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Barbara Strozzi

[1619 - 1677]

Premier livre de madrigaux à deux, trois, quatre ou cinq voix

dédiés à la Sérénissime Grande Duchesse de Toscane Madame Vittoria Della Rovere [1622 - 1694]

Opus 1, Venise, 1644

 

 

 

  1. Sonetto proemio dell'opera, duo pour 2 sopranos
  2. Canto di Bella Bocca, duo pour soprano & contre-ténor
  3. Consiglio amoroso
  4. Le tre Grazie a Venere
  5. L'Usignuolo. Donzella Ateniense sforzata del Re di Traci
  6. Silentio nocivo
  7. L'affetto humano
  8. Dialogo in partenza, duo pour soprano & contre-ténor
  9. Godere e tacere, duo pour 2 sopranos
  10. Libertà
  11. Con le belle non ci vuol fretta
  12. Godere in gioventù
  13. L'amante modesto
  14. Il contrasto de' cinque Sensi
  15. Priego ad Amore
  16. Gli amanti falliti
  17. La Quaglia, Sonetto burlesco, duo pour soprano & basse
  18. Al battitor di bronzo, della sua crudelissima Dama, duo pour 2 ténors
  19. Pace arrabiata
  20. Vecchio amante che rende la piazza
  21. Dal pianto degli amanti scherniti s'imparò a far la carta, duo pour 2 sopranos
  22. Il ritorno, duo pour soprano & ténor
  23. La Vittoria, duo pour 2 sopranos
  24. L'amante timido eccitato, duo pour soprano & ténor
  25. Conclusione dell'opera

 

 

Sonetto proemio dell'opera

Sonnet en exorde de l'œuvre

 

Mercé di voi, mia fortunata stella,
volo di Pindo in fra i beati cori
e coronata d'immortali allori
forse detta sarò Saffo novella.

Così l'impresa faticosa e bella
sia felice del canto e deglá in amori,
ché, s'unisco le voci, i nostri cori
non disunisca mai voglia rubella.

O che vaga e dolcissima armonia
fanno due alme innamorate e fide,
che quel che l'una vuol l'altra desia,

Che gioisce al gioir, ch'al rider ride,
né mai sospiran, che 'l sospir non sia
d'una morte che sana e non uccide !

Grâce à toi, mon étoile fortunée,
Je vole parmi les chœurs bienheureux du Pinde,
Et, couronnée d'immortels lauriers,
On m'appellera peut-être une nouvelle Sappho.

Ainsi l'entreprise fatigante et belle
Du chant et des amours puisse-t-elle être heureuse;
Et si j'unis les voix, que jamais
Un vouloir rebelle ne désunisse nos cœurs.

Oh, quelle belle et suavissime harmonie
Font deux âmes amoureuses et fidèles,
Lorsque l'une veut ce que l'autre désire,

Jouit de sa jouissance, rit lorsque l'autre rit,
Et que jamais elles ne soupirent sans que ce soupir soit
Celui d'une mort qui guérit et ne tue pas.

 

 

Canto di Bella Bocca

Chant de Belle Bouche

 

Che dolce udire una leggiadra bocca
tutta lieta cantar versi d'amore !
Vaga, vezzosa voce
con passaggio veloce
t'alletta, ti circonda, anzi ti tocca
e dentro va quasi a baciarti il core,
mentre musico labbro
spiega d'amore i pregi.
Altro non dice
quel canoro felice
che le gioie che senti;
altro non dice
che i diletti che provi;
altro non dice
che i tuoi piaceri nuovi,
i tuoi vecchi contenti.
Dillo, o mio core,
ch'è dolce udire una leggiadra bocca
tutta lieta cantar versi d'amore !
Quell'aura armonizzata
da una gorga canora
ti ravviva e ristora,
ti fa l'alma beata.
Folle sei se non godi e non cominci,
qua giù ristretto in un caduco velo,
Tirsi, a gustar le melodie del Cielo.

Qu'il est doux d'entendre une jolie bouche
Chanter, tout heureuse, des vers d'amour.
Une belle, une ravissante voix
T'attire en faisant des passages,
Elle te cerne, ou plutôt te touche
Et te pénètre presque pour te baiser le cœur
Pendant qu'une bouche musicienne
Déploie les merveilles de l'amour.
Elle ne dit rien d'autre,
Cette heureuse chanteuse,
Que les joies que tu sens,
Elle ne dit rien d'autre
Que les plaisirs que tu éprouves,
Elle ne dit rien d'autre
Que tes nouveaux plaisirs
Et tes anciens bonheurs.
Dis-le, mon cœur:
Qu'il est doux d'entendre une jolie bouche
Chanter, tout heureuse, des vers d'amour.
Ce souffle harmonieux
D'une gorge mélodieuse
Te redonne force et vie,
Te rend l'âme heureuse;
Tu es fou si tu n'en jouis pas et ne commences pas
Dès ici-bas, enfermé dans ta périssable dépouille mortelle,
Tircis, à goûter les mélodies du Ciel.

