|
|
|
|
|
|
|
|
Les plus beaux vers qui ont été mis en chansons
Recüeillis par Mr de Bacilly, 1666
|
|
|
|
|
|
|
|
|

Bois
écartez, lieu solitaire,
Pour m'affranchir des loix d'une beauté severe,
Ie suis venu chercher ce paisaible sejour,
I'y croyois oublier une ingrate que i'aime;
Mais a toute heure, helas ! vostre silence mesme
Me dit que pour Iris, ie dois mourir d'amour.
Beau sujet
de mes tourmens ! Vous
sçavez qu'à vos attraits Les
Vers sont de Mr B. de B.
Belle Iris, est-il possible
Qu'à la douleur que ie sens
Vous soyez si peu sensible !
Quoy ? n'avez-vous des appas
Que pour donner le trépas ?![]()
I'ay tousiours esté fidelle,
Que mon coeur ne fut iamais
Bruslé d'une amour nouvelle;
Quoy ? vous le sçavez, helas !
Et vous voulez mon trépas ?
Beaux
yeux, que me demandez-vous
Par vos regards tendres & doux ?
Ie suis déja sous vostre Empire:
Ie sens que mon coeur en soupire;
Mais si l'on vous met en courroux
En vous declarant son martyre,
Beaux yeux, que me demandez-vous ?
Beaux yeux
pour qui ie soûpire, Quoy ? ie
vais quitter vos charmes, Ah ! que
mon ame est atteinte Cent fois
i'ay bruslé d'envie, Les
Vers sont de M. L. D. D. S. A.
Et dont les traits sont si doux:
Le moyen que ie respire
Estant éloigne de vous ?![]()
Et dans cet éloignement
I'ay des soupirs & des larmes
L'unique soulagement.![]()
D'une mortelle douleur !
Et que vous l'avez bien peinte
Dans mes yeux & dans mon coeur !![]()
Aimable objet que ie sers,
D'exposer pour vous ma vie
Dans les feux, & dans les fers.
Belle
Iris, apprenez ce que c'est que d'aimer; On a dit
souvent qu'Amour est un grand mal,
Si vous le trouvez bon, ie veux bien vous l'apprendre;
Prestez-moy vostre coeur, laissez moy l'enflammer,
Et puis, si vous voulez, j'aime mieux vous le
rendre.![]()
Et qu'il fait à nos coeurs des blessures
morelles;
Mais, ô Dieux ! quelle erreur ! c'est un bien sans
égal,
Croyez-moy, belle Iris, j'en sçay bien des
nouvelles.
Beauté
rebelle au Dieu d'amour, Dans les
filets de ce vainqueur, Nul ne
s'exempte de ses loix, Pour
conserver sa liberté, Dépeschez-vous
de consentir, En
m'éloignant de vos beaux yeux, Bien que
l'espoir flatte mes sens,
En vain j'évite
Bien que pour vos yeux chaque iour
Sans espoir on soûpire,
Vous flechirez sous son empire.![]()
Qui connoist bien le fonds du coeur,
Et n'épargne personne,
Qui n'y croit pas donner, y donne.![]()
Et contre ce rusé matois
En vain l'on se cantonne;
Il faut aimer quand il l'ordonne.![]()
En vain on s'arme de fierté,
Et long-temps l'on façonne;
Il faut aimer quand il l'ordonne.![]()
Et prevenez le repentir
Que produit la tendresse,
Quand sur le tard l'Amour vous blesse.![]()
Par qui l'Amour regne en ces lieux
Sur tout ce qui respire,
Avec raison mon coeur soûpire.![]()
Ie sçay le destin des absens,
Et ce que veut l'usage,
Le seul oubly fait leur partage.
Bien-heureuse
est la vie
Que mene le Berger;
De crainte & danger
Elle n'est point suivie.
O bien-heureuse vie, ô bien-heureux sejour,
Tout plein d'innocence & d'amour.
Belle
Philis, malgré vos feux si doux,
Ie ne veux point brusler d'une flamme nouvelle,
Celle d'Uranie est trop belle,
Cessez donc de tirer tant d'inutiles coups;
Il ssont trop pretieux pour un coeur infidelle,
Et le mien le seroit s'il se donnoit à
vous.
Beaux yeux
qui m'attaquez avecque tant d'attraits, Vos
regards amoureux ont des charmes si doux,
Que mon coeur est contraint de ceder à vos
charmes,
Qui pourroit resister à de si fortes armes ?
