Zephire &
Flore
Opera
en Musique
par Monsieur
de Louis de Lully,
Sur-Intendant de la Musique du Roy, [Actes II &
II]
& par Monsieur
son frere Jean-Louis,
escuyer [Prologue & Acte I]
Livret de Monsieur Michel du Boulay
Academie Royale de Musique
le 22 Mars 1688
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les
personnages du Prologue
Vertumne
Palés
Tirsis
Un Berger
les
personnages de l'opera
Borée
Zephire
Cloris
Flore
Clythie
Iris
Le Soleil
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Vertumne
Laissez pour quelque temps le soin de ces jardins,
Divinitez qui marchez à ma suite.
Palés
Accourez des hameaux voisins,
Bergers, soumis à ma conduite.
[Marche
des Suivans de Vertumne, & des Bergers & Bergeres de
la Suite de Palés]
Vertumne
Venez me montrer vôtre zele,
Prenez part à l'éclat de ma gloire
nouvelle.
Dans ces
lieux delicieux,
Où toujours mes soins curieux
Secondent si bien ceux de Flore:
Que je suis content en ce jour,
De voir ce beaux Palais devenir le sejour
D'un Roy que l'univers adore.
Ces gazons
& ces fleurs dont je fais mes plaisirs,
Offriront quelque fois des moments agreables
A ses nobles loisirs;
Quels succez plus favorables
Pouvoient flater mes desirs ?
Palés
& Vertumne
Quels succez plus favorables
Pouvoient flater mes desirs ?
Les
Choeurs des Suivants de
Vertumne
Quels succez plus favorables
Pouvoient flater mes desirs ?
[on
danse]
Palés
Charmant Printemps, hastez-vous de renaistre,
Dans le temps qu'on va voir paraistre
Tout ce que la nature & de plus gracieux;
L'Art prodigue à l'envy ses Thresors precieux,
Pour former un jour digne d'un si grand Maistre.
Le
Chur
Charmant Printemps, hastez-vous de renaistre.
[on
danse]
Vertumne
Peut-on de ce Heros celebrer la gloire ?
Son Bras n'eût-il pas tout vaincu,
S'il n'eût pas mieux aimé permettre à la
victoire
De voler au secours d'un Empire abbatu.
Le
Chur
Peut-on de ce Heros celebrer la gloire ?
[on
danse]
Vertumne
Bergers, réunissons nos voix,
Chantons nostre bonheur sous de si douces loix.
Les
Choeurs
Chantons nostre bonheur sous de si douces loix.
Palés
Quoy ? dans cette réjoüissance
Sied-il bien à Tirsis de garder le
silence ?
Tirsis
Pour mesler ma voix à vos chants
Mon ame est trop peu satisfaite,
Et menant mes brebis aux champs
J'ay negligé de prendre ma musette:
Helas! il manque à mon bonheur
Le seul bien qui pourroit me plaire,
Mais c'est le secret de mon cur,
Je ne le dis qu'à ma Bergere.
Vertumne,
Palés
& Tirsis
Pardonnons aux tendres Amans,
Meritons leurs plaisirs, & plaignons leurs
tourmens.
Le
Chur
Couplet
I.
Qu'un plus beau dessein nous anime,
Offrons à ce grand Roy nos jeux & nos sons,
C'est un hommage legitime
Pour les biens dont nous joüissons.
Couplet
II.
Qu'un nouvel espoir nous anime,
Offrons à ce grand Roy, &c.
Palés
Bergers,
finissons.
Le loüer dignement n'est pas en ma puissance,
Le divertir, passe mon esperance.
Un
Berger
Flore vient à nostre secours,
Elle ressent l'ardeur qui vous inspire.
Dans ces lieux les plus beaux de son charmant Empire,
Où le destin l'attache pour toûjours,
Vous l'allez voir avec Zephyre,
Retracer à vos yeux leurs premieres
amours.
Vertumne
Qu'un nouvel espoir nous anime,
Offrons à ce grand Roy nos jeux & nos
chansons.
C'est un hommage legitime
Pour les biens dont nous joüissons.
[on
danse]
[on
reprend le Chur cy-devant: Qu'un nouvel espoir,
&c.]
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Borée
Infortuné Borée, helas ! Quelle
est ta peine !
D'aimer toûjours quelqu'inhumaine.
Que ma servy le genereux effort
De m'affranchir des fers de l'ingratte Orithie,
A flore de nouveau mon ame assujettie
N'en attend pas un plus doux sort.
