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Claudio Monteverdi

[1567 - 1643]

 

 

  1. Non si levav'ancor l'alba novella
  2. Bevea Fillide mia
  3. Dolcissimi legami
  4. Non giacinti o narcisi
  5. Intorno a due vermiglie e vaghe labra
  6. Non son in queste rive
  7. Tutte le bocche belle
  8. Donna, nel mio ritorno
  9. Quell'ombr'esser vorrei
  10. S'andasse Amor a caccia
  11. Mentr'io mirava fiso
  12. Se tu mi lassi, perfida
  13. Ecco mormorar l'onde
  14. La bocca onde l'asprissime parole
  15. Dolcemente dormiva la mia Clori
  16. Crudel, perché mi fuggi
  17. Questo specchio ti dono
  18. Non m'è grave 'l morire
  19. Ti spontò l'ali, Amor, la donna mia
  20. Cantai un tempo

 

 

Non si levav'ancor l'alba novella

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Non si levav'ancor l'alba novella
né spiegavan le piume
gl'augelli al novo lume,
ma fiammeggiava l'amorosa stella,
quand'i duo vaghi e leggiadrett'amanti,
ch'una felice notte aggiuns'insieme,
com'acanto si volg'in vari giri,
divise il novo raggio e i dolci pianti
nell'accoglienz'estreme
mescolavan con baci e con sospiri
mille ardenti pensier, mille desiri.
Mille voglie non paghe
in quelle luci vaghe,
scopria quest'alma innamorata e quella.

E dicea l'una sospirand'allora:
anima, a dio, con languide parole.
E l'altra: vita, a dio, le rispondea,
a dio, rimanti. E non partiansi ancora
inanzi al novo sole,
e inanzi a l'alba che nel ciel sorgea,
e questa e quella impallidir vedea
le bellissime rose
ne le labr'amorose,
e gl'occhi scintillar come facella
e come d'alma che si part'e svella,
fu la partenza loro:
a dio che part'e moro,
dolce languir, dolce partita e fella.

L’aube nouvelle ne s’était pas encore levée,
Et les oiseaux n’ouvraient pas leurs ailes
À la nouvelle lumière,
Mais l’étoile amoureuse flamboyait,
Quand les deux beaux et séduisants amoureux
Qu’une nuit de bonheur avait réunis
Comme l’acanthe s’enlace dans ses volutes,
Furent séparés par la naissance du jour; et leurs douces plaintes
Dans leurs ultimes étreintes
Mêlaient avec des baisers et des soupirs
Mille ardentes pensées, mille désirs.
Et l’une et l’autre âme amoureuse
Découvrait dans ces beaux yeux
Mille vœux insatisfaits.

Et l’une disait alors en soupirant:
«Mon âme, adieu», languissantes paroles.
L’autre lui répondait: «Ma vie, adieu,
Reste à la grâce de Dieu." Et ils ne se séparaient pas encore.
Devant le nouveau soleil,
Et devant l’aube qui pointait au ciel,
Et l’un et l’autre voyait pâlir
Les si belles roses
Sur les lèvres amoureuses,
Et les yeux scintiller comme une torche;
Et leur séparation fut comme
Celle d’une âme qui s’en va et s’arrache:
Adieu, je m’en vais et je meurs,
Douce agonie, douce et cruelle séparation.

 

 

 

Bevea Fillide mia

Girolamo Girolamo Casoni

Bevea Fillide mia
e nel ber dolcemente
baci al dolce liquor porgea sovente.
Tutto quel che rimase
lieta mi diede poi
misto con baci suoi:
io il bevo e non so come bevo Amore,
che dolcement'anch'ei mi bacia il core.

Ma Philis buvait
Et en buvant doucement,
Elle donnait souvent des baisers à la douce liqueur.
Tout ce qui resta,
Elle me le donna joyeuse,
Mêlé à ses baisers:
Je le bois, et, je ne sais comment, je bois Amour,
Qui doucement lui aussi me baise le cœur.