Contre des conquerans on ne gagne iamais.![]()
Qu'on ne peut eviter d'estre pris dans leurs chaisnes,
Sans craindre les rigueurs, les mépris ny les
gesnes,
On est trop glorieux de soûpirer pour vous.
Beaux
arbrisseaux, beaux lieux d'ombres couverts;
Agreable prairie,
Toûjours verte & fleurie,
Rivages toûjours beaux & verds,
Favoris de Silvie,
Que vostre sort est doux ! qu'il est digne d'envie
!
Bien que
l'Amour contente mes desirs, Tou m'est
suspect; les moindres souvenirs,
Et que ie sois aimé d'un objet adorable,
Mon coeur jaloux pousse mille soûpirs;
Ah ! que mon sort est déplorable !
Ie suis heureux & miserable,
Et ie meurs de douleur au milieu des plaisirs.![]()
Un penser, un soûpir, un regard favorable,
Ie suis jaloux de l'ombre des Zephirs;
Ah ! que mon sort, &c.
Bien que
Philis me soit cruelle,
Que mes tourmens soient ses plaisirs,
Ie ne puis chager mes desirs,
Et ne veux aimer iamais qu'elle;
Amour me dit que i'ay raison,
Puis qu'elle est sans comparaison.
Beauté
dont ie suis la victime, Les
Vers sont de Mr Civart
Si vous aimer, est faire un crime,
Vous ne m'en devez point blâmer;
Car vos yeux adorables
Sont les premiers coupables,
Ce sont eux qui m'ont dit qu'il falloit vous
aimer.
Beaux yeux
qui me charmez,
Declarez-vous, dites si vous m'aimez,
Ou si pour moy vous n'avez rien de tendre:
Si vous m'aimez, ie suis prest à me rendre,
Et prest encor d'adorer vos appas,
Si vous ne m'aimez pas.
Beaux yeux
que j'aime, & que j'adore, Le mal
cruel qui me devore,
Ah ! que me dit vostre langueur ?
Vous ay-je pas donné mon coeur ?
Helas ! que voulez-vous encore ?![]()
Tous mes soûpirs, & tous mes pleurs
Vous disent assez que ie meurs;
Helas ! que voulez-vous encore ?
Bel Air
qui retardez l'infaillible trépas, Un coeur
tout languissant, & qui s'en va mourir, Les
Vers sont de Mr De Bensserade
de Mr Batiste
En secrets merveilleux vostre science abonde;
Faut-il que ous n'en ayez pas
Contre le plus commun de tous les maux du monde ?![]()
Mettroit-il son espoir en vos seules racines ?
C'est à l'Amour à le guerir,
Et comme il fait les maux, il fait les medecines.
Bien que
vous soyez l'unique Bien que
vous charmiez sans cesse
En mille & mille agremens,
Apres-tout, belle Angelique,
Vous rebutez vos Amans:
Usez-en d'autre maniere,
Ah ! moderez vos rigueurs,
Il faut estre un peu moins fiere
Si l'on veut garder les coeurs.![]()
Et les hommes, & les Dieux,
Ayez un peu de tendresse,
Vous vous en trouverez mieux:
Vivez de cette maniere,
Ah ! moderez vos rigueurs,
Il faut estre un peu moins fiere
Si l'on veut gagner les coeurs.
Belle
inhumaine Non,
vostre ame peu tendre Les
Vers sont de Mr B. de B.
Soulagez la peine
Que pour vous un pauvre Amant
Souffre injustement.
Quand pour vous ie soûpire,
Ah ! n'entendez-vous pas bien,
Iris, que ie veux vous dire,
Quoy que ie ne dise rien.
Belle inhumaine, &c.![]()
Ne pourra iamais entendre
Que j'expire sous vos loix,
Quand d'une triste voix,
Ie vous redirois mille & mille fois,
Belle inhuamine, &c.
Belle
Iris, c'est trop balancer, Parlons
donc; non, ne parlons pas, Les
Vers sont de Mr De La Salle
Si ie dois mourir ou me plaindre:
Me plaindre c'est vous offencer,
Mais aussi c'est trop se contraindre,
De mourir sans se plaindre.![]()
Il vaut mieux mourir sans se plaindre,
Quand on est si pres du trépas,
On n'a plus guere à se contraindre:
Mourons donc sans nous plaindre.