Je
ne me connois plus avec tant de foiblesse,
Quoy ? Si-tost aprés que la Grece
A vû mes vux si mal receus,
L'Euphrate me voit encore
Desesperé, hay de Flore,
Souffrir sans me vanger d'injurieux
refus.
|
|
Zephire
Charmant objet de ma secrete flâme,
Non, toutes les beautez qui regnoient dans mon
ame,
N'ont jamais comme vous merité mes
soûpirs;
Prés d'elle je goûtois l'amusement
aimable
Que l'on trouve à flater de olages
desirs;
Mais je ne dois qu'à vous les sensibles
plaisirs
Que donne un amour veritable.
Borée
C'est Zephire qui rêve icy,
Flore en seroit-elle
adorée ?
Zephire
Dissimulons,voicy Borée.
Borée
Tâchons de penetrer son amoureux soucy.
A qui destinez-vous cette chansons si
tendre ?
Zephire
Aux premieres beautez qui voudront bien
l'entendre.
Borée
Pensez-vous
me tromper ainsi ?
Vous déguisez en vain une tendresse
extréme.
Zephire
Non, mon cur est toûjours le mesme.
A chaque Belle à son tour,
J'aime à conter des fleurettes;
Mes ardeurs les plus parfaites
Ne sçauroient durer qu'un jour;
J'ay toûjours des amourettes,
Et je n'ay jamais d'amour.
Mais
Cloris vient à nous, qu'elle me paroit
belle !
Puis-je la voir sans aymer tant
d'appas ?
|
Scene
3
Les mêmes, & Cloris
|
|
Zephire
Belle Cloris, si ma flame nouvelle...
Borée
Que fait Flore ? Dy-moy ne viendra-t-elle
pas ?
Cloris
Au soins de ses Jardins la Déesse
attachée...
Borée
J'entens, c'étoit assez pour
détourner ses pas,
Qu'elle sçeût qu'en ces lieux mon
amour l'a cherchée.
Cloris
Pour Quoy voulez-vous qu'aujourd'huy
Vostre presence icy la gêne ?
Un cur ingenieux à se faire une
peine,
Prend pour une marque de haine,
Ce qu'on fait bien souvent sans que l'on songe
à luy.
Borée
Non, je voy sa fierté de la haine
suivie,
Elle n'a plus pour moy d'égards,
La cruelle m'envie
Jusqu'aux froideurs de ses regards;
Mais si ma tendresse l'offence,
Qu'elle craigne du moins ce que peut ma
vengeance.
Zephire
En vous vangeant que ferez-vous ?
Vous attirer un repentir funeste,
Dont tout cét amour qui vous reste
Sçauroit bien-tost punir un injuste
couroux:
Vous n'estes pas aimé de Flore,
Mais un autre que vous en est-il mieux
traité ?
Cloris
& Zephire
Son jeune cur n'aime encore
Que sa beauté, ses fleurs, & sa
liberté.
Cloris
Ce n'est pas la violence
Qui triomphe d'un jeune cur,
C'est la douceur & la constance.
|
|
Zephire
Escoutez un conseil plus doux à vostre
ardeur.
Puisque Flore aujourd'huy
Pour soulager vos peines,
Refuse d'aimer à son tour:
L'hymen ne peut-il pas au défaut de
l'amour
La mettre dans vos chaînes ?
Depuis qu'elle a receut les honneurs immortels
Cybelle luy tient lieu de mere,
Allez jusques sur ses autels
Demander cét Hymen qui ne peut luy
déplaire.
Borée
Oüy, je suis ce conseil sincere.
Mais
tandis que je cours assurer mon bonheur,
Qui me répond icy de Flore & de son
cur ?
Tous ces foibles rivaux que retient ma
presence,
Vont revenir en foule adorer ses beautez:
Contre les dangers de l'absence,
Prenons nos suretez.
Fiers
Ministres de mes ravages,
Accourez à ma voix,
Tourbillons furieux,
Entourez les valons des plus épais
nuages.
Jusqu'à mon retour en ces lieux,
Cachez Flore aux Mortels, & s'il se peut aux
Dieux.
[il
sort]
Zephire
Enfin il est party, je l'envoye à
Cybelle,
Elle approuve mes feux, il n'obtiendra rien
d'elle.
Mais je voy s'obscurcir la lumiere des Cieux.
Quels affreux sifflemens resonnent.
|
Scene
5
Zephire,
& les Choeurs des Divinitez,
& des autres Divinitez de la Suite de
Flore
|
|
Les
Choeurs
Quel affreux sifflemens resonnent !
Quels nuages nous environnent !
Zephire
La Déesse paroist, & porte icy ses
pas,
Nuages importuns, ne me la cachez pas.
|
Scene
6
Zephire, Flore, & Cloris
|
|
Flore
Borée enfin ne peut plus de contraindre,
Loin de se faire aimer, il veut se faire
craindre,
L'insolent soe donc ainsi me retenir.
