Dardanus
Tragédie
en Musique en V Actes
representée
pour la premiere fois par
l'Academie Royale de Musique le 19 Novembre
1739
livret
de Charles-Antoine Le Clerc de la
Bruère
musique
de:
Jean-Philippe Rameau
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les
personnages de la Tragedie:
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les
interprètes:
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Iphise,
Fille de Teucer
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Mlle
Arnoud
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Dardanus,
Fils de Jupiter & d'Electre
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Mr
Pillot
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Anténor,
Prince voisin de Teucer
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Mr
Gelin
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Teucer,
Roi de Phrigie
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Mr
Larrivée
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Isménor,
Magicien & Prêtre de Jupiter
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Mr
Larrivée
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Arcas
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Mr
Muguet
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Une
Phrigienne
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Mlle
Dubois
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Vénus
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Mlle
Dubois
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Le
Théâtre représente un lieu rempli de
Mausolées, élevés à la gloire
des fameux Guerriers qui ont péri dans la gueere que
les Phrigiens font à Dardanus
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Iphise,
seule:
Cesse, cruël Amour, de regner sur mon âme,
Ou choisis d'autres traits pour te rendre vainqueur.
Où m'entraîne une auveugle ardeur ?
Un ennemi fatal est l'objet de ma flâme;
Dardanus a soûmis mon coeur.
Cesse,
cruël Amour, &c.
Mânes
infortunés ! que sur la sombre rive
Précipita son bras victorïeux,
Rappellés dans mon coeur la raison fugitive.
Du fond de ces tombeaux, que votre voix plaintive
S'éleve, & condamne mes feux...
Helas !
votre ennemi remporte la victoire:
Vous irrités ma flâme & n'offrés
à mes yeux;
Que le spectacle de sa gloire.
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Teucer:
Ma fille, enfin le Ciel seconde mon couroux.
Anténor, en ce jour, vient servir ma vengeance;
C'en est fait, Dardanus va tomber sous nos coups.
L'éclat de nos exploits rejaillira sur vous.
Mon vaillant défenseur ne veut, pour
récompense,
Que le tître de votre époux.
Iphise,
à part:
Je frémis !
Teucer:
Le Prince s'avance.
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Scene
3
Iphise, Teucer, Anténor, Arcas,
Choeur de Peuples & de Guerriers
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Anténor:
Princesse, après l'espoir dont j'ôse me
flater,
Je réponds des exploits que je vais entreprendre:
Je combattrai pour vous défendre,
Et pour vous mériter.
Iphise:
D'un héros, tel que vous, nous devons tout
attendre:
Mais... Dardanus est fils du Souverain des Cieux;
Ce Dieu semble veiller au succès de ses
armes.
Anténor:
S'il est protégé par les Dieux,
Je suis animé par vos charmes.
Teucer:
Par des noeuds solemnels,
Rendons notre unïon plus sainte & plus
certaine.
Pour recevoir nos serments mutuëls,
Que ces tombeaux servent d'autels:
Ils sont plus sacrés pour ma haîne,
Que les temples des Immortels.
Teucer
& Anténor:
Mânes plaintifs ! tristes victimes !
Dieux ! qui nous écoutés, qui punissés
les crimes,
C'est à vous qu'atteste ici notre juste
fureur.
Grands
Dieux ! de mille maux accablés le coupable
Qui trahira ses serments;
Et dans son coeur, pour comble de tourments,
Faites tonner la voix impitoyable
Des remords dévorants.
Par des
Jeux éclatants, consacrés la
mémoire
Du jour qui voit former ces noeuds.
Peuples, chantés le jeur heureux
Qui va réparer votre gloire.
Le
Choeur:
Par des Jeux éclatants, consacrons la
mémoire
Du jour qui voit former ces noeuds.
Chantons le jeur heureux
Qui va réparer notre gloire.
[on
danse]
Une
Phrigienne, à Anténor:
Allés, jeune guerrier, courés à la
victoire;
Le prix le plus charmant vous attend au retour.
Que votre sort est doux ! vous volés à la
gloire,
Sur les ailes du tendre Amour.
[on
danse]
Teucer,
Anténor, Arcas, la Phrigienne:
Il est temps de courir aux armes,
Hâtés-vous, généreux
guerriers;
Allés, au milieu des allarmes,
Cueillir les plus brillants lauriers.
