvelle
fois.
Le
Chur
Oh, misérables amoureux
Qui donnez vos curs au monde,
Regardez comme il est méprisable,
Celui qui paraissait charmant,
Et combien c'est un triste sort
D'embrasser celui qui vous mène à la
mort.
L'ange
gardien
Dépouille aussi celle-ci.
La
Vie mondaine
Malheur ! Je ne voudrais pas.
Le
Corps
Ah, misérable sort !
Ainsi donc, la vie est la mort ?
Et donc, l'humaine vie
N'est que la mort travestie ?
L'ange
gardien
Puisque vous avez découvert
La tromperie camouflée,
Avec une main dédaigneuse,
Chassez-la au loin.
L'Âme
et le Corps,
ensemble
Va-t-en, Monde trompeur,
Va-t-en, Vie fugace,
Allez trouver les sots
Qui ont les yeux éblouis:
Oh, combien de brouillard et d'ombre
Obstrue le regard des yeux mortels !
|
Scène
VIII
L'ange gardien, l'Âme, le Corps; des anges dans le
ciel qui s'ouvre
|
L'ange
gardien
Au valeureux vainqueur,
On doit rendre honneur,
Cet honneur qui est préparé
Dans le Ciel, et qui rend bienheureux;
Détournez maintenant de la Terre
Que vous avez vaincue dans la guerre
Votre cur, votre regard et vos pas
Et tournez-les vers le Paradis.
Les
Anges,
dans le ciel qui s'ouvre
Venez au Ciel, vous qui êtes
aimés,
Venez, vous qui êtes bénis,
Car ces sièges de beauté
Ont été faits pour vous, plus haut
que les étoiles;
Laissez donc la terre
Où sévit perpétuellement la
guerre,
Montez au Ciel d'un vol glorieux,
Pour y trouver paix et repos,
Pour y voir le Roi du Ciel
Sans que rien fasse écran.
|
Scène
IX
Le Chur
|
Un
membre du Chur
Pouvoir, après de brefs efforts,
Quittant la chaleur et la glace,
Monter bienheureux au Ciel,
Vers les honneurs éternels,
Depuis le monde plein de maux,
C'est le destin fortuné des
mortels.
Le
Chur
C'est le destin fortuné des
mortels.
Deux
membres du Chur
Que l'homme fragile et mendiant
Mais ami de la vertu
Puisse après les épreuves
S'élever là où
Se trouvent les richesses immortelles,
C'est le destin fortuné des
mortels.
Le
Chur
Depuis les gouffres terrestres
Où règne la Mort,
Pouvoir s'élever grâce au sort
Aux sublimes royaumes éternels,
Auxquels rien ne peut s'égaler,
C'est le destin fortuné des mortels.
Aimer le bien éternel,
Monter au Ciel supérieur,
Fuir les maux du Monde,
C'est le destin fortuné des
mortels.
|
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Acte
Troisième
Sinfonia
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Scène
première
L'Intellect, le Conseil, le Choeur
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L'Intellect
Montez donc au Ciel
Car au Ciel, on voit Dieu,
Riche récompense du cur.
Le
Conseil
Fuyez donc l'Enfer
Où loge tout mal,
Où la vermine est immortelle.
L'Intellect
Montez donc au Ciel
Où on entend les chants
Des anges et des saints.
Le
Conseil
Fuyez donc l'Enfer
Où on entend les voix
Des anges farouches.
Le
Chur
Le marin fuit la sauvage tempête
Hostile, sur la mer;
Mais il doit fuir davantage
La colère et la fureur du Ciel.
L'Intellect
Au Ciel, c'est toujours l'allégresse,
Au Ciel, c'est toujours la lumière,
Qui brille éternellement.
Le
Conseil
Dans l'Enfer, c'est l'épouvante,
Dans l'Enfer, c'est la douleur,
Ce sont les ténèbres et
l'horreur.
L'Intellect
Dans le Ciel sont les richesses,
Dans le Ciel sont les trésors
Et les honneurs éternels.
Le
Conseil
En Enfer, en permanence,
Sont misère et infamie,
Honte et pauvreté.
L'Intellect
Au Ciel sont des palais
Faits de blocs d'or
D'un travail admirable.
Le
Chur
Que d'autres cherchent à tout moment
Les pierres précieuses;
Mais il faut chercher davantage
Les rares pierreries du Ciel.
