Dramma
Giocoso en III Actes
livret
de Carlo Goldoni
musique
de:
Baldassare
Galuppi

|
Le
Comte de Belfiore |
|
Laction se déroule dans la demeure du Comte de Belfiore |

ACTE I
|
Une Salle |
Le Comte, la Comtesse, puis Masotto
Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: A
Deux: Masotto: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: [avec
ironie] Monsieur
mon adorable époux Masotto,
au Comte: Le
Comte: Masotto,
à la Comtesse: La
Comtesse: Masotto,
au Comte: Le
Comte: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Le
Comte: Masotto: La
Comtesse: Masotto: Le
Comte: Masotto:
Je le veux ainsi.
Cela ne se passera pas comme çà.
Mon oui prévaut.
Pas pour cette fois.
Je le jure et le proteste,
que personne ne me verra
céder sur cette question.
Que se passe-t-il, mes maîtres ?
A-t-on besoin de quelque chose ?
Jai entendu crier et je suis venu
en aide au parti le plus faible.
Écoutez -moi, régisseur...
Écoutez -moi !
Mes raisons sont celles-ci...
Ce ne sont pas des raisons...
Non, de sa part, il ny a pas de raison qui tienne.
Jai promis Dorine, ma femme de chambre
à Mingone, et je veux la lui donner.
voudrais la marier
avec Titta son laquais
pour lavoir sous la main pour son plaisir.
Si cest là la cause...
Non, ce nest pas vrai
Je veux la donner à mon laquais
parce que Dorine sera mieux avec lui.
Par ma foi, la pauvre petite,
en épousant Mingone
prendrait pour mari un beau brigand.
Si cest là la raison...
Non, ce nest pas pour cela,
mais cest parce quil est amoureux
et veut rendre la donzelle
riche et heureuse.
Si cest là la cause...
Cest mentir que parler ainsi.
Moi, mentir ?
(La guerre est rallumée)
Moi, mentir ! Je ne serais pas qui je suis
si je ne me venge pas.
Moins de flamme, madame.
(Alerte! alerte!)
Ou Dorine épousera Mingone,
Ou moi, je vous le promets
monsieur mon époux, je fais lit à
part.
Oh non, madame...
Ou elle épousera Titta
ou on fait lit à part et lon rompt le
mariage.
(Cette fois vraiment, le diable sen est
mêlé)
Air Le
Comte Je
suis le mari, à la fin, et je suis le
maître [il
sen va]
et je ne veux pas tolérer
dans ma maison un orgueil forcené.
Je veux bien laccepter jusquà un certain
point
par amour et par respect:
mais qui abuse des bons sentiments
ne mérite pas, non, lépithète
dhonnête.
La nature a concédé à lhomme le
pouvoir
de régner sur le sexe faible;
mais celui-ci perd aussi son pouvoir
quand lindignité va trop loin
Je veux bien etc...
la Comtesse, Masotto
La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse:
Vous lavez entendu ?
Je lai entendu.
Un mari peut-il parler
de pire façon que la sienne ?
Il ne me semble pas
quil ait parlé si mal que cela.
Sur cette question,
qui vous semble, de nous deux, avoir raison ?
Je dirai, si vous me le permettez,
avec tout le respect que vous dois...
Dites-moi votre sentiment, je vous le permets.
Je dirais, enfin
que le mari est le mari, et quil
convient...
Lui céder, voulez-vous dire, nest-ce pas
?
Je dirais madame...
Peu sen faut
pour que néclate sur vous le feu de ma
colère.
Mais je...
Vous êtes un maroufle.
Pourquoi tant danimosité ?
Me donner tort ouvertement ?
Mais non, madame, je vous donne raison.
Donc jai raison.
Certes oui, madame.
(A ce que je vois, cest mieux de parler
ainsi)
Mais le mari, avez-vous dit, est le mari enfin,
il convient....Quest-ce qui convient ?
Je voulais dire,
quand lépouse est une dame
le mari doit faire ce quelle demande.
Et vous, pour me complaire,
vous devez faire en sorte
quune telle union se conclue au plus vite.
Je nai pas beaucoup dentregent...
et je ne sais vraiment...
Je veux que vous le fassiez.
Je le ferai.
Enfin, je suis qui je suis;
je suis de bonne naissance
ma parenté nest pas inconnue
et lon sait que jai apporté une dot
dans cette maison seigneuriale.
Et ce que je veux, je le veux
cest une affaire de justice et non
dorgueil.
Cest même une cause très juste
et lon verra en effet
que tout le monde lui porte le plus grand
intérêt.
(il faut la ménager)
A cause dune servante
mon mari me montrerait moins dégard ?
Ah, où, mais où sen est allé son
amour dautrefois ?
Masotto
Masotto,
seul:
La question entre Titta
et Mingone est importante,
Mais il y a autre chose,
cest que Dorine me plaît vraiment aussi à
moi.
La maîtresse veut la donner au jardinier
le maître veut la donner au serviteur;
et moi, qui suis le régisseur
je veux prouver, si le dicton est vrai,
quentre deux qui se battent, cest un
troisième qui gagne.
Comment pourrais-je my prendre? Je vais y
réfléchir
Je pourrais dire, par exemple... Oh, pas
çà.
Je pourrais faire en sorte...
Et si ensuite... et si elle... Eh, oui monsieur.
Air Masotto Avec
Dorine, par exemple [il
sort]
je peux faire le damoiseau,
je peux parler à un paysan,
par exemple, comme régisseur.
Je peux dire à un serviteur:
Non...parce que...mon enfant... pensez...
Et au maître, à la maîtresse
je peux dire ceci ou cela,
par exemple oui et non.
Dorine, Mingone, Titta
Dorine: Titta: Mingone: Dorine: Titta: Dorine: Mingone: Dorine: Titta: Dorine: Mingone: Dorine: Titta: Dorine: Mingone: Dorine: Titta: Dorine: Mingone: [bas
à Dorine] (Ne vous
fiez pas à lui: Dorine: Titta: [bas
à Dorine] Si jamais
vous deveniez la femme de Mingone. Dorine: Mingone: Titta: Mingone: Dorine: [à
Titta] Vous avez
un beau visage
Allons, laissez-moi tranquille
pour linstant ne restez pas là à me
tourmenter.
Je dois me marier avec lun de vous
Mais qui maura, je ne saurais dire.
Le maître le veut,
Dorine sera à moi.
Ballot, gros ballot.
Quest-ce que le maître a à voir
avec la camériste de sa femme ?
Cette joie me sera faite avant ce soir.
La patronne, je ne saurais dire pourquoi,
ne me veut plus avec elle.
Je nai ni père ni mère
et je nai pas de maison prête à
maccueillir
Il est nécessaire de penser à me marier
Si la grosse querelle entre les maîtres
à votre sujet, mes beaux messieurs,
senflamme,
le sort décidera vite
à qui doit être mariée
Dorine.
Dites la vérité, chère Dorine
Seriez-vous plus heureuse
en vous mariant avec moi ?
Je ne sais pas.
Parlez,
ouvrez votre cur;
Mon visage vous plaît-il ?