Le
Choeur:
Allons, au milieu des allarmes,
Cueillir les plus brillants lauriers;
Il est temps de courir aux armes.
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Iphise,
seule:
Je céde au trouble affreux qui dévore mon
coeur.
De mes sens égarés puis-je guérir
l'erreur ?
Consultons Isménor: ce mortel respectable
Perce de l'avenir les nuages épais.
Heureuse ! s'il pouvoit, par son art secourable,
Rappeller dans mon coeur l'innocence, & la
paix.
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Le
Théâtre représente une
Solitude
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Isménor,
seul:
Tout l'avenir est présent à mes yeux.
Une suprême intelligence
Me soûmet les Enfers, & la Terre, & les
Cieux:
L'univers étonné se taît en ma
présence:
Mon art m'égale aux Dieux.
Cet art mistérïeux
Est un rayon de leur toute-puissance.
On
vient... c'est Dardanus.
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Scene
2
Isménor, Dardanus
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Isménor:
Est-ce vous que je vois !
Dans ces lieux ennemis quel dessein vous amene ?
Du barbare Teucer tout suit ici les loix:
Fuyés. Pourquoi chercher une perte
certaine.
Dardanus:
Non, vos conseils sont vains.
Un intérêt trop cher auprès de vous
m'entraîne.
Mon repos, mon bonheur, ma vie est dans vos
mains.
Isménor:
Vous trouverés en moi l'ami le plus
fidele.
Dans les
horreurs d'une guerre cruëlle,
Vous avés respecté ce tranquille
séjour;
Asile heureux ! qu'à consacré mon zele
Au Dieu puissant dont vous tenés le jour.
A remplir
vos voeux tout m'engage;
Le Sang dont vous sortés, l'éclat de vos
travaux,
C'est au Dieu que je sers offrir un double hommage
Que secourir son fils, & servir un
héros.
Dardanus:
Un malheureux amour me trouble & me dévore:
La fille de Teucer est l'objet que j'adore.
Isménor:
O Ciel ! dans quelle chaîne êtes-vous
arrêté ?
Dardanus:
Vous la vîtes soûmise au pouvoir de mes
armes;
Je lui rendis la liberté:
Je me fis un devoir de calmer ses allarmes;
Je cachai les transports dont j'étois
agité.
D'un amant
empressé lui parler le langage,
C'étoit me prévaloir du tître de
vainqueur;
Et je ne veux, pour obtenir son coeur,
Employer d'autre avantage
Que l'excès de mon ardeur.
Isménir:
Iphise doit bientôt venir dans ce bocage.
Dardanus:
Je l'ai su; j'ai volé, j'ai devancé ses
pas.
Souffrés-moi dans ces lieux; j'y verrai ses
appas.
C'est un
charme suprême,
Qui suspendra mon tourment.
Eh ! quel bien vaut, pour un amant,
Le plaisir de voir ce qu'il aime ?
Isménor:
Prince, étouffés plûtôt d'inutiles
desirs.
Quand Iphise, à vos feux, pourroit être
sensible,
Vous connoîssés Teucer, & sa haîne
inflexible;
Croyés-vous qu'il voulût couronner vos
soûpirs.
Dardanus:
Si je croyois qu'Iphise approuvât ma tendresse,
Abandonnant mes droits, tout vainqueur que je suis,
De Teucer aisément j'obtiendrois ma Princesse;
Et l'himen, couronnant le beau feu qui me presse,
Deviendroit de la paix & le gage, & le
prix.
Isménor:
C'est en fait, l'amitié m'entraîne;
Je céde à vos voeux empressés:
Mais de vos ennemis il faut tromper la
haîne.
Entendés
ma voix souveraine,
Ministres de mon art, hâtés-vous,
paroîssés.
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Scene
3
Isménor, Dardanus,
Choeur de Magiciens
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Isménor:
Hatés-vous; commençons nos terribles
misteres;
Et que nos magiques concerts,
Du sein de ces lieux solitaires
Retentissent jusqu'aux Enfers.
Le
Choeur:
Hatons-vous; commençons nos terribles misteres,
&c.
[on
danse]
Isménor:
Suspends ta brillante carriere,
Soleil; cache à nos yeux tes feux
étincelants:
Qu'à l'Univers, troublé par nos
enchantements,
L'Astre seul de la nuit dispense la lumiere.
