Baldassare Galuppi
Le
Monde
à l'envers ou
Ce
sont les femmes
qui commandent
Drame
Bemesco
[Drame burlesque] en
III Actes livret de
Carlo
Goldoni musique
de: Baldassare Galuppi [1706 -
1785]
Tulia,
soprano
Aurora,
mezzo-soprano
Cintia,
mezzo-soprano
Rinaldino,
amant de Tulia, soprano
Graziosino,
amant de Aurora,baryton
Giacinto,
amant de Cintia, baryton
Ferramonte,
ténor
Choeur
|
L'action est dans une île dans les Antipodes. |

ACTE I
[Une
cour spacieuse, ornée sur son pourtour de
dépouilles viriles conquises en différentes
circonstances par les femmes de la cour.
Lespace se termine par des arcs majestueux au travers
desquels on voit la grande place doù
pénètre dans la cour un char de triomphe
tiré par plusieurs hommes. Tulia, Cincia, Aurora,
précédées par un chur de femmes
qui portent des chaînes et les drapeaux
victorieux.
Pendant le chur, les hommes
senchaînent]
Tulia, Aurora, Cintia, Chur
Récitatif Chur Tulia Aurora Cintia Chur [Les
hommes partent enchaînés, conduits par les
femmes. Les trois femmes descendent du char qui repart par
le chemin emprunté lors de son
arrivée]
Vite, vite, à vos chaînes,
à vos tâches habituelles
Il ny a pas de honte ni de souffrance
dans lesclavage volontaire.
Allez à vos tâches serviles
et partagez-vous le travail et les charges.
Certains à la garde du château, dautres
aux travaux
de laiguille, dautres aux jardins ou à la
cuisine,
là où vous avez été
placés sur notre ordre.
Obéissez, travaillez et puis espérez
que le règne des femmes plein despoir
Si lon ne peut se réjouir, il reste au moins
l'espoir.
Celui qui vit dans lespoir
du bonheur meurt en chantant.
Vite, vite, à vos chaînes,
etc.
Tulia, Aurora, Cintia
Récitatif Tulia Cintia Aurora Tulia Cintia [elle
sen va]
Maintenant nous avons soumis
la superbe orgueilleuse
du sexe masculin,
nous devons le tenir
enchaîné au trône.
Mais ne pensez-vous pas,
mes fidèles compagnes et conseillères
quils soient de meilleures méthodes
pour tenir les hommes
sous notre assujettissement ?
Ce sexe ennemi
de nature fière et orgueilleuse
secoue et déchire le lien quand on en a
pitié.
Les femmes avisées savent bien
quavec rigueur et dédain il faut tenir
les hommes dans la soumission et les chaînes.
Sils sont amoureux
tous ont lhabitude de souffrir; et quand
les femmes sont plus dédaigneuses et plus
cruelles
ils sont eux-mêmes plus patient et plus
fidèles.
Cest vrai, mais la cruauté tue
lamour;
Je crois quil serait de meilleur conseil
de les illusionner,
de feindre de toujours les aimer
de les enflammer complètement petit à
petit
et de samuser ensuite de leur amour.
Il nous faut être ni trop cruelles,
ni trop douces, car le mépris
excite la pitié si lon en abuse.
La fierté est crainte et non aimée.
Que la sagesse règle
lempire de la femme.
Que notre cur se montre
tantôt clément, tantôt fier
et le sexe mâle tombera à nos pieds.
A chacune ses idées: moi, je veux
les traiter avec dureté,je veux les voir
pleurer, soupirer, frémir, délirer,
et je veux quaprès une longue,
cruelle et amère servitude,
ils me paient cher un petit plaisir
octroyé.
Tulia, Aurora
Récitatif Tulia Aurora Tulia
Aurora, je ne voudrais pas
quà trop vouloir on en vienne à
perdre
notre pouvoir acquis à ce jour
Nous sommes après tout des femmes
et la nature ne nous a donné
que le charme, le regard et la parole.
Soccuper dépées, de lances,
darmures et décus
nest pas notre affaire.
Si lhomme se réveille, son seul bras vaut
mieux
que dix mains de femmes gracieuses et tendres
qui trouvent leur plaisir à être
belles.
Tulia, vraiment vous parlez sagement
et le sort vous adonné un corps de femme
mais votre sagesse et votre savoir surpassent ceux des
hommes.
Ainsi, Mère Nature
à la petitesse de la taille
de votre corps gracieux et beau
a suppléé en vous donnant beaucoup de
cervelle.
Votre mère vous a donné avec raison le nom de
Tulia
parce que vous ressemblez à Tullius
Ciceron.
Rejoignons le Conseil,faisons en sorte
détablir
des lois meilleures pour que lon rende
lhomme impuissant à se libérer du
joug.
Car si lhomme revient à son ancienne
fierté
il fera un cruel carnage de notre pouvoir.
Air Tulia Le
fier lion, qui a parcouru
avec audace la vaste arène
supporte sa chaîne
et ne sait pas menacer.
Mais sil brise ses liens
il revient à sa fierté
en massacrant tout autour de lui.
Aurore, puis Graziosino
Récitatif Aurora [un
serviteur entre] Eh
là, faites venir tout de suite [le
serviteur sen va] En effet,
le pauvre petit Graziosino,
arrivant en tricotant des bas Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora
Quel
plaisir, quel charme
une grande rigueur peut apporter à la femme ?
Traite avec amour
les hommes qui nous sont soumis
leur fait supporter leur servitude dans le calme
et la femme sen réjouit et sen
félicite.
Ainsi moi, au milieu de tous ceux qui sont pris dans
nos filets jaime mon Graziosino,
il est amoureux, fidèle et ingénu,
et pour quil madore et mapprécie,
je le traite
avec de tendres paroles et de douces caresses.
Graziosino, lesclave qui est à mon
service.
mérite que je lui fasse bonne figure
car il me sert et fait office de soubrette.
Le voici qui vient. Eh ! Graziosino !
Madame.
Que faites-vous ?
Je me dépêche de travailler, et dans trois
mois
jaurai fait la moitié dune
chaussette.
Laissez votre ouvrage. Venez ici.
Bien madame !
Obéirez-vous toujours à mes ordres
?
Je ferai ce que vous me commandez.
Mon cher Graziosino, vous êtes si mignon.
Vous me faites rougir.
Je vous aime bien
et vous allez voir le fruit de mon amour.
Ces paroles me consolent entièrement.
Baisez-moi la main.
Oui, madame.
Je vous fais cette gracieuseté
parce que vous me plaisez.
Oh, bénie soit ma beauté !
Je veux que vous soyez attentif
à me servir en tout ce que je vous commande.
Tôt le matin,
vous mapporterez le chocolat au lit,
vous mettrez à chauffer mes vêtements,
vous devrez préparer la petite table,
vous serez dans lantichambre,
attendant mon ordre pour entrer,
et si des visiteurs arrivent pour me voir,
vous devrez men aviser,
et comme font les bons serviteurs
vous devrez rester et attendre dehors.
Dehors ?
Naturellement.
Et dedans ?
Non monsieur.
Vous devrez attendre.
Jattendrai.