Belle
& charmante fontaine Ie
soûpire icy sans crainte L'Aurore
sur ce visage
Que ie grossis de mes pleurs,
Soyez sensible à ma peine,
Aussi-bien qu'à mes douleurs:
Mais, helas ! ma plainte est vaine,
Vous ignorez mes malheurs.![]()
Parmy les prez & les bois,
Et ie profere ma plainte,
Contre l'Amour & ses loix:
Ma douleur en est dépente
Dans mes yeux & dans ma voix.![]()
A fait naistre mille fleurs,
A qui ie viens rendre hommage,
Les arrousant de mes pleurs,
Avec elle ie partage
Mes plus sensibles douleurs.
Belle
Iris, ie sens un mal qu'on ne peut dire, Chacun a
beau dire,
de Mr Batiste
Qui fait qu'on soûpire,
Et trouble les sens;
Ie le trouve assez doux,
Lors que ie suis auprés de vous,
Ie languis & nuit & iour;
Pour moy,
Ie croy
Que ce mal est l'Amour.
Qu'Amour est toûjours charmant,
Pour suivre son Empire,
Et pour devenir Amant:
Helas !j'aime trop à rire,
Et ie hay trop le tourment.
Belle
Iris, ie soûpire, Les
Vers sont de Mr M**
[de
Mr Batiste ?]
Vous ne faites qu'en rire,
Pour vous à tout moment
Ie souffre un rigoureux tourment:
Mes voeux,
Mes feux,
L'Amour,
Un iour
Pourront vous en donner à vostre coeur.
Belle
& charmante Nanette, Ie ne
connois rien d'aimable De vostre
accueil plein de charmes
Qu'en vous ie trouve d'appas !
Que pour vous dans ma retraitte
Ie vais soupirer tout bas;
Belle & charmante Brunette,
Ne vous en offencez pas.![]()
Et de touchant comme vous,
Vostre grace est admirable,
Vos yeux sont brillans & doux:
Mais que ie tiens miserable
Quiconque cede à leurs coups.![]()
On peut beaucoup esperer,
Mais dés qu'on vous rend les armes,
Et qu'on s'ose declarer;
Ie croy qu'à bien des alarmes
Un coeur doit se preparer.
Belle
Iris, qui dansez tout le iour, A la danse
on ne peut vous passer, L'on vous
voit, sans pousser un, helas ! AImez donc
& changez de dessein, Les
Vers sont de Mr De Mollier A quoy bon
prés de vous m'attacher, Les
Vers sont de Mr M**
pour Mademoiselle de Sevigny
Et dont l'air & la grace
Charment nostre Cour:
Comme il faut que chacun ait son tour,
Que nostre Cour vous fasse
Naistre un peu d'amour.![]()
Et vous estes plus belle
Qu'on ne peut penser;
Mais l'Amour commence à se lasser,
Que vous n'aimiez, cruelle,
Rien tant qu'à danser.![]()
De mille Amans malades,
Causer le trépas,
Vostre danse a pour eux des appas,
Mais l'Amour de gambades
Ne se paye pas.![]()
Contre l'Amour tenir ferme,
C'est tenir en vain;
Et ce Dieu logé dans vostre sein,
Ne vous donne plus terme
Que jusqu'à demain.
Puisque rien, Climene,
Ne peut vous toucher ?
Vostre coeur est un coeur de rocher,
Et le mien craint la peine
Qui couste si cher.
Cessez,
mes yeux, cessez de regarder Silvie, Les
Vers sont de Mr le President de
P***
Mon coeur, qui mieux que vous connoist cette ennemie,
Me dit que vos plaisirs
Me cousteront la vie;
Il contraint ses desirs,
Contraignez vostre envie,
Cessez, cessez mes yeux de regarder Silvie.
Ce n'est
pas assez d'estre belle Il est
vray qu'Iris est aimable, Les
Vers sont de Mr M.L.D.D.R.
Pour me soûmettre sous sa loy,
Il faut qu'on aime comme moy,
Si l'on veut que ie sois fidelle;
Et si l'on ne m'aide à souffrir,
Ie sçay bien comme il faut guerir.![]()
Que tout cede à son air charmant;
Mais comme i'ay fait un serment
De n'estre iamais miserable,
Ie ne connoist point les appas
D'un objet qui ne m'aime pas.
