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Le Sieur Gilliers
L'Impromptu de Livry
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donné à S.A.S. Madame la Princesse Doüairiere de Conty à
Livry-le-Chasteau le 12. Aoust 1705, Livret de Dancourt |

La Scene est à Livry-le-Château
Flore Flore,
continuë Un
Pastre
(Monsieur Sallé) Flore Le
Pastre Le
Pastre,
continuë Flore
Heureux Habitans de ces Bois,
Pastres, Sylvains, Bergeres & Driades,
Dans ces aimables promenades,
Au son des Flutes, des Hautbois,
Venez joindre vos douces voix.
Jamais jour en ces lieux n'a paru si charmant,
Des Divinitez la plus belle
Leur donne un nouvel agrément
Qu'ils ne pourroient avoir sans elle.
Sa douceur, sa beauté, son éclat sans
pareil,
Font assez voir qu'elle est la Fille du Soleil,
Et de sa plus douce lumiere
Aujourd'huy ce Dieu nous éclaire.
De cet Astre brillant la brûlante chaleur
Avoit dans vos Jardins seché les dons de Flore;
Les feüilles de vos Bois à sa trop vive
ardeur
A peine resistoient encore,
Et les pleurs mesme de l'Aurore
Ne pouvoient de vos Prez conserver la
fraîcheur.
La Déesse par sa presence
Leur rend à tous leurs ornemens.
Icy dans ces heureux momens
De ses premiers regard s tout ressent la
puissance.
Le Fils du Dieu qui regit cet Empire,
Assemble icy les plaisirs & les jeux.
D'un doux sourire
Il les attire;
Dans tous les coeurs
Sa presence inspire
Mille douceurs.
Tout l'Univers l'aime & l'admire.
Il est l'objet de tous les voeux,
Et le Seigneur de ces beaux lieux
N'aspire
Qu'à meriter un regard de ses yeux.
Hé ! pour rendre un Mortel heureux,
Ce regard seul ne doit-il pas suffire.
Que je me plais dans ces Boccages !
Les Oyseaux dans ce beau sejour
Invitent par leurs doux ramages.
Aux tendres plaisirs de l'amour.
Chaque matin sous ces feüillages
Ils viennt tous faire leur cour,
Et rendre leurs premiers hommages
A la Fille du Dieu du jour.


Flore Flore,
continuë
Dans ces beaux lieux
Chacun est heureux.
Ces douces retraites
Pour l'amour sont faites.
Bergers amoureux,
Au son des Musettes,
Aux tendres Filletes
Expliquent leurs feux.
S'ils changent de voeux,
Toujours satisfaites,
Sans être Coquettes,
Elle sont sujettes
A faire comme eux.
Aimable Livry,
Lieu des Dieux chery,
Sois toujours seur d'être
Aimé de ton Maître;
Dans tes Bois l'Amour
Se plaira sans cesse,
Quand cette Déesse
Y tiendra sa Cour.
Que puisse à son tour,
Le Soleil son Pere
Quelque jour s'y plaire
Aller pour y faire
Un pareil sejour.


Marotte Lucas Marotte Lucas Lubine Lucas Lucas Si-tost qu'on
est en menage On devient
triste, on enrage Le plus
heurex mariage Qui s'en
passe est le plus sage.
Une Nôce de Village
Est simple & sans embarras.
Les richesses ne sont pas
Le bonheur du Mariage.
Une fille jeune & sage,
Peu de bien, beaucoup d'appas,
C'est de quoy dans le menage
On doit faire le plus de cas.
Margot d'abord étoit comme
Vous venez de dire-là,
Et dés que je fus son homme,
Aussi-tost elle changea.
Si j'eûs pris par avanture
Fille riche & sans beauté,
De queuque mauvais côté
Qu'alle eût pû prendre tournure,
J'aurois toujours profité,
Et ma fortune étoit seure,
Car le bien me fût resté.
Profitons bien de nos beaux jours,
Aimons quand nous sommes aimables.
Les premiers momens des amours
Sont toujours les plus agreables.
Le temps coule, & passe toujours,
Et les plaisirs sont peu durables.
Les premiers momens des amours
Sont toujours les plus agreables.
Pour avoir un mary,
Ne craignez point d'attendre;
Fillettes de Livry
En trouvent à revendre.
De leurs beautez sans peine
Nombre d'amans sont épris.
Si la Cour n'en amene,
Il leur en vient de Paris.
Le hasard regle tout,
C'est Lucas qui propose,
C'est Margot qui resout,
Et l'Estoile dispose.
Mais dans de tendres flâmes,
Aussi-bien que les amours,
L'Etoile pour les femmes
Se declarera toujours.
Nos femme choisiront
Des Maris pour nos filles,
Et les meilleurs seront
Pris pour les plus gentilles:
Mais qu'elles prennent garde
Que nos FEmmes par hasard,
Ou du moins par mégarde
N'en prennent aussi leur part.
C'est bien faict dans son jeune age
De songer à son plaisir,
On en a pas le loisir.
C'est bien faict, &c.
Eût-on femme à son desir.
C'est bien faict, &c.
Est sujet au repentir.
C'est bien faict, &c.
Proverbe ne peut mentir.
C'est bien faict, &c.