Euh ! Oui monsieur.
Eh, vous me voulez bien ?
Comme ci, comme ça.
Jai des terres au soleil
Jai aussi du bétail en ma possession,
Et pour ce qui est de travailler, quand il le faut,
je ne crains personne.
Jen suis ravie.
Jai une maison et jai un commerce,
je suis serviteur pour mon plaisir
Mais entre largent et les biens
je suis en possession dun beau capital.
Je men réjouis.
Vous pouvez décider,
il suffit que vous le vouliez.
On verra.
Je vous offre mon cur
Vous êtes trop aimable.
Encore un mot.
malheur à vous, si vous lépousiez,
Cest une canaille de premier ordre)
Vraiment ?
Hé ! Si vous permettez;
Jai une chose à vous dire
je vous avertis, cest de la graine de
brigand
Alors çà !
Est-il besoin
de lui parler à loreille ?
Elle doit dire clairement et à haute voix
lequel elle veut, duquel elle désire être la
femme.
Je vous le dis, je sais déjà que je suis
lélu.
Je suis certain de me sentir le
préféré.
Tous deux le méritez
mais tous deux vous
me faites un peu peur:
Ah ! je choisirais si je voyais votre cur.
rondelet, charmant
Air Dorine [à
Mingone] Vous
avez des beaux yeux [elle
sen va]
de coquin, de petit brigand
Mais comment est votre cur ?
Mais quen est-il de la fidélité ?
Ah, petit fourbe, petit mignon
tu voudrais me rouler.
Pas encore... pour linstant
Je ne veux pas me fier à vous
Vous avez etc...
Mingone, Titta
Titta: Mingone: Titta: Mingone: Titta: Mingone: Titta: Mingone: Titta: Mingone:
Tu peux dire ce que tu veux, cest fini pour
toi.
Imbécile, tu pourras toujours te lécher les
doigts.
Et puis la protection
de mon maître
plaide en ma faveur
Cette fois la protection ne suffit pas.
La maîtresse sait
quil nen use pas si charitablement avec toi;
elle sait que cest seulement
un prétexte pour avoir sous sa dépendance
Dorine une fois mariée.
On se trompe si lon croit çà.
Quand je serai marié,
adieu, mon bel et aimable patron.
Mais Dorine sera à moi
La maîtresse la dit et elle le fera
et même si son mari regimbe.
Qui sait ? Si, comme tu las dit,
le maître avait cette intention
quant à Dorine, il pourrait
faire davantage pression sur toi
Pourvu que ce ne soit pas çà.
Dorine maime et elle sera à moi.
Malheureux, je mattends déjà
à te voir me dire tout penaud:
« grand bien te fasse »
Et moi, alors, je pourrai te rire au nez.
Air Mingone Comme
un agneau [il
sort]
qui va à labattoir
tu iras bêlant
dans la ville
Moi, avec ma belle
petite hirondelle
je men irai virevoltant
de-ci de-là.
Titta, Livietta
Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta:
Jai déjà montré mon courage
mais cet homme, à vrai dire, me fait peur.
Je ne voudrais pas, je ne voudrais pas... Livietta
arrive.
Si jamais quelque jour
Dorine me donnait mon congé,
cette bonne fille ne saurait rester seule
Le maître vous demande,
que faites-vous ici ?
Jy vais, ma chère
Courage, allez !
Pourquoi être aussi irritée ?
Je suis en colère
avec ma maîtresse
et je veux me séparer delle
immédiatement
Pourquoi ? Qua-t-elle fait ?
Elle veut commettre une injustice
mais je ne la souffrirai pas, certainement pas:
Elle veut donner un époux à Dorine et à
moi, rien !
Eh, bien, nen doutez pas
vous en aurez un vous aussi
Vous pourrez en attraper chacune un.
Je ne veux les avances de personne.
Et puis pour mépouser
je ne veux pas que mes patrons se disputent
Il me semble avoir mérité que çà
sarrête
Dites-moi, ma petite Livietta,
au cas où Dorine
épouserait Mingone
Que pourrais-je attendre de votre amour ?
Que je vous envoie au diable de tout cur.
Mais pourquoi ?
Je vous le redis
mon cher petit nigaud
que je veux pas servir de potiche.
Alors, daprès ce que je comprends
je suis bel et bien refusé.
Quattendez-vous de moi ? Vous êtes
déjà engagé.
Si je parviens à me libérer,
promettez-vous de maimer ?
Je ne sais pas.
Soyez libre, et je vous répondrai
après
Bravo, cela me convient
Jadmire la prudence
Maintenant je vais aller trouver
le patron et Dorine... et je sais bien...
Assez... assez, qui sait. Livietta, adieu.
Air Titta Ce
qui me trotte dans la tête, [il
sen va]
personne ne le sait certainement
(le maître me demande) Ma chère !
Que vous êtes donc belle!
(Jarrive) Je ne puis partir.
Je voudrais tout dire.
(Me voilà.) Je vais et je viens.
Que vienne rapidement ce jour
où mon amour secret...
(Je suis à vous, Seigneur)
Chérie, tu me déchires le
cur.
Livietta
Livietta,
seule:
Aux belles paroles je ne crois désormais plus.
Je sais que les jeunes gens
en veulent plus dune
pour pouvoir, à loccasion, changer de
condition.
Mais moi qui les connais
je ne me fie pas à eux:
et si je dois me marier
je veux dabord massurer
que celui qui ma juré amour et
fidélité
soit, comme qui dirait, tout à moi
Air Livietta Je
me contente dun seul cur [elle
sen va]
mais je ne veux pas le partager
Je lui réserverai un amour constant
Mais je prétends en retour, à un amour
égal.
Je ne suis pas à la mode :
Pourquoi le mari y serait-il ?
Et pourquoi pas son épouse ?
Sil veut que lépouse soit
fidèle,
que lépoux soit fidèle
également.
Dorine, puis Masotto, puis Titta &
Mingone
Air Dorine Cest
une infortune que de naître femme :
devoir être toujours assujettie.
Ou la mère la commande,
ou la patronne la commande,
ou la mari la bastonne,
et la femme, la pauvre petite
doit vivre toujours assujettie.
Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto:: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: A
Deux: Masotto: Titta,
à Masotto: Mingone,
à Masotto: Titta: Mingone: A
Deux: Masotto: [il
sapproche de Dorine] Vous
saurez ce quil en est. Dorine,
à Masotto: Masotto,
bas à Dorine: Dorine,
bas à Masotto: Masotto,
bas à Dorine: Titta,
à part: Mingone,
à part: Masotto,
bas à Dorine: Titta,
bas à Mingone: Masotto,
bas à Dorine: Mingone,
bas à Titta: Masotto,
bas à Dorine: Dorine,
bas à Masotto: A
Deux,
ente eux: Titta,
Mingone,
à deux, à part: Masotto: Titta: Mingone: Masotto: Titta: Mingone: Dorine:
Et donc pour me libérer
de cet assujettissement dans lequel je me trouve
je cherche à me marier
et à faire un nouveau sacrifice de ma personne.
Il y a deux prétendants qui me recherchent.