C'est me
traiter tout comme un autre, L'amitié
n'est qu'une bagatelle, On a
plaisir à se connoistre;
Puisque vous n'avez point d'Amant,
De ne vouloir pas seulement
Que ie me declare le vostre:
Si ie ne suis que vostre amy,
Vous ne me tentez qu'à demy.![]()
Ses entretiens sont superflus,
On fait quelque chose de plus
Dans tous ceux où l'Amour se mesle:
Si ie ne suis, &c.![]()
Mais à se connoistre en secret,
A quoy sert-il d'estre discret,
Si l'on n'a pas sujet de l'estre ?
Si ie ne suis que vostre amy,
Nous ne nous verrons qu'à demy.
Cessez,
Climene, Les
Vers sont de Mr Baudoin
De faire voir
Vostre pouvoir;
Toute ma peine
Est de sçavoir
Si vous voulez toûjours estre inhumaine.
C'est en
vain que ie soûpire Ie suis
las de tant de peine Si l'autre
iour dans la plaine Le Zephir
& le rivage
Pour soulager mon tourment,
Vous vous mocquez du martyre
Que ie souffre en vous aimant;
Quoy ? faut-il perdre la vie
Pour adorer vos appas ?
Vous n'y pensez pas, Silvie,
Non, non, vous n'y pensez pas.![]()
Que m'ont fait sentir vos coups,
Maintenant, belle inhumaine,
Rendez mon tourment plus doux;
Car s'il faut perdre la vie
Pour adorer vos appas,
Ie n'y pense pas, Silvie,
Non, non, ie n'y pense pas.![]()
Ie trouvay l'heureux moment
De vous parler de ma peine,
Ne m'en blasmez nullement:
Que ne fait-on dans la vie,
Pour éviter le trépas ?
Ne m'en grondez pas, Silvie,
Non, non, ne m'en grondez pas.![]()
Qui s'aiment comme ie croy,
Me donneront le courage
De vous parler de ma foy;
Leur bruit me donna l'envie
De vous dire un mot tout bas;
Ne m'en grondez pas, Silvie,
Non, non, ne m'en grondez pas.
Climene,
vous voulez sçavoir
Si ma raison un iour n'aura pas le pouvoir
De dégager mon coeur qui languit dans vos
chaînes;
Ie ne sçay pas dequoy vous vous embarrassez,
Ie vous aime, & j'aime mes peines,
N'est-ce pas vous en dire assez ?
Courons
où rendent nos desirs, Ces longs
soûpirs & ces langueurs
de l'Impatience
Il n'est pas toûjours temps de gouster les
plaisirs,
On ne peut en avoir trop tost la joüissance;
Il faut presser pour estre heureux:
Et l'Amour est sans traits, & l'Amour est sans feux,
Quand il est sans impatience.![]()
Ne sont bons qu'à nourrir d'éternelles
rigueurs,
En fasse qui voudra la triste experience;
Il faut presser, &c.
Contre mon
gré, contre le vostre mesme,
Il faut, beaux yeux, il faut que ie vous aime:
Assez souvent ie veux m'en repentir;
Mais plus souvent il y faut consentir.
Ces arbres
verds, & leur épais feüillage, De ce
ruisseau l'agreable murmure, Tous les
oiseaux qui sont dans ce boccage, Aussi
faut-il à mon tour vous le dire,
Où bien souvent vous recherchez l'ombrage,
Et dont vous aimez le sejour,
Ne vous parlent-ils point d'amour ?![]()
Ce cher témoin des peines que j'endure,
Vous a-t-il pas discrettement
Fait le recit de mon tourment ?![]()
Ne vous ont-ils pas dit en leur langage
Sur des tons doux & languissans,
Le sujet des maux que ie sens ?![]()
Ie ne puis plus vous cacher mon martyre,
Iris, tout percé de vos coups,
Apprenez que ie meurs pour vous.
Climene
voulut changer Les
Vers sont de Mr La. Tal**
Tirsis quibrusloit pour elle;
Mais loin de s'en affliger,
Il méprisa l'infidelle;
Et fit pour s'en mieux vanger,
Une maistresse nouvelle.
Changez,
aimable Climene,
Ces rigueurs qui causent ma peine,
Et concevez pour moy quelque peu d'amitié:
Mais quoy ? plus ie me rends sujet à vostre
empire,
Plus ie sens croistre mon martire,
Et moins dans vos beaux yeux ie trouve de
pitié.