 

 

Consiglio amoroso

Conseil amoureux

 

O soffrire o fuggire o tacer sempre,
ma con lieto sembiante,
l'offeso deve e mal gradito amante.
Pianti, lamenti, dimostranze acerbe
non faranno cangiar costumi o tempre
a tiranne superbe, onde conviene
in tante amare pene
o soffrirle o fuggirle o tacer sempre.
Ma di che ci dogliam ch'un'incostante
ci sprezzi e ci abbandoni ? Ah, frena l'ire;
plácati, incauto amante; ah, soffri e taci;
e se vuoi donna instabile punire
puniscila coi doni,
castigala coi baci.

L'amant offensé et mal accepté
Doit ou souffrir, ou fuir, ou se taire toujours
Mais avec le visage radieux.
Les larmes, les lamentations, les âpres remontrances
Ne feront pas changer d'habitudes ou de caractère
Les tyranniques orgueilleuses. C'est pourquoi il faut
Dans de si amères peines,
Ou les souffrir, ou les fuir, ou se taire toujours;
Mais pourquoi nous plaindre qu'une inconstante
Nous dédaigne et nous abandonne ? Ah ! freine ta colère,
Apaise-toi, imprudent amoureux; ah ! souffre et tais-toi,
Et si tu veux punir une dame volage,
Punis-la avec des cadeaux,
Châtie-la avec des baisers.

 

 

Le tre Grazie a Venere

Les trois Grâces à Vénus

 

Bella madre d'Amore
anco non ti ramembra
che nuda avesti di bellezze il grido,
in sul troiano lido,
dal giudice pastore ?
Onde se nuda piaci
in sin a gl' occhi de' bifolchi idei,
vanarella che sei,
perché vuoi tu con tanti adobbi e tanti
ricoprirti a gl' amanti ?
O vesti le tue Grazie e i nudi Amori,
o getta ancor tu fuori
gl' arnesi, i manti e i veli:
di quelle care membra
nulla, nulla si celi.
Tu ridi e non rispondi ?
Ah, tu le copri, sì, tu le nascondi,
che sai ch'invoglia più, che più s'apprezza
la negata bellezza.

Belle mère d'Amour,
Ne te souvient-il plus
Que c'est nue que tu obtins le prix de la beauté
Des mains du berger pris pour juge
Sur le rivage troyen ?
Si donc c'est nue que tu séduis
Jusqu'aux yeux des paysans de l'Ida,
Pourquoi, vaniteuse que tu es
Veux-tu de tant d'ajustements
Te recouvrir devant tes amants ?
Habille donc tes Grâces et les Amours nus,
Ou bien, rejette toi aussi
Ces équipages, ces manteaux et ces voiles,
Que rien de ton cher corps, rien,
Ne soit dissimulé.
Tu ris et ne réponds pas !
Ah ! tu le couvres, oui, tu le caches;
Car tu sais que la beauté qui se refuse
Est plus excitante et plus appréciée.

 

 

L'Usignuolo. Donzella Ateniense sforzata dal Re di Traci

Le rossignol. Demoiselle athénienne prise de force par le roi des Thraces.

 

Quel misero usignuolo
spiega la pompa de' canori accenti
e racconta il suo duolo
al fonte, al prato, a la foresta, ai venti.
Piange l'ingiurie Filomena e i torti
d'un trace ingannatore;
e non canta d'amore,
ma con l'irata lingua
ricorda al Ciel che i traditori estingua.
Chi credería che voce
cara e soave tanto
muovan gli sdegni al canto ?
Noi pur, o belle avare,
allor ch'al nostro ossequioso affetto
son le mercedi rare,
più di rabbia cantiam che per diletto.

Ce misérable rossignol
Déploie la magnificence de ses accents mélodieux
Et raconte sa douleur
À la source, à la prairie, à la forêt, aux vents.
Philomène pleure les injures et les torts subis
De la part d'un Thrace trompeur
Et ne chante pas l'amour
Mais avec sa langue en colère,
Elle demande au Ciel de faire périr les traîtres.
Qui croirait qu'une voix
Si chère et si douce
Fût poussée à chanter par le courroux ?
Et nous aussi, ô belles avares,
Alors que les récompenses sont rares
Pour notre obéissante passion,
Nous chantons plus par rage que par plaisir.

 

 

Silentio nocivo

Silence dangereux

 

Dolcissimi respiri
de' nostri cori amanti
son le parole affettuose e i canti.
Sfoga, o mio core, il tuo cocente ardore,
se talor non ti tocca
nodrirti almen di due soavi baci.
Afflittissima bocca,
stolta sei, se tu taci:
parla, canta, respira, esala il duolo,
canta, canta, che solo
dolcissimi respiri
de' nostri cori amanti
son le parole affettuose e i canti.