Mais tous deux me trompent
ils paraissent moffrir un trésor
Mais je ne suis satisfaite daucun
deux.
(Voici Dorine: je veux
tenter ma chance maintenant)
Monsieur le régisseur,
je suis votre servante
Adieu, belle Dorine.
Vous vous trompez Monsieur, je ne saurais être
celle-ci.
Nêtes-vous pas Dorine ?
Mes yeux ne mont pas trompé.
Je suis Dorine, cest vrai, mais belle, non.
Laimable vertu
de votre modestie
accentue maintenant un peu plus votre
beauté.
Vous me voyez confuse.
Et vous vous me rendez amoureux
Et vous, ma Dorine...
vous me ferez faire quelque folie.
Monsieur, je ne comprends pas...
Dites-moi un peu:
Est-il vrai quen ce jour
on veut vous marier ?
Oui, monsieur.
Est-il vrai quon veuille vous donner
au jardinier ou au serviteur ?
Cest vrai.
Si je vous proposais un meilleur parti,
laccepteriez-vous ?
Pourquoi pas ?
Par exemple, si moi,
qui suis tout de même un régisseur,
je me déclarais à vous ?
Oh, monsieur.
Parlons sans détour, ma chère
Dorine.
Je nai pas de dot pour votre seigneurie
Je me moque de la dot;
Cela fait des années que je sers comme
régisseur
Et un régisseur qui sait un peu sy prendre
devient vite plus riche que son patron
Dites-moi, Dorine,
si je vous plais comme parti.
Dites-moi si vous me voulez pour mari
Je dirais, monsieur...
Vous devez parler franchement.
Jai un peu honte.
Nous sommes entre nous, personne ne nous entend.
Il suffit... si ma maîtresse...
si contente que je...
La satisfaire, je my engage.
Ne le dites à personne si je ne le dis pas;
Laissez-moi mener laffaire
Et entre les deux prétendants à votre
cur
celui qui triomphera sera le régisseur
Mais, je ne voudrais pas...
Il convient
de ne rien dire et de bien mener
la présente machination
Faisons les choses entre nous sans rien dire
Mais si Titta et Mingone
me voient avec vous, que diront-ils ?
Ils croiront que je parle
pour eux, la maîtresse et le maître
me lont dit tous les deux
Chacun me croit engagé pour lui,
Mais je ne veux agir que pour moi seul
Il suffit... je ne sais que dire...
Ma chère, cest une mauvaise chose
quun morceau exquis comme vous
aille dans les mains dun monstre,
dun sot, dun homme bas, un serviteur:
Vous êtes vraiment un morceau pour
régisseur
Vous maimerez ?
Tant et tant.
Que vous êtes donc gentil !
Vous êtes un enchantement
Ah aimable Dorine, vous avez touché
mon cur et mes entrailles.
Ah, gentil et adorable Masotto,
je sens en moi de lardeur pour vous.
un tressaillement, une joie et un feu
croissent peu à peu en moi,
qui sont les enfants dun tendre amour.
Chut, Titta
et Mingone arrivent.
Il faut imaginer
quelque leurre.
Le patron menvoie
te dire que...
Je suis ici de la part
de ma maîtresse...
Pour vous dire de...
pour vous dire de...
Lui parler pour moi.
Oui, mes chers petits, attendez,
Laissez-moi parler,
(il y a des nouvelles?)
(La nouvelle cest celle-ci:
Vous serez à moi.)
(La chose sera prête?)
(Elle se fera ce soir!)
(Il la persuadée en ma feveur)
Il la bien disposée pour moi)
(Regardez ce serviteur,
quelle figure de bouffon)
(Il parle en ce moment en ma faveur)
(Regardez le jardinier
Quelle figure dimbécile!)
(Le régisseur parle pour moi)
(Ce beau cur est à moi!)
Je suis à vous, mon bien-aimé!)
(Vous êtes mon doux amour)
Oui, Dorine sera à moi.
(Je sens mon cur qui brûle en moi)
Jai parlé.
Eh bien?
Que dit-elle ?
Quelquun sera heureux.
mais je ne veux pas dire qui.
Ce sera moi
Je serai celui-là.
Le plus tendre et le plus beau
ma déjà rendue amoureuse.
Tous Oh
quelle joie, oh quel plaisir [ils
partent]
Haut
de page
lheureux instant approche.
je me sens déjà jubiler
ACTE II
Une
Chambre
Masotto & Livietta
Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta:
Dites, monsieur le régisseur, avec votre
permission,
je voudrais vous dire un mot.
Jen écouterai
même deux.
Excusez-moi...
Je vous en prie.
Je ne voudrais pas...
Quy a-t-il pour vous servir ?
Si je vous dérange, veuillez me pardonner.
Vous me faites languir (je suis curieux
de savoir ce quelle veut).
Dorine se marie.
Cest pour çà ?
Et moi je reste fille, et servante.
Pour vous aussi viendra...
Je suis aussi en âge de me marier
Dorine na rien de plus que moi
Pourquoi se marie-t-elle et pas moi. Pourquoi ?
Quand on veut un mari
il est entendu que lon sattend
à quelque bon parti.
Si jétais coquette
comme Dorine, je laurais trouvé.
Cher monsieur le régisseur
je sais tout, je sais que vous vous êtes
déclaré lamant de cette
dernière.
Moi ? (Comment la-t-il appris ?)
Je vous ai vu et entendu en cachette:
Mais je suis une fille qui est prudente
je ne le dirai à personne, mais avec un accord
que vous ferez avec moi, pour que je reste silencieuse,
afin dépouser celui qui a nom Titta.
Je vous promets de le faire.
Mais ce nest pas suffisant
je veux que vous me donniez lassurance
quil sera tout à moi avec
fidélité.
La chose est un peu difficile, pourtant
Titta est bon garçon.
Je le crois fidèle, mais en tout cas,
sil était désireux de changer
il ne serait pas très rigoureux avec vous.
Au moins que ces pactes soient
réciproques et discrets.
Je men rapporte à vous,
je mengage à taire ce que je sais,
et sil en était aussi besoin, je vous
aiderais.
Qui sait si je naurais pas besoin
de vous, chère Livietta ?
Comme le dit le proverbe
une main lave lautre
Nous ferons donc ainsi entre nous.
Air Livietta Je
suis une jeune fille [elle
sort]
si docile et si douce;
Il ny a pas au monde
plus serviable que moi.
Mais la raison veut
que lon fasse avec vous
ce que lon fait avec moi.
Masotto, puis le Comte
Masotto: Le
Comte: Masotto: Le
Comte: Masotto: Le
Comte: Masotto: Le
Comte: Masotto:
Voilà un peu dembrouille
Il convient de se comporter avec prudence.
Je naurais jamais cru
que Livietta soit au courant de mes affaires.
Elle se sera cachée dans quelques portes
Oh, ces femmes sont pourtant accortes !
Eh bien ! Masotto, eh bien,
quelle réponse mapportes-tu ?
Monsieur, nen doutez pas:
Je vous promets, je vous jure
que Mingone ne laura pas; soyez-en certain.