[on
danse]
[le
théâtre s'obscurcit]
Nos cris
ont pénétré jusqu'au sombre
séjour.
Pour nous mieux obéir, les Déités
cruëlles
Cessent de tourmenter les ombres ciminelles:
Je les vois, à nos voeux, être à regret
fideles,
Et frémir de servir l'Amour.
C'en est
fait; le succès passe mon
espérance.
[il
donne à Dardanus sa Baguette de
Magicien]
Prenés
ce don misterïeux:
Vous allés, sous mes traits, abuser tous les
yeux.
Mais le destin a borné ma puissance:
Si vous l'ôsés quitter, n'espérés
plus en moi:
Le charme cesse, & le péril commence:
Telle est du sort l'irrévocable loi.
Le
Choeur:
Obéis aux loix des Enfers,
Ou ta perte est certaine.
Songe que sous les fleurs, où le plaisir
t'entraîne,
Des gouffres profonds sont ouverts.
Isménor:
Quelqu'un vient. Il est temps qu'en ces lieux je vous
laisse.
Sur-tout contraignés-vous en voyant la
Princesse.
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Scene
4
Anténor, Dardanus, sous les traits
d'Isménor
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|
Anténor:
Je viens vous confier le trouble de mon coeur.
Peut-être je devrois rougir de ma foiblesse:
Mais je suis entraîné par un charme
vainqueur.
J'aime Iphise: à mes feux son pere est favorable;
Bientôt je serai son époux.
Dardanus,
à Anténor:
L'himen doit vous unit !... [à part] O
sort impitoyable !
Anténor:
Pour obtenir du Roi l'aveu d'un bien si doux,
Je viens de m'engager à servir son couroux
Contre l'ennemi qui l'accâble:
J'espére voir bientôt ce guerrier
redoutable
Périr, & tomber sous mes coups.
Dardanus,
à part:
J'ai peine à retenir les transports qu'il
m'inspire.
[à
Anténor, d'un air animé]
Le sort
que je puis vous prédire...
Anténor:
Je ne veux point prévoir le succès qui
m'attend:
Ce n'est pas ce desir qui prés de vous me guide.
Un esprit curïeux marque une âme timide;
Et j'apprendrai mon sort en combattant.
Si je suis
allarmé, ce n'est que pour ma flâme.
La Princesse a paru peu sensible à mes feux;
Par votre art aisément vous lirés dans son
âme.
Serois-je traversé par un rival heureux ?
Dardanus:
Elle aime ! à qui son coeur céde-t-il la
victoire ?
Sur quoi fondés-vous ces soupàons ?
Anténor:
Je le crains assés pour le croire.
L'amour, pour s'allarmer, manque-t-il de raisons
?
Dardanus:
Je veux observer tout avec un soin extrême.
Si vos feux sont troublés par un heureux rival,
Croyés qu'à prénétrer ce mistere
fatal
Je prends un intérêt aussi grand que
vous-même.
Anténor:
Iphise vient; je fuis; j'ai pris soin de cacher
Qu'en ces lieux écartés je venois vous
chercher.
|
Scene
5
Iphise, Dardanus, sous les traits
d'Isménor
|
|
Dardanus,
à part:
Je la vois: quels transports ont passé dans mon
âme !
Contraignons, s'il se peut, mes regards amoureux:
Malgré l'enchantement qui me cache à ses
yeux,
Ils trahiroient le secret de ma flâme !
[à
Iphise]
Princesse,
quel dessein vous conduit dans ces lieux ?
Iphise:
Hélas !
Dardanus:
Vous soûpirés ?
Iphise:
Que viens-je d'apprendre !
Ah, si je vous ouvre mon coeur,
Vous me verrés avec horreur;
Et vous frémirés de m'entendre !
Dardanus:
Où tend de ce discours le sens misterïeux
?
Iphise:
Il faut donc révéler ce secret
odïeux.
Par
l'effort de votre art terrible,
Vous ouvrés les tombeaux, vous armés les
Enfers;
Vous pouvés, d'un seul mot, ébranler
l'Univers:
A cet art, tout-puissant, n'est-il rien d'impossible ?
Et... s'il étoit un coeur... trop foible... trop
sensible...
Dans ces funestes noeuds... malgré lui, retenu...
Pourriés-vous ?...