 

 

 

Dolcissimi legami

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Dolcissimi legami
di parole amorose,
che mi legò da scherz'e non mi scioglie.
Così egli dunque scherz'e così coglie ?
Così l'alme legate
sono ne le catene insidiose ?
Almen chi sì m'allaccia
mi leg'ancor fra quelle dolci braccia.

Doux liens
De mots d’amour,
Il m’a lié pour jouer et ne me détache pas.
C’est donc ainsi qu’il joue et qu’il attrape ?
C’est ainsi que les âmes sont liées
Dans des chaînes insidieuses ?
Au moins, que celui qui me lie ainsi
M’attache aussi dans ses doux bras.

 

 

 

Non giacinti o narcisi

Girolamo Girolamo Casoni

Non giacinti o narcisi,
ma piccioletti fior siamo, ch'Amore
mand'a voi, di beltà candido fiore.
O se 'l sol de' vostr'occhi,
pur un poco ne tocchi,
saran vil alghe poi
e narcisi e giacint'a fronte a noi.

Nous ne sommes pas jacinthes ou narcisses,
Mais toutes petites fleurettes, qu’Amour
Vous envoie, blanche fleur de beauté.
Oh ! si le soleil de vos yeux
Nous touche un tant soit peu,
Narcisses et jacinthes, en face de nous,
Seront de méprisables algues.

 

 

 

Intorno a due vermiglie e vaghe labra

Intorno a due vermiglie e vaghe labra,
di cui rose più belle
non ha la primavera,
volan soavi baci a schier'a schiera.
E son più ch'a le stelle
in ciel puro e sereno,
più ch'a le gemme de la terra in seno.
Motti sonori od amorosi o casti,
tra tanti un mi negasti,
spietat'un bacio solo,
tu che non spieghi a volo,
Amor, insidiando a baci
sì com'augei rapaci,
che sol imaginand'han già rapita
quest'alm'e questa vita.
Tendi l'insidie tendi
ed un'almen tra mill'ardito prendi.

Autour de deux ravissantes lèvres vermeilles,
Telles que le printemps n’a pas
De roses plus belles,
De doux baisers volent en troupes,
Plus nombreux que les étoiles
Dans un ciel pur et serein,
Plus nombreux que les gemmes dans le sein de la terre.
Mots sonores, amoureux ou chastes,
Parmi tant, tu m’en as refusé même un seul,
Cruelle, un seul baiser.
Toi qui ne t’envoles pas,
Amour, tendant des pièges aux baisers
Comme à des oiseaux rapaces
Qui, rien qu’en imagination, ont déjà ravi
Mon âme et ma vie,
Tends tes pièges, tends-les
Et prends-en hardiment au moins un entre mille.

 

 

 

Non son in queste rive

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Non son in queste rive
fiori così vermigli
come le labra de la donna mia.
Né 'l suon de l'aure estive,
tra fonti e rose e gigli,
fan del suo canto più dolce armonia.
Canto che m'ardi e piaci,
t'interrompano solo i nostri baci.

Il n’est point sur ces rivages
De fleurs aussi vermeilles
Que les lèvres de ma dame.
Le son des brises d’été,
Entre sources, roses et lis,
Ne fait pas une plus douce harmonie que son chant.
Chant, toi qui m’enflammes et me séduis,
Que seuls nos baisers t’interrompent !

 

 

 

Tutte le bocche belle

Filippo Neri

Tutte le bocche belle,
in questo nero volto ai baci sfida
la mia nemica infida.
Restanvi i baci impressi
quasi amorose stelle
nel vago oscuro velo,
onde s'amant'il cielo.
O perché non poss'io cangiarm'in lui ?
ch'intorno a gl'occhi miei
per mille baci mille stell'avrei.