Les paroles affectueuses et les chants
Sont les douces respirations
De nos cœurs aimants.
Exhale, mon cœur, ta brûlante ardeur,
Si tu n'as pas parfois la chance
De te nourrir au moins de deux doux baisers.
Bouche affligée,
Tu es bien sotte si tu te tais.
Parle, chante, respire, exhale ta douleur,
Chante, chante, car seuls
Les paroles affectueuses et les chants
Sont les douces respirations
De nos cœurs aimants.

 

 

L'affetto humano

La passion humaine

 

Vago, instabil, leggiero è il nostro affetto,
si cangiano i desir cangiando glá iñ anni,
ché di quel che fanciul tanto t'affanni,
superbetto garzon non hai diletto.

Di colei che sì dolce or m'arde il petto
la più matura età scuopre gl'inganni;
ma glá iñ andati piacer, vecchio, condanni
ch'a lasciar i piacer ti vedi astretto.

Così col tempo andiam di voglie in voglie:
gioco, vezzi, delizie, amori e studi
son finti scherzi e mascherate doglie;

e la sorte chiamando e i cieli crudi,
caduchi più de le caduche foglie,
nudi venghiamo e ce n'andiamo ignudi.

Errante, instable, légère est notre passion;
Quand changent les années, se changent les désirs.
Ce pour quoi, enfant, tu te tourmentes tellement,
Devenu un fier jeune homme, tu n'y prends aucun plaisir.

De celle qui si doucement me brûle aujourd'hui la poitrine,
L'âge plus mur découvre les tromperies;
Vieux, tu condamnes les plaisirs passés,
Parce que tu te vois contraint de quitter les plaisirs.

Ainsi, avec le temps, nous allons de vouloir en vouloir:
Jeu, caresses, délices, amours et études
Sont plaisanteries simulées et douleurs masquées.

Et en traitant le sort et les cieux de cruels,
Plus caducs que les feuilles qui tombent,
Nous venons nus et nous nous en allons nus.

 

 

Dialogo in partenza

Dialogue lors d'une séparation

 

S: Anima del mio core,
tu parti ?

C: Io parto.

S: E prenderatti, o Dio,
dimmi, un picciolo oblio
giammai del nostro amore ?

C: Fonte della mia vita,
tu resti ?

S: Io resto.

C: E dubitar potrai,
in sì dura partita,
della mia fede mai ?

S: No, no, la nostra gelosia si spenga.

C: Sì, sì, rasciuga quei begli occhi mesti.
E dove andar potrò che tu non venga...

S: Dove restar potrò che tu non resti...

S e C: s'hanno la stanza usata
i nostri cuor cangiata ?

C: Mentre parto, o mio bene,
il mio qui resta.

S: E 'l mio teco sen viene.
Mentre resto, o mia speme,
il tuo qui resta.

C: E 'l tuo meco sen viene.

S: Âme de mon cœur,
Tu t'en vas ?

C: Je m'en vais.

S: Et dis-moi, oh Dieu !
Jamais le moindre oubli
De notre amour, ne s'emparera de toi ?

C: Source de ma vie,
Tu restes ?

S: Je reste.

C: Et pourras-tu jamais
Douter de ma foi,
Dans une si dure séparation ?

S: Non, non, que notre jalousie s'éteigne,

C: Oui, oui, que sèchent ces beaux yeux tristes.
Et où pourrai-je aller si tu n'y viens pas,

S: Où pourrai-je rester si tu n'y restes pas ?

S et C: Puisque nos cœurs ont échangé
Leur séjour habituel,

C: Tandis que je pars, ô mon amour,
Le mien reste ici.

S: Et le mien s'en va avec toi;
Tandis que je reste, ô mon espérance,
Le tien reste ici.

C: Et le tien s'en va avec moi.

 

 

Godere e tacere

Jouir et se taire

 

Gioisca al gioir nostro e l'aura e l'onda,
scherzin tra l'erbe e i fiori
i lascivetti Amori,
a nostri dolci canti Ecco risponda.
In questo lieto e fortunato giorno
volin le Grazie intorno,
vengan sul labbro i cori
e s'annodino l'alme al suon de' baci.
Ah, non dir più, taci, mia lingua, taci !

Que jouissent de notre jouissance la brise et l'onde,
Que jouent parmi l'herbe et les fleurs
Les folâtres petits Amours,
Qu'Écho réponde à nos doux chants.
Qu'en ce jour heureux et fortuné,
Les Grâces volent tout alentour,
Que les cœurs viennent sur les lèvres,
Et que les âmes s'enlacent au son des baisers.
Ah ! n'en dis pas plus, ma langue, tais-toi !