Dardanus:
Vous aimés ? O Ciel ! qu'ai-je entendu
!
Iphise:
Si vous êtes surpris, en apprenant ma flâme,
De quelle horreur serés-vous prévenu,
Quand vous saurés l'objet qui règne sur mon
âme !
Dardanus:
[à part] Je tremble !... je
frémis !... [à Iphise] Quel est
votre vainqueur ?
Iphise:
Le croirés-vous ? ce guerrier redoutable,
Ce héros, qu'à-jamais la haîne
impitoyable
Devoit éloigner de mon coeur...
Dardanus:
Achevés... Dardanus ?...
Iphise:
Lui-même.
D'un
penchant si fatal rien n'a pu me guérir.
Jugés à quel excès je l'aime,
En voyant à quel point je devrois le
haïr.
Arrachés
de mon coeur un trait qui le déchire.
Je sens que ma foiblesse augmente chaque jour.
De ma foible raison rétablissés l'empire;
Et rendés-lui ses droits, usurpés par
l'Amour.
Dardanus:
Dieux ! qu'éxigés-vous de mon zele !
Ah ! si de votre coeur je pouvois dispôser,
J'atteste de l'Amour la puissance immortelle,
Je voudrois resserer une chaîne si belle,
Loin de songer à la briser.
Iphise:
O Ciel !
Dardanus:
Quand l'Amour parle, écoutés-vous encore
D'un aveugle couroux le cruël mouvement ?
En faveur de l'Amour, faites grâce à
l'amant.
Vous voulés le haïr ! Ingrate ! il vous
adore.
Iphise:
Qu'entends-je ?
Dardanus:
Oui, vous régnés sur son coeur.
Que ne puis-je exprimer tout l'amour qui l'anime !
Loin de vous reprocher l'excès de votre ardeur,
D'aimer si foiblement vous vous feriés un
crime.
Iphise:
Quels funestes conseils ôsés-vous m'adresser
!
Voulés-vous, Minsitre infidele,
Envenimer le trait que je veux repousser ?
Fuyons.
Dardanus:
Où courés-vous, Cruëlle ?
Ah ! connoîssés du-moins celui que vous
fuyés.
Arrêtés; voyés à vos
pieds...
[il
jette la Baguette enchantée, & reparoît
sous ses traits]
Iphise:
Que vois-je ? Dardanus !
Dardanus:
Vous fuyés, Inhumaine !
Et la voix d'un amant ne peut vous arrêter
!
Iphise:
C'est un crime pour moi que de vous
écouter.
Dardanus:
Quel mélange fatal de tendresse & de haîne
!
Iphise:
Quelle haîne, grands Dieux !
Dardanus:
Vous voulés me quitter !
Croirai-je que l'Amour ait pu toucher votre âme
?
Iphise:
Vous trïomphés envain d'avoir connu ma
flâme:
C'est un motif de plus pour la domter.
Dardanus:
Arrêtés !...
|
|
Dardanus,
seul:
Elle fuit: mais j'ai vu sa tendresse;
Mon sort a trop d'appas !
Quittons
ces lieux, l'Amour n'y retient plus mes pas;
Et le péril renaît, lorsque le charme
cesse.
Mais,
dussés-je périr, j'ai connu sa tendresse;
Mon sort a trop d'appas !
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|
Le
Théâtre représente le vestibule du
Palais de Teucer
|
Scene
premiere
Anténor, Arcas
|
|
[Arcas
n'entre que sur la fin du morceau
d'Anténor]
Anténor:
Amour ! cruël auteur du feu qui me dévore,
Quels traits envenimés lances-tu dans mon coeur
?
Dardanus
est captif; mais au sein du malheur,
De ma flâme il trïomphe encore !
Iphise,
qui l'adore,
N'a pu cacher ses feux, trahis par sa douleur;
Et j'ai surpris ce secret, que j'abhorre.
Amour !
cruël auteur du feu qui me dévore,
Quels traits envenimés lances-tu dans mon coeur
!
Arcas:
Le roi refuse envain d'ordonner son suplice;
Vous serés délivré d'un rival
odïeux.
Animés par mes soins, mille séditïeux
Viendront demander qu'il périsse.