Si vous faites ceci, je vous aimerai.
Oui, chère, je ferai tout:
je ferai la soubrette,
je ferai la cuisine,
je ferai toutes les plus basses besognes,
je laverai les bassins et les pots de chambre.
Je ne veux pas vous employerà des tâches aussi
basses.
Car vous êtes mon cher, mon beau,
mon tendre amour,
vous êtes mon fidèle et aimé
Graziosino,
si mignon, et si cher à mon cur.
Air Aurora Ces
petits yeux si coquins
mont rendue amoureuse,
cette toute petite bouche
me fait toujours soupirer,
mon cher bien-aimé,
mon doux espoir,
je veux toujours toujours taimer.
(Il est tout content et cest le fruit de la
flatterie.
Quelle aime ou quelle feigne une femme,
si elle le veut, charme les hommes.)
Graziosino
Récitatif Graziosino
Ah ! quelle joie ! Ah ! quelle joie !
Ah ! comme je sens mon cur
ne plus retenir sa joie.
Heureux Graziosino.
Oh ! Comme je me réjouis !
Il ne peut y avoir au monde
de plaisir plus grand
que celui dun amour réciproque.
Les bêtes sauvages, les poissons dans leau
aiment,
les oiseaux aiment,les moutons et les agneaux aiment,
ainsi que les chiens et les chats,
et ceux qui ne savent pas aimer sont tous fous.
Air Graziosino Quand
les oiseaux chantent,
cest lamour qui les fait chanter,
et quand les poissons fraient,
cest lamour qui les fait frayer.
La brebis, la tourterelle,
le moineau, lalouette,
cest lamour qui les rend joyeux.
Oh, quel agréable plaisir !
Oh ! quil est bon daimer,
je ferai le cuisinier, je ferai le plongeur,
je laverai les plats, et tout, et tout,
parce que lamour
bouleverse mon cur,
il le fait rire et jubiler.
Giacinto, Cintia
Air [Giacinto
se regarde avec affection dans un miroir] Giacinto Mère
Nature,
tu mas trahi,
mais je me suis ri de toi
en me faisant beau,
avec un pinceau,
comme les femmes
ont lhabitude de faire.
Récitatif Giacinto Cintia,
ironiquement Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto
Cette perruque, en vérité,
ces cheveux poudrés,
font ressortir admirablement mon visage.
En jouant avec la prunelle de mes yeux caressants,
ceux-ci jettent flammes et étincelles,
et cette bouche, à légal de mes
yeux,
gracieuse et belle,
le rend toutes amoureuses quand elle parle.
Les femmes sont toutes
folles de moi, je suis lesclave
de toutes ces belles, cest vrai,
mais je règne sur le cur de toutes.
Voici la charmante Cintia.
Vite, vite, vite le ruban, la perruque, les gants, tout,
tout doit être mis comme il faut, et les yeux, la
bouche,
avec de douces paroles et de tendres regards
se préparent à lancer flèches et
dards.
(Voilà mon beau Cupidon.)
Ma reine, ma déesse, je vous salue.
Eh bien, que faites-vous ici ?
Tel le petit papillon attiré par votre flamme,
je viens, ô ma belle, y brûler mes
ailes.
Il me semble quavec plus de raisons
vous pouvez parler de gros papillon.
De cette bouche charmante ne sortent
que paroles sages et spirituelles.
La vôtre ne sait que dire des sottises.
Ah ! permettez que je puisse,
à laide du souffle odorant
de mes ardents soupirs,
encenser ces belles joues adorées.
Allez-vous-en dici, cessez de
mennuyer.
Ah ! si vous dédaignez, ô ma belle,
les ardeurs de mon cur, je porterai ailleurs
mes regards, mes pas,
mon amour sincère et ma foi.
Holà ! comment me parlez-vous ?
Vous mabandonnez ?
Vous voulez devenir le serviteur,
lesclave et lamant dune autre femme ?
Téméraire ! Arrogant !
Vous devez endurer mes chaînes.
Quels remerciements en aurai-je ?
Des tourment et de la souffrance.
Jupiter, Pluton, Neptune,
dieux terribles et tout-puissants,
vous qui entendez les paroles
dune femme sans pitié,
enlevez-moi ces chaînes ingrates.
Oui, oui, Neptune minspire,
Jupiter me donne du courage,
Pluton me donne de la fureur.
Tyran perfide, je vous salue humblementet men
vais.
Arrêtez ! Vous auriez
le cur de mabandonner ?
Vous avez dit que vous maimiez,
que vous me serviriez de tout de votre cur,
et maintenant vous mabandonnez, ah ! Traître
!
Mais vous me méprisez,
vous me bafouez,
comme si jétais un homme rustre et vil,
alors que jessaie en vain de paraître
civilisé.
A vous voir, vous êtes assez gentil,
gracieux et beau.
Ces yeux coquins,
cette charmante bouche, ce beau minois,
mont touché en plein cur.
Donc, ma chère, vous maimez.
Oui, je vous adore.
Mon idole, mon trésor,
je nai pas assez de mots
pour rendre grâce à votre doux amour.
Accordez-moi la faveur
de pouvoir baiser votre belle main,
respectueusement et très humblement.
Oh, monsieur, vous lespérez en vain.
Mais pourquoi donc? Pourquoi ?
Cette faveur ne sobtient pas
si facilement de moi.
Jen mourrai.
Peu mimporte !
Donc si cela vous est égal,
jappartiendrai à une autre belle.
Vous êtes à moi !
Que voulez-vous faire ?
Ce que je veux.
Ah ! cette douce rigueur menchaîne encore
plus.
Jendurerai ma peine,
je mourrai, jéclaterai si vous le voulez.
Il suffit, ma douce idole, que vous
maimiez.
Cintia, et Tulia
Récitatif Cintia Tulia Cintia
Oh, que vous me faites rire
avec ces soupirs, avec ces pleurs.
Les hommes ne savisent pas,
que plus ils prient,
plus les femmes deviennent orgueilleuses
et tourment alors les amants par jeu.
Cintia, quavez-vous donc fait
à ce pauvre Giacento ?
Il soupire, il défaille et délire;
si vous vous comportez ainsi
vous perdrez tout empire sur son cur.
Au contraire, je le perdrai
plus facilement avec la pitié et les caresses.
Les hommes sont accoutumés,
de par leurs faciles victoires sur notre sexe,
à se fatiguer de tout et à changer
fréquemment.
Air Cintia Si
les hommes soupirent, Là
où nexiste pas encore
que mimporte à moi,
quils pleurent, quils
dépérissent,
mais je veux quils soient à mes pieds.
Eux aussi, sils le pouvaient,
ils agiraient ainsi avec nous.
le pouvoir des femmes,
la tyrannie des perfides
se déchaîne malheureusement,
et maintenant cest ici
que lon venge leurs malheurs.
Tulia, puis Rinaldino
Récitatif Tulia Rinaldino Tulia Rinaldino Tulia
Mais moi, à dire vrai,
mon cur est plus tendre que le leur.
Avec mes amants je suis
quant il le faut, sévère et orgueilleuse,
mais je sais, sil le faut, être charitable.