Ce sera donc Titta.
Son rival
ne laura sûrement pas.
Je vous laisse en tirer la conséquence.
Que dira la Comtesse ?
Cette fois,
elle ne le supportera certainement pas.
Je ne veux pas men donner le mérite,
mais sans doute Titta laurait
épousée
si je navais pas conseillé Dorine.
Masotto verra un jour
combien je lui suis reconnaissant.
Vous êtes trop bon.
Masotto, le Comte, la Comtesse
La
Comtesse: Masotto: Le
Comte: Masotto,
au Comte: [bas,
à la Comtesse] (Sur ce
point il ny a plus de doute pour moi: La
Comtesse,
à Masotto: Masotto,
à la Comtesse: La
Comtesse,
à Masotto: Masotto,
à la Comtesse: La
Comtesse,
à Masotto: Masotto,
à la Comtesse: [à
part] (Mais que
ces jeux conviennent vraiment mon esprit) Le
Comte,
à Masotto: Masotto,
au Comte: Le
Comte,
à Masotto: Masotto,
au Comte: La
Comtesse,
à Masotto: Masotto,
à la Comtesse: La
Comtesse,
à Masotto: Le
Comte: Masotto: Le
Comte: Masotto: La
Comtesse: Masotto: Le
Comte: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: Masotto: Le
Comte: La
Comtesse: Masotto: La
Comtesse: Masotto: Le
Comte: Masotto:
Masotto.
Madame !
Bon; la chose est faite ?
Je dirai... (sauf votre respect).
Titta ne laura sûrement pas pour
épouse).
(Donc cest Mingone qui laura)
(Je ne saurais dire:
je vous laisse tirer la conclusion).
(Comment sest passée
laffaire?)
(En deux mots
jai persuadé Dorine
et le cas est sans espoir pour Titta)
(Bravo, vraiment !)
(Cest certain.
des hommes comme moi il sen trouve peu)
(Que dis-tu?)
(Elle est désespérée)
(Jéprouve du plaisir à ce quelle
soit mortifiée)
(Maintenant elle ne parle plus)
(Comment le prend-il?)
(Le délire sest emparé de
lui)
(On lit dans ses yeux le feu et la colère)
Régisseur.
A vos ordres.
Comme jai dit
Préparez-moi les comptes
de tous les effets dotaux
qua apportés la Comtesse dans cette
maison.
Quand vous le voudrez, ils seront prêts.
Attention: dans le contrat
il doit y avoir une clause
selon laquelle, en cas de restitution de la dot,
il faudra y inclure aussi les fruits.
Oui, madame, jy veillerai.
Et puis nous penserons à rompre le
mariage.
Je serai délivrée dun tel
démon.
Pardonnez-moi, de grâce,
pourquoi tant de gâchis ?
Il ne peut plus me voir.
Elle me hait à mort
Quel gentil mari !
Quelle bonne épouse !
Et pourtant il me semble voir
quils ne sont pas loin de faire la paix.
Elle est toujours en colère contre moi.
Je suis excusable dêtre jalouse.
Allons, rapprochez-vous un peu.
Oh, pour çà non;
Je ne ferai pas le premier pas.
Courage, maître !
Je veux pas faire le premier pas moi aussi.
Un petit peu à la fois,
un petit peu pour chacun
Il y a un peu de timidité;
Avec votre permission, madame, monsieur, je men
vais.
Air Masotto Je
suis un serviteur très humble, [à
lun] Faites
un petit pas vers là [à
lautre] Tournez
ce visage vers ici [il
sort]
très respectueux;
Quand on me demandera
je serai très empressé
à venir vous servir
Ah, quelle douce satisfaction
quand deux époux saiment,
et quand le cur troublé par la
colère
retrouve sa tranquillité.
Le Comte, la Comtesse
La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse:
Si cela ne tenait quà moi,
la sérénité serait certainement
là.
Je ne suis pas le premier
à déclencher les querelles.
Ces litiges doivent-ils
être éternels ?
De mon côté
ils ont déjà pris fin.
De mon côté je suis prête à en
faire autant
Alors, la paix, chère épouse, et plus de
guerre.
La paix, mon époux.
Je suis satisfait.
Je suis satisfaite également.
Dorine, le Comte, la Comtesse
Dorine: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: Dorine: La
Comtesse,
à Dorine: Le
Comte: Dorine: La
Comtesse: Le
Comte: Dorine: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: Dorine,
au Comte: Le
Comte: Dorine,
à la Comtesse: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Dorine: Le
Comte: La
Comtesse:
Madame, monsieur, si vous voulez
le dîner est prêt
Dites au cuisinier quil attende.
Il est encore tôt.
Mais si le Comte le veut...
Ah non, chère Comtesse.
Comme vous voulez...
Comme il vous plaît.
(Oh, quel prodige ! Ils ont refait la paix)
Écoutez, ne venez pas ici
troubler notre quiétude.
Vous êtes la raison
des disputes entre nous; mais à lavenir
on ne criera plus, cest sûr et
certain.
Je ne suis pas, monsieur, la source de vos
querelles.
Préparez-vous donc,
sans chercher dautres excuses ou raisons,
à accorder votre main à Mingone
Oh non, ma chère épouse,
ça ne va pas, comme ceci,
le jardinier ne convient pas comme époux
(Ma foi, les voilà qui recommencent !)
Votre Titta
ne lépousera sûrement pas.
Ni votre Mingone en vérité.
Que celui qui peut être ferme, le soit:
Oui, ma raison doit prévaloir.
Qui peut se contenir avec cette enragée ?
Monsieur.
Tu mas compris.
Je vous en prie.
Jai été claire !
Tu devras épouser Titta. Je ne veux pas de
criailleries.
Tu devras épouser Mingone.
(Oh les deux fous !)
Voyez, madame ma femme,
Là où le plaisir disparaît, lamour
sen va !
Où le mari rétif la envoyé.
Il ny a pas damour, il ny a plus de
paix,
là où règne le cruel
orgueil.
Air La
Comtesse Non,
je ne plus endurer dans mon cur [elle
sort]
tant de souffrances.
Il ny a pas de hardiesse à vouloir
ce qui est juste, ce qui convient
et me le refuser est la preuve
de bassesse et de peu damour
Non etc...
Dorine, le Comte
Le
Comte: Dorine: Le
Comte: Dorine: Le
Comte: Dorine: Le
Comte: [il
appelle] Titta,
hé, Titta !
Et voilà, à cause de toi...
Si lon crie, monsieur, à cause de moi
donnez-moi mon congé je men irai.
En ce qui me concerne vous lavez:
Vous vous en irez donc, mais mariée.
Mais pourquoi voulez-vous
mobliger à me marier ? Et si je voulais
vivre toujours seule ?
Jai donné ma parole;
vous avez promis dy souscrire;
La chose est convenue, il faut sy tenir.
Mais moi... cher monsieur...
je vous dis... en tout cas...
Que cest non et voilà.
Impertinente ! Cest ainsi que lon me parle ?
Maintenant je me suis engagé et je veux y
parvenir.