 

 

Libertà

Liberté

 

Non ci lusinghi più
con la tua dolce spene
vezzosa servitù:
libertà, libertà, non più catene !
Dunqu'era il mio ben[e], dunqu'era il mio core
una donna infedel, priva d'amore !
Oh stolido errore,
per breve gioire
corteggiar pene e vagheggiar martíre !
Oh basso desire,
oh alto arrischiato
chi gode nell'inferno esser dannato !
Non ci lusinghi più
con la tua dolce spene
vezzosa servitù:
libertà, libertà, non più catene !

Ne nous illusionne plus
Avec ta douce espérance,
Séduisante servitude !
Liberté, liberté ! Plus de chaînes !
Ainsi, mon amour était, ainsi mon cœur était
Une femme infidèle, dépourvue d'amour !
Oh stupide erreur,
Pour une brève jouissance,
Faire sa cour aux peines, aspirer aux martyres !
Oh le vil désir,
Oh e grand péril !
Qui est heureux, en enfer, d'être damné ?
Ne nous illusionne plus
Avec ta douce espérance,
Séduisante servitude !
Liberté, liberté ! Plus de chaînes !

 

 

Con le belle non ci vuol fretta

Avec les belles, il ne faut pas se hâter

 

Mi tien Filli fin qui
né ben detto di no,
né ben detto di sì.
Amore, e che farò, aspetto o lascio ?
Amor non mi risponde,
ma mi dice la speme: "Aspetta, aspetta,
con le belle a goder non ci vuol fretta;
vien il bene talor, né si sa donde.
Non sai tu che consola
l'amante di molt'anni un'ora sola ?"

Philis me tient jusqu'ici,
N'ayant pas vraiment dit "non",
N'ayant pas vraiment dit "oui".
Amour, que dois-je faire ? J'attends, ou je la laisse ?
Amour ne me répond pas,
Mais l'espérance me dit: "Attends, attends !
Pour être heureux avec les belles, il ne faut pas se hâter;
Le bonheur arrive parfois, sans qu'on sache d'où.
Ne sais-tu pas qu'une seule heure
Paye l'amoureux de nombreuses années ?"

 

 

Godere in gioventù

Jouir dans sa jeunesse

 

Nel bel fior di gioventù
alle gioie aprire il seno,
donzellette, è gran virtù.
Chi tardi cominciò gode assai meno:
scherniti pentimenti,
che per comprar contenti,
non ha spaccio poi molto
l'argento d'un capel, l'oro d'un volto.
Nel bel fior di gioventù
alle gioie aprire il seno,
donzellette, è gran virtù.
È d'un corto mattin breve il sereno:
bellezze fuggitive,
estinte pria che vive,
in van l'arte vi aiuta,
non si racquista più beltà perduta.
Nel bel fior di gioventù
alle gioie aprire il seno,
donzellette, è gran virtù.

Dans la belle fleur de sa jeunesse,
Ouvrir son sein aux joies,
Demoiselles, c'est grande vertu.
Qui a commencé tard jouit bien moins.
Les regrets sont tournés en dérision,
Car pour acheter des jouissances,
L'argent des cheveux, l'or d'un visage
Sont bien peu cotés !
Dans la belle fleur de sa jeunesse,
Ouvrir son sein aux joies,
Demoiselles, c'est grande vertu.
D'un bref matin, le serein dure peu.
Beautés fugitives,
Éteintes avant de vivre,
L'art vous aide en vain:
Beauté perdue ne se retrouve point.
Dans la belle fleur de sa jeunesse,
Ouvrir son sein aux joies,
Demoiselles, c'est grande vertu.

 

 

L'amante modesto

L'amant modeste

 

Volano frettolosi i giorni e presto
un secolo sarà che t'amo, o Clori,
né de' miei lunghi ossequiosi amori
un picciol guiderdone anco t'ho chiesto.

Amante son, ma candido e modesto;
voglio che taciturno il cor t'adori
e voglio disfogar gl'interni ardori
col muto fiato d'un sospir onesto.

Godati chi di me più fortunato
nacque ai diletti impuri. A me sol basta
Saper dalla mia Clori esser amato.

Così mai non guerreggia e non contrasta
rivalità; diverso è il nostro stato:
egli t'ama impudica, io t'amo casta.

Les jours volent rapidement, et bientôt,
Cloris, il y aura un siècle que je t'aime;
Et de mon long et obéissant amour,
Je ne t'ai pas encore demandé la moindre récompense.

Je suis amoureux, mais candide et modeste,
Je veux que mon cœur t'adore en silence,
Et je veux soulager mes ardeurs intérieures
Avec le souffle muet d'un soupir honnête.

Qu'il jouisse de toi, celui qui, plus fortuné que moi,
Est né pour les plaisirs impurs; à moi, il me suffit
De savoir que je suis aimé de ma Cloris.