Zephire
Vengez-vous sur moy, c'et moy qu'il faut punir,
Aimé de vous, adorable Déesse,
Cent fois encor plus amoureux,
Je voulois éloigner un Rival trop
fâcheux
Qui contraignoit nostre tendresse.
Il est party,
Je benirois le sort
Si ma jalouse prevoyance
Ne vous eût point, helas ! Attiré
cette offence.
Flore
Calmez l'excés de ce transport;
De Borée, il est vray nous ressentons
l'audace,
Mais ce n'est pas pour nous la plus rude
disgrace,
Je ne sçay point de maux dignes d'estre
pleurez,
A moins que son pouvoir ne nous eût
separez.
Pourquoy nous allarmer, Zephire, sommes-nous si
mal-heureux ?
Nous nous aimons, nous nous voyons tous deux,
Et ce bien nous doit suffire.
Ensemble
Nous nous aimons, nous nous voyons tous deux,
Et ce bien nous doit suffire.
|
Scene
7
Flore, Zephire, Cloris,
& Choeurs des Nymphes & des autres
Divinitez de la Suite de Flore
|
|
Flore
Je ne plains seulement que les Nymphes mes
surs,
Je dois partager leur douleur.
Les
Churs
Voyez nostre ennemy, se rendre icy le maistre,
Soleil, pour le chasser hastez-vous de
paroistre.
|
Scene
8
Clytie, & les mesmes Acteurs de la Scène
precedente
|
|
Flore
Quoy ? Clythie avec nous vient s'affliger
aussi ?
N'a-t'elle pas assez de son secret
soucy ?
Clythie
Vous invoquez en vain le Dieu qui nous
éclaire,
C'est ma presence, helas ! Qui vous le rend
contraire.
Je
l'adorois ce charmant Dieu du jour,
Son cur brûloit pour moy d'une ardeur
mutuelle:
Leucothoë le rendit infidelle,
Et m'ôta mon bonheur en m'ôtant son
amour.
Quel sut mon desespoir ? Ma jalouse colere
Découvrit ma rivale à son barbare
pere,
Il la punit par un affreux trépas.
Voilà le triste aveu de mon malheur
extréme.
Depuis ce jour fatal, helas !
J'éprouve le couroux d'un perfide que
j'ayme.
Je traîne mes langueurs & ma flâme
en tous lieux.
La mort, la seule mort auroit pour moy des
charmes.
Non,
nostre repentir ne touche point les Dieux,
Le cruel est toûjours insensible à mes
larmes.
Pour luy laisser sur vous répandre ses
bontez
Je dois quitter ces lieux.
Flore
Non, Clythie, arrestez,
Il écoute nos vux, il paroist, il
s'avance,
Il vient par toute sa puissance
Nous délivrer de nostre effroy,
Peut-estre aussi finir
Vostre douleur mortelle.
Clythie
Helas ! Si l'infidelle pouvoit revenir
à moy.
|
Scene
9
Le Soleil, & les mesmes Acteurs de la
Scène precedente
|
|
Le
Soleil
Je ne puis plus souffrir que de tristes
allarmes
Troublent des lieux si pleins de charmes,
Nuages tenebreux, farouches Aquilons,
Disparoissez de ces valons.
[Air
pour le vol des Aquilons]
Le
Soleil
Belle Flore, pour vous ce que je viens de
faire,
Vous montre assez combien vous m'estes chere;
Mais pour me voir toûjours favoriser ces
lieux
Eloignez un objet qui blesse icy mes
yeux.
Clythie
Peux-tu, cruel...
Le
Soleil
Va, malheureuse,
Et cherche comme toy des barbares climats,
Où pleurer le succés de ta vengeance
affreuse;
Va, dis-je, & ne réplique
pas.
Tandis
que je suivray ma brillante carriere,
Joüissez en repos de ma douce
lumiere.
Les
Choeurs
Nous triomphons, nostre sort change,
Donnons au Dieu du jour une juste
loüange
Flore
& Zephire
Brillant Soleil, celebrons à jamais
Vostre gloire & vos bienfaits.
Les
Choeurs
Brillant Soleil, celebrons à jamais
Vostre gloire & vos bienfaits.
[on
danse]
[Air
pour les Nymphes]
Une
Nymphe
Paroissez, doux Zephirs,
Les beaux jours vous appellent ,
Que vos ardents desirs
Pour nous se renouvellent.
Sans vous, sans vos tendres soupirs,
Il n'est point pour nous de plaisirs.
[on
reprend l'Air pour les
Nymphes]
Second
Couplet
Vostre aimable secours embellit ces retraites,
Vous nous plaisez toujours, tous legers que vous
estes;
Sans vous, sans vos tendres amours,
Il n'est point pour nous de plus beaux
jours.