Titta, Dorine, le Comte
Titta: Le
Comte: Titta: Dorine: Titta: Le
Comte: Dorine,
voulant sen aller: Le
Comte: Dorine,
à Titta: Titta: Le
Comte: Titta:
Monsieur !
Es-tu disposé
à te marier tout de suite ?
Oui Monsieur.
Mais je ne veux pas tépouser.
Mon cur a toujours fait ses quatre volontés
Mais cette chose doit se faire à deux.
Dorine, en ma présence
donne ta main à Titta.
Avec votre permission.
Tu ne partiras pas dici si tu ne lépouses
pas.
Écoute, si je te prenais
pour mari contrainte et forcée,
tu ten repentirais trois jours plus tard.
Vraiment ?
Ne plaisantez pas.
Je ne voudrais pas quelle sen prenne à
moi.
Mingone, la Comtesse, Titta, Dorine, le
Comte
La
Comtesse,
à Mingone: Dorine: Le
Comte,
à la Comtesse: La
Comtesse: Le
Comte: Mingone: Titta: Dorine:
Allons, vite, en ma présence
donne la main à cette femme.
Allons, mes maîtres
Savez-vous quoi ?
La fête ne se fera pas sans moi.
Je vous le dis ouvertement:
pour le moment je ne veux rien savoir.
Comment, vous vous en mêlez ?
Cest vous qui vous mettez
à violenter les filles de cette façon
?
Lespoir de ce vaurien de Mingone est vain.
Je ne dis rien, monsieur.
Moi aussi, je reste muet.
Comme si lun avait été bouilli et
lautre frit.
Je lai dit, je le redis et le dirai
tant que je vivrai:
je ne veux me lier à aucun dentre vous
et si un jour javais lintention de me marier
je veux le faire, messieurs, à ma
façon.
Air Dorine Elle
est bien bonne celle-là ! [elle
sen va]
Si je suis vieille fille,
on aura à me commander
pour cela ?
Moi je ne le pense
pas un seul instant,
Pas même le diable
me fait trembler.
Je ne les veux pas
cest une affaire entendue
Que chacun, sil le peut,
se lèche les doigts.
Mingone, la Comtesse, Titta, le Comte
La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: [elle
part]
Si je narrive pas à temps,
la pauvre Dorine
sera sacrifiée.
Vous laurez assassinée pour peu de
chose.
Je vois ce quil faut espérer
et ce quil faut craindre:
Cette affaire se terminera mal.
Mingone, Titta, le Comte
Titta: Le
Comte: Mingone,
bas à Titta: Titta,
au Comte: Le
Comte: Mingone: Le
Comte,
à Titta: Titta: Le
Comte: Titta: Mingone,
bas à Titta: Titta,
au Comte: Le
Comte: Mingone: Titta: Mingone: Titta,
à ladresse de Mingone: Le
Comte,
à Mingone: Mingone:
Monsieur, à ce que je vois
nous ne ferons rien.
Reste donc ferme,
et trouve le moyen de lépouser.
Écoute: si tu lépouses
je te tranche la gorge.
Il veut mégorger
si je lépouse.
Téméraire ! Tu oses, en ma présence
?
Si tu as laudace de parler encore...
Je ne dis rien.
Écoute -moi, il se peut
que largent lintéresse.
Pour faire céder Dorine
Je vais lui donner cent doublons.
Bien ! bien !
Et après, ils seront à toi.
Je suis satisfait.
(Si jai échoué
je te tuerai).
Il ma dit quil voulait me tuer.
Téméraire, si tu parles
tu mourras avant lui, sous le bâton.
Nayez pas peur, Monsieur, je ne dis plus
rien.
Qui sait ? Les cent doublons
pourraient lallécher;
Je suis prêt à lépouser
si vous le commandez toujours.
(Je le jure devant Dieu, je les fusillerai).
Les fusiller ?
Que dis-tu ?
Je nai rien dit.
Air Titta Maudit
homme: il ne se tait jamais. [au
Comte] Je
lépouserai, monsieur, [à
Mingone] Les
cent chers doublons... [au
Comte en montrant Mingone] [à
Mingone] ...je
pourrai en jouir... [il
part]
je le prendrai de bon cur
si vous me la donnez
Eh bien quest-ce quil y a ?)
(Il dit quil veut me tuer)
...seront à moi.
Et en paix et dans lallégresse...
(Tais-toi, maudit !)
Il ne veut pas se taire.
Mingone, le Comte
Le
Comte:
Brigand, va-t-en tout de suite
de ma maison. Mais non,
je ne veux pas te renvoyer
reste à mon service,
tremble et obéis malgré toi.
La camériste Dorine
sera lépouse de Titta
et toi, si tu as laudace de ten flatter
tu éprouveras toute ma colère.
Air Le
Comte Le
lion en fureur [il
part]
confond ses ennemis;
il plante ses dents vengeresses
sur lagneau et le berger.
Entraîné moi aussi vers la colère
par différents objets,
quun seul sattende pour tous
les autres, à éprouver ma rigueur
Le lion en fureur etc...
Mingone
Mingone,
seul:
Je devrai être celui
qui affrontera le lion, bien quétant un agneau
?
Et pour qui? Pour celui qui est mon rival ?
Il serait donc bien temps
dôter la vie à ce fripon,
la tension prendrait ainsi fin.
Sapristi, diantre !
je veux létriper,
serait-il au milieu des mes plus fortes troupes,
serait-il encore dans les bras de sa mère.
Air Mingone Il
semble que lon rit de moi [il
sort]
avec ce garçon,
Je veux le tuer
de mes propres mains.
Et puis en pèlerin,
de par le monde
jirai chercher
un destin meilleur
Monsieur, faites-moi
la charité
et si je rencontre
un pèlerine
qui soit jolie
elle ne pourra me refuser
la charité
Monsieur, donnez,
Monsieur, gardez
cette femme-là.
Masotto, Dorine, puis Livietta
Un
jardin la nuit
Masotto: Dorine: Masotto: Livietta,
à part en cachette: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Livietta,
à part en cachette:
Chère Dorine, les choses se compliquent
et pour toi et pour moi. Il vaudrait mieux,
pour mettre fin à ces difficultés
que tous deux nous enfuyions dici.
Fuir ! ce ne serait pas
une chose honnête et prudente.
Cette affaire, si nous restons ici, finira mal.
(Jentends des gens. Je veux un peu
écouter comme dhabitude).
Où pensez-vous
vouloir me conduire ?
Chez moi.
Vous y trouverez une tante,
une soeur de mon père,
qui vous recommandera à ma mère.
Si cest ainsi... je suis presque
résolue à venir.
Partons tout de suite
avant quils sen aperçoivent.
Bravo !
Ils veulent senfuir sans rien me dire !
(Quel tort ils me causent ! Ils sen
repentiront)
Masotto, Dorine, puis Mingone
Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Mingone,
faisant le brave avec lépée: Dorine: Masotto,
à Dorine: [changeant
de voix] Laissez
les gens Mingone: Masotto,
bas à Dorine: Dorine,
à Masotto: Masotto,
à Dorine: [à
Mingone] Qui
êtes-vous ? Mingone: Dorine,
à Masotto: Mingone,
à Dorine: Dorine,
à Masotto: Mingone,
à Masotto: Masotto,
comme ci-dessus, à Mingone: Mingone:
Jai déjà mis de côté
tout ce dont qui est nécessaire.
