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Adriano Banchieri

[1568 - 1634]

Il Sabayon Musicale, Invenzione Boscareccia

 

La Sabayon Musical, une invention champêtre

 

 

Introduction

 

Le Choeur
Maintenant que nous somme réunis,
chantons tous gaiement.
- Qui fera le soprano ?
- Je l’ai en main !
- Et le contralto ?
- Je m’en chargerai !
- Voilà le ténor
- C’est vous pour nous faire plaisir
- Qui chante le falsetto ?
- C’est moi qui aurai ce plaisir !
- Il nous reste la basse ?
Je la chanterai pour m’amuser
Maintenant, unis pour la représentation,
goûtons ce doux sabayon.:
Maintenant que nous somme réunis,
chantons tous gaiment.
- Qui fera le soprano ?
- Je l’ai en main !
- Et le contralto ?
- Je m’en chargerai !
- Voilà le ténor
- C’est vous pour nous faire plaisir
- Qui chante le falsetto ?
- C’est moi qui aurai ce plaisir !
- Il nous reste la basse ?
Je la chanterai pour m’amuser
Maintenant, unis pour la représentation,
goûtons ce doux sabayon.

 

 

Acte Premier

 

 

Prologue: l'Humeur Insouciante

 

Nous voici ensemble, chère compagnie.
Allons, bannissons la mélancolie,
bergères gracieuses,
charmantes, amoureuses et belles.
Et vous, bergers pleins d’ardeur,
enflammez votre amour.
Insouciant, je suis envoyé
pour obtenir le silence sur cette prairie.
tous ensemble, soyez attentifs
tous ensemble, faites silence
tous ensemble pendant que l’on chantera le Sabayon.

 

Intermède des Bergers Heureux

 

Croyez-moi,
vous dont les cœurs sont épris,
bergers qui êtes sous l’emprise de l’amour,
Ah, on ne peut trouver joie plus douce
qu’aimer et jouir de son amour.

 

Procné et Philomèle

 

Joli petit oiseau qui s’en va sautillant
si gracieusement dans les ramures épaisses,
aie pitié de ma douleur qui reste
égale sous des malheurs âpres et sans pareils.
Et vous, railleries qui me détruisez,
envolez-vous et fuyez.

 

Danse des Bergères

 

Nous sommes cinq bergères,
toutes les cinq gracieuse et belles,
qui errons parmi les collines et les vallées,
avec la cornemuse à la main.
Maintenant que nous sommes ici tous ensemble,
parmi les érables et les verts oliviers,
pour la danse et le bal.
Allons, sonnez, cornemuses.

 

 

Madrigal

 

Très douce flamme qui jaillit, chaude
et pleine de désir, de mes regards et
apporte feu et flamme au travers
des haies avec ce doux visage plus
lumineux que la rose blanche ou pourpre,
que fais-tu abritée là-dedans?
Malheureusement ton visage est comme une flamme.
Elle descend dans ma poitrine et enflamme mon amour,
cette douce flamme qui rend mon amour plus brûlant.

 

 

Acte Deuxième

 

 

Intermède des Marchands de Marmites

 

Gracieuses nymphes, nous sommes des marchands
de marmites venus à vous pour vendre
à bon prix à qui veut en acheter.
Voici des plats pour réaliser des mets rares:
potages, sabayons, des plats bouillis ou rôtis.
Ces belles vaisselles vous deviendront également
indispensables pour les cornichons et les fruits préparés
au sucre.
La terre en est blanche comme lait,
fournissez votre cuisine en marmites.

 

Un Berger avec un petit oiseau tué par un chat

 

Tendre petit oiseau,
loquace et bavard,
qui chante avec de doux accents amoureux,
qui est réveillé le jour depuis l’aube
et qui agrémente le sommeil,
le Ciel et les éléments ont-ils pu t’enlever?
Ah, qui jalousait mon bien-aimé?
Un fauve cruel et féroce
a éteint en moi tout espoir
et en toi toute vie.
Ah! avec toi, à nouveau,
- hélas comme je languis,-
l’aurore, avec mon beau soleil.

 

Thyrsée à Chloris

 

Mon cœur n’a pas été guéri,
Chloris, par tes regards,
bien au contraire, tu lui a lancé mille dards acérés.
Alors, hélas, que dois-je faire faire
si la blessure va de mal en pis ?