Mais
déjà leurs clameurs font retentir les
airs.
|
Scene
2
Anténor, Arcas,
Choeur des Peuples
|
|
[un
troupe de séditieux accourt en tumulte aux portes du
Palais: Anténor & Arcas restent pour observer
quel sera le succès de la
sédition]
Le
Choeur:
Dardanus gémit dans nos fers,
Qu'il périsse, qu'on l'immole !
Que la vengeance nous console
Des maux que nous avons soufferts !
|
Scene
3
Teucer, sortant vivement du Palais,
Anténor, Arcas,
Choeur des Peuples
|
|
Teucer:
Où courés-vous ? arrêtés,
témeraires !
Le
Choeur:
Livrés-nous Dardanus; vous devés nous
venger:
Dans les flots de son sang laissés-nous nous
plonger.
Teucer:
Si c'est un bien si doux pour vos coeurs sanguinaires,
Que ne l'immoliés-vous au milieu des combats ?
Qnand le gloire servoit de voile à la vengeance,
Lâches ! pourquoi n'osiés-vous pas
Soûtenir sa présence ?
Vos
coeurs, dans la haîne affermis,
Trouvoient-ils ces transports alors moins légitimes
?
Ne savés-vous qu'égorger des victimes ?
Et n'ôsés-vous frapper vos ennemis ?
[après
un moment de silence]
Rougissés
d'un transport barbare;
Allés; & quand pour vous le Destin se
déclare,
Par des sentiments généreux
Mérités les bienfaits des Dieux.
[le
peuple se retire, & Teucer rentre dans le
Palais]
|
|
Anténor:
Ah ! c'en est trop; le transport qui m'anime
Ne se peut plus renfermer dans mon coeur.
Immolons mon rival, Arcas ! sers ma fureur.
Arcas:
Sa garde m'obéit, parlés; votre victime
Dès cette nuit expire sous mes coups.
Vous ne répondés rien ! eh quoi,
balancés-vous ?
Anténor:
Non; mais je veux cacher le piège où je
l'attire.
PAr des
jeux solemnels on vient dans ce Palais
Célébrer ce grand jour, qui sauve cet
Empire.
Viens; je veux, sans témoins, t'expliquer mes
projèts.
|
Scene
5
Phrigiens & Phrigiennes
|
|
[le
Palais s'ouvre, & plusieurs Quadrilles de Peuples en
sortent en dansant, & viennent exprimer la joie qu'il
sont de la captivité de Dardanus]
Le
Choeur:
Que l'on chante, que l'on s'empresse;
Quel trïomphe ! quel jour heureux !
Qu'avec la Paix l'Amour renaisse;
Que tous les deux fassent sans-cesse
Régner les plaisirs & les jeux.
[on
danse]
Une
Phrigienne:
De mirthes couronnés vos têtes,
Les Amours remplissent ces lieux;
Le doux plaisir, qui regne dans nos fêtes,
Aide au trïomphe de ces Dieux.
[on
danse]
Une
Phrigienne:
Volés, Plaisirs, volés;
Amour, prête-leur tes charmes;
Répare les allarmes
Qui nous ont troublés.
Que ton empire est doux !
Viens, viens: nous voulons tous
Sentir ces coups;
Enchaîne-nous:
Mais
Ne lance plus que ces traits
Qui rendent contens
Les amants.
[on
danse]
Le
Choeur:
Chantons tous,
Un sort plus doux
Tarit nos larmes;
O l'heureux jour !
La Paix revient dans cette Cour.
Son retour
A fait cesser le bruit des armes:
Bellonne fuit,
Un beau jour luit:
Jeux séduisants,
Plaisirs charmants,
Venés remplir tous nos moments.
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|
Le
Théâtre représente la prison de
Dardanus
|
|
Dardanus,
seul:
Lieux funestes, où tout respire
La honte & la douleur;
Du dèsespoir sombre & cruël empire,
L'horreur que votre aspect inspire
Est le moindre des maux qui déchirent mon
coeur.
L'objet de
tant d'amour, la beauté qui m'engage,
Le scpetre que je perds, ce prix de mes travaux,
Tout va de mon rival devenir le partage;
Tandis que, dans les fers, je n'ai que mon courage
Qui suffit à peine à mes maux.
Lieux
funestes, &c.
[Isménor
descend dans un char brillant]
Quels sons
mélodïeux !... quelle clarté nouvelle
!
O Ciel ! c'est Isménor.
|
Scene
2
Dardanus, Isménor,
Esprits de la Suite d'Isménor
|
|
Dardanus:
Ami tendre & fidele !