Tantôt je feins la rigueur,
tantôt je feins lamour,
je freine leur attachement et leur assurance,
et je les maintiens entre la peur et
lespérance.
Tulia, ma belle idole.
Je suis le plus fidèle de vos serviteurs.
Ah, ne laissez pas dans loisiveté
ma foi, mon zèle,
car cest seulement quand je moccupe de vous
que je découvre le bonheur dans mon
existence.
Dites-moi la vérité, Rinaldino:
vous vous repentez maintenant dêtre
resté
mon sujet, mon chevalier servant ?
Cela vous pèse et vous regrettez
votre liberté première perdue ?
La chaîne vous parait-elle dure et
sévère ?
Oh, très doux nuds,
désirés, voulus et toujours chers à mon
cur !
Que les guerriers transpirent donc
sous le heaume, quAstrée tourmente sa suite
au barreau, que le médecin imposteur
étudie et peine sur les pages
mal comprise de Gallien.
Je suis le suivant de lamour,
loin de la foule insensée de ceux qui
mènent
leur vie dans de dures privations.
Je jouis, soyez-en remerciée,
de la paix et de la plénitude.
Nous traitons avec douceur les vassaux et nos serviteurs
et nous ne sommes pas cruelles avec les hommes,
à la différence de ceux-ci avec les
femmes.
Mais nous sommes exclus des conseils,
privées de noblesse, comme si nous naissions
non pour être la compagne de lhomme,
mais sa servante et son esclave
condamnées par votre sexe ingrat
uniquement aux tâches serviles.
On devrait faire pour nous la même chose que pour
vous.
Mais notre autorité, notre rigueur
sera atténuée par un tendre amour,
et votre servitude, qui nest pas écrasante,
sera bienvenue pour nous, et douce pour vous.
Air Tulia Chers
liens, peines aimées
dun cur aimant et fidèle,
qui a su consacrer sa liberté au dieu de
lamour.
Sil est près de son bien-aimé,
il ne ressent pas son tourment,
mais rempli de bonheur il loue le destin.
Rinaldino
Récitatif Rinaldino
Où
est celui qui a dit
que la prison de lamour
est dure et amère ?
Depuis le moment où un amant
vit dans le doute et lincertitude,
entre le devoir et lamour,
entre la douceur et la rigueur,
il na plus aucun repos.
Mais puisque tout le monde sabandonne au plaisir,
à la jouissance et ne ressent pas
les remords de son cur...
Mais Oh dieu, malheureusement,
je les ressens en moi, en dépit de
mon abandon aveugle au plaisir,
et lhonneur me le reproche malgré moi.
Ah ! que faire ? Je vais voir
sil y a possibilité de chasser de mon
cur
ce restant fatal de ma honte.
Air Rinaldino Chers
jeux, inondez
de plaisir un cur qui doute,
et que triomphe une liesse générale
qui dispersera une crainte cruelle.
Finalement le doux lien de lamour
nest pas une gêne,
mais un plaisir pour notre cur.
Giacinto, Aurora
Récitatif Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto
Oh, ma douce Diane !
Charmant Actéon !
La comparaison me plaît,
parce que je suis votre amant et votre serviteur.
Mais, par malheur, Actéon a été
transformé en cerf.
Je ne suis pas aussi cruel que le fut la
déesse.
Et je ne serai pas imprudent
comme le fut ce malheureux berger.
Vous êtes beau et sage.
Votre êtes trop bonne.
Giacinto, en vérité,
vous me plaisez beaucoup.
Je sens que je menflamme sous les rayons de vos
yeux.
Giacinto, Aurora, Cintia
Récitatif Cintia,
à part Aurora Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Aurora Cintia Aurora Cintia Aurora Cintia Aurora Cintia Giacinto Aurora Giacinto Cintia Giacinto Aurora Giacinto
(Giacinta avec Aurora ?)
Mais vous appartenez à Cintia.
Vous me plaisez plus quelle.
Il me semble que le fait de mappeler
«beauté»
me rend beaucoup plus svelte:
regardez sur mon visage, comment, petit à petit,
sous votre amour, je deviens tout feu tout
flamme.
De leau, de leau, il nous faut de leau
pour éteindre ce feu.
O ma Cintia !
Je brûle damour pour vous.
Tu ne peux me tromper:
jai entendu toutes tes paroles...
Ah ! ma vie...
et elles méritent le bâton.
Bastonner un homme comme moi?
Ah, Aurora, mon honneur fait appel à vous.
Vous êtes lesclave de Cintia, ce n'est pas moi
qui commande.
Et vous, ma douce dame,
vous vous délectez à voler
le vassal et lamant dautrui ?
Je fais, moi aussi, ce que tant dautres
font.
Mais que vous ne ferez pas avec moi.
Maintenant que je sais
que je peux vous rendre jalouse,
vous devrez craindre mes talents.
En agissant ainsi,
notre pouvoir sera détruit.
Peu mimporte que notre empire
soit tout mis sens dessus dessous,
plutôt que de me plier à votre nature
fière et altière.
Allons-nous-en Giacinto.
Je viens.
Cruel, tu veux donc mabandonner ?
Mais sil faut...
On vient oui ou non ?
Je viens tout de suite.
Je mourrai si vous partez.
Me voilà, je reste.
Final
1 Cintia Aurora Giacinto Cintia Giacinto Aurora Giacinto Cintia Giacinto Aurora Giacinto Cintia,
Aurora Giacinto Cintia,
Aurora Giacinto Cintia,
Aurora [les
deux femmes partent] Giacinto Cintia,
Aurora,
revenant Giacinto Aurora,
lui présentant un cur Cintia,
lui montrant un bâton Giacinto Aurora Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia,
Aurora Giacinto Cintia,
Aurora Giacinto Aurora Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto,
Aurora
Haut
de page
Venez, ou vous allez
ressentir ma colère.
Barbare cruel,
vous me déchirez le cur.
(Je me retrouve dans une impasse
entre lamour et la crainte.)
Vous êtes mon esclave.
Oui, cest vrai, madame.
Je suis votre amante.
Mon cur aussi vous adore.
Je veux être obéie.
Et je vous obéirai.
Je ne mérite pas dêtre
trahie.
Je ne vous trahirai pas !
Eh bien, que décidez-vous ?
Mes toutes belles,
si vous le voulez,
je vais me partager,
sous serez satisfaite,
oui, nen doutez pas.
Ne partez pas dici
je vais revenir.
Vous serez satisfaite,
oui, nen doutez pas.
Je vais revenir.
Cest un imbroglio
Non, je ne veux plus
me faire si beau.
Ceux qui me voit
perde la tête.
Tout le monde soupire
après ma beauté.
Me voici de retour
cest encore moi.
Mes beaux astres,
jimplore votre pitié.
Voici mon cur
qui pleure pour vous.
Voici un bâton
qui vous est destiné.
Je ne sais plus où jen suis.
Si vous le voulez,
je vous le donnerez.
Je ne sais plus où jen suis.
Je vous assommerai
à coups de bâton.
Je ne sais plus où jen suis.
Oui.
(Lune tapporte un cadeau,
lautre un bâton,
dun côté la fureur,
de lautre lamour.