 

Dialogue: Aminta , Daphné et le Jugement de l'Amour

 

- Embrassons-nous, bergère,
disait Aminta à sa belle Daphnée.
Daphnée répondit: Moi aussi,
cher Aminta, je désire t’embrasser volontiers.
Alors, qui embrassera le premier, Aminta ou Daphnée ?
Si chacun veut embrasser l’autre,
dit Amour en sentence,
qu’ils s’embrassent l’un l’autre d’une pareille ardeur.

 

Jeu du Moineau

 

Voici le moineau !
Allons lui manger la tête !
- C’est un petit morceau !
Allons lui manger le cou !
- C’est un petit morceau !
Allons lui manger le cœur !
- C’est un petit morceau !
Allons lui manger le ventre !
- C’est un petit morceau !
Allons lui manger la peau !
- Oh, quel morceau, mais en fin de compte
il vaut mieux un chapon ou un sabayon !

 

 

Madrigal

 

Baisers, soupirs et paroles
alternaient ensemble dans deux bouches unies
et au travers du souffle deux vies n’en faisaient qu’une
quand le grand amour
serrait poitrine contre poitrine,
de sorte que leurs âmes,
- ivres de tendresse, -
sortaient presque en un soupir.

 

 

Acte Troisième

 

 

Ergastus Passionné

 

Mon cœur malheureux
ne trouve jamais le repos,
bien au contraire il s’alanguit dans d’amers malheurs.
Ô, quelle fausse illusion:
devoir vivre heureux
et mourir dans les tourments.

 

Préparation Pastorale

 

Sur les bords d’une fontaine cristalline,
je vis Silvius et Carinus,
l’un amant de la belle Amaryllis,
l’autre de la délicieuse et charmante Phyllis.
A côté de la fontaine il y avait une prairie
riante ornées de fleurs divines
et où les petits oiseaux chantaient dans les airs
pendant que les deux bergers chantaient leur amour.
Silvius fut le premier à entonner le chant,
puis Carinus suivit aussitôt
avec de doux accents et des manières agréables,
ainsi l’on entendit un chant amoureux
dans un doux style et des manières amoureuses.

 

Joute amoureuse des Bergers

 

I.

 

Si j’aperçois ta belle chevelure dorée,
Amaryllis, je meurs.
En regardant ton beau visage
mon cœur est conquis.
Plein d’allégresse, je me sens tout chaviré
au seul fait de te voir, Amaryllis,
et mon sang circule dans tous mes viscères
Tu es remplie de grâce, de beauté
et de tous les charmes, ma belle nymphe.
Mais ne chantons pas plus avant, voici les bergers
qui arrivent pour danser parmi les fleurs.
Maintenant avec la musique et les chants,
allons amants venez tous danser joyeusement.

 

II.

 

Quand je vois ton gracieux regard,
belle Phyllis, je me consume.
En regardant ton beau visage,
mon cœur demeure sans vie.
Je sens une telle douceur, belle Phyllis,
quand je te rencontre et que je vois ton beau visage
que mes forces s’amollissent.
Je crois que l’amour a déposé
chez ma nymphe toutes les beautés du moment.
Mais arrêtons de chanter, voici les nymphes
qui approchent pour danser parmi les arbres.
Maintenant avec la musique et les chants,
allons amants venez tous danser joyeusement.

 

Danse des Nymphes et des Bergers

 

Venez, amants,
avec des chants et en musique,
louer Cupidon
de tout votre cœur
lui qui apporte la joie
à celui qui veut le suivre.
Que Cupidon le bien-aimé
soit loué,
sa corde et ses ailes,
son arc, ses flèches,
ainsi que ses blessures
qui nous plaisent tant.
Dans cette douceur extrême,
amants, cessons tous
de danser.
Et maintenant, louons
pour conclure,
le Sabayon.

 

L'Humeur Insouciante

 

Nous voici tous revenus, chère compagnie,
dans l’allégresse comme avant.
Bergères amoureuses,
charmantes et jolies,
et vous bergers pleins d’ardeur
triomphez dans votre amour;
je suis l’Insouciant qui est mandaté
pour vous demander
de crier et de proclamer
tous ensemble dans cette prairie:
Vive de doux Sabayon !

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