Vous n'oublïés donc pas un Prince
malheureux.
Isménor:
Que ne puis-je adoucir vos destins rigoureux !
Mais vous avés vous-même enchaîné
ma puissance.
Vos
malheurs cependant ne sont pas sans retour.
Le Dieu qui fait aimer a causé votre offesne;
Des Destins irrités qu'il calme la
vengeance.
J'aurois
déjà pour vous réclamé sa
clémence;
Mais la voix d'un amant fléchira mieux
l'Amour.
Tristes
lieux, dépouillés votre horreur
ténébreuse !
Esprits, qui me servés, volés du haut des airs
!
Parés de mille attraits cette demeure affreuse;
Pour implorer l'Amour, formés de doux
concerts.
[le
Théâtre est éclairé: les Esprits
soûmis à Isménor volent à sa
voix, & les murs de la prison sont cachés par des
nuages brillants]
Isménor,
Dardanus & le Choeur des Esprits:
Vole, Amour ! à nos voix hâte-toi de
descendre;
Viens écouter nos voeux, vole dans ce
séjour.
La sort a trïomphé de l'amant le plus
tendre,
Trïomphe du sort, à ton tour.
[on
danse]
[on
entend une Symphonie douce & tendre]
Isménor:
L'Amour reçoit un hommage si tendre;
A des dons si flateurs, à ces concerts charmants
Reconnoîssés ce Dieu, qui veut vous faire
entendre
Qu'il est sensible à vos tourments.
Le plus fidele des amants
A la voix de l'Amour ne doit pas se
méprendre.
Dardanus:
Ces accents de mes maux suspendent la rigueur;
Ils enchantent mes sens, ils enlevent mon âme;
Et l'espoir, comme un trait de flâme,
Penetre, avec eux, dans mon coeur.
Isménor:
Quel transport me saisit ! quel éclat de lumiere
!
Par ce Dieu tout-puissant je me sens agité;
Et ton feu divin, qui m'éclaire,
Du plus sombre avenir perce l'obscurité.
Les Dieux
vont retirer le bras qui vous opprime;
Mais en brisant vos fers, de la rigueur du sort
Votre libérateur deviendra la victime;
Et votre vie est l'arrêt de sa mort.
Dardanus:
Je ne souffrirai point qu'un innocent périsse;
Non, je n'accepte pas ce secours odïeux,
Et je serai plus juste que les Dieux.
Isménor:
Soit que le Ciel récompense, ou punisse,
C'est aux mortels d'adorer ses decrèts.
Gardons-nous d'élever des regards
indiscrèts
Jusqu'au trône de sa justice.
Soit que
le Ciel récompense, ou punisse,
C'est aux mortels d'adorer ses decrèts.
Il faut
que je vous quitte, un nouveau soin m'appelle,
Espérés; votre sort va prendre un autre
cours.
[le
Théâtre reparoît dans son premier
état]
|
|
Dardanus,
seul:
Puis-je à ce prix affreux vouloir sauver mes jours
?
Le Ciel semble insulter à ma douleur
mortelle.
O toi !
qui que tu sois, dont le coeur généreux,
Est trop sensible à mon sort déplorable,
Garde-toi d'approcher de ces funestes lieux;
Fuis, abandonne un malheureux
Aux traits du destin, qui l'accâble !
Quelqu'un
porte ses pas dans ces lieux pleins d'horreur.
Dieux, fermés-en l'entrée à mon
libérateur !
|
Scene
4
Dardanus, Iphise,
Un garde , qui apporte une
épée
|
|
Iphise:
Je viens briser votre chaîne cruëlle.
Anténor cette nuit doit vous donner la mort:
J'ai su la trahison, je préviens son effort:
Partés; suivés le pas de ce guide
fidele.
Dardanus:
Ah ! vous-même fuyés de ce séjour
affreux;
Fuyés ! un Dieu vengeur habite dans ces
lieux.
Iphise:
Que dites-vous ? & quel trouble m'accâble
!
Dardanus:
Un oracle... un arrêt du ciel impitoyable
M'ôte tout espoir de secours.
Iphise:
Achevés.
Dardanus:
J'en frémis !... le sort inéxorable
Ne veux finir mes maux qu'aux dépens de vos jours
!