[on
danse]
Flore
Les timides Zephirs cachez dans les boccages,
N'oseroient encor se montrer:
Qu'ils ne redoutent plus la fureur des orages,
Allez, allez les rassûrer.
Zephire
Iris paroist, je crains quelque peine
nouvelle.
|
Scene
10 [numérotée 11]
Iris, & les mesmes Acteurs de la Scène
precedente
|
|
Iris
Je viens vous annoncer les ordres de Cybelle,
De ses refus Borée est irritée,
Flore, Dérobez-vous à sa
temerité.
Fuyez dans la Forest de la Nymphe arthenice,
Et vous, Zephire, allez aux Cieux,
Obtenez du Maistre des Dieux,
Qu'avec Flore aujourd 'huy votre hymen
s'accomplisse.
[on
prend la Bourée cy-devant pour
Entre-Acte]
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|
Scene
premiere
Clythie, seule
|
|
Clythie
Ah ! Pour cacher ma honte & ma
douleurs,
Ne sçaurois-je trouver une retriate assez
sombre ?
Soleil de mes maux seul autheur,
Quoy ? Ta lumiere encore pour affliger mon
cur,
Perce l'épaisseur de cette ombre.
Malheureuse
Clythie, avec quelle rigueur
Tantost le cruel t'a chassée,
Et quel temps il a pris pour déclarer
l'horreur
Qu'il garde encor pour toy si vivement
tracée,
Dans le temps qu'il paroist sensible aux vux
de tous,
Et qu'une autre en reçoit les regards les
plus doux.
Mais
quel nouveau soupçon s'empare de mon
ame ?
Peut-estre il sent pour Flore une amoureuse
flâme,
Ce qu'il a fait vient de le découvrir,
Et ces soins de la secourir,
Du haut des Cieux il auroit pû les
prendre,
Si pour elle l'amour ne l'avoit fait
descendre.
Quoy ?
Flore, à cét amour voudras-tu
consentir ?
Ah ! Ah ! Si tu me faits cét
outrage,
Songe que je sçauray me venger, ou
perir.
Je sçay que tu ne peux mourir;
Crain toute-fois ce que ma rage
Imagine déjà de te faire
soufrrir.
Mais
je la vois ! Quel sujet luy fait prendre le
chemin de ces Bois,
Elle est avec Cloris, cachons-nous pour
l'entendre,
Et par ses sentimens, si je le puis apprendre,
Connoissons ceux que je luy dois.
|
Scene
2
Flore, Cloris, Clythie,
cachée
|
|
Flore
Arrestons-nous, voicy l'azile,
Où je puis éviter un amant
odieux.
Cloris
Quittez ce soin, desormais inutile.
Le Dieu que vous aimez va revenir des
Cieux.
Flore
Crois-tu qu'en y songeant, je serois plus
tranquille.
Je suis preste à m'engager
Dans une chaîne éternelle
Avec un amant leger:
Que
deviendroit, helas ! Mon cur tendre
& fidelle,
Si le sien venoit à
changer ?
Cloris
De quel nouveau soucy vous montrez-vous
atteinte ?
Venez-vous pour troubler la paix de ce
sejour ?
C'est trop écouter la crainte,
N'écoutez plus que l'amour.
Flore
Je resvois à mon sort, ce desert m'y
convie.
Cloris
Eh ! Si prés d'un hymen, quelque sujet
plus doux
Ne vien-t'il point s'offrir à vostre
resverie.
Flore
La Nymphe vient, avançons-nous.
Clythie
Qui, dit-elle, grands Dieux, qui sera son
époux,
Elle l'attend du Ciel,
C'est un amant volage,
C'est mon perfide, helas ! En faut-il
d'avantage.
|
Scene
3
Flore, Arthenice, & Cloris
|
|
Flore
Dans vos Forests je cherche du secours,
Contre une importune poursuite,
Mais sans vostre conduite
Seule, je n'ose entrer dans leurs sombres
détours.
Arthenice
De vostre sort je suis instruite,
Ne craignez plus icy pour vostre sureté.
Goûtez d'un plein repos l'entiere
liberté.
Ce Bois même bien-tost, s'il le faut pour
vous plaire,
Va devenir moins solitaire.
Vous, Dryades, Sylvains, soûmis à mon
pouvoir,
Paroissez, venez recevoir
(fin
de la phrase dans la scène
4)
|
Scene
4
Chur des Dryades & de Sylvains,
& les mesmes Acteurs de la Scène
precedente
|
|
Arthenice
Une si charmante Déesse,
En la voyant montrez vostre allegresse.
Choeurs
de Dryades & des Sylvains
Honorons à l'envy cette belle
Déesse,
En la voyant montrons nostre allegresse.