Ainsi, notre rivalité est sans bataille ni guerre;
Bien différent est notre état:
Il t'aime impudique, et je t'aime chaste.

 

 

Il contrasto de' cinque Sensi

Le débat des cinq sens

 

Chi di noi vaglia più
e di gioia maggior ministro sia
fiera lite ognor fu.
Io miro, io sento, io gusto, io fiuto, io tocco,
e nella donna mia
talor, anco mercé d'un picciol bacio,
tutto trabocco.
Tocca pur quanto sai,
ché nel sol tocco Amore
il verace gioir non pose mai.
Ne sia giudice il cor mesto e languente;
"ohimè" senti ch'il cor dentro ci dice,
ch'un sol bacio, ch'è niente, il fa felice.

Lequel de nous a le plus de valeur,
Et est le meilleur fournisseur de joie,
Toujours ce fut un farouche débat.
Je vois, j'entends, je goûte, je sens, je touche,
Et en ma dame
Parfois, rien que grâce à un petit baiser,
Je me précipite tout entier.
Touche donc autant que tu peux,
Car dans le seul toucher, Amour
N'a jamais placé la véritable jouissance.
Que le cœur triste et languissant en soit juge !
Entends le cœur en dedans nous dire "Hélas"
Alors qu'un seul baiser, qui pourtant n'est rien, le rend heureux.

 

 

Priego ad Amore

Prière à Amour

 

Pietosissimo Amore,
tu mai non abbandoni
chi ti consacra riverente il core.
Chi cieco ti figura,
chi nudo, chi bendato,
chi di saette armato
non provò tua dolcissima natura.

Morir, né morir mai,
languir, ma per un poco,
è gloria del tuo foco.

Vieni, deh, vieni a noi,
vieni, gioia dell'alme,
Spargi, spargi benigno i doni tuoi
e d'un cortese affetto
alla Barbara mia feconda il petto.

Amour plein de miséricorde,
Tu n'abandonnes jamais
Celui qui avec révérence te consacre son cœur.
Celui qui te représente aveugle,
Nu, les yeux bandés,
Armé de flèches,
N'a jamais éprouvé ta douce nature.

Mourir sans jamais mourir,
Languir, mais rien qu'un peu,
C'est la gloire de ton feu.

Viens, de grâce, viens à nous,
Viens, joie des âmes,
Répands, répands tes dons avec bonté
Et d'une aimable passion,
Féconde le sein de ma Barbara.

 

 

Gli amanti falliti

Les amoureux banqueroutiers

 

Amor, Amor, noi ricorriamo a te
supplichevoli avanti,
senza credito o fé, falliti amanti.
Se di forze ci spoglia
grave cadente età,
s'andiam ognora in giù,
se non potiamo più,
la tua pietà ci toglia
da dura servitù.
Amor, amor, noi ricorriamo a te
s'a noi manca ogni splendida ricchezza,
se, miseri e dolenti,
d'ogni nostra bellezza
miriamo i fior languenti.
E se non ritroviam chi più ci guardi,
frena, Amor, i tuoi dardi;
non bersagliar invano,
ch'il dar morte a manchevoli
sarebbe scorno della tua mano.

Amour, Amour, nous recourons à toi,
Venant devant toi en suppliants,
Sans crédit, sans confiance, amoureux faillis.
Maintenant que nous sommes dépouillés de nos forces
Par l'âge pesant du déclin,
Que nous sommes toujours sur la pente descendante,
Que nous ne pouvons plus rien faire,
Veuille ta pitié nous délivrer
De cette dure servitude.
Amour, Amour, nous recourons à toi,
Puisque il nous manque toutes nos splendides richesses,
Que, misérables et affligés,
Nous contemplons les fleurs languissantes
De toute notre beauté,
Et si nous ne trouvons plus personne pour nous regarder,
Amour, retiens tes flèches,
Ne nous vise pas inutilement,
Car donner la mort à des gens affaiblis
Serait un déshonneur pour ta main.

 

 

La Quaglia. Sonetto burlesco 

La caille, sonnet burlesque

 

Lascia di Libia il ciel l'ardita quaglia
e rivarcato il procelloso Egeo,
invan cercando il suo crudel Marmeo,
qui nel foco d'amor tutta si squaglia.

Mentre sonora più la voce scaglia
contro l'amante fuggitivo e reo,
par che mi desti un impeto febeo
e a dir contro di voi l'ira m'assaglia.

Ecco vanno del pari i nostri affanni:
s'ella il capo dibatte, il mio piè trotta;
si pasce ella di migli', io di malanni;

squaqquera spesso, ed io sospiro a ogn'otta;
le penne ha sconce, ed io squarciati i panni;
ella adora un Marmeo, io una marmotta.

La caille audacieuse quitte le ciel de Libye
Et, ayant franchi la mer Égée pleine de tempêtes,
Cherchant en vain son cruel balourd,
Elle vient ici fondre tout entière au feu d'amour.