Iphise:
Eh bien, avec transport je vous les sacrifie
Ces jours, proscrits par la rigueur du sort.
Dardanus:
Est-ce donc me rendre la vie,
Que me frapper d'un trait plus cruël que la mort
?
Iphise:
Ah, s'il vous semble affreux de perdre ce qu'on aime,
Voulés-vous donc, Cruël ! m'expôser
à des coups
Que vous redoutés pour vous-même ?
Me croyés-vous plsu forte, ou moins tendre que vous
?
Dardanus:
Vous déchirés mon coeur par cet amour
extrême !
Contre la
mort j'étois armé;
Mais que vous la rendés terrible !
O mort ! que vous êtes horrible
Pour un amant aimé !
Dardanus
& Iphise:
Ah ! fuyés; rendés-vous: serés-vous
infléxible ?
Iphise:
Si vous mourés, en périrai-je moins ?
Au nom de cet amour, si tendre, si funeste,
Laissés-moi, pour prix de mes soins,
L'espoir de vous sauver; c'est le seul qui me reste
!
Dardanus:
Non, c'en est trop; il faut vous sauver, malgré
vous;
Et des Dieux, sur moi seul, épuiser le couroux.
Donne ce fer !
[il
arrache l'épée des mains du Garde, & veut
s'en frapper]
Iphise,
lui retenant le bras:
[on
entend un bruit de guerre]
O Ciel
!... Quel bruit !... J'entends des armes !
Dardanus:
L'air retentit au loin des cris des Combattants.
Iphise:
J'écoute en frémissant; tout accroît mes
allarmes:
Ah, cédés à mes pleurs !
profités des instants !...
Votre rival paroît: hélas ! il n'est plus
temps.
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Scene
5
Dardanus, Iphise, Anténor, blessé,
Un garde
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Anténor:
Tes soldats dans nos murs ramenent le carnage.
Dardanus:
Que ne puis-je moi-même ranimer leur courage
?
Anténor:
Non, arrête: c'est moi qui seul brisois tes fers;
C'est par mes soins qu'Iphise a vu ces lieux ouverts;
Et pour percer ton coeur, on t'attend au passage.
Suis mes pas; je te veux sauver de leurs fureurs...
Mais, mes remords sont vains... je m'affoiblis... je
meurs.
[on
emporte Anténor]
Dardanus,
prenant l'épée du Garde:
Ce ne sont plus vos jours que l'oracle menace:
Mon sort ne dépend plus que de ma seule
audace.
Iphise:
Ah, quel effroi nouveau par mes sens éperdus !
Quel péril !
Dardanus:
Revenés de ces frayeurs extrêmes.
Leurs complots odïeux vont tomber sur
eux-mêmes:
Des traîtres, qu'on prévient, sont à
demi-vaincus.
[il
sort]
Iphise:
Arrêtés !... mais il fuit; il ne
m'écoute plus.
Ciel ! quel sera son sort ? je frissonne ! je tremble
!...
Je prévois & je sens tous les malheurs
ensemble.
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haut
de page

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On
entend, pendant l'Entre-Acte, le bruit d'un
Combat
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Le
Théâtre représente le vestibule du
Palais de Teucer
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Iphise:
Ciel ! quelle horreur régne de toutes parts !
La victoire & la mort renversent nos
remparts.
Dieux, que
pour Dardanus imploroient mes allarmes,
Vous n'avés donc changé que l'objet de mes
larmes.
Peut-être en ce moment, sous le fer inhumain,
Mon pere... j'en frémis... je connois son
courage;
Sans doute il voit finir son malheureux destin.
Ciel, daigne détourner cet horrible présage
!
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Dardanus:
Belle Princesse enfin, pour arriver à vous
La victoire m'ouvre un passage.
Iphise:
Ah ! c'en est fait... mon pere expire sous vos
coups.
Dardanus:
Nos traits l'ont respecté dans l'horreur du
carnage;
Et ce sang précïeux ne souille point
l'hommage
Que vient vous offrir mon amour.
Iphise:
Arrêtés, connoîssés tout mon coeur
en ce jour.
Quand j'ai
voulu briser vôtre chaîne cruëlle,
J'ai cru pouvoir, sans être criminelle,
D'un amour sans espoir calmer le juste effroi;
Vos périls sont passés; mon devoir me
rappelle:
Je vous sauvois pour vous, Prince; & non pas pour
moi.