Et mes affaires ?
Patience; nous les aurons, si cest possible.
Partons.
Alors partons.
Qui va là ?
Hélas !
Naie pas peur.
poursuivre leur chemin
Je veux savoir qui vous êtes.
Cest Mingone; ne le reconnaissez-vous pas?)
(Je veux men aller)
(Arrêtez)
Un homme désespéré
Jai cherché Dorine et ne la trouve pas,
et je veux avoir des nouvelles
(Ah! laissez-moi partir).
(Taisez-vous, vous dis-je).
Nous sommes dans un imbroglio.
Il me semble quil y a là une femme
Je veux savoir si cest la mienne
Vous métonnez,
je vous conseille de partir.
Je ne pars pas jusquà demain.
Masotto, Dorine, Mingone, Livietta, Titta
Titta,
à Mingone: Livietta,
à Titta: Dorine,
à Masotto: Masotto,
a Dorine: Titta
à Dorine, la prenant par le bras: Masotto: [Il
part]
Où seront-ils allés ?
(Les voici).
(Jentends dautres gens).
Restez tranquille.
(Je vous prends sur le fait).
(Celui-ci est Titta.
Ma foi, il me vient à lesprit
lidée
de faire un beau coup par prudence.)
Dorine, Mingone, Livietta, Titta
Dorine,
à part, essayant de senfuir: Titta,
la retenant: Mingone: Livietta,
à part:
(Masotto mabandonne).
Ne me fuyez pas, par ma foi !
Quil y ait tant de monde ne me fait pas
peur.
(Je les ai bien mis dans lembarras
Je les ai ainsi punis de leur hardiesse).
Dorine, Mingone, Livietta, Titta, le Comte, la Comtesse,
Masotto avec une lampe
Masotto: Le
Comte,
à Mingone: La
Comtesse,
à Titta: Le
Comte,
à Masotto: Mingone,
au Comte: Titta,
à la Comtesse: Le
Comte,
à Titta: La
Comtesse,
à Mingone: Mingone: Titta: Masotto: Le
Comte: [il
part] La
Comtesse: [elle
sen va] Mingone: Titta: Livietta: Dorine,
Masotto,
à deux: Mingone: Masotto,
Titta,
à deux: Dorine,
Livietta,
à deux: Mingone: Titta: Masotto: Mingone,
Titta,
à deux: Livietta: Dorine: Mingone: Titta: Dorine,
Livietta,
à deux: [Toutes
deux sont sur le point de sévanouir. Mingone et
Titta veulent les secourir, Masotto les
chasse] Masotto: Mingone,
à Masotto: Titta,
à Masotto: Masotto: [les
femmes reviennent à elles] Dorine,
Livietta,
à deux, à Masotto: Masotto: Mingone,
Titta,
à deux: Dorine,
Livietta,
à deux: Masotto:
Mes maîtres arrivent
pour constater que deux brigands
voulaient à qui mieux mieux, ce soir,
enlever la femme de chambre.
Toi, scélérat, tu me paieras.
Tu ne ten tireras pas comme
çà.
Nous en reparlerons demain; et vous, en attendant,
veillez à ce que les portes soient bien
fermées.
Moi, Monsieur, je ne sais rien
Quant à moi, je suis innocent.
Que faisais-tu ici ?
Et toi, que faisais-tu ?
Je suis venu pour défendre Dorine.
Et moi je suis venu seulement pour taider.
Ce sont tous deux des vauriens; ne les croyez
pas.
On verra çà demain.
Vous verrez demain.
Je suis resté comme un insensé
qui ne sait pas se défendre.
A vouloir faire le bien, jai mal fait.
Je ne sais ce qui va se passer.
Cette belle nouveauté
ma égayée et ma bien
plu.
La peur séloigne
peu à peu de mon cur.
Sapristi de sapristi !
Eh ! ne faites pas ici le bravache
car vous trouverez à qui parler.
Ne faites rien, ne faites pas le bravache
car cela me fait peur.
Qui était avec Dorine ?
Qui la tenait par la main ?
Lun de vous.
Non, ce nest pas vrai.
Je le sais, mais je ne veux pas le dire.
Ne le dites pas, de grâce.
Si lon ne dit rien, diable !
Si lon ne parle pas, palsambleu !
Ah ! je me sens mal.
Espèces danimaux,
faces à faire peur, allez-vous-en.
Tout pour vous ?
Rien pour nous ?
Cest comme çà !
Que le ciel vous remercie
de votre charité.
Jai la pratique des femmes
et je sais comment faire
Diable !
Ah !
Espèces de rustres,
filez dici.
Ensemble Masotto,
Dorine,
Livietta,
à
trois: Mingone,
Titta,
à
deux: [Ils
sen vont]
Haut
de page
Il
me semble sentir en moi
un je ne sais quoi
qui me fait jubiler
Quelle
colère, quel dépit
je ressens dans ma poitrine
et qui me font perdre mes nerfs.
ACTE III
Une
Chambre
la Comtesse, le Comte, Masotto
La
Comtesse: Le
Comte: A
Deux: Masotto: La
Comtesse,
le
Comte: Masotto: La
Comtesse,
le
Comte: Masotto: La
Comtesse,
le
Comte: Masotto: La
Comtesse: Masotto: Le
Comte: Masotto: La
Comtesse: Le
Comte: Masotto: La
Comtesse: Le
Comte: Masotto: La
Comtesse: Le
Comte: Masotto: La
Comtesse: Le
Comte: Masotto: Le
Comte,
à la Comtesse: La
Comtesse,
au Comte: Le
Comte,
à la Comtesse: La
Comtesse: Le
Comte: Masotto: Le
Comte: La
Comtesse: Masotto,
sinclinant avec modestie: Le
Comte,
à Masotto: Masotto,
sinclinant vers le Comte: La
Comtesse: Masotto,
sinclinant vers la Comtesse: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte:
Le divorce, le divorce.
je ne veux plus souffrir.
La colère me prend,
je me sens mourir.
Madame, monsieur, je vous en prie,
un mot, de grâce, et jai fini.
Le divorce, le divorce !
Je trouverai bien sans doute
la façon de les calmer tous les deux.
Je ne veux plus souffrir.
Il est vraiment dommageable
que pour si peu, un si terrible
incendie se soit allumé entre eux.
La colère me prend,
je me sens mourir.
Si on ne veut pas que je parle, je men vais.
Votre serviteur...
Où allez-vous ?
On ne veut pas mécouter ?
Allons, parlez.
Toute cette confrontation
Toute cette grosse colère
proviennent dune contradiction...
Et je le veux ainsi.
Ce sera comme çà.
Doucement, de grâce.
La contradiction, à ce que je vois,
est que ne devra pas avoir Dorine
Celui qui à chacun de vous soppose
fatalement.
Titta ne laura pas.
Et Mingone non plus.
