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Divertissement
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le vingt-six Novembre 1755 Jour de la Dedicace de la Statuë de Sa Majesté Tres-Chrestienne |

Prologue en Musique à la Comédie
Les Originaux
Minerve Suite de la
Gloire
La Gloire
Suite de Minerve
Prologue en Musique analogue à la Cérémonie du Jour
La
Gloire Minerve,
vivement Je vois ici
des noms célébres, Minerve &
la Gloire La
Gloire Minerve,
plus vivement encore La
Gloire,
avec enthousiasme L'éclat
d'une injuste victoire, Les
Statuës des Conquérans s'abiment, on voit
à leur place celles de LOUIS XV & de
STANISLAS Cédez
superbes Conquérans, Minerve,
avec transport Le
Choeur Minerve &
la Gloire La
Gloire,
avec joye Des Dieux
même elle est le partage, Minerve Peuples
heureux sous leur empire; Peuples
heureux sous leur empire, Le
Choeur
Sage Minerve, enfin vous m' avez éclairée
?
C'en est fait, je me rends, & céde à vos
raisons.
Si vous êtes pénétrée ?
Profitez donc de mes leçons.
Qu'à l'immortalité vos mains ont
consacrés;
Mais la plûpart de ces noms adorés,
Ne méritoient que les ténébres,
D'où vos fastes les ont tirés.
Pour la postérité quel plus funeste
exemple,
Que ces crimes brillans égalés aux vertus
!
Et parmi les Héros rassemblés dans ce
Temple,
Doit-on voir ALEXANDRE à côté de TITUS
!
Quoi ! ce Conquérant de l'Asie... ?
Né pour le malheur des humains,
Qui dans leur sang trempa ses mains,
Et dont l'aveugle frénésie
Aspiroit aux honneurs divins;
De climats en climats sa fureur vagabonde
Traînoit avec la mort, l'épouvante &
l'horreur,
Et son insatiable ardeur
Brûloit de s'élancer hors des bornes du
monde.
Comptez-vous, parmi ces vertus,
Des fleuves teintés de sang ? des murs réduits
en cendres ?
Le jour que regretta Titus
L'emporte sur les jours les plus beaux
d'Alexandre.
Oüi: leur régne est passé, qu'ils
tremblent à leur tour,
Ces Conquérans de sang avides;
La terre a trop gémi sous leurs loix homicides;
Oüi: vous m'ouvrez les yeux; voici leur dernier
jour.
Des lauriers arrosés de pleurs,
N'usurperont plus les honneurs
A la seule vertu réservés par la gloire.
Disparoissez vains monumens
Erigés par la crainte à l'orguëil des
Tyrans,
Tombés avec leurs noms dans une nuit
profonde;
Cédez aux Bienfaiteurs du monde.
Sur ces bronzes nouveaux voyez les traits chéris
Des Rois dont la vertu consacre la memoire.
Ah ! je les reconnois... STANISLAS & LOUIS !
Je reconnois aussi la véritable gloire.
Que livrés aux tourmens de ses poisons vengeurs,
L'envie exhale en vain son impuissante rage,
A ces Autels nouveaux, à ces Dieux bienfaiteurs,
Mortels, venez offrir un éternel hommage.
Que sur ces bronzes révérés,
Entre ceux des TITUS, des TRAJANS, des AURE'LES,
Leurs noms à l'Univers soient à jamais
sacrés,
Et qu'aux Rois à venir ils servent de
modéles.
Vous qui dans ce sejour raménez
l'équité,
Que des beaux Arts la troupe aimable,
Soumise à votre autorité,
Célébre ce jour mémorable,
Où triomphe l'humanité.
Leur éclat sort de leur bonté;
Elle attire plus notre hommage,
Que leur tonnante majesté.
Obéïssez à la voix de la Gloire,
Chantez, beaux Arts, STANISLAS & LOUIS,
Qu'ils soient inscrits au temple de mémoire,
Et célébrés par les jeux & les
ris.
Vous qui par mes dons épuisés,
Brillez de ces talens que l'Univers admire
Quand vous les immortalisés;
Chantez, beaux Arts, STANISLAS & LOUIS,
Qu'ils soient inscrits au temple de mémoire,
Et célébrés par les jeux & les
ris.
Obéïssons à la voix de la Gloire,
Chantons, beaux Arts, STANISLAS & LOUIS,
Qu'ils soient inscrits au temple de mémoire,
Et célébrés par les jeux & les
ris.