Que faire ?)
Allons, décidez-vous.
Je vais me décider.
Allons, décidez-vous.
Je vais me décider.
(à Cintia) Votre tyrannie
ne mapporte aucun plaisir.
(à Aurora) Votre courtoisie
me rend plus heureux.
Alors, venez avec moi !
Je vais partir avec vous.
Brigand, si tu pars
tu auras du bâton.
Avec vous jaurai la bastonnade,
avec elle les étreintes.
Indigne, scélérat,
je me vengerai.
(Crier, trépignez,
en attendant je vais mamuser.)
ACTE II
Une
pièce préparée pour le Conseil des
Femmes.
Tulia, Cintia, Aurora, Suite de Femmes
Récitatif
& Chur Chur [tout
le monde s'assoit] Tulia Chur Aurora Chur Cintia Chur Tulia Cintia Tulia Aurora Cintia Tulia Cintia Aurora Tulia [les
femmes votent et lon ouvre
lurne] Chur Cintia Tulia Aurora [elles
votent pour Aurora] Chur Cintia Aurora Cintia Chur Aurora Cintia Chur Tulia Aurora Cintia Tulia Chur [tout
le monde sen va, sauf Tulia]
Liberté,
liberté,
chère, chère liberté
Quel plaisir,
Quelle joie,
quel délice elle mapporte au cur.
Liberté, liberté,
chère, chère liberté.
La douce liberté qui nous réjouit
doit être conservée, mais pour la
préserver
nous devons nous garder de trois choses
de trop de tyrannie,
de linconstance et de la jalousie.
Un empire tyrannique dure peu.
Tout le monde sefforce
de fuir un cur inconstant,
et la colère transforme la jalousie en fureur.
Ainsi, pour que lon préserve
cette chère liberté qui nous
réjouit,
nous devons être fidèles, prudentes et
charitables.
Liberté, liberté, etc.
Je ne me trouve pas inconstante,
si je veux et si je cherche à acquérir plus de
vassaux.
Notre pouvoir, notre beauté, resplendit
quand plus dadorateurs
nous apportent leur cur en tribut.
Et étant libres
nous pouvons aimer qui nous voulons.
Liberté, liberté
chère, chère liberté.
Mais on ne doit pas usurper les droits dautrui.
Mais on ne dois pas, par des afféteries
et des caresses, rendre les hommes fous damour,
pour faire injure ou causer du tort à ses
compagnes.
Que chacune fasse à son idée,
que chacune se conduise comme elle le veut,
puisque lon peut jouir de la
liberté.
Liberté, liberté
chère, chère liberté.
La disparité qui apparaît
dans nos différentes façons de penser,
me donne à croire quil serait plus utile
dintroduire la monarchie parmi nous.
On pourrait rendre éternel le pouvoir
dune seule personne, et de cette façon,
si une seule femme commandait et régnait,
tout le monde devrait observer la même loi.
Cette idée ne me plaît pas,
car qui parmi nous pourrait être capable
de soutenir la nouvelle monarchie ?
Celle qui a le plus de bon sens,
celle qui a le plus dexpérience,
qui sait avec plus de prudence
mettre en usage la rigueur et la clémence.
Il faut, pour gouverner, une femme qui sache
tenir tous les hommes enchaînés
par de doux et suaves actes de pitié.
Au contraire, une qui, fièrement sur le
trône
féminin, sache refréner lorgueil des
hommes.
Nous allons procéder ainsi.
Que chacune dentre nous se propose,
que chacune mette aux voix son nom,
et quensuite le trône suprême soit
donné
à celle qui sera élue à la
majorité.
Je suis daccord.
Jaccepte.
Quon nous apporte
lurne et les jetons, moi,
puisque jai été la première
à proposer ce noble projet,
je me présente en premier et jattends vos
votes.
Je ne sais pas ce qui sera mieux pour nous:
la monarchie ou bien la liberté.
Tulia, je regrette beaucoup.
Maintenant la volonté commune va être
connue:
vous navez pas eu une seule voix.
Femmes des plus ingrates,
lenvie est votre dieu,
et la vaine ambition votre costume.
Maintenant, je propose mon nom
et vous verrez comme
que je suis plus appréciée
pour les vertus de la manière douce.
Je ne sais pas ce qui sera mieux pour nous:
la monarchie ou bien la liberté.
Hélas, madame Aurora,
je regrette pour vous:
vous navez pas eu une seule voix.
Je comprends votre méchanceté,
à la grande injustice qui vient de mêtre
faite.
Vite, vite, finissons-en.
Je veux un vote pour moi aussi.
(Cette fois, automatiquement le pouvoir est à
moi.)
Je ne sais pas ce qui sera mieux pour nous:
la monarchie ou bien la liberté.
Chère madame Cintia,
on na pas voté pour vous,
votre urne des oui est vide.
Femmes injustes,
Cest un tort manifeste que vous me faites.
Liberté, liberté,
chère, chère liberté.
A ce que je vois, à ce que je comprends,
aucune femme naccepte
dêtre la sujette dune autre,
le pouvoir souverain plaît à chacune,
et chacune se préoccupe en vain de subjuguer les
autres.
(Je vais tâcher dobtenir
le trône par la ruse.)
(Joccuperai le trône
malgré elles.)
(à laide de la ruse,
sans afficher dorgueil,
jarriverai sans doute à occuper le
trône.)
Que le Conseil se dissolve maintenant.
Que chacune aille exercer son empire
sur ses vassaux,
et reste libre de régner entre nous.
Liberté, liberté,
chère, chère liberté
Quel plaisir,
quelle joie.
Quel délice elle mapporte au cur
Liberté, liberté
chère, chère liberté.
Tulia
Récitatif Tulia
Comme serait-il donc possible
que nous puissions régner dans lunion
si la paix nous tourne toujours le dos
alors que nous sommes deux femmes sous le même toit
?
Je sens que notre domination
ne va pas durer très longtemps.
Mais avant que ce ne soit fini pour nous
je voudrais régner dune façon absolue un
jour seulement.
Ah, cette soif de commander
est naturelle en nous
et toutes les femmes ont des caprices en
tête.
Air Tulia Parmi
tous les sentiments Avoir
pour sujets
damour et de colère
lamour du pouvoir
prévaut dans le cur
la soif des honneurs
ne peut être refrénée.
ces hommes fiers
qui ont pour habitude
de traiter sévèrement les femmes
Je ne saurais demander
plus grand plaisir.
Rinaldino, puis Giacinto, puis Graziosino
Un
jardin délicieux au bord de la mer, laquelle formant
une baie sur le rivage, offre un moyen commode de
débarquement aux petits bateaux.
Récitatif Rinaldino Giacinto Graziosino Rinaldino,
Giacinto,
Graziosino,
ensemble
Ces roses pourprées
que jai cueillies pour ma bien-aimée
sont toutes sans épines
comme laffection sans peine amère
que jai dans le cur.
Ce joli jasmin
que japporte en cadeau à ma
bien-aimée,
innocent, simple et tendre
comme moi,
ressemble à mon bon cur.