Le
Conseil
Dans l'Enfer, il y a
Les gouffres et les grottes
Où se réfugie la nuit.
L'Intellect
Au Ciel, c'est le printemps
Qui fleurit le Paradis
Et le parfume éternellement.
Le
Conseil
Dans l'abîme, c'est l'hiver,
L'immondice et la puanteur
À l'abominable odeur.
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Scène
II
Le Conseil, des âmes damnées; une bouche de
l'Enfer s'ouvre.
L'Intellect, l'Âme, le Corps
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Le
Conseil
Vous qui êtes là en bas,
Qu'est-ce qui vous tourmente le plus ?
Qu'y a-t-il dans l'Enfer ?
Les
âmes damnées
Le feu, le feu éternel !
Cruel, cruel péché
Pour lequel le juge suprême
Nous a condamnées
Au feu, au feu éternel.
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Scène
III
L'Intellect, des âmes bienheureuses au Ciel qui
s'ouvre,
l'Enfer se refermant; le conseil, l'Âme, le
Corps
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L'Intellect
Âmes qui jouissez dans le Ciel,
Quelle est, des récompenses dans le
ciel,
La plus noble et la plus précieuse
?
Les
âmes bienheureuses
Le royaume éternel, éternel:
Oh, le règne, règne
éternel,
Oh, le Bien supérieur et suprême,
Qui jamais n'atteint sa limite:
Le royaume éternel,
éternel
L'Âme,
l'Intellect, le Conseil, le
Corps,
ensemble
[le
Ciel reste ouvert.]
Oh
grande stupeur !
Oh, pénible erreur !
L'homme mortel
Ne fait aucun cas
D'un mal pareil,
Qui dure éternellement !
Oh grande stupeur !
Oh, pénible erreur !
L'homme mortel
Ne fait aucun cas, l'insensé,
Du royaume immortel
Qui dure éternellement !
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Scène
IV
Le Conseil, les âmes damnées, l'Enfer
s'étant rouvert;
l'Intellect, l'Âme et le Corps, le Ciel étant
ouvert
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Le
Conseil
Âmes infortunées,
Faites entendre vos voix arrogantes:
Quel sort vous est échu ?
Les
âmes damnées
La Mort, la Mort éternelle.
Ah! C'est le sort qui nous est échu:
Une mort qui jamais ne meurt,
Ensevelie dans la douleur,
Âpre, douloureuse et forte,
Éternelle, éternelle Mort.
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Scène
V
L'Intellect, les âmes bienheureuses dans le Ciel
ouvert.
Le chur, le Conseil, l'Âme et le Corps; l'Enfer
se referme
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L'Intellect
Belles âmes bienheureuses,
Là-haut, au-dessus des étoiles,
Qu'est-ce qui est le plus agréable
?
Les
âmes bienheureuses
La Vie, la Vie éternelle,
Vie qui vit et règne,
Douce, céleste et digne,
Toujours, toujours agréable,
La Vie, la Vie éternelle.
Le
Chur
Oh grande stupeur !
Oh, pénible erreur !
L'homme mortel
Ne fait aucun cas
D'un mal pareil,
Qui dure éternellement !
Oh grande stupeur !
Oh, pénible erreur !
L'homme mortel
Ne fait aucun cas, l'insensé,
Du royaume immortel
Qui dure éternellement !
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Scène
VI
Le Conseil, les âmes damnées. [L'Enfer
s'ouvre.]
L'Intellect, l'Âme, le Corps. [Le Ciel est
ouvert.]
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Le
Conseil
Âmes, la peine et le châtiment
Qui vous torturent tant
Doivent-ils finir un jour ?
Les
âmes damnées
Jamais, jamais, jamais !
Oh calamités éternelles
Qui jamais ne finissent !
Jamais, jamais, jamais !
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Scène
VII
L'Intellect, les âmes bienheureuses. [L'Enfer
se referme.]
Le Conseil, l'Âme, le Corps
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L'Intellect
Âmes, votre gloire
Dans l'éternelle mémoire
Doit-elle durer toujours ?
Les
âmes bienheureuses
Oui, toujours, toujours, toujours,
Toujours elle sera
Et jamais ne finira
Et dans son essence éternelle,
Elle durera toujours, toujours,
toujours.