Lorsqu'elle lance son chant le plus sonore
Contre l'amant fuyard et criminel,
Il semble qu'elle éveille en moi un élan apollinien,
Et la colère m'assaille, et me fait dire à votre encontre:

Voyez, nos tourments vont de pair:
Si elle bat de la tête, moi, c'est mon pied qui trotte;
Elle se repaît de mil, et moi de malheur;

Souvent elle carcaille; moi, je soupire à toute heure;
Elle a les plumes sales, moi les hardes déchirées,
Elle adore un balourd et moi une marmotte.

 

 

Al battitor di bronzo, della sua crudelissima Dama

Pour celui qui bat la statuette de sa très cruelle Dame

 

Quante volte ti bacio, o bronzo amato,
nunzio importun di mal graditi amori,
ch'hanno i miei baci, in sì cocenti ardori,
il segno delle labbra in te lasciato !

Quante volte di lagrime bagnato
testimonio ti fo de' miei dolori,
quando, escluso e deluso, errar di fuori
l'ira mi fa d'un demone adorato !

Quanti la notte e 'l dì teco ritorno
sdegnato a replicar colpi gelosi
con tuo danno, altrui riso e nostro scorno !

Ma tu perdona a gl'impeti amorosi,
ché spero alfin che vendicate un giorno
vedrò l'ingiurie mie ne' tuoi riposi.

Combien de fois je te baise, bronze chéri,
Importun messager d'amours mal accueillis,
Au point que mes baisers, en de si cuisantes ardeurs,
Ont laissé en toi la marque de mes lèvres !

Combien de fois, baigné de larmes,
Je te fais témoin de mes douleurs
Quand la colère d'un démon que j'adore
Me fait errer dehors, dédaigné, bafoué !

Combien de coups jaloux, nuit et jour, je t'assène,
Lorsque, dédaigné, je viens te retrouver
Pour ton malheur, pour le rire d'autrui, et pour notre honte !

Pardonne-moi mes élans amoureux:
J'espère que je finirai par voir un jour
Mes injures vengées, et toi en repos.

 

 

Pace arrabiata

Paix enragée

 

Come può, non come suol,
quell'altero
chiede pace, pace vuol.
Grida il fiero:
"Ad Amor e non a te
curvo il collo e bacio il piè ".
Replicò Fillide allor:
"Servi me, ché servi Amor.
Tu non conosci, o stolto,
che vicario d'Amor fatto è il mio/suo volto !"
Come può, non come suol,
quell'altero
chiede pace, pace vuol.
Privilegio ha la beltà:
guerra e pace
bella donna e rompe e fa.
Ecco tace
quell'ardente; e che può dir
se non fingere e soffrir ?
Quell'altier che la sprezzò
fintamente l'inchinò.
Si vede ben ch'allora
quel che bestemmia il cor la lingua adora.
Privilegio ha la beltà:
guerra e pace
bella donna e rompe e fa.

Comme il le peut, et non comme il en a l'habitude,
Cet orgueilleux
Demande la paix, veut la paix.
Il crie, le fier:
"C'est Amour, ce n'est pas toi
Qui me fait plier la nuque et baiser son pied."
À quoi répondit Philis:
"Tu me sers, puisque tu sers Amour;
Tu ne sais donc pas, sot,
Que mon visage est le représentant d'Amour."
Comme il le peut, et non comme il en a l'habitude,
Cet orgueilleux
Demande la paix, veut la paix.
La beauté a ce privilège:
Une belle femme fait la guerre et la paix
Aussi bien qu'elle les rompt.
Voici que se tait
Cet audacieux: que peut-il dire,
Sinon feindre et souffrir ?
Cet orgueilleux qui l'avait méprisée
A feint de plier devant elle;
On voit bien alors
Que ce que maudit le cœur, la langue l'adore.
La beauté a ce privilège:
Une belle femme fait la guerre et la paix
Aussi bien qu'elle les rompt.

 

 

Vecchio amante che rende la piazza

Vieil amoureux qui capitule

 