Arthenice
C'est Flore & ses appas que vous voyez
paroistre;
Tendres fleurs, sous ses pas venez icy
renaistre.
Arthenice
& une Dryade
Tendres fleurs, sous ses pas venez icy
renaistre.
Un
Sylvain
Petits oyseaux, rassemblez-vous,
Venez la divertir par vos chants les plus
doux.
Arthenice
& le
Sylvain
Clairs ruisseaux, redoublez vostre aimable
murmure.
Le
Sylvain
Bois épais, parez-vous de nouvelle
verdure.
Que tout seconde ses desirs;
Qu'aujourd'huy toute la nature
Offre à cette beauté ses innocens
plaisirs.
Deux
Dryades
& Le
Sylvain
Qu'aujourd'huy toute la nature
Offre à cette beauté ses innocens
plaisirs.
[Simphonie]
Arthenice
Gardez sur tout dans vos concerts,
De mesler le beau nom de Flore;
Elle se cache en ces Deserts,
Et l'echo rediroit ce qu'il faut qu'on ignore.
Ne chantez en ce jour
Que les douceurs d'une innocente amour.
Chur
Ne chantons en ce jour
Que les douceurs d'une innocente amour.
[on
danse]
Une
Dryade
On n'aime point dans nos Forests,
Comme dans le reste du Monde.
Petit
Chur de Dryades & de
Silvains
On n'aime point dans nos Forests,
Comme dans le reste du Monde.
La
Dryade
Les jaloux, ny les indiscrets
N'en troublent point la paix profonde;
Icy l'amour est tout charmant
Et ne cause point de tourment.
Chur
Icy l'amour est tout charmant
Et ne cause point de tourment.
[on
danse]
La
Dryade
Si quelque fois on veut changer
On le peut sans estre infidelle.
Chur
Si quelque fois on veut changer
On le peut sans estre infidelle.
La
Dryade
On sçait si bien se ménager
Que l'inconstance est mutuelle:
Icy l'amour est tout charmant
Et ne cause point de tourment.
Chur
Icy l'amour est tout charmant
Et ne cause point de tourment.
[on
danse]
Le
Sylvain
Retirons-nous, Borée icy
s'avance.
|
|
Borée
Ces lieux sont habitez,
J'entens un bruit confus,
Escoutons, on ne parle plus,
D'ou vient ce prompt silence ?
N'ay-je pas entendu les hostes de ces
bois ?
Sylvains, refusez-vous de répondre à
ma voix ?
Pourquoy fuit ma presence ?
Aprenez-moy si dans vostre sejour,
On n'a pas vû l'objet de mon amour ?
C'est Flore, helas ! Je l'ay perdüe,
Ne me direz-vous point ce qu'elle est
devenuë ?
Je viens de la chercher dans les vallons
voisins,
Dans son Palais, dans ses Jardins,
Quelle cruelle inquietude !
J'ay parcouru ces lieux sans aucun fruit,
Je n'ay trouvé que solitude,
Mes Aquilons chassez, & mon pouvoir
détruit,
D'un amant plus puissant c'est sans doute
l'ouvrage.
Est-ce toy, Jupiter, que me fait cét
outrage ?
Quoy ? Maistre de tant d'autres curs
Ne pouvois-tu me laisser en partage,
Du moins, Flore avec ses rigueurs.
Aprés le refus de Cybelle,
Falloit-il ce surcroist à ma douleur
mortelle ?
Ah ! Que tant de mépris qu'on me fait
essuyer
Sont bien dûs à mon ame fiere,
Ne devois-je pas employer
Mon audace & ma force au lieu de la priere.
C'est à moy de ravir & non de
demander
Ce que je pretens posseder.
Foibles & vains discours, helas ! Puisque
j'ignore
En quels lieux on me retient Flore.
|
|
Borée
Est-ce vous qu'icy je revoy ?
Clythie
Mon chagrin dans ces Bois m'atire.
Borée
Où Flore est-elle ? Helas !
Dites-le moy,
Vous qui sortez de son Empire.
Clythie
Je viens d'estre témoin de vos secrets
discours,
Heureuse de pouvoir vous donner du secours.
Mon cur toujours s'est montré
pitoyable
Au triste recit de vos feux:
Hé ! qui sçait mieux que moy le
tourment effroyable
Que cause un amour malheureux ?
Cent fois j'ay condamné la severe
Déesse,
A vostre sort enfin je m'interesse,
Et si je veux il peut changer.
Borée
Vous pourriez soulager ma peine.
Clythie
Oüy, je le puis, si c'est la soulager
Que de vous livrer l'inhumaine.
Borée
Mon bonheur en dépend, ne le differez
pas.
Clythie
Non, mais accordez-moy pour le prix de mon
zele,
Le même asile en vos climats qu'aux siens je
trouvois auprés d'elle.