Cette chère tulipe
je veux la donner à ma belle,
peut-être un jour
me donnera-t-elle quelque chose aussi.
Jolies fleurs,
doux amours
vous êtes mon bonheur.
Rinaldino, Giacinto, Graziosino
On
voit, venant de la mer, accoster une barque remplie
dhommes.
Récitatif Rinaldino Giacinto Graziosino
Regardez, compagnons: voici un navire
qui savance vers nous.
Voyez sur la proue les marins
volontaires pour venir comme esclaves et amants.
Le royaume des femmes
est environné dun aimant,
qui de loin invite et attire les hommes.
Et cet aimant
nest pas une vue de lesprit,
car chaque femme en détient une partie.
Trio Rinaldino,
Giacinto,
Graziosino A
terre, à terre, [On entend de la
barque un concert de hautbois et de cornes de chasse,
pendant que les marins abordent et jette une passerelle pour
descendre.]
ici il ny a pas de guerre
mais on peut jouir dune paix
perpétuelle.
Aurora, Cintia, la suite des femmes, Ferramonte,
Rinaldino, Giacinto, Graziosino, marins et le
Chur
Récitatif [Aurora,
Cintia et les femmes, toutes armées de flèches
et de lances, courent vers la rive pour arrêter les
hommes.A leur entrée on entend à
lorchestre une musique de trompettes et de tambours,
qui fait taire celle venant de
lembarcation.] Cintia Ferramonte,
de lavant du bateau Cintia [Ferramonte
et tous les marins débarquent, pendant ce temps on
joue la musique alternativement de la barque et de
lorchestre.] Aurora Cintia Chur,
auquel sassocient Giacinto et Graziosino
Holà, vous qui venez
sur ces heureuses rives du plaisir
dites: venez-vous en amis ou en ennemis.
Nous sommes des amis.
Nous venons chez vous, O belles,
vous demander la faveur
de servir et égayer vos amours.
Puisquil en est ainsi, descendez.
Et vous, femmes, arrêtez-les
et sans ménagementemprisonnez-les.
Plus notre territoire sagrandit,
plus le désir de régner seule
saccroît en moi.
Il me déplaît davoir
à partager entre nous
tous ces beaux jeunes gens.
Quand je serai seule à régner, je serai plus
à laise.
Vite, vite, à la chaîne
pour une servitude dun nouveau genre
lesclavage volontaire
nest pas une honte, ni une charge.
Rinaldino, Ferramonte
Récitatif Ferramonte Rinaldino Ferramonte Rinaldino Ferramonte Rinaldino Ferramonte Rinaldino Ferramonte Rinaldino Ferramonte Rinaldino Ferramonte Rinaldino Ferramonte
Ami, je suis votre esclave.
Vous nêtes pas
parti avec les femmes ?
Au contraire, je me suis
caché ici, pour ne pas aller avec elles,
car la liberté est un grand trésor.
Ce trésor, nous lavons sacrifie
à la loi fatale du dieu aux yeux
bandés.
Vous êtes donc de ceux
qui sacrifiez leur cur à de beaux visages.
Malheureuse jeunesse, malheureuse engeance,
née pour se divertir et ne rien faire.
Nous sommes les employés de lamour
au service de nos belles.
Bel emploi pour des héros.
Bel emploi vraiment digne de vous.
Vous navez pas honte ? Ne savez donc pas
que les femmes sont toutes,
quelles soient belles ou laides,
des tyrans cruels et orgueilleux
et nos fières ennemies ?
Et que tenir lhomme oppressé et vaincu
est le plus grand triomphe de leur sexe ?
Mais on ne peut se dire trompé
par la beauté des femmes.
Au contraire, ce visage qui énamoure,
qui se bichonne, qui se poudre et se peint,
est une falsification.
Et les paroles douces ?
Ce sont des cajoleries
qui enchantent adroitement.
Et les femmes ensuite sen vantent.
Et les caresses ? Et les étreintes ?
Avec ces douces caresses précisément,
avec un sourire accorte et finnois, elles en trahissent
aisément une centaine, lun après
lautre.
Mais mon cur nest pas daccord
pour quitter sa bien-aimée.
Si vous vous fiez à moi,
votre cur,
qui est déconnecté, fasciné,
envoûté, amolli,
je vous le débarrassai de ses
chaînes.
Air Ferramonte Quand
les femmes parlent, Je
sais que vous êtes
je ne leur accorde aucun crédit.
Quelles pleurent, quelles rient,
cest toujours la même chose pour moi.
Je sais quelles feignent tout le temps,
et quil n'y a aucune foi en elles.
très ami des femmes.
Mais ce que je vous dis est
malheureusement le fruit de lexpérience.
Et si vous voulez dire la vérité,
vous direz «cest ainsi».
Rinaldino
Récitatif Rinaldino
Ah ! c'est
malheureusement vrai.
Les mots et les regards
qui rendent les amants
esclaves de la beauté sont ensorcelants.
Mais comment, O Dieu ! comment pourrait-on
rompre la chaîne amoureuse du cur ?
La liberté mapparaîtrait comme une
prison.
Quand un cur se complaît
dans le feu de lamour,
il nest pas si facile de la voir
séteindre,
on tente vainement de sen libérer tout à
fait.
Air Rinaldino Le
marin qui sabandonne Dans
un abîme de passion
au sein de la mer traîtresse,
peut toujours retourner
au rivage quand il le veut.
lamant reste immergé,
et ne peut retrouver le port
dont il sest éloigné.
Cintia, lépée à la main, puis
Giacinto
Récitatif [une
pièce] Cintia Aut
Caesar, aut nihil. Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia
Nous allons bien voir.Ou je règne ou lempire de
toutes les femmes est fichu.
Il
mest impossible de voir autour de moi
mes compagnes qui, sans mon mérite,
veulent commander, comme moi.
Voilà Giacinto.
Ou il doit soutenir mon plan,
ou il sera le premier à subir ma
colère.
Cintia, mon amour, mon dieu,
soeur de Cythère, ma souveraine,
ma déesse, me voici tout à vous.
Je vous demande et me prosterne à vos
pieds.
Eh bien, vous regrettez de mavoir offensée
?
Ma beauté adorée,
je men repends tant et tant,
que jai lavé ma faute dans une mer de
larmes ?
Vous maimez, vous ?
Je vous adore !
Vous êtes à moi ?
Je suis à vous !
Je vous pardonne toutes les erreurs
passées.
O chère ! O que je suis content !
Je sens mon cur bondir de joie.
Dites-moi, avez-vous du courage et de la bravoure
?
Mère Nature ma fait le grand honneur
de me donner un beau visage et un grand courage.
La comparaison me plaît.
(Sil est aussi brave que beau, ce sera un
poltron).
Allons, parlez, risquez,
commandez, imposez.
Mon bras armé, sur votre ordre
sera occis, sil le faut, le dieu aveugle
lui-même.
Lentreprise que je vous demande nest pas
difficile.
Ce nest pas difficile
pour un cur à qui tout est
aisé.
Prenez cette épée.
Voilà, jaccepte,
je me percerai le sein si vous le demandez.
Pour le moment je ne veux pas la vie des hommes.