Caliste,
rien ne peut vous faire resistance, En vous
considerant, tant de rares merveilles
Et vous seule avez la puissance
De captiver tous nos sens à la fois;
Nous n'avons point d'assez puissantes armes
Pour nous garder contre les charmes
De vos yeux, ny de vostre voix.![]()
Charment nos yeux & nos oreilles,
Qu'il faut ceder à leur divin pouvoir;
Et c'est assez pour ne se plus deffendre,
Ou de vous voir sans vous entendre,
Ou de vous oüir sans vous voir.
C'est trop
contraindre mes desirs,
Amour va découvrir la douleur qui me touche,
Et Philis sourde à mes soûpirs,
Ne la pourra plus estre aux accens de ma bouche,
Ie la diray,
Et s'il faut mourir, ie mourray.
Climene
n'a point sa pareille; Les
Vers sont de Mr Poteller
de Mr De Mollier
Climene a l'esprit tout divin,
Elle a l'air fin,
Et les yeux beaux comme le teint.
Elle a la bouche vermeille,
Et dedans,
Sont de beaux ameublemens,
Qu'on appelle des dens.
Chacun
fait son traité, Helas ! ie
m'en souviens,
Et ie veux bien qu'aussi ma liberté
Donne des articles à vostre beauté;
Prenez plaisir à voir
Chacun dans son devoir,
Et toutes choses goustant la paix,
Accordons aussi mon coeur & vos attraits.![]()
Ferme & constant ie baisois mes liens,
Quand toute la France rejettoit les siens;
Ah ! si vostre fierté,
Tyrannique beauté,
Traite en rebelles les plus soûmis,
Comme traittez-vous vos plus grands ennemis ?
C'est trop
presumer, belle Iris, En vain ta
severe raison A quoy
serviroient ces appas C'est en
vain que par ta rigueur
Du pouvoir de tes charmes,
Amour s'irrite des mépris
De celuy de ses armes:
Ne peux-tu pas aimer
Aussi-bien que charmer ?![]()
Veut rejetter sa chaisne,
Il n'est pas toûjours de saison
De faire l'inhumaine:
Iris, il faut aimer
Aussi-bien que charmer.![]()
Dont le Ciel t'a pouveuë,
Ce traits qui portent le trépas
Où tu portes la veuë,
Si tu ne veux aimer
Aussi-bien que charmer.![]()
Tu penses t'en dédire:
Quand l'Amour touchera ton coeur
Il faudra qu'il soûpire;
Enfin il faut aimer
Aussi-bien que charmer.
Charmantes
eaux que l'on vante si fort, Doux
entretien des plaisirs innocens, Les
Vers sont de Mr B. de B.
Ie viens à vous pour me plaindre du sort:
Que ie serois heureux si vostre doux murmure
Pouvoit un peu flater mes tourmens que j'endure !![]()
Qui nuit & iour flatez si bien nos sens;
Que ie serois heureux, &c.
Cleandre
voyant de retour
L'objet dont son ame est blessée,
Ne pût deffendre à sa pensée
D'exprimer ainsi son amour:
Amarillis, que j'aime peu la vie,
Dés le moment que vous m'estes ravie.
Cruelle
Iris, faut-il vous dire
Quels sont de mon amour les transports languissans ?
Vos beaux yeux peuvent-ils me causer le martyre,
Et ne voir pas les maux que ie ressens ?
Charmante
Iris, si ie vous aime, Les
Vers sont de Mr De La Tuilliere
Ne vous plaignez que de vous-mesme;
Helas ! ie vivois si loin de vous
Dans une paix profonde,
Pourquoy me faire voir les plus beaux yeux du monde,
Si tendres & si doux ?
C'est trop
mettre en usage
De charmes à la fois,
Quoy ? d'un Ange la voix,
Ainsi que le visage:
Helas ! en faut-il tant
Pour un coeur qui se rend ?
Certaine
jeunette
Qui n'est point brunette,
En dépit de moy,
A mis, la cruelle,
Ma pauvre cervelle
Tout en desarroy.
Son teint, son visage,
Causent ce ravage:
Mais, las ! ie ne puis,
Quoy que proche d'elle,
Dire à cette belle,
L'estat où ie suis.