Borée
Venez en Thrace sur nos pas,
Mes Aquilons auront soin de vous prendre,
Sur la cime du Mont vous pouvez les
attendre.
Clythie
C'est prés de ce Rocher qui s'éleve
en ces lieux
Que Flore se cache à vos yeux:
Allez, suivez un depit legitime,
Ou plustost hastez-vous de livre la Victime
Qu'il faut à mon cur
furieux.
|
|
Clythie
Dans l'estat où je suis, quelle douceur
égale
Celle de perdre une Rivalle,
Aussi bien la langueur de mon triste loisir
Ne faisoit qu'augmenter ma peine:
Et je ressens quelque plaisir
De retrouver un objet à ma haine.
|
Scene
8
Clythie, Troupe de Dryades & de Sylvains
fuyans dans la Forest
|
|
Le
Chur
Ah ! quel ravage !
Quel attentat ! Ah ! quelle
rage !
Clythie
Borée a commencé de venger mon
outrage,
Je l'entens qui répand l'épouvante
& l'horreur.
Que
ce bruit, que ces cris sont doux à ma
fureur.
|
|
Clythie
C'en est fait, & Borée a remply mon
espoir,
Ma Rivale est en son pouvoir.
Allons, joüissons de sa peine,
Je dois ce plaisir à ma haine.
|
Scene
10
Cloris & Zephire
|
|
Cloris
Tendre Zephire, amant trop malheureux,
Tu perds ce que ton cur adore,
Borée en ce moment vient de t'enlever
Flore.
Zephire
Et Jupiter, helas ! L'accordoit à mes
vux;
Ah ! Retournons au Ciel demander la
vengeance
De cette indigne violence;
A quel desespoir en ce jour,
Mon rigoureux destin me livre,
Pour Flore allons signaler mon amour,
Et la délivrer ou la suivre.
[on
jouë le deuxiéme Rigaudon à la
fin du Prologue pour
Entre-Acte]
|
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|
Scene
premiere
Borée & Flore
|
|
Borée
Venez, reconnoissez vostre nouvel Empire,
Quittez le vain effroy que son nom vous
inspire,
Pardonnez un enlevement
Qui vous donne un Epoux dans un fidel Amant.
Partager vostre aimable presence
Entre ces lieux & vos autres climats.
Et pour regner par tout joignez à vos
appas
Tout ce que j'ay de puissance.
Ah ! que mes vux seroient
contents !
Vous ne m'écoutez pas ? Mes tendre
sentimens
Ne trouvent en vous qu'une ingrate:
Mais songez qu'il n'en est plus temps,
Et que vos n'estes plus sur les bords de
l'Euphrate.
Flore
Eh ! Pourquoy croyez-vous n'estre pas
écouté,
Vous voyez que mon cur succombe à sa
tristesse,
J'ay perdu mon repos avec ma liberté,
Ah ! Pour me consoler de m'avoir tout
osté,
Me pouvez-vous tr op montrer de
tendresse ?
Cependant vous vous lassez,
Et déjà vous me menacez.
Borée
Quoy qu'un juste dépit m'inspire
De finir un trop long martyre,
Ah ! Que vous sçavez bien desarmer mon
courroux.
A mon secours en vain j'appelle mon audace.
Vous craignez plus la menace
De qui tremble devant vous.
Flore
Un Amant soûmis & tendre
Est plus heureux dans ses amours.
Que ne pourriez vous pas attendre
Si vous me paroissiez toujours
Un Amant soûmis & tendre.
Borée
Que voulez-vous ? Parlez, voyez ce que je
puis.
Flore
Me laisser un moment pour calmer mes
ennuis.
Borée
Non, c'est pour moy trop de souffrance,
Qu'un moment passé sans vous
voir.
Flore
Songez ce que peut vous valoir
Cette premiere complaisance.
Borée
Vous me trompez, cruelle, je le voy.
Cette feinte douceur n'est que pour me
surprendre,
Vous esperez du secours contre moy.
Vous me trompez, cruelle, je le voy,
Et je ne sçaurois m'en defendre.
|
|
Flore
Va, laisse moy, digne objet d'une haine
Que je n'ose faire éclater,
Ah! C'est le comble de ma peine
D'estre reduite à te flater.
Et toy mon cher amant dont
le sort me separe,
Tu le peux bien pardonner à ma foy.
Eh ! Pouvois-je autrement obtenir du
barbare
Qui me tient icy sous sa loy
Un moment pour me plaindre, & ne penser
qu'à toy.
Cher souvenir, douce
tendresse
Que je cache au fond de mon cur,
Suspendez quelque temps l'excés de ma
douleur,
Vous estes le seul bienque le destin me
laisse.