Si Titta ne lavait pas
si Mingone ne lavait pas, cela
empêcherait-il
Que Dorine sétablisse ?
Si elle se mariait,
par exemple, avec un troisième,
Chacun ne resterait-il pas avec sa dignité
?
Je veux que Mingone
sen aille de ma maison
et quil soit remis entre les mains de la
justice.
Je veux que ce scélérat
de Titta soit pour le moins bastonné.
Cest bien, je suis satisfait
que lon fasse aux deux un tel compliment.
Mais pourtant Dorine, la pauvre petite
du fait que ces deux-là ont échoué,
devra donc rester sans mari ?
Quelle se marie donc; que mimporte ?
Quelle le fasse, si ce nest pas avec
Mingone.
Il y aurait une solution
et on pourrait la mettre en place rapidement.
Quen dites-vous ?
Quen pensez-vous ?
Voulons-nous en finir ?
Qui est le mari ?
Je veux quil me plaise à moi
Je ne veux pas que ce soit
ce brigand...
Et si cétait... par exemple...
Allons, qui par exemple ?
Ne nous faites plus languir ainsi.
Et si Dorine avait souhaité pour de chastes
amours,
par exemple, le régisseur de vos seigneuries
?
Vous ?
Pardonnez-moi.
Masotto ?
Serviteur.
Ce cher galant homme !
Ce cher régisseur !
Je ne vous dis ni oui, ni non.
Je nai encore rien décidé: je vais y
réfléchir.
Air Masotto Si,
par exemple, on avait [il
sincline en partant]
à décider très rapidement,
je serais tout à fait près quant à
moi
On pourrait ce soir...
Les noces sont prêtes...
loccasion est si belle...
Si on pouvait, par exemple...etc
la Comtesse, le Comte
Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse: Le
Comte: La
Comtesse:
Que faisons-nous, ma chère épouse ?
Vous, que faisons-nous ?
Ah, faisons la paix
Que Dorine épouse Masotto.
Mais quils sen aillent
immédiatement.
Pourquoi ?
Parce que, javoue
ma faiblesse. Je vous aime
et la jalousie est fille de lamour.
Air La
Comtesse Qui
peut en son sein [elle
sen va]
maîtriser ses sentiments ?
Moi je ne le peux pas, non,
je vous aimerai toujours,
toujours dans linquiétude
Et quand vous me verrez
ne plus trembler ainsi,
alors vous pourrez dire:
" Ma femme ne madore plus
comme autrefois"
Le Comte
Le
Comte,
seul:
A dire vrai
la Comtesse est amoureuse
Il faut la plaindre si elle est jalouse.
Finissons une bonne fois
cette guerre fatale. Que Masotto épouse
Dorine sil la veut, et quils sen aillent
ensuite :
Je ne veux plus dhistoires avec mon
épouse.
Air Le
Comte Doux
amour qui mas enflammé [il
sort]
le premier jour des noces,
Ah, reviens, dieu à larc,
pour consoler mon cur.
Que la discorde ne rende pas
les jours funestes entre deux époux
et que les affres et les soucis
ne reviennent pas nous troubler.
Livietta
Une
Salle
Livietta,
seule:
On prépare les noces
et on ne sait pas pour qui
Masotto se démène,
soccupe des musiciens,
invite les danseurs,
prépare les lumières
Dorine est maintenant la mariée,
je me le mets dans la tête
mais on ne sait pas encore qui sera le
marié.
Mingone, Livietta
Mingone: Livietta: Mingone: Livietta: Mingone: Livietta: Mingone: Si la
femme dit: « je le veux »
Livietta, réjouissons-nous.
Quy a-t-il ?
Le maître a pardonné toutes mes erreurs
Je suis revenu en grâce;
Je vois mes maîtres en paix,
les noces se préparent
la danse se prépare:
Jai grand espoir dêtre le mari.
Vraiment ? Je men réjouis
sincèrement avec vous
(Titta sera plus facilement à moi).
La maîtresse a eu le dessus.
Et comment çà ?
Aujourdhui les maris ne commandent plus.
On fait dordinaire dans les maisons
Ce que la femme veut,
et elles usent de cette phrase
pour se faire respecter: « je le veux ainsi ».
Et gare au mari qui ne dit pas oui.
le mari ne plus rien dire.
Je sais que les femmes sont des embrouilles
et malgré tout je veux me marier.
Elles font comme çà,
Mais pourquoi donc ?
La femme est ainsi faite ?
Air Mingone Quel
bien ce la leur fait ? [il
sen va]
Quelle plaisir y trouvent-elles ?
Ma foi, je ne sais pas.
Mais moi aussi,
je vais tomber dans le piège.
Livietta, puis Titta
Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Titta: Cest
vrai, je ne suis pas aimable,
Cest vrai, tous les hommes
font tant dhistoires contre nous,
et nous courons derrière eux comme des
folles.
Viva, viva: ma foi, je suis content.
Eh bien, que se passe-t-il ?
Jai vu le maître et la maîtresse;
Il mont fait bon accueil,
Ils mont dit tous deux
de ne plus rien craindre.
Ils ont certainement désigné
entre eux le nouvel époux
et sans aucun doute je serai celui-ci.
Donc votre seigneurie sera lélu
qui épousera Dorine ?
Cest à moi que le ciel la destine.
Et Livietta sera laissée pour compte ?
Jen suis navré, mais je suis engagé.
Si on pouvait encore...
Si ce nétait pour elle...
Je ne vous épouserais pas pour un million.
Pourquoi ?
Parce que les bons partis
ne manquent pas;
les maris ne manquent pas pour une femme comme
moi.
Mais les hommes comme moi sont plutôt
rares.
Regardez-moi ce beau bijou !
Jen ai de mieux que vous, jen ai plus de
six.
Si vous me vouliez, je ny consentirais pas
Eh, pourquoi, pourquoi parler ainsi...
dailleurs... je sais
que, si vous aviez pu lavoir,
vous nauriez pas dédaigné ce
bijou.
je ne suis pas un parisien,
mais je ne suis pas à mépriser,
je suis aussi galant.
Air Titta Si
on pouvait... mais... [il
part]
Si je vous disais... eh ?
Vous ne diriez pas alors
ne pas vouloir maimer
Qui sait ? Il est encore temps,
Vous pouvez encore espérer.
Livietta, puis Masotto
Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta: Masotto: Livietta:
Certes, à dire vrai
il ne me déplairait pas; mais sil
épousait
Dorine ? Qui sait ? Titta et Mingone
ont le même espoir
et lun des deux restera gros-jean comme devant.
Et alors consentirais-tu
à épouser un homme qui a été
refusé ?
Consentirais-je à me soumettre à lui ?
Eh ! pourquoi non ? Voici que lon vient !
Ne me refaites pas par vengeance,
une autre plaisanterie,
Je viens vous dire, Livietta,
que Dorine se marie immédiatement.
Et qui est le mari ?
Il est là devant vous !
Comment ? Vous ?
Oui, cest moi
lheureux époux
qui la emporté sur les deux
prétendants.
Et les maîtres ?
Les maîtres
mont donné
à linstant leur consentement.