Toutes les belles bouches
Sont mises au défi par ma perfide ennemie
De donner des baisers sur mon noir visage.
Les baisers y restent imprimés
Comme des étoiles amoureuses
Sur le beau voile obscur
Dont s’enveloppe le ciel.
Pourquoi ne puis-je être changé en lui ?
Autour de mes yeux, j’aurais
Pour mille baisers mille étoiles.

 

 

 

Donna, nel mio ritorno il mio pensiero

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Donna, nel mio ritorno il mio pensiero,
a cui nulla pon freno,
precorre dov'il ciel è più sereno
e sen vien a far con voi soggiorno,
né da voi si diparte
giamai la nott'e il giorno,
perché l'annoia ciascun'altra parte,
onde sol per virtù del pensier mio
mentre ne vengo a voi con voi son io.

Dame, pendant mon retour, mon penser
À qui je n’impose aucun frein,
Court devant, là où le ciel est plus serein,
Et vient demeurer avec vous,
Et ne s’éloigne pas de vous,
Jamais, ni la nuit ni le jour,
Car tout autre endroit lui pèse;
Ainsi, par la seule vertu de ma pensée,
Pendant que je reviens vers vous, je suis avec vous.

 

 

 

Quell'ombr'esser vorrei

Girolamo Casoni

Quell'ombr'esser vorrei
che 'l dì vi segue leggiadrett'e bella,
che s'or son servo, i' sarei vostr'ancella.
E quando parte il sole,
m'asconderei sotto quei bianchi panni:
lasso, ben ne gl'affanni,
ombr'ignuda d'uom vivo, Amor, mi fai,
ma non mi giungi a la mia donna mai.

Je voudrais être cette ombre
Qui le jour vous suit, charmante et belle:
Si maintenant je suis votre serviteur, je serais votre servante.
Et quand le soleil s’en va,
Je me cacherais sous ces draps blancs.
Hélas, dans mes tourments,
Amour, tu fais de moi une ombre nue d’homme vivant,
Mais tu ne me réunis jamais à ma dame.

 

 

 

S'andasse Amor a caccia

Torquato Tasso [1544 - 1595]

S'andasse Amor a caccia,
Grechin a lass'avria per suo diletto
e de le damme seguiria la traccia,
ché vago pargoletto
è questo come quello
e leggiadrett'e bello.
Vezzosetto Grechino,
se pur vol tuo destino
ch'egli sia cacciatore,
prendi costei mentr'ella fugge Amore.

Si Amour allait à la chasse,
Il aurait, pour son plaisir, Grechin en laisse,
Et il suivrait la trace des daims
Car l’un comme l’autre
Est un joli petit enfant,
Et beau et charmant.
Mignon Grechin,
Si ton destin veut
Qu’il soit chasseur,
Prends celle-ci pendant qu’elle fuit Amour.

 

 

 

Mentr'io mirava fiso

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Mentr'io mirava fiso
de la mia donna gl'occh'ardenti e belli,
due vaghi spiritelli
fiammeggiando n'uscir a l'improviso,
e leggiadretti e snelli,
facendo mille scherz'e mille giri,
mille fughe d'intorno
e mille aguati dentr'al sen adorno,
mi trassero dal cor mille sospiri,
onde con dolc'ed amorosi lai,
pietà, pietà, gridai.

Alors que je regardais fixement
Les beaux yeux ardents de ma dame,
Deux beaux petits esprits
Flamboyants, en sortirent soudain,
Et, ravissants et rapides,
Faisant mille jeux et mille tours,
Mille fugues tout autour,
Et mille embuscades dans ce sein paré,
Ils me tirèrent du corps mille soupirs,
Si bien qu’avec de douces et amoureuses lamentations,
Je criai: pitié, pitié.