Ah ! C'est trop
rappeller à la triste pensée
Une felicité passée.
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Flore
Mais en dois-je croire mes yeux ?
Et Clythie est elle en ces eux ?
Eh ! Quel bonheur vous ameine ?
Venez-vous partager ma peine ?
Quelle amitié !
Clythie
Cessez de vouloir m'abusez,
Vous le devez sçavoir , je suis vostre
Ennemie.
Si Borée en ces lieux vous retient
asservie,
C'est un malheur que j'ay sceu vous causer.
Par cette vengeance fatale
Aprenez ce que c'est que d'estre ma Rivale.
Je vous avois fait voir le secret de mon ame;
Vous sçaviez mon amour & mes trnasports
jaloux:
De mon perfide Amant vous écoutez le
flâme,
Et vous l'avez accepté pour
époux.
Amour peux-tu souffrir qu'on reçoive
l'hommage
D'un Amant reconnu volage,
Et devrois-je le rendre heureux ?
Ah ! Si tu punissois par des peines
cruelles
Le lâche cur qui répond à
ses feux,
On verroit bien moins d'infidelles.
Flore
Je ne sçay pas ce que vous entendez,
Mais jamais le Soleil... Ciel !
J'aperçois Zephire.
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Scene
4
Flore, Zephire, Clythie
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Flore
Fuyez de ce funeste Empire,
Ah ! Zephire
Vous vous perdez.
Zephire
De tous mes maux l'absence estoit le pire.
Esperons toutefois, Jupiter est pour
nous ;
Je viens d'implorer sa justice :
Sa lenteur me jettoit dans un cruel supplice
J'ayme mieux souffrir avec vous.
Flore
En attendant du Sort l'arrest suprême
Eloignez-vous, songez ce que vous
hazardez.
Zephire
Non, Flore, mon amour extrême
Ne peut vouloir ce que vous demandez.
Flore
Ah ! Zephire, vous vous perdez.
Zephire
Qu'importe, helas!si je vous perds vous
mesme.
Clythie
Vous estes donc cét Amant, cét
Epoux
Qu'elle attendoit prés
d'Arthenice ?
Zephire
J'esperois ce bonheur si doux,
Ah ! Jugez quel est mon supplice.
Clythie
Qu'as-tu fait, ma jalouse erreur ?
Par ton imprudente vengeance,
De Flore, helas ! Tu causes le malheur,
De ses bienfaits est-ce la
recompense ?
Contre un cruel Destin je
faits de vains efforts,
Sa rigueur enfin me surmonte,
A ma jalousie, à mon honte,
Ciel ! Faut-il ajoûter la douleur des
remords;
Ah ! C'est trop éprouver ta haine,
Cherchons la mort pour terminer ma
peine.
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Flore
Que son destin est rigoureux !
Malgré moy je la plains.
Zephire
&
Flore
Helas ! Sans elle,
Ne serions nous pas trop heureux ?
Flore
Je vous quitte.
Zephire
Un moment encore.
Flore
Ces moments sont trop dangereux.
Fuyez, Zephire, adieu,
Mais aimez toûjours Flore.
Je voy Borée, il a tout entendu,
Ah ! Vous estes perdu.
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Scene
6
Borée, Flore, Zephire
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Borée
Poursuivez, cette ardeur est belle.
Et toy confident infidelle,
Je découvre donc en ce jour,
Pourquoy tu me pressois d'aller trouver
Cybelle.
Et tu viens encore dans ma Cour
Faire éclatter ton insolent
Amour.
Qu'on entraisne ce
temeraire,
Aquilons, servez ma colere.
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Scene
7
Le Soleil, & les mesmes Acteurs de la
Scène precedente
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Le
Soleil
Laisse en paix ces tendres Amans,
Jupiter par mes soins veut finir leurs
tourmens.
Voy s'élever sur la ruine
De ton sejour affreux,
Un Palais brillant & pompeux
Qu'à leur bon-heur le Ciel
destine.
Le Destin desormais
à marqué ton sejour
Aux froids climats de la Scythie,
De là, si tu le veux, porte à ton
Orithie
Ou tes fureurs, ou ton amour.
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Scene
8
Flore, le Soleil, & Zephire
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Flore
Mais que vois-je paroistre icy ?
Quelle nouvelle fleur !
Le
Soleil
Voyez encor Clythie garder sous la couleur
Et le nom de soucy,
Son Amour & sa jalousie,
En cette fleur
Je l'ay voulu changer,
Pour la punir & vous venger.
Tendres Amans, tout
succede à vos vux,
Du Sort ny des jaloux ne craignez plus
l'injure.
Zephire
&
Flore
Que ne devons-nous pas à vos soins
genereux !