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Scene
3
Iphise, Dardanus, Teucer,
environné de soldats, qui lui arrachent son
épée, dont il vouloit se
percer
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Teucer:
Quels odïeux secours ! cessés, troupe inhumaine
!
Laissés-moi m'affranchir de l'opprobre des
fers.
[à
Dardanus]
Tu portes
à lexcès ton audace & ta haîne;
On me force de vivre, à tes yeux on
m'entraîne:
Poursuis, vainqueur superbe ! insulte à mes
revers.
J'aime ce vain orgueil, qui souille ta victoire.
Tu partages, du-moins, par l'abus de ta gloire,
L'opprobre humilïant dont tu nous as
couverts.
Dardanus:
Connoîssés mieux un coeur qui vous admire;
Régnés, & reprenés le pouvoir
souverain.
Si vous daignés le tenir de ma main,
Je serai plus heureux qu'en possédant
l'Empire.
Teucer:
Non, tu crois m' éblouïr; mais je vois ton
dessein:
L'amour me fait des dons, & l'orgueil me pardonne;
Ta générosité vend les biens qu'elle
donne:
Mais rien ne changera ton sort, ni mon destin.
Garde tes vains présents; ta main les
empoisonne...
Il en est cependant que j'attendrois de toi.
Dardanus:
Ordonnés, éxigés; vous pouvés
tout sur moi.
Teucer:
De tout ce qu'en ce jour m'enleve ta victoire,
Mon coeur n'a regretté que ma fille & ma
gloire;
Mais tu peux réparer ces tristes coup du Sort:
Rends la Princesse libre, & me permèts la
mort.
Iphise:
Dieux, daignés détourner l'horreur qui se
prépare !
Dardanus:
Rien ne peut vous fléchir, je le vois trop, Barbare
!
Plus féroce que grand, votre coeur indomté
Prend sa haîne pour du courage,
Et sa fureur pour de la fermeté.
Iphise est libre, & l'a toûjours
été;
Pour vous, prenés ce fer...
{il
présente son épée à Teucer, mais
il ne la lui abandonne qu'au dernier
vers]
Mais j'en
prescris l'usage;
Songés sous quelles loix il vous est
présenté:
Frappés ! votre ennemi se livre à votre
rage
Teucer:
Juste Ciel !
Iphise:
Arrêtés !...
Dradanus,
à Teucer:
Qu'au gré de vos fureurs,
Dans mon sang malheureux votre injure s'efface;
Frappés ! en vous vengeant, vos coups me feront
grâce.
Teucer:
Que fais-tu ?
Iphise:
Serés-vous insensible à mes pleurs.
Teucer:
Ma fille, c'en est trop; il faut enfin se rendre.
Dardanus est donc fait pour trïompher toûjours
?
Je rougis seulement d'avoir pu me deffendre.
Iphise
& Dardanus:
Vous assurés le bonheur de nos jours.
[Symphonie
gracieuse]
Teucer:
MAis quels concerts se font entendre ?
Iphise:
Un jour plus pur embellit l'Univers.
Dardanus:
Je vois les doux Plaisirs faire éclore &
répandre
Mille nouvelles fleurs, qui parfument les airs.
[le
Théâtre change, & représente un
Palais environné de nuages]
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Scene
derniere
Vénus descend dans une gloire,
les Amours & les Palsirs l'accompagnent,
les Acteurs de la Scene précédente,
Phrigiens & Phrigiennes
|
|
Vénus:
Pour célébrer les feux du'un fils qu'il
aime,
Le souverain des Dieux m'appelle en ces climats:
Empressé de suivre mes pas,
L'Himen vole avec moi, conduit par l'Amour-même.
Plaisirs, chantés ce jour heureux.
L'Amour remporte la victoire.
Peuples, mêlés-vous à leurs jeux.
Chantés, célébrés la gloire
Du plus charmant des Dieux.
[on
danse]
Le
Choeur:
Par tes bienfaits signale ta victoire,
Trïomphe, tendre Amour !
Fais régner à-jamais les plaisirs de ta
Cour.
[un
Divertisement général termine
l'Opéra]
|
|
J'ai
lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, Dardanus,
Tragédie, en Musique, & dont les
représentations ont été
extrêmement applaudies.
A Versailles, ce 28 Mars 1760.
De
Moncrif
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