Vous devez tuer,
dans cette cité qui est la nôtre,
cent femmes, pas plus, en ce qui vous concerne.
Comment ? tuer des femmes ?
Si vous faites cela,
vous serez enfin mon mari,
et vous régnerez avec moi.
Et si vous refusiez dobéir à mon
commandement,
je vous percerais le sein avec cette
épée.
Ah ! madame, madame !
A vrai dire, je nai pas encore envie de
mourir.
Alors, que décidez-vous ?
Je vais y réfléchir.
Vous devez vous décider tout de suite.
Ou la vie des femmes,
ou mourir de mes mains.
Voici ma réponse:
je tuerai toutes les femmes de ce monde.
Attention de ne pas me trahir.
Je vous en donne l'assurance.
Jurez.
Je le jure sur ma beauté.
Si vous mêtes fidèle, si vous
mobéissez,
si vous croyez en moi, vous ne le regretterez
pas.
Air Cintia On
sait déjà plus ou moins On
peut se parer
ce que sont les femmes,
mais je crois avoir en moi
un certain je ne sais quoi qui vous plaira davantage:
ce sont ma fidélité, ma
sincérité.
de la grâce et la beauté,
mais ce que lon apprécie le plus,
ce que lon peine à trouver
cest un cur qui, comme le mien,
ne sait pas dissimuler.
Giacinto, puis Aurora
Récitatif Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto
Je devrai être cruel
pour plaire à ma bien-aimé ?
Oui, oui, quon le fasse,
que lon tue, que lon extermine
ces femmes qui sont nos ennemis.
Cependant, tout doux, sur ma foi:
et si les femmes nous exterminaient ensuite ?
Je voudrais et ne voudrais pas.
Jhésite entre le oui et le non.
Je vais y penser, réfléchir et me
décider.
(Comment? Giacento armé?)
(Voici la femme dont je dois
percer le sein en premier.
Ah, si je la regarde
je vais défaillir.)
(Il se parle à lui-même.
Je redoute quelque trahison.)
(Allons, du courage.
Je la tuerai dun coup à limproviste
sans la regarder en face.)
Duo Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto
(Ah, quelle douce voix!)
Que faites-vous ?
Je ne sais pas.
Vous voulez me tuer ?
Non, madame.
Que faites-vous avec ce poignard ?
Je suis un nouvel imitateur de Roland.
Dites-le-moi...
Je ne puis.
Et pourquoi donc ?
Parce que... je ne peux le dire... jai
juré.
Récitatif Aurora Giacinto Aurora Giacinto [lépée
lui tombe de la main] Aurora [elle la
ramasse] Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto Aurora Giacinto
Ah ! cruel, ah, barbare.
Ah ! rustre, ingrat.
Je vous connais, je comprends votre jeu,
sans doute voulez-vous me passer au fil de
lépée
pour faire croître lamour de Cintia !
Oh Dieu !
Allons, traître
Si vous avez tant de courage,
transpercez-moi donc: voici ma poitrine.
Ah ! je nen peux plus; voilà que je
défaille.
Maintenant cette épée
mappartient.
Pitié, de grâce !
La mériteriez-vous ?
Je vous demande grâce.
Mon cher petit Giacinto, je vous pardonne.
Mais seulement si vous me dites
qui vous a donné cette épée et dans
quel but.
Je ne peux le dire.
Ingrat !
Je vous accorde la vie,
et vous me refusez une légère faveur ?
Vous voulez que je meure.
Ah, non ! Arrêtez !
Je dirai tout: Cintia veut...
Il suffit.
Cintia est seule coupable,
tu as agi par amour.
Vous êtes beau de visage et de cur.
Ah, non, je ne mérite pas de votre part
de si belles démonstrations de votre
bonté.
Je suis mortifié.
Je suis... je ne sais que dire.Je suis
envoûté.
Air Giacinto Qui
peut résister à la beauté des femmes
? Les
tigres barbares,
Moi, je ne le peux, non !
Je sens mon sang tourner,
je sens mon cur samollir en moi,
le solide se brise,
et tout le liquide bout.
Je ne sais pas résister.
les ours les plus féroces,
se rendraient en voyant
ce visage aimable,
qui sans bruit,
ma désarmé.
Aurora, puis Graziosino
Récitatif Aurora Graziosino Aurora Graziosino,
avec crainte Aurora Graziosino,
sur le point de partir Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino
o Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino
Donc, Cintia, femme malhonnête,
orgueilleuse, possédée du diable,
par désir de régner, veut tranquillement
faire massacrer de malheureuses femmes ?
Lenvie, lambition, lavarice,
entraîneront la chute de notre domination,
et nous avons, pour le soutenir, peu de dispositions.
Mais puisquelle veut
me voir lépée au travers du corps,
je veux, moi aussi, essayer de faire de même.
La vengeance est chose commune chez notre sexe.
Voici mon Graziosino.
Lui qui maime vraiment
sera lexécuteur de mon plan.
Chère Aurora,
Je nen peux plus.
Si je ne vous vois pas plus souvent,
croyez-moi, jen mourrai vraiment.
Eh ! mon petit Graziosino, nous sommes trahis.
Voyez-vous cette épée ?
Oui, je la vois.
Vous deviez me la passer dans le corps
mais le ciel bienveillant et miséricordieux
na pas réservé à mon existence
cette honte.
Madame, avec votre permission.
Comment ! Vous me quittez ?
Je vais vous dire, pardonnez-moi,
mais quand jentends parler de mort,
mon cur bat très fort dans ma
poitrine.
Ah ! que je suis malheureuse.
Jaime un ingrat qui ne ressent pour moi
ni crainte ni pitié.
Cintia a trouvé celui qui veut laider dans son
dessein,
et moi, vainement enflammée dune juste
colère,
je devrais rester sans vengeance ?
Je suis désespérée.
Mais que devrais-je faire ?
Transpercer le sein de Cintia avec cette
épée.
Rien dautre ?
Rien dautre.
Après tout ce nest pas une grande affaire
pour un homme que de tuer une femme
désarmée.
Cest ce que je dis aussi, cest une
bagatelle.
Donc, cest entendu ?
Je ne sais pas.
Il faut vous décider.
Je me déciderai.
Pourquoi ne pas accepter cet engagement sans discuter
?
Parce que, je lavoue, jai un peu
peur.
Peur dune femme ?
Pour lavoir subie,
je sais ce quest une femme en
colère.
Alors, si vous ne voulez pas, tant pis pour vous.
Je devrai chercher quelquun qui ne saura me
refuser.
Chère, venez près de moi.
Moi, je vais vous dire oui.
Vous le ferez ensuite ?
Je ferai tout ce que vous voulez.
Prenez cette épée.
Oui, je la tiens.
Et quand Cintia viendra...
Et quand Cintia viendra ?
Plongez-la dans son sein...
Bon, bon !
Vous le ferez ?
Je le ferai.
Et puis vous me trahirai.
Non, madame.
Aurez-vous du courage ?
Comme Mars.
Mon cher petit Graziosini,
vous serez mon Mars.
Plutôt Martin.
Air Aurora Quand
viendra mon ennemi,
dites aussitôt: «Ah, je timmole».