Les noces vont se faire ce soir même.
Elles vont se faire ce soir ?
On lespère bien.
Et Titta ?
Il sera à vous si vous voulez.
Je voudrais... et je ne voudrai pas...
Pourquoi ce doute ?
Un époux refusé...
Ne le délaissez pas;
Sil vous plaît, prenez-le, mon
enfant.
Alors je le prendrai pour ne pas rester seule.
Mais Titta acceptera ?
Oui, certainement:
Fiez-vous à moi. Votre Cupidon
aujourdhui sera Titta.
Je me fie à vous.
Livietta, Masotto, Dorine, qui se fait voir au loin, puis se
cache pour écouter
Masotto: Livietta:
Croyez que je suis
un homme au cur bon.
Je vous crois
En effet je vois bien
la bonté que vous avez eue pour me venir en aide.
Vous êtes toute ma consolation.
Air Livietta Je
vous serai reconnaissante [elle
sort]
jusquà la fin de mes jours,
Grâce à vous je serai
toujours heureuse et contente.
Que le destin sapprête
à vous considérer
comme le meilleur parti
pour mon cur.
Dorine, Masotto
Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto,
sapprêtant à partir: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto:
Je suis certain, absolument certain
quil lépousera. Il ne me manque plus
que de conclure les noces
entre Dorine et moi... Ma foi, la voilà !
Dites-moi, monsieur le régisseur
tout cet apparat que lon a mis en uvre,
Pour qui la-t-on donc préparé
?
Pour vous, chère Dorine
Tout se qui se prépare ici est pour vous.
Pour moi ? qui sera
mon époux ? Il faut que je le sache moi
aussi.
Vous le savez, petite cachottière
je vous le redis une fois de plus
Votre époux sera Masotto qui vous adore.
La petite cachottière vous répond
que lépouse de celui-ci sera
Livietta.
Pourquoi ?
Parce que jai entendu
et jai vu, et cela me suffit.
Oh, voila un autre sac dembrouilles
Il est vrai que Livietta veut
mépouser, mais moi...
Assez de paroles;
jai entendu ces mots
tendres, délicats...
Dorine, vous vous trompez
Aucun de ces mots
na été prononcé pour
moi.
Partez dici, car je sais tout maintenant.
Croyez-moi, Dorine...
Abominable race de coquin,
Était-ce là une belle action ?
Pourquoi venez-vous me rompre la tête ?
Mais ne vous mettez pas en colère:
écoutez la raison de ceci.
Partez dici, vous êtes un sacripant.
Bien, je men irai: je vous salue.
(Je le regrette, dailleurs)
(Jen souffre)
(Qui donc laurait dit ?)
(Qui laurait cru ?)
(Masotto, un traître ?)
Madame,
vous mavez demandé ?
Non, Monsieur.
Alors je vais men aller.
Qui vous en empêche ?
(Ah! je me sens mourir !)
(Jai de la peine)
Les femmes, les femmes, toujours les mêmes.
Les hommes, et puis cest tout.
Elle na pas de pitié et nen aura
jamais.
Il ne fallait pas mattendre à plus de
fidélité.
Mais je vous ai été,
et je vous suis fidèle.
Vous êtes un ingrat.
Pourquoi donc avoir commencé
de parler damour à mon cur
si cest pour labandonner ensuite ?
Pourquoi, oh ma chérie, imaginez-vous
que mon sentiment pour vous
puisse jamais changer ?
Traître.
Non, ce nest pas vrai.
Menteur !
Non, je suis sincère.
Vous êtes un faux-jeton, oui monsieur
Je lai entendue vous dire ceci:
"Je vous serai reconnaissante
jusquà la fin de mes jours,
Grâce à vous je serai
toujours heureuse et contente."
Elle ne le disait pas pour moi.
Elle vous le disait pour qui ?
Elle amoureuse de Titta
et vous allez la voir lépouser
je vous le jure sur ma foi.
Duo Dorine,
avec tendresse: Masotto: Dorine: Masotto: Dorine: Masotto: A
Deux: [ils
partent]
Si cétait vrai...
Croyez-le, oui.
Masotto est à moi.
Masotto est à toi.
Tu es tout à moi.
Je suis tout à toi.
Lamour me rend...
Le bonheur me donne...
Ah ! mon cur !
Partons, que vous soyons
vraiment heureux.
Le Comte, la Comtesse, Livietta, des Danseurs & des
Danseuses
Une
galerie illuminée pour un bal
Le
Comte,
aux danseuses: La
Comtesse,
aux danseurs: Livietta: La
Comtesse: Livietta: La
Comtesse: Livietta:
Grâces vous soient rendues à vous qui
êtes venue
pour honorer les noces
de ma femme de chambre.
Je vous remercie
dêtre venus en lhonneur des
mariés,
notre plaisir en est plus grand.
Madame, Monsieur, de grâce,
Un peu de charité pour moi aussi.
Tu cherches donc un mari ?
Cest exact.
Trouve-le, et je te promet
de te satisfaire toi aussi
Je vais memployer à le trouver sur le
champ.
Le Comte, la Comtesse, Livietta, Mingone, Titta,
des Danseurs & des Danseuses
Mingone: Le
Comte: La
Comtesse: Titta: La
Comtesse: Le
Comte:
Madame, Monsieur, me voici
pour recevoir les grâces que lon me fait.
Mille ans mont paru sécouler pour revoir
mon épouse.
Tu nes pas le marié.
Va, tu te trompes.
Je te lai dit, mon cher Mingone,
tu nes pas son époux, mais cest
moi.
Tu te trompes aussi.
Voici le marié, je vais le voir tout de
suite.
Le Comte, la Comtesse, Livietta, Mingone, Titta, Dorine,
Masotto
des Danseurs & des Danseuses
Duo Dorine
et Masotto A
la noce ! A la noce ! A la noce !
Nous sommes les époux comblés
et vous autres restez sur votre faim
car en ce qui vous concerne il ny a plus rien
à faire.
Mingone: Titta: Le
Comte: Titta: Masotto: Titta: Livietta: Titta: Livietta: Le
Comte: Mingone: La
Comtesse: [Tous
les personnages sassoient et le ballet. A la fin de
celui-ci, ils se lèvent, les époux se
donnentla main et tous chantent ce qui
suit]
Comment ?
Quelle est cette nouveauté ?
Ainsi seffacent les raisons
dune lutte continuelle entre nous.
Et moi ?
Sil te plaît de te marier
tu pourras à ta convenance épouser
Livietta.
Elle ne me veut pas.
Je nai pas dit çà.
Si Livietta accepte, je serai à elle.
Je suis dun naturel qui ne sait pas dire
non.
Que ces préparations servent donc
à un double noce
Moi seul vais rester sur ma faim.
Que lon commence à danser
et puis en présence
des nobles et joyeux témoins
les noces seront célébrées.
Choeur Amour
descend sur eux
sous dheureux auspices
et rends-les heureux,
Ainsi ces époux,
que le poison de la jalousie
ne les trouble pas,
Que désormais dans leur cur
Jamais ne se brise la flèche qui les a
frappés.