Le
Soleil
Quand je favorise vos feux j'embellis toute la
nature.
Bien-tost, vous allez voir Cybelle,
L'Hymen & Bachus avec elle,
Vos Nymphes, vos Zephirs & tous vos demy
Dieux
Viendront aussi dans ces aimables lieux.
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Flore
Zephire, vostre cur ne serat-'il qu'à
moy ?
Il fut souvent leger, cessera-t'il de
l'estre ?
Ne voudrez-vous pas reconnoistre
Mon amour & ma foy ?
Que je crains pour vostre constance,
Vous serez un Epoux aimé trop
tendrement:
Si vous n'estiez jamais qu'Amant,
J'aurois bien moins de deffiance.
Zephire
Vostre beauté n'est pas une beauté
mortelle,
Sans cesse elle renaist avec plus
d'agrément;
Qui pourroit vous estre infidelle,
Non, j'aymeray toûjours plus ardemment
Vostre beauté toûjours nouvelle;
Mais que dans ces moments tendres &
precieux
J'ayme cette langueur que je voy dans vos yeux,
Vous les baissez,
Est-ce qu'ils se repentent
De laisser échapper des regards qui
m'enchantent ?
Mon cur se plaist à ressentir leurs
coups.
Flore
Ce que mes yeux ont de plus doux
N'est-il pas l'effet de ma flâme ?
Joüissez-en je vous le dois, c'est vous
Qui l'avez mise dans mon ame.
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Scene
10 & derniere
Cybelle, l'Hymen, Cloris, Bacchus,
Troupe de Nymphes & de Zephirs,
Troupe de Suivans de Bacchus,
& Flore & Zephire
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Cybelle
&
l'Hymen
L'Hymen vient vous donner le plus beau de vos
jours,
Heureux Epoux, qu'un tendre amour assemble,
Que ces mesmes plaisirs puissent durer
toujours,
C'est desirer pour vous tous les plaisirs
ensemble.
Chur
Que ces mesmes plaisirs puissent durer
toujours,
Cybelle
Que jamais les chagrins ne vous livrent la
guerre.
Chur
Que ces mesmes plaisirs, &c.
Un
Zephire
& un
Sylvain
Que le doux fruit de vos Amours
Soit les delices de la Terre.
Chur
Que le doux fruit, &c.
[Air pour les
Zephirs & pour les Nymphes]
Cloris
& une
Nymphe
Pendant que l'orage nous a separez,
Tendres Zephirs, troupe volage,
Que faisiez-vous aux lieux où vous vous
retirez.
Deux
Zephyres
D'aymables Nayades,
De jeunes Dryades
Vouloient engager nos curs à
changer,
Mais vous nous semblez plus belles,
Et nous revenons fidelles.
Cloris
& la
Nymphe
Ah ! Revenez dans nostre douce chaisne;
Que ce soit nostre beauté,
Ou vostre fidelité,
Qu'importe qui vous rameine.
Les deux
Zephyres
Nous revenon dans vostre douce chaisne;
Que ce soit vostre beauté,
Ou nostre fidelité.
Ensemble:
Cloris
& une
Nymphe,
& les
deux Zephyres
Qu'importe qui vous rameine.
[on
danse]
Bacchus
Belle Flore,
Déesse aymable,
Qui dispensez les thresors du Printemps,
J'espere de vous tous les ans
Que vous me serez favorable:
Les raisins, ces fruits si vantez,
Ne sont pas dûs seulement à
l'Automne,
Et cette saison ne les donnes
Qu'autant que vous les promettez.
[Air
pour les Satyres de la Suite de
Bacchus]
[Air
pour les Nymphes & les
Zephirs]
Un
Zephire
Icy l'Amour content de sa conqueste
Laisse à l'Hymen tout l'honneur de la
Feste.
Chur
Ici l'Amour content de sa conqueste
Laisse à l'Hymen tout l'honneur de la
Feste.
Laissons l'Amour charmé de sa conqueste
Faire à son gré tout l'honneur de la
Feste.
Un
Zephire
Ces deux Epoux le cachent dans leur ame,
Où son flambeau va redoubler leur
flame.
Chur
Ici l'Amour, &c.
Un
Zephire
Mais tous ces jeux n'ont rien qui n'embarasse,
Dés que l'Amour en veut prendre la
place.
Laissons l'Amour charmé de sa conqueste
Faire à son gré tout l'honneur de la
Feste.
Chur
Laissons l'Amour, &c.
[on
danse]
Chur
Que ces mesmes plaisirs puissent durer
toûjours.
Que jamais les chagrins ne vous livrent la
guerre.
Que le doux fruit de vos amours
Soit les delices de la terre ?
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Restitution
du texte à partir de la
partition
Eric
PAGET
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