 

 

 

Se tu mi lassi, perfida, tuo danno

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Se tu mi lassi, perfida, tuo danno:
non ti pensar che sia
misera senza te la vita mia.
Misero ben sarei
se miseria stimasse e non ventura
perder chi non mi cura
e ricovrar quel che di me perdei.
Misera e tu, che per novell'amore
perdi quel fido core,
ch'era più tuo che tu di te non sei.
Ma 'l tuo già non perd'io,
perché non fu mai mio.

Si tu me quittes, perfide, tant pis pour toi:
Ne va pas penser que ma vie
Sera malheureuse sans toi.
Je serais bien misérable
Si j’estimais que c’est malheur, et non pas chance,
De perdre qui n’a cure de moi
Et de retrouver ce que j’ai perdu de moi-même.
La malheureuse, c’est toi, qui pour un nouvel amour
As perdu ce cœur fidèle,
Qui t’appartenait plus que tu ne t’appartiens à toi-même.
Mais ton cœur, je ne le perds pas,
Car il ne fut jamais à moi.

 

 

 

Ecco mormorar l'onde

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Ecco mormorar l'onde
e tremolar le fronde
a l'aura mattutina e gl'arboscelli
e sovra i verdi rami i vaghi augelli
cantar soavemente
e rider l'oriente;
ecco già l'alba appare
e si specchia nel mare
e rasserena il cielo
e le campagne imperla il dolce gelo
e gl'alti monti indora.
O bella e vagh'aurora
l'aura è tua messagiera, e tu de l'aura
ch'ogn'arso cor ristaura.

Voici murmurer les ondes
Et trembler les feuillages
Dans la brise du matin; vois les arbrisseaux,
Et sur leurs verts rameaux, les beaux oiseaux
Chanter doucement,
Rire l’orient;
Voici que déjà l’aube apparaît
Et vient se mirer dans la mer,
Le ciel redevient calme,
Un doux givre emperle les campagnes,
Et dore les hauts sommets.
Ô belle, ravissante aurore,
La brise est ta messagère, et toi celle de la brise
Qui rafraîchit tout cœur brûlé.

 

 

 

La bocca onde l'asprissime parole

Enzo Bentiviglio

La bocca onde l'asprissime parole
solean uscir ch'ir mi facean dolente
vie più di quante mai fur sotto il sole,
or nutre l'alma mia soavemente
d'odor di fresche rose e di viole,
cui cede ogn'altro che l'Arabia sente
e d'ambrosia e di nettare si pasce,
ché tra le perl'e i bei rubini nasce.

La bouche dont sortaient les rudes paroles
Qui me faisaient aller dolent,
Plus dures que toutes celles qui jamais furent sous le soleil,
Nourrit désormais doucement mon âme
D’une odeur de fraîches roses et de violettes
Qui l’emporte sur tous les parfums de l’Arabie,
Et elle se repaît d’ambroisie et de nectar
Qui naissent parmi les perles et les beaux rubis.

 

 

 

Dolcemente dormiva la mia Clori

Torquato Tasso [1544 - 1595]

Dolcemente dormiva la mia Clori
e intorn'al suo bel volto
givan scherzand'i pargolett'amori.
Mirav'io da me tolto,
con gran diletto lei,
quando dir mi sentei: stolto, che fai ?
tempo perduto non s'acquista mai.
Allor io mi chinai così pian piano
e baciandole il viso,
provai quanta dolcezz'ha il paradiso.

Ma Cloris dormait doucement
Et autour de son beau visage
Allaient jouant les petits amours.
Je la regardais, arraché à moi-même,
Avec grand plaisir,
Quand je m’entendis dire: Que fais-tu, imbécile ?
Le moment perdu ne se retrouve jamais.
Alors, je me penchai, doucement, tout doucement,
Et, lui baisant le visage,
Je sentis combien le paradis a de douceur.

 

 

 

Crudel, perché mi fuggi

Giovanni Battista Guarini [1538 - 1612]

Crudel, perché mi fuggi
s'hai della morte mia tanto desio ?
tu sei pur il cor mio.
Credi tu per fuggire,
crudel, farmi morire ?
Ah ! non si pò morir senza dolore
e doler non si pò chi non ha core.