Cest ce que dit le dieu Cupidon,
quand il blessa mon cur pour vous.
Si vous ressentez de la pitié pour elle,
souvenez-vous de mon amour,
et pensez que cest moi
qui a réveillé la fureur en
vous.
Graziosino
Récitatif Graziosino
Je suis dans un bel imbroglio,
je ne sais que faire.
Si je me montre odieux,
joffense mon aimée,
et si je montre du courage,
je révèle immédiatement ma
couardise.
Mais ici, cest du courage quil faut.
Finalement une femme ne me fait pas peur.
Graziosino, cest le moment; du courage et du
cur.
Air Graziosino Je
suis armé de courage,
je suis furieux,
et que vienne le monde entier
pour que je le tue.
Mais la belle réclame ma pitié ?
Je ne lécouterai pas.
Et si elle me menace ?
Je naurai pas peur.
Et si elle me donne sur la figure ?
Alors je men irai.
Je montrerai de la bravoure,
autant que je pourrai.
Mais quand jaurai peur,
alors, je me sauverai.
Cintia et Giacinto, puis Aurora et
Graziosino
Récitatif Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto
Ou est lépée ?
Madame, par pitié...
Perfide, indigne,
tu vas éprouver ma colère.
Oui, tuez-moi.
Je mourrai, si la mort me réclame.
Mais ne me demandez pas dêtre cruel.
Où est mon épée ?
Je lai jetée.
Pour quelle raison ?
Parce que jai de la compassion pour les
femmes.
Final
2 Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto [entrent au loin
Aurora, et Graziosino avec lépée
à la main] Aurora Graziosino Aurora Graziosino Cintia,
à Graziosino Giacinto Aurora,
à Graziosino Graziosino,
à Aurora Cintia,
à Giacinto Giacinto Aurora Graziosino Aurora,
Graziosino,
Cintia,
Giacinto Aurora,
à Graziosino Graziosino,
portant un coup à Cintia Giacinto,
à Graziosino Graziosino,
portant un autre coup Cintia Giacinto Cintia Aurora Graziosino Giacinto Graziosino Cintia Aurora Tuez-la
! Graziosino Giacinto Graziosino Cintia Graziosino Aurora Aurora,
Graziosino,
Cintia,
Giacinto Cintia
Haut
de page
Et la promesse
que vous mavez faite ?
Mon cur vous a professé
ma constance et ma foi.
Mais où est mon épée
?
Ah, cruel commandement !
Allez, je vous envoie,
mais je suis de tout cur avec vous.
Ah, cruel commandement !
qui me déchire le cur.
Voilà mon ennemi.
(Je suis plein de courage)
Ne faites pas que jen dise plus.
(Ah! que mon coeur tremble.)
Menteur !
Ne dites pas çà.
(Allons, vite !)
(Attendez.)
Baratineur.
Pitié.
Poltron.
Je suis là.
Je sens en moi
colère et fureur.
Tue-la !
Ah !
Arrêtez.
Ah !
Giacinto, pitié, pitié.
Quel courroux, quelle colère,
quelle fureur vous tient ?
Quai-je fait ?
Tuez-la.
Ah !
Arrêtez !
Ah !
Tu es une femme indigne.
Maudite sois-tu.
Vengeance, vengeance.
Je la veux, contre toi.
Ah !
Arrêtez !
Ah !
Ah ! Perfide !
Ah !
Je me vengerai à un moment plus
propice.
Arrêtez, écoutez !
Je ne peux me retenir.
Vengeance, vengeance,
je me vengerai.
Quai-je fait, etc...
ACTE III
Une
pièce préparée pour le Conseil des
Femmes.
Rinaldino en tenue de guerrier, et
Ferramonte
Récitatif Rinaldino Ferramonte Rinaldino Ferramonte
Aux
lumières de la raison, je reconnais et constate
les ruses des femmes et mon erreur.
Vous, Erramonte, vous avez eu suffisamment
de cur et de courage, pour, avec vos sages
paroles,
me faire honte de mes malheureux sentiments.
Me voici redevenu lhomme que jétais,
dans mon état premier,
plein de sentiments héroïques et de
désirs prudents.
Est-il possible que vous ayez pu servir
pendant de temps ces ensorceleuses ?
Les femmes, quelles soient laides ou belles
sont faites pour nous servir,
et une fois quelles ont servi, quon les
abandonne.
Les caresse et les flatteries
ont trop dempire sur notre cur.
Cette assemblée de femmes traîtresses
aura mis fin au jeu.
Par jalousie elles sont dressées
les unes contre les autres,
et ont provoqué elles-mêmes leur
perte.
Tulia, Rinaldino, Ferramonte
Récitatif [une
chambre] Tulia Rinaldino Ferramonte,
bas, à Rinaldino Tulia Rinaldino Ferramonte,
comme ci-dessus Tulia Rinaldino Ferramonte Tulia Ferramonte Tulia Ferramonte Rinaldino,
à Ferramonte Ferramonte Rinaldino Tulia Rinaldino,
à Ferramonte Ferramonte,
à Rinaldino Rinaldino
Ah! qui maidera ?
Ah! ma Tulia !
(Ami, soyez fort.)
On veut ma mort.
Et qui est-ce qui vous menace ?
(Ne la regardez pas en face.)
Les femmes envieuses,
fières et orgueilleuses,
par désir doccuper seules le trône,
elles brûlent entre elles de colère et de
mépris.
Ah ! vous me faites pitié.
(Rinaldino, ne tombez pas dans le piège.)
Je men remets à vous.
Défendez-moi, vous !
(Courage, ne les croyez pas !)
Ah ! ne mabandonnez pas.
(Courage, ne les croyez pas !)
(Dois-je la quitter ?)
(Elle voudra vous tromper une autre fois.)
Tulia, que voulez-vous ?
Être votre sujet,
renoncer à toutes les raisons
de vous dominer.
(Que faire ?)
(Prenez-la au mot.)
Mon idole, venez, à cette condition
je vous accepte à nouveau.
Air Tulia Je
vous promets amour et fidélité.
Tant que je vivrai, je vous adorerai.
Je vous serai constante et fidèle.
Et je saurai trouver dans votre cur
un doux empire, plus digne de moi.
Quune vaine ambition ne maveugle plus,
je veux brûler pour ce visage qui
menflamme.
Rinaldino, Ferramonte
Récitatif Ferramonte Rinaldino Ferramonte
Je ris comme un fou
à voir ces femmes humiliées
arriver avec un peu de honte
comme les toutous de Bologne.
Jaime Tulia,
et si je peux lavoir à moi,
sans déshonorer mon orgueil viril,
mon cur aura acquis un trésor.
Oui, mais faites bien attention quensuite peu à
peu
la femme ne vous en fasse pas venir à un jeu de
brute.
Air Ferramonte Les
femmes ont pour habitude
de travailler avec leur tête.
Elles commencent petit à petit
par des caresses, à lenvoûter,
et quand lhomme est pris,
et quand elle lont enflammé,
elles deviennent orgueilleuses,
elles relèvent la tête
et veulent commander.