Io cedo, Amor, io cedo
all'ingiurie de gl' anni:
congiurate a miei danni
l'armi del tempo io vedo;
io cedo, Amor, io cedo.
Acciò la resa mia
senza gloria non sia,
pria ch'estinto io mi veggia,
Amor, per me patteggia.
La rocca del mio core
tutte ha perdute omai
le diffese di fuore:
ai balconi del volto
l'uso del lume è tolto;
di mia bocca son state
le macchine atterrate;
ogni duro si scuote
e per la breccia di rugose gote
l'ultimo assalto apparecchiato io vedo.
Io cedo, Amor, io cedo,
pria ch'estinto io mi veggia;
così per me patteggia.
Il miccio del desire
voglio primieramente
resti acceso all'uscire;
la speme porti almeno
poco bagaglio in seno;
al mio coraggio tocca
sortir con palla in bocca;
e portar di ragione
vuol la memoria un picciolo cannone,
che la memoria sol meco io mi vedo.
Io cedo, Amor, io cedo,
pria ch'estinto io mi veggia;
così per me patteggia.
Ancor sarà dovere
marchiar in ordinanza
a spiegate bandiere;
per dovunque si passa
trombeggiar, batter cassa;
ove condurmi io voglio
ch'abbia un fido convoglio.
Parla chiaro e che basti,
ché non sorghino in fin nuovi contrasti,
perch'il nemico cavilloso io vedo.
Io cedo, Amor, io cedo,
all'ingiurie de gl' anni:
congiurate a miei danni
l'armi del tempo io vedo;
io cedo, Amor, io cedo.

Je cède, Amour, je cède
Aux injures des ans;
Je vois les armes du Temps
Conjurées pour ma perte,
Je cède, Amour, je cède.
Afin que ma reddition
Ne soit pas sans gloire,
Avant que je me voie éteint,
Amour, négocie pour moi en ces termes.
La forteresse de mon cœur
A désormais perdu
Toutes ses défenses extérieures.
Aux balcons du visage,
L'usage de la lumière a été ôté.
Les machines de ma bouche
Ont été jetées à terre;
Tout ce qui est dur branle,
Et par la brèche des joues rugueuses,
Je vois préparé l'ultime assaut.
Je cède, Amour, je cède.
Avant que je me voie éteint,
Amour, négocie pour moi en ces termes.
Je veux premièrement
Que la mêche de mon désir
Puisse sortir en restant enflammée
Et que l'espérance emporte au moins
Un peu de bagage sur son sein.
Il convient à mon courage
De sortir la balle dans la bouche
Et ma mémoire veut, à juste titre,
Emporter un petit canon;
Car je ne vois que la mémoire pour m'accompagner.
Je cède, Amour, je cède.
Avant que je me voie éteint,
Amour, négocie pour moi en ces termes.
Il faudra également
Marcher en bon ordre,
Bannières déployées,
Partout où on passera,
Sonner de la trompette et battre du tambour;
Que là où je veux me diriger,
J'aie un fidèle convoi.
Parle clairement, et qu'il suffise
Que ne surgissent pas à la fin de nouveaux conflits,
Car je vois l'ennemi bien chicanier.
Je cède, Amour, je cède
Aux injures des ans;
Je vois les armes du Temps
Conjurées pour ma perte,
Je cède, Amour, je cède.

 

 

Dal pianto degli amanti scherniti s'imparò a far la carta

C'est des larmes d'amoureux dédaignés qu'on apprit à fabriquer le papier

 

Mordeva un bianco lino Aci dolente
e come è l'uso de' scherniti amanti
alla sua bella schernitrice avanti
del mal trattar godea tela innocente.

Ma quel ch'irato lacerava il dente
non mai restavan d'ammollire i pianti,
che, trito omai da tanti morsi e tanti,
liquido il rese al fin l'occhio gemente.

Tela non sembra più, ma foglie sparte:
onde tu prima c'insegnasti, Amore,
col fiero esempio a fabbricar le carte.

Se nacque già dal feminil rigore
d'una donna crudel sì nobil arte,
che produrrà la cortesia d'un core ?

Acis dolent mordait dans un blanc morceau de lin,
Et, selon l'usage des amants dédaignés,
Devant sa belle dédaigneuse,
Il prenait plaisir à maltraiter un tissu innocent.

Mais ce que sa dent irritée lacérait,
Ses larmes ne cessaient de l'amollir,
Et ce qui était broyé par tant et tant de morsures,
Ses yeux gémissants finirent par le liquéfier.

On ne dirait plus du tissu, mais des feuilles éparses;
C'est ainsi, Amour, que tu nous enseignas pour la première fois
Par un cruel exemple, à fabriquer le papier.

Si donc jadis naquit d'une rigueur de femme,
D'une dame cruelle, un si noble art,
Que ne pourra produire la courtoisie d'un cœur ?

 

 

Il ritorno

Le retour

 

S: È tornato il mio bene.

T: Hai riavuto il core.

S: Son uscita di pene.

T: T'ha ravvivata Amore.

S: M'ha ravvivata Amore.

S e T: Al gioir, al gioir, non più parole:
è tornato il mio/tuo ben, venne il mio/tuo sole.

S: O beato ritorno !

T: Hai quel che brami in seno.

S: O soave soggiorno !

T: Sei consolata appieno.

S: Son consolata appieno.

S e T: Al gioir, al gioir, non più lamenti:
quand'ho le gioie in sen / mentr'hai le gioie in sen
lieti ho/hai gli accenti.

S: O risorte venture !

T: O stabiliti onori !

S: O dolcezze sicure !