Cruel(le), pourquoi me fuis-tu,
Si tu désires tellement ma mort ?
Tu es pourtant mon cœur.
Crois-tu par ta fuite,
Cruel(le), me faire mourir ?
Ah ! On ne peut mourir sans souffrance
Et qui n’a plus de cœur ne peut souffrir.

 

 

 

Questo specchio ti dono

Girolamo Casoni

Questo specchio ti dono,
rosa tu dam'or che l'età consente,
ch'io colga il tuo bel fior primo ridente.
Se ciò non voi, te mira,
cara fanciull'ivi due volt'e poi,
o caduc'onor tuoi,
vermiglia in sul matin, bell'e gentile,
di sera ti vedrai pallida e vile.

Je te donne ce miroir,
Toi, donne-moi ta rose, maintenant que l’âge consent
Que je cueille ta belle fleur en son premier sourire.
Si tu ne veux pas, chère fillette,
Regarde-toi deux fois dans ce miroir: alors,
Ô charmes périssables,
Vermeille sur le matin, belle et gentille,
Le soir tu te verras pâlie et méprisable.

 

 

 

Non m'è grave 'l morire

Bartolomeo Gottifredi

Non m'è grave 'l morire,
donna, per acquetar vostro desire,
anzi il viver m'annoia,
sapend'esser voler vostro ch'io moia.
Ben morrei più contento,
s'io fossi inanzi a voi di vita spento,
e vi vedess'a sorte
lagrimar per pietà de la mia morte.

Ce n’est pas mourir qui me pèse,
Madame, pour satisfaire votre désir;
C’est plutôt vivre qui m’ennuie,
Sachant que votre vouloir est que je meure.
Je mourrais plus content
Si je perdais la vie devant vous,
Et si par bonheur je vous voyais
Pleurer apitoyée par ma mort.

 

 

 

Ti spontò l'ali, Amor, la donna mia

Filippo Alberti [1548-1612]

Ti spontò l'ali, Amor, la donna mia,
acciò tu gissi solo
nei suoi begl'occh'a volo.
Mira se queste sono
piume de l'ali tue, ch'io n'ebb'in dono:
o perché piangi, stolto ?
prendi le piume tue,
ma taci pria e gl'occh'asciugh'e 'l volto.
Ah, tel credevi, Amore !
se voi le piume tue, rendimi il core.

Amour, ma dame t’a rogné les ailes
Afin que tu ne puisses voler
Ailleurs que sur son beau visage.
Regarde si ce sont bien là
Les plumes de tes ailes, que j’ai reçues en cadeau:
Pourquoi pleures-tu, sot ?
Prends tes plumes,
Mais tais-toi d’abord, sèche tes yeux et ton visage.
Ah, tu t’y croyais, Amour !
Si tu veux tes plumes, rends-moi mon cœur !

 

 

 

 Cantai un tempo e se fu dolce il canto

Pietro Bembo [1470-1547]

Cantai un tempo e se fu dolce il canto,
questo mi tacerò, ch'altr'il sentiva.
Or è ben giont'ogni mia festa a riva
ed ogni mio piacer rivolto in pianto.
O fortunato chi raffrena in tanto
il suo desio: che riposato viva !
Di riposo e di pac'il mio mi priva:
così va ch'in altrui pon fede tanto.

J’ai chanté un temps, et si ce chant fut doux,
Je m’en tairai, car c’est une autre qui l’entendait.
Maintenant, ma fête est finie,
Tous mes plaisirs se sont changés en pleurs.
Heureux celui qui tient la bride à son désir;
Qu’il vive en repos !
Le mien me prive de repos et de paix,
Tel est le sort de qui se fie autant à autrui.

 

 

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traduction: Jacqueline & Alain DUC