Rinaldino
Récitatif Rinaldino Le
péril passé ma rendu prudent,
et avec une femme accorte,
je ne serai plus aveugle.Tullia, dailleurs,
nest pas des plus fines,
si elle lavait été,
je naurai pas eu cette épée
pour trancher mes liens.
Cest pour cela que je laime
sans craindre que son cur veuille me
tromper.
Air Rinaldino Qui
croit trop en Amour
va vers vers la tromperie,
mais toujours douter
est le plus cruels des tourments.
Je me fie à mon cher Cupidon,
et je vis en paix,
et si elle vient à mentir,
je la chasserai de mon cur.
Aurora, Graziosino
Récitatif Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino Aurora Graziosino
Je ne veux plus rien savoir.
Je suis perdue si vous mabandonnez.
Vous êtes toutes des femmes possédées du
diable.
Lempire des femmes sen va en
décomposition.
A cause de votre vanité excessive.
Mais vous allez me laisser
à la merci de la fureur des hommes ?
Je suis lesclave de votre seigneurie !
Graziosini, pitié !
(Je me sens ému.)
Ayez pitié.
(Ma poitrine brûle.)
Si vous voulez que je meurs, je mourrai.
Ah ! si vous disparaissez, je mourrai.
Donc...
Donc je suis à vous.
Me sauverez-vous ?
Je vous sauverez.
Et vous maimerez ensuite ?
Oui, je vous aimerez.
Air Aurora Quelle
belle satisfaction
de régner dans le cur de son
bien-aimé,
et sans peines cruelles,
se réjouir et jubiler.
Les femmes sont seulement nées
pour être des amantes
et non pour commander.
Graziosino, Cincia
Récitatif Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino Cintia Graziosino
Ce Ferramonte
ma conseillé dêtre cruel;
mais si une dame venait à sapprocher,
il se laisserait prendre comme un benêt.
Jai limpression davoir les intestins
dévorés
par des loups, des tigres, des lions,
des guépards, des panthères, des ours et des
mâtins.
Voilà encore une autre histoire.
Arrêtez, cest mon trône.
Je veux y monter.Mais Jupiter irrité,
ma foudroyé et men a jeté bas;
mais la terre métouffe et la mer
massomme.
Hélas, ils me frappent sur la tête avec un
marteau.
Elle est vraiment folle !
Bonjour, chevalier.
Je suis votre esclave, maîtresse.
Allez, et que le ciel vous dispense toutes les
maladies.
(Elle a perdu la tête.)
Perfide, tu es celui
qui veut môter le trône ?
Va-t-en ou je te bastonne.
Je ne sais rien.
Ma tête se brouille,
ma cervelle me lâche.
La la la,
la la la.
Quand la frénésie de la domination
se met dans la tête des femmes
on assiste à mille et une folies de leur
part.
Holà ! tu es mon esclave.
Oui, madame.
Approche !
Me voici.
Va au diable.
Les femmes ne peuvent lutter contre leur nature,
et même folle linconstance persiste.
Holà, fier sujet
de mon pouvoir souverain.
Me connais-tu bien, brigand, sais-tu qui je suis ?
Agenouille-toi devant le trône,
jure-moi fidélité et obéissance,
courbe la tête et fais-moi la
révérence.
Allons donc, vous êtes folle...
Ah, téméraire
cest ainsi que tu me parles ?
Jure-moi fidélité, que cela te plaise ou
non,
ou je te plante ce stylet dans la poitrine.
Doucement, doucement, cest moi; je ferai
tout.
Jure-moi fidélité !
Je le jure !
Air Graziosino Je
le jure, madame, oui. (mais jurer quoi ?) Arrêtez.
Je jure, je jure de vous servir, de vous aimer,
Je jure... (que je vais faire en sorte de sortir
dici.)
de vous obéir, de vous faire plaisir, de vous
voir,
de vous honorer, de vous faire ceci, de vous faire cela,
en toute fidélité.
Cintia, Giacinto
Récitatif Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia
Ah! quel doux plaisir
pour les femmes de dominer les hommes.
Mais, hélas ! je vois que notre grande entreprise
vouée à la destruction,
et que les hommes veulent nous dominer.
Vive le sexe masculin !
La gent féminine,
avec toutes ses manies,
devra finalement se soumettre à nous.
Giacento !
Que voulez-vous ?
Je veux que vous maimiez.
Ce «je veux», Madame,
sonne mal dans votre bouche,
car ce nest pas aux femmes à
commander.
Mais vous êtes mon esclave.
Esclave, je le fus,
il est vrai, mais de la beauté.
Et je constate que notre beauté
est plus grande et vaut mieux que la vôtre.
Vous mabandonnez donc ?
Si vous demandez mon amour,
rabaissez votre orgueil et agenouillez-vous.
Et je mhumilierais ainsi ?
Nespérez plus damour de ma part,
ni que dautres veuillent vous aimer,
si vous refusez de faire acte
dobéissance.
(Il vaut mieux accepter, pour ne pas rester sans
rien.)
Duo Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia,
sagenouillant Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia Giacinto Cintia,
Giacinto
Me voici à vos pieds
pour demander votre pitié.
Que celui qui voit çà prenne en de la
graine,
pour rendre humbles les femmes.
Mais cest trop humiliant pour moi.
Si vous ne voulez pas, adieu !
Arrêtez !
Je veux men aller.
Allons, mon cher petit Giacinto,
revenez à moi pour maimer.
Que le sexe féminin
vienne se regarder dans le miroir.
Mais cela ne se fait jamais.
Le bonjour à votre seigneurie.
Arrêtez !
Suppliez-moi !
Hélas ! quelle cruauté !
Respect et humilité.
Mon cher petit bambin, de grâce !
Je sens la pitié menvahir
entièrement.
Petit minois aimable,
que vous êtes adorable !
Mon tendre cur vous adorera.
Tous
Un endroit
délicieux et magnifique destiné aux
divertissements des femmes de la classe
dominante.
Final
3 Chur
des Femmes Rinaldino Tulia Chur,
comme ci-dessus Aurora Graziosino Cintia Giacinto Ferramonte Chur
des Femmes Chur
des Hommes Tous
Pitié,
pitié pour nous.
Vous êtes de tels héros.
Pitié, pitié pour nous !
Si
vous renoncez à lempire,
si vous vous rendez à nous,
alors vous trouverez
la pitié dans notre cur.
Je
renonce à tout et je me rends,
et jattends la pitié de votre
cur.
Pitié,
pitié pour nous, etc.
Graziosino,
je suis à vous.
Et
je vous agrée.
Je vous garderai, vous aimerez et vous
épouserez.
Et
vous, cher Giacento, quallez-vous faire
?
Je
que je vais faire de vous, vous le saurez plus
tard.
Loué
soit le ciel, on voit bien pour finir
que le monde à lenvers ne pouvait durer.
Elles reconnaissent delles-mêmes
que les femmes orgueilleuses qui commandent
courent à leur ruine.
Pitié,
pitié pour nous
Vous êtes de tels héros.
Pitié, pitié pour nous.
Nous
aurons pitié de vous,
quand vous freinerez votre vanité.
Les
femmes qui commandent,
cest un monde à lenvers,
qui ne durera jamais.