T: O confermati Amori !

S: O confermati Amori !

S e T: Al gioir, al gioir, non più querele:
il raggio del mio/tuo sol, raggio è fedele.

S: Mon amour est revenu.

T: Tu as recouvré ton cœur.

S: Je suis tirée de peine,

T: Amour t'a ressuscitée.

S: Amour m'a ressuscitée.

S et T: Jouissons, trêve de paroles,
Mon/ton amour est revenu, mon/ton soleil est arrivé.

S: Oh heureux retour !

T: Tu as ce que tu désires sur ton sein.

S: Oh doux séjour !

T: Tu es pleinement consolée.

S: Je suis pleinement consolée.

S et T: Jouissons, trêve de lamentations,
Lorsque j'ai/Pendant que tu as la joie au cœur,
J'ai/Tu as des accents joyeux.

S: Oh, bonheur revenu !

T: Oh, honneur raffermi !

S: Oh, douceurs assurées !

T: Oh, amours confirmées !

S: Oh, amours confirmées !

S et T Jouissons, trêve de plaintes !
Le rayon de mon/ton soleil est un rayon fidèle.

 

 

La Vittoria

La Victoire

 

Il gran Giove non si gloria
d'altre belle essere amante;
gode solo il dio costante
quando in seno è di Vittoria.
La Vittoria d'un bel Rovere
al suo Giove adorna il crine,
nel cui verde in aure e brine
già la Gloria venne a piovere.
Nacque già nobil primizia,
già gli rese il ciel fecondi;
ma d'Etruria anco i sei mondi
d'alti Eroi voglion dovizia.

Le grand Jupiter ne se glorifie pas
D'être l'amant d'autres belles;
Ce dieu constant n'est heureux
Que quand il est dans le sein de Vittoria/la Victoire.
La Victoire orne d'un beau chêne
La chevelure de son cher Jupiter;
Dans ce vert, déjà la gloire
Vient pleuvoir en un givre doré.
Déjà est né un noble premier rejeton,
Déjà le ciel les a rendus féconds;
Mais les six mondes de l'Étrurie
Veulent encore abondance de nobles héros.

 

 

L'amante timido eccitato

Incitation à l'amoureux timide

 

T: T'invito a godere
mio core, e paventi !

S: Avvezzo ai tormenti,
io sdegno il piacere.

T: Il bene hai presente,
mio cor, che tu brami ?

S: A gioie tu chiami
chi gioie non sente.

T: L'invito ti piace,
mio cor, né ti affretti ?

S: Vo pian coi diletti,
che il bene è fallace.

T: Ardisci e godrai:

S e T: Chi non s'arrischia non gioisce mai.

T: Je t'invite au bonheur,
Mon cœur, et tu as peur ?

S: Accoutumé au tourment,
Je méprise le plaisir.

T: Tu as le bonheur devant toi,
Mon cœur, que désires-tu ?

S: Tu invites à la joie
Celui qui n'en ressent point.

T: L'invitation te plaît,
Mon cœur, et tu ne t'empresses pas ?

S: J'y vais doucement avec les plaisirs
Car le bonheur est trompeur.

T: Ose et tu seras heureux.

S et T: Qui ne risque rien ne jouit jamais.

 

 

Conclusione dell'opera

Conclusion de l'œuvre

 

Voi sete, o begli occhi,
le stelle che scorto
col vostro bel raggio
nel primo viaggio
m'avete a buon porto.
Oh dio, che mi tocchi
di mirti e d'allori
il crine adornato,
che premio è più grato
de gli ostri e de gli ori.
Ed ecco il primo voto appendo al tempio
d'un nuovo e forse non creduto esempio.
A un lampo sereno
che splende cotanto
è forza che belle
sien l'arie novelle
nel regno del canto.
O Dio, che ripieno
di sconcia armonia
avete l'orecchio,
ond'io v'apparecchio
miglior melodia.
E a chi gli studi miei creder non giova
mando querela e lo disfido a prova.

Vous êtes, beaux yeux,
Les étoiles qui,
Avec vos beaux rayons,
M'ont escortée à bon port
Dans mon premier voyage.
Ô Dieu, qui viens toucher
Ma chevelure ornée
De myrtes et de lauriers,
Récompense plus agréable
Que la pourpre et que l'or !
Et voici que j'appends dans le temple le premier ex-voto
D'un exemple neuf, et peut-être incroyable.
Pour un éclair serein
Qui resplendit autant,
Il est nécessaire que beaux
Soient les airs nouveaux
Au royaume du chant.
Ô Dieu ! vous avez
L'oreille pleine
D'une repoussante harmonie;
C'est pourquoi je vous prépare
Une meilleure mélodie.
Et celui qui n'arrive pas à croire à mes études
Je lui lance un défi et l'invite à l'épreuve.

 

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traduction: Jacqueline & Alain DUC