L'Intellect,
le Conseil, l'Âme, le
Corps,
ensemble
Chacun doit toujours bien agir
Car la Mort vient rapidement;
Il doit aimer Dieu, qui est son Seigneur,
Il doit fuir le monde trompeur;
Et parce qu'il a fauté,
Il doit pour son péché
Avec une foi pure
Demander la grâce;
Qu'il accomplisse de bonnes uvres et amende
sa vie
Car l'Éternité dépend d'un
seul moment.
L'Âme
et le Corps,
ensemble
Comme le cerf altéré
Court vers la source désirée,
Ainsi nous souhaitons et désirons
Monter avec vous au Ciel par un chemin abrupt.
Mais chantons d'abord ensemble
Et louons le Seigneur souverain.
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Scène
VIII
Anges et âmes bienheureuses dans le Ciel;
l'Âme, le Corps, l'Intellect, le Conseil
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Tous
ensemble
Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
Qui vit éternellement:
Honneur éternel soit rendu
Au grand et souverain Seigneur.
Âmes
bienheureuses et anges
Appelons tout le monde
Et avec un chant joyeux,
Chantons allègrement
Les louanges et les uvres glorieuses de
Dieu.
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Scène
IX
Âmes bienheureuses, anges, l'Âme, le Corps,
l'Intellect,
le Conseil, le chur et toute la foule
|
Tous
ensemble
Ô Seigneur saint et véritable,
Qui détiens l'empire du monde,
O Seigneur saint et fort,
Qui domptes la mort,
Qui donnes la vie,
Suprême et infinie bonté,
À toi, seigneur, à toi,
Sont dues gloire et louanges.
À toi, Seigneur suprême, souverain,
majestueux,
Gloire éternelle et règne dans
l'éternité.
L'Intellect
Vous qui écoutez,
Pourquoi ne jubilez-vous pas ?
Cessez d'être pensifs,
Soyez tous gais et joyeux.
Jubilons avec un esprit de fête,
Chantons avec jubilation,
Que le deuil fuie au loin:
Fête, fête partout !
La
foule, ensemble
Que la langue chante, que le cur lui
renvoie
Grâces, hymnes, laudes et jubilations
d'amour.
L'Âme
Que toute langue, que tout chur
Chante les louanges de mon Seigneur,
Qui élève les pauvres âmes
De terre jusqu'aux étoiles.
Je vous en prie, âmes chéries,
Élues pour faire le bien,
Fuyez le péché
Comme un serpent irrité
Et retournez joyeuses dans vos demeures
Emportant avec vous
Ce souvenir de moi:
Qui sert Dieu obtiendra le royaume
éternel.
Le
Chur
Que chacun retienne bien dans son cur
Que la fuite des heures est rapide,
Et que chacun devra laisser
Tout le bien qu'il avait sur terre;
Le monde scélérat ne doit pas nous
abuser,
Tout bien naît de Dieu,
Et aux uvres saintes et bonnes
Répondent dans le Ciel sceptres et
couronnes.
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Fête
|
Toute
la foule ensemble
Demeures
d'en haut, pleines d'étoiles,
Où sont logés les bienheureux,
Lune, soleil, astres brillants,
Faites au Ciel de doux concerts;
Que le monde entier soit rempli
D'allégresse et d'harmonie.
Ritornello
Rois
du monde, grands seigneurs,
Jubilez au-dedans de vos curs;
De tous sexes, de tous âges,
Hommes et femmes, chantez
Avec les enfants et les jeunes filles
Des chansons allègres et belles.
Que les harpes, les lyres, les orgues, les
trompettes
Fassent retentir l'air, la terre et la mer.
Que les douces brises emportent
La plaisante musique à travers le monde
Et que, les sons touchant le cur,
On entende l'exultation de l'amour.
Ritornello
Vous
qui aimez fidèlement Dieu,
Gens justes, hommes saints,
Rendez à Dieu d'éternelles
grâces,
Répandez lis et roses
mêlés,
Et avec les lis et avec les roses,
Des louanges éternelles et
glorieuses.
Ritornello
Vous,
hiérarchies célestes,
Faites de nouvelles mélodies:
Voici une autre étoile nouvelle,
Toute claire, toute belle,
Qui vole en brillant vers le Ciel
Pour y luire éternellement.
Ritornello
Anges
de bonté, associez,
Associez chant et instruments,
Et que la terre ici-bas,
Pendant qu'elle fleurit son sein dans la joie,
Avec les chants et avec les rires
Réponde au Paradis.
LAUS
DEO
Louange à Dieu
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traduction:
Jacqueline & Alain DUC
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